Une nouvelle reconnaissance internationale vient booster les projets de développement touristique de Djibouti

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Une visibilité internationale accrue, des réformes dans les procédures de visa et des investissements infrastructurels devraient permettre à Djibouti de se rapprocher de l’objectif que le pays s’est fixé en matière de tourisme, à savoir d’accueillir 500 000 visiteurs par an d’ici 2030.

Le 19 avril dernier, le Conseil Européen du Tourisme et du Commerce (ECTT) a nommé Djibouti « Capitale Mondiale de la Culture et du Tourisme 2018 », mettant en avant les progrès réalisés par le pays dans le développement de son image de marque à l’international.

Parmi les éléments pris en compte par l’ECTT, on peut citer la forte concentration de sites sur la liste indicative du patrimoine mondiale de l’UNESCO, notamment le lac salé Assal, qui, à 150 mètres sous le niveau de la mer, est le point le plus bas du continent africain, et abrite des volcans en sommeil et des champs de lave noire ; le parc national de la forêt du Day, à l’écosystème unique ; et les gravures rupestres d’Abourma.

Djibouti a également été classé par l’éditeur de guides de voyages Lonely Planet dans les 10 pays à visiter en 2018, du fait de la richesse de son patrimoine naturel, notamment de ses plages de sable blanc le long du Golfe de Tadjourah et de la mer rouge – où l’on trouve la plus grande concentration de requins-baleines au monde – et de ses sites de plongée sous-marine autour des Îles des Sept Frères.

Une stratégie sectorielle qui vise à accroître le nombre de visiteurs et les recettes

La plus grande visibilité de Djibouti sur la scène internationale est le fruit des efforts déployés afin de mieux faire connaître la destination Djibouti et d’y développer le tourisme de niche suite au lancement en 2014 de la stratégie nationale de développement économique baptisée Djibouti Vision 2035.

Le volet touristique du programme vise à augmenter le nombre d’emplois dans le secteur et à accroître les recettes en devises dans le cadre d’efforts de diversification économique plus vastes.

Le gouvernement espère faire passer d’ici 2030 le nombre d’arrivées étrangères à 500 000 par an, contre environ 80 000 aujourd’hui, et la part de tourisme de loisirs dans le nombre des arrivées totales à environ 88%. Cela marque un important virage pour le secteur étant donné que le tourisme d’affaires représentait 98% des visiteurs en 2016, selon des chiffres publiés par l’Office National du Tourisme de Djibouti.

Extension du réseau de transport et réformes des visas pour soutenir les flux touristiques

Afin de tirer au mieux profit des atouts touristiques du pays, le gouvernement s’attèle à surmonter les difficultés en matière d’infrastructures et à répondre aux contraintes règlementaires.

Le transport constitue l’un des principaux obstacles, dans la mesure où il n’y a qu’un seul aéroport international dans la ville de Djibouti. L’offre de vols directs hors de l’Afrique étant limitée aux EAU, à la Turquie et à la France, voyager vers le pays reste cher et peu pratique pour de nombreux visiteurs potentiels.

Dans le cadre du programme de développement du transport multimodal actuellement mené, le gouvernement prévoit la construction de deux nouveaux aéroports internationaux dans le but d’améliorer l’accès aux sites touristiques qui se trouvent hors de la capitale ; ces deux projets ayant à peine entamé leur phase de construction, cette solution ne saura cependant répondre qu’à long terme aux problèmes de connectivité rencontrés par le pays.

Le premier de ces projets, l’Aéroport International Hassan Gouled Aptidon, sera situé à Shebelleh, à 25 km au sud-ouest de la capitale. Il sera doté d’une capacité d’accueil d’1,5 million de passagers par an.

Le deuxième, l’Aéroport International Ahmed Dini Ahmed, sera situé sur l’archipel des Îles des Sept Frères, à proximité des plages et des plus beaux spots de plongée de la Mer Rouge. Sa capacité initiale d’accueil sera de 350 000 passagers par an, puis sera portée à 767 000 dans un second temps.

Si la construction des aéroports a été officiellement lancée en 2015-2016, l’État djiboutien s’étant associé au groupe de BTP chinois CCECC (China Civil Engineering Construction Corporation) pour le financement et la construction des deux projets, aucune date de livraison n’a encore été annoncée et fin 2017 des médias internationaux rapportaient que les projets allaient faire l’objet d’un nouvel appel d’offres. On ne dispose toutefois actuellement d’aucun détail supplémentaire.

En attendant, Djibouti veut faciliter l’entrée des visiteurs dans le pays en simplifiant progressivement les procédures d’obtention de visa. Les documents d’entrée dans le pays sont délivrés aux citoyens de nombreux pays africains, asiatiques et européens soit à l’arrivée, soit par le biais d’un système de visa électronique lancé en février 2018.

Ces changements ont déjà porté leurs fruits : Djibouti a récemment été classé par le Journal Européen du Tourisme et du Commerce deuxième pays africain pour ce qui est de la facilité d’entrée et de la simplicité des procédures de visa pour les touristes.

De la nécessité d’investir dans les infrastructures hôtelières pour soutenir la croissance du secteur touristique

Afin de répondre à la hausse attendue des arrivées et de développer le tourisme en dehors de la capitale, des efforts sont déployés pour attirer davantage d’investissements dans l’industrie hôtelière.

