Vers une hausse de la production de phosphates au Maroc

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Si les exportations marocaines de phosphates – secteur clé de l’économie du royaume- n’ont pas été épargnées par la baisse des prix des matières premières, une croissance générale est attendue pour les années à venir, la plupart des analystes prévoyant un rétablissement du marché mondial d’ici 2016. Malgré ces perturbations cycliques, le groupe public marocain, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), travaille actuellement sur plusieurs projets avec pour objectif d’accroître la production. La hausse des ventes de produits à valeur ajoutée tels que les engrais pourrait permettre, dans un avenir proche, de compenser la baisse des prix des matières premières.

L’OCP poursuit son programme d’investissement doté de 145 milliards de dirhams (13,05 milliards d’euros), ce qui devrait lui permettre d’augmenter sa capacité de production et de réduire ses coûts, s’assurant ainsi un bon positionnement en vue de la reprise du marché. L’entreprise publique, qui compte à son actif quatre sites miniers et deux usines de transformation, vise un doublement de ses capacités annuelles de production de phosphates entre 2007 et 2017 grâce au développement de ses mines actuelles et au lancement de nouvelles mines, avec une attention particulière accordée à l’amélioration des activités en aval.

Les investissements de l’OCP seront en partie consacrés à la construction d’une laverie à Merah, d’un pipeline de 235 km entre Khourigba et le site du groupe à Jorf, ainsi qu’à l’ouverture de trois nouvelles mines à Khourigba, ce qui portera la production du site de 18,5 millions de tonnes à 38 millions de tonnes d’ici 2020.

La hausse des ventes de produits finis tels que les engrais pourrait également apporter une bouffée d’oxygène dans ce climat de crise des matières premières. Selon les projections du groupe, les exportations d’engrais de l’OCP devraient atteindre 2,5 millions de tonnes en 2014, contre 2,3 millions de tonnes en 2013.

En mai, l’entreprise a signé un contrat avec le producteur nord-américain de potasse PotashCorp visant à offrir à l’OCP un cadre lui permettant de vendre ses produits finis phosphatés secs aux États-Unis et au Canada. Avec l’acquisition au mois de juin d’une participation de 10% dans le capital du producteur d’engrais brésilien Fertilizantes Heringer pour la somme de 65 millions de dollars, l’OCP possède désormais un fournisseur et un point d’ancrage commercial en Amérique du Sud.  

Nouveaux marchés

L’OCP œuvre également au développement de sa production et de ses réseaux commerciaux en Afrique, où les taux d’utilisation d’engrais sont parmi les plus faibles au monde. Au cours des cinq dernières années, plusieurs Etats africains ont lancé des campagnes de valorisation de leur production agricole, ce qui devrait entraîner, à l’avenir, une multiplication de la demande d’engrais. Selon l’OCP, les exportations d’engrais vers l’Afrique ont atteint 315 000 tonnes au premier semestre 2014, contre 164 000 tonnes sur la même période l’an dernier, soit près du double.

Lors d’une récente tournée en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale, l’OCP a dévoilé plusieurs engagements de taille sur les marchés africains qui devraient lui ouvrir de nouveaux marchés d’exportation. En février, le Roi du Maroc Mohammed VI a annoncé que l’OCP allait mettre sur pied une nouvelle unité de production d’engrais dans son usine de Jorf Lasfar : d’un coût de 600 millions de dollars, elle sera entièrement dédiée à la vente sur le continent africain.

L’unité, qui devrait être opérationnelle d’ici fin 2014, disposera d’une capacité de production d’1 million de tonnes par an. Le groupe a également conclu un accord de partenariat avec les Gabonais de la Société Équatoriale des Mines (SEM) au mois de mars en vue de la mise en place d’un projet conjoint dans le domaine des engrais chimiques qui comportera notamment deux unités de production dans chaque pays, pour un investissement total de 2 milliards de dollars.  

Eaux troubles

Ce programme de développement intervient dans un contexte difficile pour les marchés mondiaux. L’OCP, qui compte parmi les trois premiers exportateurs de phosphates au monde, affiche au premier semestre 2014 une baisse de 3,6% de son chiffre d’affaires en glissement annuel, qui atteint 23, 1 milliards de dirhams (2,98 milliards d’euros) et une chute de 17,8% de son bénéfice net, qui s’établit à 3,02 milliards de dirhams (270 millions d’euros). Ces résultats confirment bien que la contraction des prix des matières premières à l’échelle mondiale qui a débuté il y a deux ans continue de fortement impacter le secteur. Le cours du phosphate brut était au plus bas en septembre, à 110 dollars la tonne, contre 145 dollars en 2013 et 185 dollars en 2012.

