Soutien international à la Tunisie pour faciliter le financement des PME

In English

En Tunisie, les petites et moyennes entreprises (PME) se heurtent depuis longtemps au problème de l’accès au crédit mais il se pourrait bien qu’une série d’initiatives récentes contribue à leur apporter une bouffée d’oxygène à court terme.

La transition démocratique s’est faite en Tunisie bien plus en douceur que dans certains des pays voisins, mais l’économie n’est pas ressortie indemne du processus. Pour les PME – qui affichent des chiffres d’affaires et des réserves de capitaux moins élevés - cela signifie que les emprunts bancaires, qui permettent de parer à toute éventualité, revêtent une importance cruciale.

Toutefois, si la difficulté pour les PME d’accéder au financement ne constitue pas un phénomène nouveau, on a observé ces dernières années une complexité croissante des démarches à effectuer pour l’obtention d’un prêt. La Tunisie, classée 105ème dans la catégorie « accès au crédit » du rapport « Doing Business » de la Banque Mondiale en 2013, se retrouve en 2014 à la 109ème place. Une étude effectuée par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) fin 2012 et publiée en juin 2013 affirme que 66% des PME tunisiennes trouvent les conditions financières qui leur sont imposées de plus en plus difficiles.

La Banque de Financement des Petites et Moyennes Entreprises (BFPME), qui apporte financement et soutien aux PME, indique que seul 20% du besoin de financement des PME est couvert par des banques et que ces entreprises autofinancent plus de 50% de leurs besoins en fonds propres.

Dans la mesure où la Tunisie compte quelque 15 000 PME, qui représentaient 97% du tissu économique du pays en 2007, développer le secteur fait figure de stratégie cruciale, permettant à la fois de lutter contre le chômage et de faciliter la croissance et la diversification de l’économie – entre autres, améliorer l’accès au crédit des petites entreprises est capital.  

Un environnement difficile

Plus généralement, la transition politique tunisienne a également joué défavorablement sur les procédures de base que doivent accomplir les entreprises, en particulier au moment de leur création. Le rapport Doing Business 2014 fait état d’une hausse des coûts initiaux, du nombre de procédures et des délais administratifs depuis la révolution tunisienne. Sur cet indicateur, le pays se classe 70ème sur 189 économies, chutant du 63ème rang qu’il occupait en 2013 et du 51ème (sur 185 pays) où il se trouvait en 2012.

Les nouvelles entreprises doivent désormais se soumettre à 10 procédures pour pouvoir démarrer leurs activités, alors que la moyenne régionale est de huit et celle de l’OCDE de cinq. Le coût de ces procédures – qui représentent un poids plus important pour les plus petites entreprises – représente 4,7% du revenu par habitant, contre 3,6% dans les pays de l’OCDE.  

Nouvelles mesures d’encouragement

Plusieurs bailleurs de fonds régionaux et internationaux ont cependant rendu disponibles de nouvelles ressources au cours de ces derniers mois afin d’aider les PME tunisiennes à faire face aux défis auxquels elles sont confrontées et améliorer leur accès au crédit.

En février de cette année, l’Etat italien a ouvert une ligne de crédit de 73 millions d’euros destinée à favoriser la modernisation des PME tunisiennes, à promouvoir l’innovation dans le secteur privé et à encourager la formation de partenariats entre les entrepreneurs tunisiens et italiens. Les entreprises bénéficient d’un taux d’intérêt de 2,5% sur les prêts en euro, contre 4,5% sur les prêts en dinars tunisiens. Le délai de remboursement est de 10 ans au maximum, avec un délai de grâce maximum de trois ans. Il s’agit là de la huitième ligne de crédit accordée par l’Italie à la Tunisie depuis 1998, pour un total de 289 millions d’euros.

La Banque Européenne d’Investissement (BEI) a également accordé, en juin, un prêt de 100 millions d’euros destiné aux entreprises tunisiennes. Un précédent prêt de 100 millions d’euros, datant de décembre 2012, avait permis de financer près de 500 projets et participé au maintien ou à la création de plus de 2800 emplois.

En outre, le Conseil Tuniso-Américain sur l’Accord Cadre de Commerce et d’Investissement (TIFA) négocie actuellement un certain nombre d’initiatives visant à promouvoir le commerce entre les deux pays. L’un des points abordés lors d’une réunion qui s’est tenue mi-juin portait sur les moyens de faciliter la participation des PME aux échanges commerciaux américano-tunisiens.

