Un léger ralentissement en Côte d’Ivoire à l'approche des élections présidentielles

In English

Les pressions extérieures, aggravées par l'incertitude créée par les élections présidentielles prévues pour le mois d'octobre, ont engendré une légère baisse dans les prévisions de croissance de l'économie ivoirienne, avec une stabilisation de la forte reprise du marché depuis ces dernières années.

Le ralentissement est assez léger et l’économie du pays de l'Afrique de l'Ouest continue de croître à un rythme rapide. Le FMI estime qu'en 2015 la croissance de l'économie ivoirienne sera de l'ordre de 7,9 % et de 7,6 % en moyenne, dans les deux années à venir. Notons que l'année dernière, l'économie a enregistré un taux de croissance de 7,9 %. Le taux de croissance de l'économie ivoirienne est, encore, deux à trois fois plus élevé que le taux de croissance enregistré dans les économies avancées.

Selon le rapport publié au mois de juin, la dette publique devrait rester stable bien qu'élevée, avec un taux avoisinant les 43 % du PIB à moyen terme. Cependant, le coût de la dette augmenterait en 2015 pour atteindre les 13 %, comparé aux 10,8 % de l'année dernière.

En début d'année, le FMI avait déclaré que “les tensions sociales et les éventuels risques politiques liés aux élections présidentielles du mois d'octobre sont les principales complications à l'horizon. Le durcissement des conditions financières sur les marchés mondiaux constitue un autre facteur de risque qui peut rendre difficile le financement du large programme d'investissement public.” Pour la période 2015-2016, l'agence de notation Fitch estime que la croissance du PIB sera de 7,7 % en moyenne.

La Côte d’Ivoire a enregistré un taux de croissance exceptionnellement élevé en 2012 et 2013. L'économie avait rebondi après une décennie de trouble et de conflit et avait atteint une croissance à deux chiffres. Les estimations pour l'année 2015 font l'état d'une baisse de croissance du PIB pour ce plus grand producteur mondial de cacao, et ce pour la troisième année consécutive. Cependant, les estimations à moyen et à long terme demeurent positives.

D'importantes entrées

Les estimations du gouvernement de la Côte d’Ivoire sur la croissance ont changé après la déclaration faite par le Ministre du Budget ivoirien au mois de Décembre dernier. Le Ministre du Budget a en effet annoncé que l'économie ivoirienne progresserait non pas de 10 % mais de 7,9 %. “Il s'agira d'une année d'élection et les années d'élections sont généralement marquées par la réticence des investisseurs,” a déclaré le Ministre du Commerce Jean Louis Billon en faisant référence aux estimations. Cependant, au mois de mai dernier, suivant sa volonté de transformer la Côte d’Ivoire en un marché émergent d'ici 2020, le Premier Ministre Daniel Kablan Duncan avait laissé entendre que, cette année aussi, le pays a pour objectif d'atteindre une croissance à deux chiffres.

Selon Billon, le rendement record des récoltes et l'important niveau d'investissement dans le secteur agricole sont à l'origine de cette croissance forte obtenue l'an passé. Toutefois, une baisse de performance dans les secteurs miniers et pétroliers a neutralisé une partie de ces gains. “La baisse des prix internationaux a ralenti les investissements dans l'exploration et la recherche", déclare-t-il aux médias locaux. Avec des prix qui ne risquent pas d'augmenter et une activité stagnante dans le secteur pétrolier, le secteur agricole va une fois de plus devoir porter un lourd fardeau.

L'économie du pays a enregistré de bons résultats, depuis la fin en 2011 d'une décennie de guerre civile. Soutenu par un environnement plus favorable aux investisseurs, pour la période 2012-2014, les investissements directs étrangers ont augmenté de 40 %, selon le FMI. Les investissements du secteur privé, plus particulièrement les investissements en matière d'infrastructure, ont été l'un des principaux catalyseurs pour la croissance du PIB par habitant, qui a atteint les 20 % pour la période 2012-2014.

