Gabon : Valoriser le potentiel portuaire

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Etant donné le poids du trafic maritime commercial dans l’économie gabonaise, toute une série de projets visant à renforcer la capacité opérationnelle des ports existants de la république est actuellement en cours. La construction de nouvelles infrastructures à l’intérieur du pays figure également au programme et devrait permettre de mieux répondre aux besoins d’une industrie extractive dont la production est à la hausse.

Ces dernières années, l’activité portuaire gabonaise a connu une croissance régulière et le trafic à Owendo, principal port du pays, affiche depuis 2009 une hausse annuelle de l’ordre de 7 à 10%. A l’heure actuelle, le port traite environ 6 millions de tonnes de marchandises par an, chiffre qui devrait augmenter dans les années à venir, en raison notamment de l’objectif du pays d’augmenter la production dans les secteurs agricoles et industriels.

« Sachant que 90% des échanges commerciaux du Gabon utilisent essentiellement les transports maritimes, la modernisation des ports et de l’ensemble du secteur des infrastructures est essentielle pour demeurer compétitif à l’échelle internationale. », a déclaré Rigobert Ikambouayat Ndeka, le directeur général de l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG), à OBG. « La création de Zones Économique Spéciales (SEZ) et ses effets directs sur la balance commerciale du Gabon – le taux d'exportation des conteneurs notamment du bois débité ayant connu une progression de l’ordre de 57% en 2011 – engendre des opportunités de développement supplémentaires pour le secteur des transports et des espaces logistiques. »

Afin de faire en sorte que les ports soient en mesure de satisfaire la demande, un nombre important de projets visant à augmenter la capacité de ces derniers et les rendre plus efficaces a été lancé. Malgré une grève récente, ces projets se poursuivent.

Les infrastructures déjà existantes ont été les premières concernées dans le pays et ont bénéficié d’une révision progressive au cours des dernières années. En 2003, le gouvernement a accordé à Portek International, récemment racheté par le conglomérat japonais Mitsui, une concession de 25 ans concernant la gestion des ports d’Owendo et de Port-Gentil, deuxième plus grand port du Gabon et principal terminal pétrolier du pays. A eux deux, ces ports représentent 80% des échanges commerciaux gabonais.

En 2007, la Société des Terminaux de Conteneurs du Gabon, un consortium constitué des entreprises françaises Getma/Necotrans et Bolloré, a investi environ 12,3 milliards de francs CFA (18,7 millions d’euros) dans la construction et la gestion d’un nouveau terminal à conteneurs à Owendo, inauguré en 2009. GPM, filiale de Mitsui, travaille quant à elle à l’installation de deux grues de 100 tonnes qui devraient être opérationnelles d’ici le milieu de l’année 2012. Un investissement de 40 milliards de francs CFA (60 millions d’euros) est également prévu pour la construction d’ici 2013 d’un quatrième quai au port d’Owendo. L’objectif global est de multiplier par environ 400% les capacités d’Owendo d’ici 2015, tout en augmentant la productivité de quai, c'est-à-dire la vitesse à laquelle les conteneurs peuvent être chargés, de 75%.

A l’heure actuelle, le port d’Owendo dispose d’un quai de 455 mètres et peut seulement accueillir deux navires à la fois. L’OPRAG va réaliser dans les prochains mois une extension du quai de 300 à 500 mètres pour parvenir à une longueur totale avoisinant 1 kilomètre, ce qui permettra d’accueillir jusqu’à 4 navires simultanément. Ainsi, le temps d’attente au port relatif au trafic conteneurs sera réduit.

« Le temps d’attente au port est estimé à environ quatre jours par navire. », a déclaré à OBG Philippe Gery, directeur général de Gabon Port Management. « À l’heure actuelle, nous accomplissons en moyenne seulement huit mouvements par heure, par navire. Toutefois, avec la livraison des nouvelles grues, nous serons en mesure d’accomplir jusqu’à 30 mouvements par heure par navire, et ainsi réduire le temps d’attente de quatre jours à moins d’un jour. »

Les projets d’expansion se voient bien sûr confrontés à quelques défis, comme par exemple le problème du manque de place pour l’extension des aires d’entreposage et de stockage qui limite les potentialités du port en matière d’activités logistiques multimodales.

Un projet de construction de voie ferrée entre Mayumba et la ville de Mbigou, à l’intérieur des terres, est également à l’étude. Elle permettrait de réduire les coûts de transport vers l’intérieur du pays et de faciliter les échanges commerciaux avec la République du Congo. Le groupe Olam a également annoncé récemment qu’il allait investir la somme de 138 millions d’euros dans la filière caoutchouc, suggérant ainsi un engagement dans le réseau commercial du pays.