Le même mois, la Banque mondiale a annoncé à travers son Troisième Projet de Développement des exportations l’accord d’un prêt de 50 millions de dollars destiné à encourager la croissance des exportations tunisiennes dans le Maghreb et en Afrique sub-saharienne, en particulier en provenance des PME.

Les autorités tunisiennes ont pris un certain nombre de mesures visant à mettre à disposition des PME tunisiennes un plus grand nombre d’outils afin de stimuler les prêts. En juin également, la BFPME a mis sur pied un fonds doté de 100 millions de dinars tunisiens (42,8 millions d’euros) pour aider les PME tunisiennes en difficulté au moyen de prêts et de garanties de prêts. En février, la BFPME a annoncé un partenariat avec la Banque publique d’investissement française et SOTUGAR, la Société Tunisienne de Garantie, portant sur la création de quatre nouveaux outils de financement pour soutenir le développement des PME, ouvrant ainsi de nouveaux axes de croissance.


 

International support helps Tunisia to facilitate financing for SMEs

En Français

  Small and medium-sized enterprises (SMEs) in Tunisia have long grappled with limited access to credit, but a spate of recent initiatives may help provide short-term relief.

Tunisia’s democratic transition has proceeded at a much smoother pace relative to some of its neighbours, but the economy has not escaped unharmed. For SMEs – with their smaller balance sheets and capital reserves – this means that bank borrowing is crucial for riding out the uncertainty.

However, while the difficulties of accessing finance for SMEs are not new in recent years the process has become more problematic. Tunisia’s ranking in the “accessing credit” category of the World Bank’s “Doing Business” reports fell from 105th in 2013 to 109th in 2014. According to a study conducted by the Arab Institute of Business Managers (IACE) in late 2012 and launched in June 2013, around 66% of Tunisian SMEs believe that financial conditions imposed on them are increasingly difficult.

The Bank for Financing Small and Medium Enterprises (BFPME), which provides funding and support SMEs, says that only 20% of financing for SMEs comes from banks, with these firms self-financing more than 50% of their capital needs.

With some 15,000 SMEs in Tunisia representing as much as 97% of the economy in 2007, developing this sector is regarded as a crucial strategy to combat joblessness while facilitating growth and diversification of the economy – which means improving credit access for these small firms is key.  

Challenging environment

More broadly, Tunisia’s political transition has also adversely affected basic procedures for businesses, especially for new firms. The Doing Business 2014 report says that start-up costs, procedures and bureaucratic delays have increased since Tunisia’s revolution. The country ranked 70th out of 189 economies for this indicator, down from a ranking of 63rd in 2013 and 51st (out of 185) in 2012.

New businesses must now complete 10 procedures to start their activities, relative to a regional average of eight and an OECD average of five. The cost of these procedures – which would be a bigger burden for smaller firms – is 4.7% of income per capita, compared to 3.6% in OECD countries.  

New incentives

However, a number of regional and international donors have in recent months opened up new resources to help address the challenges faced by Tunisia’s SMEs and to increase their access to credit.

In February this year, the Italian government opened up a €73m credit line to facilitate the modernisation of Tunisian SMEs, promote private sector innovation, and encourage partnerships between Tunisian and Italian entrepreneurs. Firms pay 2.5% interest on euro loans, compared with 4.5% interest on the Tunisian dinar. Loans are extended for up to 10 years, with a maximum grace period of three years. This is the eighth line of credit that Italy has offered Tunisia since 1998, worth a total of €289m.

The European Investment Bank (EIB) also designated a €100m credit line for Tunisian firms, particularly SMEs, in June. This follows a previous credit line worth €100m signed in December 2012, which financed around 500 projects, enabling firms to maintain or create more than 2800 jobs.

In addition, the US-Tunisia Trade and Investment Council is in the process of negotiating a number of initiatives to promote trade between the two countries. Among the items on the agenda at a meeting held in mid-June was facilitating the involvement of SMEs in US-Tunisian trade.

In that same month, the World Bank’s Third Export Development Project announced it will devote $50m to encourage the growth of Tunisian exports in the Maghreb and sub-Saharan Africa, particularly from SMEs.

The Tunisian authorities have been taking a number of steps to increase the tools available to boost SME lending. Also in June, the BFPME established a TD100m (€42.8m) fund to help Tunisian SMEs in financial difficulties by way of loans and lending guarantees. The BFPME announced a partnership in February with the French public investment bank and SOTUGAR, the Tunisian Guarantee Company, to create four new financing tools to support SME development, creating further avenues for growth.

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