Si la Banque Mondiale citait la mise en place d’une politique fiscale incitative uniformisée et transparente comme facteur clé de la hausse de nuitées, passé de 5 715 en 2003 à 15 995 en 2013, les investissements restent bas, se limitant quasi exclusivement à la ville de Djibouti, le centre du tourisme d’affaires.

La demande hôtelière est par conséquent élevée : les taux d’occupation des chambres tournaient autour de 82,6% en 2015, contre 78,6% en 2014.

Cependant, d’après certains indices, ces forts taux d’occupation commenceraient à susciter davantage l’intérêt des investisseurs. La construction d’un troisième hôtel de marque dans le pays a démarré – il s’agit d’un complexe de 220 chambres, baptisé Ayla Djibouti Resort, développé par le groupe hôtelier émirati Ayla Hotels and Resorts. L’inauguration de l’établissement était initialement prévue pour mi-2017 mais en mai 2018 aucune date d’ouverture n’avait encore été annoncée.

Le pays cherche également à attirer les investissements dans un projet d’hôtel de luxe sur la Péninsule Ras Siyan sur la côte de la Mer Rouge, destiné à accueillir les touristes arrivant à Djibouti par le futur Aéroport International Ahmed Dini Ahmed.

 

 

International recognition boosts Djibouti’s tourism development plans

En Français

A rising international profile, visa reforms and infrastructure investment are set to help move Djibouti a step closer to achieving its target of 500,000 visitors by 2030.

On April 19 the European Council on Tourism and Trade (ECTT) named Djibouti City its “World Capital of Culture and Tourism for 2018” in recognition of the country’s advances in developing its global brand.

Among the considerations taken into account by the council was Djibouti’s high concentration of potential UNESCO World Heritage sites, including the salt-water Lake Assal, which at 150 metres below sea level is the lowest point in Africa, and home to dormant volcanoes and black lava fields; the Day Forest National Park, host to a unique ecosystem; and the ancient cave paintings at Abourma.

Djibouti was also listed in tourism publisher Lonely Planet’s top-10 countries to visit in 2018, due in part to its abundant natural attractions, which include sandy beaches along the Gulf of Tadjourah and the Red Sea – home to some of the highest whale shark populations in the world – and underwater diving sites around the Seven Brothers Islands.

Sector strategy aims to increase visitor numbers and revenue

Greater visibility on the international stage comes amid efforts to raise the country’s profile as a niche tourism destination following the 2014 launch of Djibouti Vision 2035, the national blueprint for economic development.

The tourism component of the plan seeks to boost jobs in the sector and increase foreign exchange earnings in line with broader economic diversification efforts.

The government hopes to increase foreign arrivals from current levels of around 80,000 per year to 500,000 by 2030, along with expanding leisure tourists’ share of total arrivals to around 88%. This marks a significant departure from current trends, with business tourists accounting for 98% of visitors in 2016, according to the National Tourism Office of Djibouti.

Connectivity upgrades and visa reforms to support tourism flows

To capitalise on its touristic assets, the government is also working to address existing infrastructure and regulatory constraints.

One of the major obstacles relates to transport, as Djibouti City is home to only one international airport. With direct flights outside Africa limited to the UAE, Turkey and France, travel to the country remains costly and inconvenient for many.

As part of its ongoing multi-modal transport upgrade, the government plans to build two new international airports to improve access to tourism sites outside the capital, although with both projects still at the early construction phase, this is likely to prove a long-term solution to connectivity constraints.

The first, Hassan Gouled Aptidon International Airport, will be located at Shebelleh, 25 km south-west of the capital. It has been designed to handle 1.5m passengers annually.

The second, Ahmed Dini Ahmed International Airport, will be located on the Seven Brothers Islands archipelago, near the beaches and diving hotspots of the Red Sea. It will have an initial capacity of 350,000 passengers per year, rising to 767,000 in the future.

While construction of the airports was officially launched in 2015-16, with the government partnering with China Civil Engineering Construction Corporation for the financing and construction of both projects, a timeline for completion has yet to be announced, and in late 2017 international media reported that the projects were being re-tendered. However, no further details have been given.

In the meantime, Djibouti is making it easier for visitors to enter the country by gradually simplifying visa requirements. Entry papers are issued to citizens of many African, Asian and European countries either upon arrival or via the e-visa system introduced in February 2018. 

The changes have had a positive effect: Djibouti was recently ranked second among African countries by the European Journal of Tourism and Trade in terms of ease of tourism entry and visa facilities.

Hotel infrastructure investment needed to support tourism growth

In order to handle the expected increase in arrivals and develop tourism outside of the capital, efforts are being made to attract more investment in the hotel industry.

While the introduction of a standardised and transparent tax incentive policy was cited by the World Bank as a key factor behind the rise in hotel bookings from 5715 in 2003 to 15,995 in 2013, overall investment remains low, with activity almost entirely focused on Djibouti City, the centre for business tourism.

As a result, demand for accommodation is high: occupancy rates averaged 82.6% in 2015, up from 78.6% in 2014.

However, there are signs that the high occupancy rates are beginning to attract more interest from investors. Construction is under way on a third branded hotel in the country – the 220-key Ayla Djibouti Resort, developed by the UAE’s Ayla Hotels and Resorts. Originally scheduled to begin operations in mid-2017, as of May 2018 no opening date had been announced. 

The country is also looking to attract investment in a proposed luxury hotel development on the Ras Siyyan Peninsula on the Red Sea coast, which is designed to cater to tourists flying into the planned Ahmed Dini Ahmed International Airport.

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