Nouveau buzz dans le secteur des télécommunications en Tunisie à la veille du lancement de la 4G

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Le lancement des services 4G devrait renforcer les revenus dans le secteur des télécommunications en Tunisie tout en encourageant davantage le partage des infrastructures entre les opérateurs.

Le gouvernement a annoncé son plan de déploiement des services 4G à la fin de l’année 2013, l’étape de consultation publique ayant eu lieu en début de cette année. S’adressant aux médias au mois de mai, Hatem Mestiri, directeur technique d’Ooredoo Tunisie – l’un des trois principaux opérateurs du pays – avait annoncé que le gouvernement comptait lancer un appel d’offre en août ou septembre, avec un lancement des services prévu en juin 2016.

Cependant, la disponibilité du spectre pourrait éventuellement impacter le planning du lancement de la 4G. L’organisme de surveillance, l’Instance Nationale des Télécommunications (INT) a publié en avril une liste des bandes de fréquence potentielles 4 G, précisant que les deux meilleures options, à savoir les amplitudes 1800-MHz et 800-MHz, sont actuellement utilisées pour les GSM et les services de télévision analogue. Cette dernière devrait néanmoins être dégagée dans la mesure où le pays est actuellement en cours de migration vers la télévision numérique. La Tunisie s’est vue accorder un délai supplémentaire  pour sa migration au delà de la date butoir fixée au 30 juin 2015 par l’Union Internationale des Télécommunications.

Echange de données

Le lancement de la 4G intervient alors que le secteur des télécommunications rencontre un changement important au niveau de son environnement opérationnel marqué par l’évolution des parts de marchés des trois opérateurs et une pression croissante sur les coûts.

L’opérateur public Tunisie Télécom, Ooredoo Tunisie – connu auparavant sous le nom de Tunisiana et dont le Qatari Ooredoo en est l’actionnaire principal – et l’opérateur français Orange Tunisie se partagent le marché de ce pays d’environ 11 millions d’habitants.

Au cours des dernières années, comme dans la plupart des marchés émergents, le focus est passé des services vocaux vers des services de données à valeur ajoutée suite au lancement de la couverture 3G. Orange Tunisie avait lancé ses services 3G en mai 2010, suivi par Tunisie Télécom et Ooredoo Tunisie avec leur propres réseaux 3G, respectivement en 2011 et 2012.

Avec l’essor du marché des Smartphones en Afrique du Nord, le potentiel de développement dans le domaine des données est évident. Selon un rapport publié par GSMA, le taux de pénétration des Smartphones, par rapport au nombre total de connexions, a atteint 17 % en 2013. Selon Tunisie Télécom cette part avait atteint 25 % début 2015.

De cette concurrence exacerbée résulte un environnement concurrentiel dynamique entre les opérateurs. D’après les derniers chiffres de l’INT, la part de marché d’Ooredoo Tunisie sur le marché mobile est passé de 50,5% en mai 2014 à 44,2% une année plus tard. Ce chiffre se compare à une part de marché de 34,5% pour Tunisie Télécom en mai 2015, et 21,3 % pour Orange Tunisie, qui se plaçait à 16 % il y a un an.

L’environnement compétitif dans le secteur a suscité un nouvel intérêt pour les investissements dans les infrastructures ainsi qu’une focalisation sur l’innovation depuis 2010, les opérateurs étant ravis de capitaliser sur le lancement imminent de la 4G.

Partage des coûts pour l’infrastructure

Afin de gérer la croissance des volumes de données, le développement des infrastructures doit rester une priorité de l’industrie. Cependant, l’investissement dans les infrastructures de télécommunications critiques peut se révéler coûteux, amenant les opérateurs à étudier les initiatives de partage des coûts.

