Réforme du secteur bancaire à Djibouti

In English

L’autorité de réglementation du secteur bancaire de Djibouti a dévoilé un ensemble de réformes avec l’objectif d’améliorer l’efficacité et la santé des bailleurs du pays et développer les services financiers islamiques.

Avec un lancement prévu cette année, ces réformes seront axées sur l’efficacité opérationnelle avec l’établissement d’un nouveau système d’information sur les crédits afin d’aider les banques dans leur gestion du risque.

Ces mesures s’inscrivent dans la droite ligne du train de réformes lancé depuis déjà quelques années par la Banque Centrale de Djibouti (BCD) visant au renforcement des bailleurs de fonds locaux et à une transparence accrue.

Le numérique comme tremplin

Ces évolutions, qui seront suivies de près par la BCD, permettront de faire entrer le système de paiement du pays dans l’ère du numérique, et d’apporter le cadre nécessaire à l’intégration de son système financier avec les pays voisins.

Ahmed Osman, gouverneur de la BCD, a expliqué que le système de paiement national envisagé permettrait de relier entre eux les opérateurs du secteur grâce à une connexion sécurisée qui viendrait remplacer le traitement manuel des paiements, trop coûteux et chronophage.

« Nous mettrons en place les infrastructures numériques et les rendrons accessibles à tous, notamment aux opérateurs et aux entrepreneurs, pour pleinement tirer parti des possibilités offertes par un tel système de paiement », avait-il déclaré à OBG en début d’année.

Sur le plan des crédits, Djibouti cherche également à créer un système d’information centralisé. Il s’agirait d’une plateforme qui doterait les acteurs du secteur des outils nécessaires à une évaluation précise du risque et à un partage des données clés.

Un système de contrôle des crédits unifié devrait permettre aux banques de réduire les encours douteux. Ces derniers représentaient en effet 22 % de tous les emprunts contractés auprès des banques commerciales en date de juin selon les estimations du FMI, un taux parmi les plus élevés de la région.

La création d’un registre électronique paraît d’autant plus indiquée que l’utilisation des technologies mobiles et numériques connaît une forte croissance dans la région. Ainsi, les banques djiboutiennes pourraient cibler la population de plus en plus urbanisée du pays.

« Je pense que les technologies et les plateformes bancaires sur mobile devraient tirer vers le haut la prochaine phase d’expansion du secteur, et en un sens cela permettra à Djibouti de ne pas passer par la phase de développement des agences bancaires physiques connue par d’autres pays », a déclaré en début d’année à OBG Ismail Guyo, chef des finances de la East Africa Bank.

Le potentiel de croissance offert par la finance islamique

L’Etat espère également tirer parti de l’intérêt accru vis-à-vis des services financiers islamiques en clarifiant le cadre réglementaire relatif aux produits certifiés conformes à la charia. Les autorités planchent actuellement sur l’établissement d’un Conseil national de la charia qui serait en charge de surveiller le secteur bancaire islamique et de veiller au respect des normes en vigueur.

La création de ce conseil marque un pas décisif pour Djibouti dans sa volonté de développer la finance islamique à l’échelle régionale. En effet, quatre banques sur dix sont islamiques à Djibouti, soit un poids total de 55.5 milliards DJF (312. 2 millions de dollars), et 15-20 % des parts de marché.

« Depuis leur introduction sur le marché djiboutien en 2006 et leur adaptation, les banques islamiques connaissent une croissance rapide de leurs parts de marché », a déclaré M. Osman à OBG en début d’année. « Ce succès est fortement corrélé aux principes de fonctionnement de la finance islamique, fondés sur la charia, qui correspondent mieux aux valeurs de la société. »

La concurrence devrait s’accentuer dans les années à venir alors que les banques classiques cibleront aussi la finance islamique comme vecteur de croissance future.

En 2011, la BCD a autorisé les banques commerciales à ouvrir des branches de finance islamique. Avec un minimum de capital requis de 300 millions DJF (1.7 million de dollars), ces branches doivent être structurées de sorte à constituer des filiales séparées.

Elargir ses horizons

Les responsables politiques espèrent également ainsi que la finance islamique contribue à la bancarisation d’une part substantielle de la population.

Selon la BCD, uniquement 20 % des quelque 850 000 ressortissants djiboutiens étaient détenteurs d’un compte bancaire l’année dernière, contre 5 % en 2007, tout de même.

