Pourquoi la Côte d’Ivoire a besoin de moderniser ses infrastructures de transport

In English

En Côte d’Ivoire, où la croissance économique se poursuit, l’urbanisation rapide et l’augmentation de la population devraient conduire le pays à entamer d’importants chantiers de modernisation des infrastructures de transport et des infrastructures urbaines, selon un nouveau rapport de la Banque Mondiale publié fin février. De son côté, le gouvernement ivoirien soutient plusieurs initiatives destinées à combler les insuffisances en la matière.

Si la population locale contribuera à la croissance des communautés urbaines, l’expansion des populations urbaines sera principalement causée par la migration. D’après les estimations de la Banque Mondiale, environ 65% des Ivoiriens vivront dans des villes d’ici 2050, contre 50% actuellement et 17,7% il y a à peine 60 ans.

La croissance urbaine est particulièrement manifeste à Abidjan, la capitale économique du pays, où la population devrait être multipliée par deux d’ici 2040, passant de 5 millions à 10 millions d’habitants.

La croissance rapide d’Abidjan montre bien la prédominance de la ville comme premier centre du pays pour les affaires et le commerce : 80% de l’activité économique ivoirienne s’y concentre.

Une amélioration des transports synonyme d’expansion économique

Pour ce qui est du transport, les résidents d’Abidjan effectuent 10 millions de trajets par jour, chaque foyer dépensant en moyenne 1075 francs CFA (1,63 euro) par jour en frais de transport, toujours selon le rapport de la Banque Mondiale.

Ces coûts pèsent davantage sur les familles à faible revenu, pour lesquelles les dépenses de transport totales peuvent représenter quelque 30% du revenu familial, contre tout juste 5% pour celles qui se trouvent en haut de l’échelle des revenus.

Au-delà des coûts financiers, chaque foyer perd plus de trois heures par jour dans les transports. Cette perte de temps et de productivité, associée au coût budgétaire des trajets quotidiens dans la capitale, correspondait à près de 5% du PIB en 2017.

Soulignant les opportunités économiques que représente un développement des services de transport, la Banque Mondiale a émis une estimation selon laquelle une amélioration de 20% de la mobilité urbaine à Abidjan pourrait se traduire par des profits à hauteur d’environ 1% de la croissance annuelle du PIB.

Les bénéfices engendrés par une meilleure gestion urbaine et une mobilité améliorée devraient toutefois être synonymes de bien plus qu’une hausse de la croissance nationale.

« L’urbanisation peut aider les entreprises du pays à être plus productives et ses ménages à mieux vivre, en leur offrant des emplois, des écoles pour leurs enfants et de meilleurs soins de santé, à condition qu’elle soit planifiée et maitrisée, » a expliqué Jacques Morisset, l’un des auteurs du rapport.

Une amélioration des transports en commun cruciale

Afin de pallier les manques actuellement constatés et de se préparer à l’expansion urbaine à venir, le gouvernement s’attèle au développement des infrastructures de transport en commun, en particulier dans les grandes villes.

Si le nombre de trajets effectués par les résidents d’Abidjan s’élève à quelque 10 millions par jour, moins d’un Abidjanais sur dix utilise les transports en commun, soit quatre fois moins que dans les villes européennes de taille comparable.

Bien que la ville compte plus de routes que la plupart des autres agglomérations africaines, celles-ci ne desservent pas toujours les quartiers qui en auraient le plus besoin et elles sont souvent en travaux, ralentissant la circulation.

Pour tenter de remédier à cette situation, l’Etat ivoirien accroît ses investissements dans le développement routier tout en s’attachant à améliorer la connectivité grâce au déploiement de services rapides par bus et à la mise en circulation de nouveaux véhicules.

L’un des principaux projets – qui pourra également accueillir le plus grand nombre de passagers- sera cependant celui du métro d’Abidjan.

Lancé en novembre 2017, le projet, doté d’un budget d’1,4 milliard d’euros, sera financé et géré par un consortium d’entreprises françaises et comportera la construction d’une liaison d’une longueur de 37 km reliant l’aéroport de la ville au sud au quartier d’Anyama au nord.

La ligne de métro, dont la livraison est prévue en 2021, devrait pouvoir transporter 500 000 passagers par jour une fois entièrement opérationnelle.

Le réseau comportera également une ligne est-ouest reliant les districts de Bingerville et de Yopougon. Ce système de transit de masse, qui s’inscrit dans le cadre du Projet d’Amélioration de la Mobilité Urbaine à Abidjan porté par la Banque Mondiale, sera développé par un partenariat public-privé, encore au stade de la planification et de la préparation des appels d’offre.

Des investissements tirés par les financements étrangers

Outre l’assistance financière et technique en provenance de France, d’autres sources internationales sont également à l’origine des investissements destinés à développer le réseau ferroviaire à Abidjan.

