Au regard des perspectives économiques actuelles, les PDG ivoiriens identifient les besoins du pays en terme de main d’œuvre

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La Côte d’Ivoire a réalisé des progrès économiques considérables au cours des dix dernières années. Depuis la fin de la crise politique de 2011, le pays affiche une croissance du PIB annuelle moyenne de l’ordre de 8%. Grâce à une série de réformes financières et monétaires, le pays est parvenu à obtenir l’un des taux d’endettement les plus faibles de la région (48,6%). Dans le même temps, les investissements directs étrangers ont évolué à la hausse, passant de 577 millions de dollars en 2016 à 675 millions de dollars en 2017, avant d’atteindre le montant record de 913 millions de dollars en 2019, selon des données publiées par la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement.

L’industrialisation et le développement des infrastructures tirent la croissance

À la lumière de ces résultats, les derniers rapports « Doing Business » de la Banque Mondiale ont classé la Côte d’Ivoire parmi les pays dont l’économie s’est le plus améliorée, et la communauté d’affaires reste confiante quant aux perspectives économiques à court terme. Dans la troisième édition de l’enquête d’OBG Côte d’Ivoire CEO Survey, 72% des sondés ont qualifié leurs attentes de positives à très positives pour ce qui est du climat des affaires en Côte d’Ivoire au cours 12 prochains mois et 75% ont déclaré que leurs entreprises comptaient réaliser un investissement important pendant la même période.

Ces résultats attestent du chemin parcouru par la Côte d’Ivoire, qui a réussi à établir un climat d’affaires attractif pour les opérateurs économiques. La stratégie de diversification économique mise en place et l’introduction de politiques ciblées visant à développer des secteurs clés a joué un rôle capital à cet égard. Le Plan National de Développement – le programme de développement économique du pays, lancé en 2012 et actuellement dans sa phase finale- a fait de l’industrialisation une priorité, fixant pour le secteur un objectif de participation au PIB de 40% d’ici 2020, contre 25% en 2016, et recherchant à créer davantage de valeur ajoutée dans des segments clés tel que l’agro-industrie.

La Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao au monde, mais elle ne transforme que 30% de sa production sur son territoire. L’État ivoirien entend donc porter les capacités locales de transformation des fèves à 50% d’ici 2023. Le segment de la noix de cajou n’est pas en reste et la totalité des noix devraient être transformées en Côte d’Ivoire d’ici 2021, contre 10% en 2019.

Le développement des infrastructures constitue une autre priorité du Plan National de Développement et des sommes considérables ont été investies dans la construction de routes et de ponts, en particulier à Abidjan et dans ses environs. La capitale économique devrait se voir dotée l’an prochain d’un quatrième pont qui reliera les quartiers de Yopougon et de Plateau. En outre, un accord a récemment été conclu pour la reprise des travaux de la première ligne de métro du pays. Le projet, dont le coût est estimé à 1,36 milliard d’euros, est financé dans son intégralité par la France et devrait être livré en 2024.

Parmi les autres secteurs à avoir bénéficié d’un développement infrastructurel ces dernières années, on peut notamment citer les télécommunications, l’électricité et les industries extractives tels que le secteur minier et celui des hydrocarbures.

Une diversification soutenue et la stabilité essentielles à la prospérité économique

Si les principaux indicateurs économiques témoignent des progrès considérables réalisés par la Côte d’Ivoire, le pays reste vulnérable sur le court et moyen terme à la volatilité des prix des matières premières, selon 68% des chefs d’entreprise interrogés. Le cacao, la noix de cajou et le coton représentant la majorité des exportations ivoiriennes, une chute des cours mondiaux risquerait de compromettre les bons résultats économiques du pays.

Soucieuse de se prémunir contre cette éventualité, la Côte d’Ivoire s’est alliée au Ghana fin août pour fixer un prix de vente minimum pour les fèves cacao. En fixant un prix plancher de 2600 dollars la tonne et en ajoutant un différentiel de revenu de subsistance fixe de 400 dollars dans l’éventualité d’une chute du cours en dessous de la barre des 2600 dollars, les deux pays espèrent protéger les agriculterus des fluctuations des prix du cacao.

L’instabilité dans les pays voisins constitue un autre événement extérieur identifié par les PDG comme un potentiel obstacle à la croissance économique du pays ; ils sont 19% à le citer en 2019, contre 9% l’année précédente.

Enfin, les infrastructures constituent selon les PDG le troisième défi majeur pour la prospérité économique du pays. Le nombre de sondés citant le déficit d’infrastructures comme un obstacle au développement économique a toutefois diminué, passant de 9% dans l’édition 2018 du sondage d’OBG Côte d’Ivoire CEO Survey à 3% dans l’édition 2019. Ceci traduit une réaction positive des milieux d’affaires aux projets en cours dans le pays et dans l’ensemble de la région qui devraient renforcer les réseaux de transport et ainsi faciliter la circulation des marchandises, des services et des personnes. Le projet de réseau de routes transafricaines, qui réunit neuf autoroutes à travers le continent, joue également un rôle clé à cet égard.

Un déficit de main d’oeuvre qualifiée à combler pour stimuler l’économie

Le déficit de compétences reste un défi constant et 66% des chefs d’entreprises interrogés décrivent la disponibilité de main d’oeuvre qualifiée comme étant faible ou très faible.

S’il s’agit là d’un défi plus général auquel de nombreux autres marchés africains sont confrontés, l’enjeu est particulièrement de taille pour la Côte d’Ivoire si elle veut voir sa stratégie de diversification économique couronnée de succès. Les PDG ivoiriens ont insiqué avoir observé ces trois dernières années un déficit de personnel qualifié dans trois domaines en particulier : le leadership, l’ingénierie et la recherche et développement.

Sentiment pour l’année à venir

Malgré les défis qui l’attendent, la communauté d’affaire invoirienne reste confiante quant aux perspectives économiques à court terme. Un ralentissement de l’activité commerciale est toutefois attendu dans les mois qui précèdent les élections de 2020 et 23% des PDG interrogés ont jugé peu probable ou très peu probable la réalisation d’un investissement important par eurs entreprises au cours des douze prochains mois, contre 12% en 2018.

2020 sera indéniablement une année stratégique pour la Côte d’Ivoire mais grâce à des bases économiques toujours plus solides et une diversification économique en marche, le pays est mieux armé pour affronter les défis qui l’attendent.

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