La chute des recettes d’exportations aura des conséquences sur les rentrées de devises étrangères du royaume. Les exportations de phosphates ont rapporté au Maroc 17,55 milliards de dirhams (1,58 milliard d’euros) au premier semestre 2014, accusant une chute de 12,1% selon l’Office des Changes.

Plusieurs facteurs ont contribué à l’effondrement des cours des phosphates, dont l’utilisation principale est la production d’engrais. Le marché des phosphates a notamment été inondé par la production de nouveaux acteurs tels que le Pérou et l’Arabie Saoudite, ce dernier tirant profit du faible coût de ses intrants énergétiques. Le ralentissement que connait depuis 2013 la croissance de marchés émergents comme la Chine et l’Inde a également entraîné une baisse de la demande. Mais la croissance mondiale de la population et la hausse de la demande de produits agricoles qui en découlera devraient, d’après les analystes, relancer le prix des phosphates en 2015 – et l’OCP sera bien placé pour en récolter les fruits.


 

Phosphate companies target higher output in Morocco

En Français

  While Morocco’s phosphate exports – a key revenue-earner – may have been impacted by declining commodity prices, the sector is anticipating general growth for the years ahead, with most analysts predicting a recovery in the global market by 2016. In spite of the cyclical turbulence, state-owned Office Chérifien de Phosphates (OCP) has several projects under way to expand output. Increased sales of value-added fertilisers may help offset the decline in raw commodity prices in the near future.

OCP is pushing ahead with a Dh145bn (€13.05bn) investment programme to increase its production capacity and reduce costs, positioning itself well for a market recovery.

The state-owned company, which owns four mining centres and two processing plants, is aiming to double its annual capacity of phosphates between 2007 and 2017 by expanding current mines and launching new ones, with a particular focus on improving downstream activity.

The OCP investments will be partly used for constructing a phosphate cleaning plant in Merah, a 235-km pipeline between Khouribga and its Jorf site, and the opening of three new mines at the Khouribga mining site, which will expand production from 18.5m tonnes to 38m tonnes by 2020.

Higher sales of end-product fertilisers may also give some short-term relief from the commodity market slump. OCP’s fertiliser exports are projected to rise to 2.5m tonnes in 2014, from 2.3m tonnes in 2013, according to the group.

The company signed an agreement with North American potash producer PotashCorp in May to provide OCP a platform to sell its dry finished phosphate products in the US and Canada. A 10% stake in Brazilian fertiliser producer Fertilizantes Heringer that OCP bought in June for around $65m will give the company a commercial and supply foothold in South America.  

New markets

OCP is also expanding its production and commercial networks in Africa, where fertiliser usage rates are some of the lowest in the world. In the past five years, several African governments have launched initiatives to boost domestic agricultural production, which should multiply fertiliser demand in the future. OCP said exports of fertilisers to Africa in the first half nearly doubled to 315,000 tonnes from 164,000 tonnes in the same period last year.

In a recent tour of West and Central Africa, OCP unveiled several major commitments to the African market that should provide it with new export markets. In February, Morocco’s King Mohammed said that OCP would launch a new fertiliser production line at its Jorf Lasfar plant at a cost of $600m that would be completely dedicated to sales on the African continent.

The unit is expected to become operational before the end of 2014 with a production capacity of 1m tonnes per year. The group also concluded a partnership agreement with Gabon’s Société Equatoriale des Mines (SEM) in March to build a joint chemical fertiliser operation, including two production units in each country, with a total investment value of $2bn.  

Choppy waters

The expansion programme comes amidst a tight time for global markets. OCP, one of the world’s largest three operators by exports, said first-half revenue fell 3.6% to Dh23.1bn (€2.98bn) y-o-y and net profit slid 17.8% to Dh3.02bn (€270m). The results confirm that the global downturn in phosphate prices that began two years ago continues to weigh heavily on the industry. Phosphate rock prices have fallen to an average of $110 per tonne in September from $145 in 2013 and $185 in 2012.

The fall in export revenues will have an impact on the kingdom’s foreign currency earnings. Morocco earned Dh17.55bn (€1.58bn) from phosphate exports in the first half of 2014, a drop of 12.1% according to the Foreign Exchange Office (FEO).

Several factors have triggered the price slump in phosphate, which is mainly used to produce fertilisers. In particular, the phosphate market has been flooded by output from newer producers such as Peru and Saudi Arabia, with the latter benefitting from cheap energy inputs. Slower growth in emerging markets such as China and India since 2013 has also lowered demand. However, analysts expect global population growth and a subsequent rise in the demand for agricultural products to boost phosphate prices in 2015 – something that OCP will be well-placed to capitalise on.

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