Début janvier, le gouvernement ivoirien a annoncé que le groupe chinois China Road and Bridge Corporation avait remporté un appel d’offres portant sur la construction d’un pont reliant Cocody au district du Plateau situé dans le centre d’Abidjan, un chantier évalué à 77 milliards de francs CFA (117,4 millions d’euros).

Ce projet, qui aboutira à la construction du cinquième grand pont de la ville, n’est pas le premier attribué à une entreprise chinoise ces dernières années. Le quatrième pont d’Abidjan – qui relie le Plateau au quartier de Yopougon à l’ouest de la ville- est actuellement en cours de construction par le groupe de BTP chinois China State Construction Engineering Corporation, qui a remporté l’appel d’offres de 131 milliards de francs CFA (199,7 millions d’euros) en mai l’an dernier.

Le gouvernement a déclaré qu’une partie de ces investissements dans les infrastructures de transport serait financée par le biais de nouveaux emprunts, avec une levée de 3,5 milliards de dollars sur les marchés des capitaux cette année, tandis que des institutions financières telles que la Banque Islamique de Développement et la Banque Africaine de Développement soutiendront également la stratégie ivoirienne de développement des infrastructures.

 

 

Why Côte d’Ivoire needs a transport infrastructure overhaul

En Français

While strong economic growth continues, rapid urbanisation and population growth are expected to lead Côte d’Ivoire to significantly upgrade its transport and urban infrastructure, according to a new report from the World Bank released in late February. In turn, the government is backing several initiatives looking to bridge the shortfall.

While locals will contribute to the growth in urban communities, the main force expanding urban populations will be migration. The World Bank has estimated that around 65% of all Ivorians will be living in cities by 2050, up from the current level of 50%, and a far cry from the 17.7% of 60 years ago.

Nowhere is this growth more apparent than in Abidjan, the country’s economic capital, where the population is set to rise from current levels of 5m to 10m by 2040.

The rapid growth of Abidjan also reflects the city’s dominance as Côte d’Ivoire’s premier centre of business and trade, with 80% of the country’s economic activity concentrated there.

See also: The Report – Côte d’Ivoire 2019

Improved transport to unlock economic expansion

In terms of transport, each day some 10m trips are taken by the residents of Abidjan, with each household in the city spending a daily average of CFAF1075 (€1.63) on travel costs, the World Bank report found.

This cost weighs more heavily on lower-income families, where total transport outlays can account for 30% of household income, compared to just 5% for those at the upper end of the earnings scale.

Beyond the monetary cost, each household loses more than three hours a day due to commuting. This loss of time and productivity, combined with the fiscal cost of daily travel in the capital, was equivalent to almost 5% of GDP in 2017.

Highlighting the economic opportunities of improved transport services, the World Bank estimated that a 20% improvement in urban mobility in Abidjan could generate gains of almost 1% of annual GDP growth.

However, the benefits of better urban management and improved mobility are expected to extend far beyond higher national growth.

“Urbanisation, once it is well planned and managed, can help the country’s businesses become more productive and improve households’ living conditions by offering them jobs, schools for their children and better health care than in rural areas,” Jacques Morisset, one of the report’s authors, said.

Improved public transport key to strategy

To address the current shortfalls and to prepare for future urban expansion, the government is moving to improve public transport infrastructure, particularly in the major cities.

While the Abidjan’s residents make 10m trips daily, less than one in 10 of these utilises public transport, some four times less than in European cities of comparable size.

Though the city has more roads than many of its African counterparts, these links do not always serve the areas most in need and are often subject to maintenance, which reduces traffic flow.

To improve this, the government is stepping up investments in road development, along with working to improve connectivity through the deployment of rapid bus lines and an upgraded fleet of vehicles.

However, one of the largest projects – and the one to have the greatest capacity for passenger movement – will be the Abidjan metro.

First launched in November 2017, the €1.4bn project, which is to be funded and managed by a consortium of French companies, will feature a 37-km link from the city’s airport in the south to the northern district of Anyama.

Scheduled for completion in 2021, the link is expected to have a daily capacity of 500,000 people once fully operational.

Supporting this will be an east-west connection linking the city’s districts of Bingerville and Yopougon. This proposed mass transit system, part of the World Bank’s broader Abidjan Urban Mobility Project, is to be developed through a public-private partnership, which is still in the planning and pre-tender stage.

Foreign funding driving investment

In addition to financial and technical support from France, investment to improve Abidjan’s railway network is also coming from other international sources.

In early January the government announced the China Road and Bridge Corporation had been awarded a CFAF77bn (€117.4m) tender to build a bridge linking Cocody to the central Plateau district.

The project to construct the fifth major bridge in the city is not the first a Chinese firm has won recently. Abidjan’s fourth bridge – linking Plateau with Yopougon in the west of Abidjan – is being built by China State Construction Engineering Corporation, which won the CFAF131bn (€199.7m) tender in May last year.

The government has said that some of this transport infrastructure investment will be funded through new borrowings, with capital markets to be tapped to the tune of $3.5bn this year, while lenders such as the Islamic Development Bank and the African Development Bank are also underpinning the infrastructure drive.

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