De plus, dans le cadre de son programme routier financé par la Banque Africaine de Développement, le gouvernement a entrepris de réhabiliter cinq docks et de moderniser les infrastructures de navigation du fleuve Ogooué. Le transport fluvial sur l’Ogooué constitue un lien vital, à la fois pour la population et pour les marchandises, entre Port-Gentil et le reste du pays. Une partie des fonds du programme sera consacrée à une étude de faisabilité d’un port fluvial à Lambaréné.

Une croissance économique régulière, une diversification de l’activité, une demande à la hausse, des opportunités d’investissements variées allant de la construction et de la maintenance jusqu’à la logistique et aux services d’affrètement, sans oublier un gouvernement qui s’efforce de faciliter et d’encourager la participation du secteur privé : tous les facteurs sont réunis pour faire en sorte que le secteur maritime gabonais soit synonyme de croissance sur le moyen à long terme.

 

Gabon: Focusing on port potential

En Français

Given the importance of maritime trade corridors for Gabon, a vast array of planned capacity upgrades have been set in motion for the republic’s existing ports, while new facilities have been slated for construction in the interior of the country to better cater to increased output from the extractive industries.

Due to steadily increasing activity at Gabon’s ports in recent years, traffic at Owendo, the country’s principal port, has risen between 7% and 10% annually since 2009. The port, which currently handles about 6m tonnes a year of merchandise, is expecting that figure to grow in the years to come, particularly as the country seeks to increase output in agricultural and industrial sectors.

“Knowing 90% of Gabonese trade passes through maritime transport, it is essential to upgrade the ports and the entire infrastructure sector to remain competitive on the global scale,” Rigobert Ikambouayat Ndeka, the director-general of the Office des Ports et des Rades du Gabon (OPRAG), told OBG. “The creation of special economic zones and the expected growth in the Gabonese trade balance – the export of containers, such as lumber, rose by 57% in 2011 – provide opportunities to further develop the transport and logistics chain.”

To help ensure the ports are able to keep pace with demand, a number of projects have been launched to help expand capacity and improve efficiency and are moving ahead despite a recent strike.

This has begun with the country’s existing facilities, which have been steadily overhauled in recent years. In 2003, the government awarded a 25-year management concession to Portek International, which was recently bought out by Japanese conglomerate Mitsui Group, for both Owendo and Port-Gentil, Gabon’s second-largest port and principal oil-logistics terminal – which together account for more than 80% of Gabon’s trade.

In 2007, the Société des Terminaux de Conteneurs du Gabon, a consortium between French firms Getma/Necotrans and Bolloré, invested approximately CFA12.3bn (€18.7m) in Owendo to build and manage a new container terminal, which opened in 2009, while Mitsui subsidiary GPM has been working to install two 100-tonne cranes, which should be operational in early to mid-2012. A further investment of about CFA40bn (€60m) is planned to build a fourth quay at the port by 2013. Overall, the aim is to increase capacity at Owendo by an estimated 400% by 2015, while boosting the rate at which containers can be filled by up to 75%.

Currently, Owendo’s quay is 455m long and can only accommodate two boats at once. Some 300-500 meters will be added by OPRAG in the next few months, to reach almost 1 km in total and provide enough room for up to four boats at once. This will reduce the waiting times for the traffic of containers at the port.

“Waiting times are estimated to be almost four days per ship,” Philippe Gery, the director-general of Gabon Port Management, told OBG. “We achieve only eight movements per hour, per ship, on average. With the new cranes we will reach 30 movements per hour, per ship, and hence reduce the waiting time of four days to less than one.”

Of course the planned expansion does face some challenges, including a lack of space to expand warehouse and storage facilities, which will constrict the port’s ability to handle multi-modal logistics activities.

A railway is also planned to Mayumba from Mbigou in the interior, which will reduce inland transport costs to the country’s interior and also facilitate trade from to and from the Republic of the Congo. The company’s recent announcement that it would invest €138m in Gabon’s rubber industry also suggests a commitment to the country’s trade network.

The government is also currently rehabilitating five docks and upgrading navigation infrastructure along the Ogooué River as part of a transportation project funded by the African Development Bank. River transport along the Ogooué provides a vital link for both people and goods between Port-Gentil and the rest of the country. The project includes funding for a feasibility study for a river port at Lambaréné.

Steady economic growth and diversification, increased demand, investment opportunities from construction and maintenance to logistics and freight services, combined with the government’s efforts to streamline and encourage private-sector participation, will all play a significant role in ensuring Gabon’s maritime sector will enjoy growth in the medium-to-long term.

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