Les changements précédemment apportés à la réglementation ont joué un rôle essentiel dans la croissance qu’a connue le secteur et dans la stimulation de la concurrence entre bailleurs. Le secteur des services financiers, qui au cours des dix dernières années a de plus en plus contribué à l’économie, représente désormais environ 13 % du produit intérieur brut (PIB).

Selon les chiffres de la BCD, le montant total des prêts a plus que triplé entre 2006 et 2014 pour atteindre 116 milliards DJF (652.5 millions de dollars). Quant aux crédits alloués au secteur privé, ils représentaient 29.5 % du PIB l’année dernière (contre 20 % en 2005). Dans le même temps, les dépôts ont plus que doublé pour atteindre 254 milliards DJF (1.4 milliard de dollars).

 

 

Djibouti takes steps to overhaul banking sector

En Français

Djibouti’s banking regulator has unveiled a series of reforms that seek to improve the efficiency and health of the country’s lenders, and expand sharia-compliant financial services.

The regulatory overhaul, which is set to be rolled out this year, includes plans to improve operational efficiency and set up a new credit information system to help banks manage credit risk.

The measures are in line with a raft of reforms introduced by the Central Bank of Djibouti (Banque Centrale de Djibouti, BCD) in recent years aimed at strengthening the position of local lenders and increasing transparency.

Linking up

The new changes, which will also be overseen by the BCD, aim to digitise the country’s payment system and provide the necessary framework to integrate its financial system with neighbouring countries.

Ahmed Osman, governor of the BCD, explained that the planned national payment system would link industry operators through a secure connection, replacing the costly and time-consuming current method of processing payments manually.

“Putting in place digital infrastructure and making it accessible will allow for everybody, including operators and entrepreneurs, to benefit from the launch of the payment system,” he told OBG earlier this year.

Djibouti is also looking to set up a centralised credit information system that will provide industry players with the tools to carry out accurate risk assessments and share key data for making lending decisions.

A unified credit control system is expected to play a central role in helping banks reduce the share of non-performing loans (NPLs) on their books. NPLs made up 22% of all commercial bank loans as of June, according to estimates from the IMF, one of the highest ratios in the region.

Creating an electronic credit registry should also dovetail with the growing use of mobile and digital technology in banking in the region, which banks in Djibouti could use to target the country’s increasingly urbanised population.

“I think technology and mobile banking platforms will drive the next phase of the sector’s expansion, and in a sense Djibouti will bypass that phase of physical banking expansion that other countries have experienced,” Ismail Guyo, CFO at East Africa Bank, told OBG earlier this year.

Islamic banking holds potential

The government is also hoping to tap into rising global interest in Islamic financial services, by clarifying the regulatory framework for what constitutes a sharia-compliant product. The authorities are currently working on establishing a National Sharia Council to oversee Islamic banking and ensure it meets the required standards.

Creation of the council marks a key step forward for Djibouti in its efforts to develop a sub-regional Islamic finance base. Four of Djibouti’s 10 banks are Islamic, with a combined value of DJF55.5bn ($312.2m) and roughly 15-20% market share.

“Since their introduction into the Djiboutian market in 2006, and following their adaptation process, Islamic banks have experienced rapid development of their market shares,” Osman told OBG earlier this year. “This success is strongly linked to the operating principles of Islamic finance based on sharia that are more in line with society’s values.”

Competition in the segment is set to increase in the coming years, with conventional banks also targeting Islamic finance as an avenue for further growth.

In 2011 the BCD authorised commercial banks to open Islamic banking windows. With a minimum capital requirement of DJF300m ($1.7m), these windows must be structured as separate subsidiaries.

Casting a wider net

Officials are also hoping that Islamic finance could play a part in bringing the sizeable number of unbanked citizens into the system.

Just 20% of the roughly 850,000 Djibouti nationals had bank accounts as of last year, according to the BCD, though this was up significantly from 5% in 2007.

Prior regulatory changes have been pivotal in spurring growth across the sector and boosting competition amongst lenders. Having increased its contribution to the economy over the past decade, the financial services sector now accounts for around 13% of GDP.

Total lending more than tripled between 2006 and 2014 to DJF116bn ($652.5m), according to figures from the BCD, while credit allocated to the private sector rose from 20% of GDP in 2005 to 29.5% last year. Deposits, meanwhile, more than doubled to DJF254bn ($1.4bn) in the decade to 2015.

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