Les initiatives de PPP

Les entreprises internationales ont bénéficié des grands projets d'investissement en capital. Le secteur privé était appelé à financer environ 60 % du budget du Plan de Développement National à travers différentes initiatives de partenariat public-privé (PPP).

L'un des exemples les plus saillants de ces initiatives est l'autoroute de 6,7 km qui a été inaugurée en Décembre 2014 et qui comprend le pont à péage Henri Konan Bédié. Ce pont, le troisième qui traverse la ville d'Abidjan, permet de faire la liaison entre

Marcory et Riviera. Conçu à partir du modèle "construction - exploitation - transfert " sur 30 ans, la Société Concessionnaire du Pont Riviera-Marcory, aussi connu sous le nom Socoprim, a obtenu le PPP phare dans un appel d'offres non concurrentiel. Le véhicule à usage spécial Socoprim est détenue à 49 % par le conglomérat français Bouygues, 22,03 % par le Fonds de développement de l'infrastructure pan-africaine de la Banque Africaine de Développement (BAD), 18,65 % par le Gouvernement ivoirien, et 3,78 % par le géant français du pétrole, Total.

Outre la construction du troisième pont à Abidjan, d'autres projets ont été initiés, cette fois-ci en dehors de la capitale économique du pays. A environ 40 km à l'ouest d'Abidjan, grâce au Pont Jacqueville, pour la première fois dans l'histoire l'Ile Jacqueville sera reliée au reste du pays. L'inauguration du pont était prévue au mois de décembre 2013, cependant le projet a été reporté pour des raisons techniques et la construction est toujours en cours. Un groupe de donateurs internationaux comprenant entre autres la BOAD, la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique, le Fonds de l'OPEP pour le Développement International et le Gouvernement Ivoirien, financent ce projet de 18,58 milliards de francs CFA (27,9 millions d'euros). Le contrat ayant été remporté par la Société d’Etat Arab Contractors, le projet a débuté en Juillet 2009 et a été achevé en début d'année.

Toutefois, comme cela est fréquemment observé sur les marchés Africains, au cours des années les dépenses d’investissements ont été sous-exécutées. Dans un premier temps, le gouvernement a annoncé son intention d'accroître les dépenses d'investissement de 16,2 % du PIB en 2014 à 18,6 % en 2015. Cependant, le rapport du FMI annonce que l'objectif pour l'année 2015 a depuis été revu à la baisse.

Les dépenses totales sont plus faibles que prévues et n'ont atteint que 3,7 trillions de francs CFA (5,6 milliards d'euros), ou 21,7 % du PIB, comparé au montant total fixé pour l'année 2014, qui était de 3,8 trillions de francs CFA (5,8 milliards d'euros), ou 22,2 % du PIB. Les dépenses d'investissements qui comprennent les dépenses d'après-crise étaient également moins élevées que prévues, atteignant ainsi 994,2 milliards de francs CFA (1,5 milliards d'euros), comparé au montant prévu de 1,1 trillions de francs CFA (1,67 milliards d'euros).

 

 

Côte d’Ivoire sees modest slowdown ahead of presidential election

En Français

External pressures, compounded by the uncertainty over October’s scheduled presidential elections, has led to a slight dip in growth forecasts for Côte d’Ivoire’s economy, with the market’s sharp recovery of recent years levelling off.

The slowdown is fairly modest, however, with the West African country’s economy continuing to expand at a rapid clip. The IMF said it expected Côte d’Ivoire’s economy to grow by 7.9% in 2015 and by an average of 7.6% in the following two years, after growing by 7.9% last year.  The growth rate is still roughly two to three times as high as growth rates seen in advanced economies.

Public debt should remain steady if high, at around 43% of GDP in the medium term, according to the report published in June, but the cost of servicing the debt would increase to 13% for 2015, up from 10.8% last year.

“The main downside risks to the outlook stem from social tensions and remaining political risks linked to the October presidential elections,” the IMF said earlier this year. “Others include tighter global financial conditions, which may complicate the financing of the large public investment programme.” Ratings agency Fitch forecasts GDP growth to average 7.7% in the 2015-16 period.  

Côte d’Ivoire saw unusually high rates of growth in 2012 and 2013, hitting double-digit figures as the economy bounced back from a decade of unrest and conflict. While the estimates for 2015 mark the third consecutive year of falling GDP growth for the world’s largest cocoa producer, Côte d’Ivoire’s medium- and long-term forecasts remain positive.

Important inflows

Government estimates for growth this year are varied after Côte d’Ivoire’s Budget Ministry said in December that the economy would expand by 7.9%, after being revised downwards from 10%. “It will be an election year, and they’re generally marked by hesitancy among investors,” Minister of Commerce Jean Louis Billon said in reference to the forecast.  However, Prime Minister Daniel Kablan Duncan suggested in May that the country is still targeting double-digit growth this year, in its bid to transform Côte d’Ivoire into an emerging market by 2020.

Record-setting crop yields and strong investment in agriculture were key to the growth rate achieved last year, according to Billon, but declining performances from the mining and oil sectors offset some of these gains. “The drop in international prices slowed down investments in exploration and research,” he told local media. With prices not expected to rebound and activity stagnant in the oil sector, the agricultural sector will once again have to carry a heavy load.

The country’s economy has performed strongly since a decade of civil unrest came to an end in 2011. Foreign direct investment rose 40% in 2012-14, according to the IMF, buoyed by a more investor-friendly environment. Private sector investment, most notably in infrastructure, served as one of the main catalysts for the country’s GDP per capita growth of 20% from 2012 to 2014.

PPP initiatives

International firms have benefitted from the heavy investment in capital projects, with the private sector expected to finance around 60% of the 2012-15 National Development Plan budget through various public-private partnerships (PPPs).

One of the most visible examples of this is a 6.7-km urban highway that includes the 1.5-km Henri Konan Bédié toll bridge – the third bridge through Abidjan connecting

Marcory to Riviera – which opened in December 2014. Designed as a build-operate-transfer (BOT) scheme over 30 years, the flagship PPP was awarded to Société Concessionnaire du Pont Riviera-Marcory, known as Socoprim, in a non-competitive tender. The special-purpose vehicle Socoprim is owned 49% by French conglomerate Bouygues, 22.03% by the Pan-African Infrastructure Development Fund at the African Development Bank (AfDB), 18.65% by the Ivorian government, and 3.78% by French oil major Total.

Besides the construction of the third bridge in Abidjan, other bridge projects have been launched outside of the economic capital. Roughly 40 km west Abidjan, the Jacqueville Bridge will connect Jacqueville Island to the mainland by road for the first time. Initially planned to open by December 2013, the project was postponed for technical reasons and is still under construction. A pool of international donors, including the BOAD, the

Arab Bank for Economic Development in Africa, the OPEC Fund for International Development and the Ivorian government, is financing the CFA18.58bn (€27.9m) project. Awarded to Egyptian state-owned group Arab Contractors, the project started in July 2009 and was completed earlier this year.

However, as is often the case in African markets, investment spending has been under-executed over the years. The government initially announced plans to increase investment spending from 16.1% of GDP in 2014 to 18.6% in 2015. However, the IMF report said that the 2015 target has since been lowered.

Total expenditure was lower than predicted, amounting to CFA3.7trn (€5.6bn), or 21.7% of GDP, compared with the target figure of CFA3.8trn (€5.8bn), or 22.2% of GDP, in 2014. Investment expenditure, which excludes post-crisis spending, was also down on expectations, totalling CFA994.2bn (€1.5bn), compared with a targeted amount of CFA1.1trn (€1.67bn).

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