En mai 2013, Orange Tunisie et Ooredoo Tunisie ont signé un accord de partage d’infrastructures pour Didon, un câble de fibre optique sous-marin de 170 kilomètres liant la Tunisie au réseau paneuropéen d'Interoute en Sicile (Italie). Le câble d’une valeur de 8 millions d’euros est opérationnel depuis septembre 2014. Tunisie Télécom avait également lancé une connexion sous-marine avec l’Europe en 2009 grâce au câble Hannibal, d’une longueur de 180 kilomètres.

Néanmoins, le partage d’infrastructures demeure un phénomène assez récent en Tunisie,  mais permet de développer l’industrie pour la ramener en phase avec d’autres marchés de télécommunications émergents. “Avant 2010, il n’existait pas de mutualisation des infrastructures entre les opérateurs de télécommunications”, déclare Mohamed Fadhel Kraeim, Directeur Général Adjoint de Tunisie Télécom, à OBG. “(Mais) Depuis 2011 les entreprises tendent à adhérer aux principes du partages d’infrastructures en raison de l’envergure des investissements, de la pression sur les revenus mais également dans le but de préserver l’environnement” dit-il.

La réduction des coûts joue un rôle crucial dans l’optimisation des revenus des utilisateurs. D’après la Banque Mondiale, le quintile de la population tunisienne la plus pauvre devrait dépenser 40 % de ses revenus pour bénéficier d’un accès haut-débit fixe ou mobile. La banque justifie le prix élevé par l’introduction relativement récente des services 3G.

Dans le cas d’un déploiement prudent, les investissements dans les infrastructures critiques et le lancement imminent du réseau 4G devrait briser le cycle des prix élevés et d’une faible utilisation. En plus de créer des opportunités connexes dans les zones de croissance telles que le secteur de l'argent mobile, tous les indispensables vont avoir des effets positifs sur l'économie en général.

 

 

New buzz in Tunisia’s telecoms sector ahead of 4G

En Français

The launch of 4G services should help strengthen revenues for Tunisia’s telecoms sector, as well as encourage further infrastructure sharing between operators.

At the end of 2013, the government announced plans to roll out 4G services, with the public consultation stage taking place earlier this year. Speaking to the media in May, Hatem Mestiri, technical director for Ooredoo Tunisie – one of the country’s three major operators – said that the government is expected to launch a tender in August or September, with services scheduled to start in June 2016.

However, spectrum availability may have a bearing on the timeline of the 4G rollout. In April the sector watchdog, the National Telecommunications Commission (Instance Nationale des Télécommunications, INT) released a list of potential 4G frequency bands, noting that two of the best options, the 1800-MHz and 800-MHz ranges, are currently being used for GSM and analogue TV services. Although the latter should be freed up as the country completes its digital TV migration, Tunisia was granted an extension to delay its migration beyond the global deadline, which was set for June 30, 2015, established by the International Telecommunications Union.

Data-driven

The planned launch of 4G comes as the telecoms sector is seeing some significant changes in terms of the operational environment, with market share between the three operators changing and the push to reduce costs increasing.

State-owned incumbent Tunisie Télécom, Ooredoo Tunisie – formerly known as Tunisiana and majority-owned by Qatar’s Ooredoo – and France’s Orange Tunisie currently vie for market share in the 11m-person country.

In recent years, as in most emerging markets, the focus has shifted from voice to value-added data services following the launch of 3G coverage. Orange Tunisie launched its 3G services in May 2010, while Tunisie Télécom and Ooredoo Tunisie followed suit with their own 3G networks in 2011 and 2012, respectively.

The upside potential for growth in data is clear, with smartphone adoption accelerating across North Africa. As a percentage of total connections, smartphone penetration in Tunisia reached 17% in 2013, according to a GSMA industry report. This rose to 25% by early 2015, Tunisie Télécom reported.

The heightened competition is resulting in a more dynamic competitive landscape amongst the operators. According to the latest data from the INT, Ooredoo Tunisie’s percentage of the mobile market has changed from 50.5% in May 2014 to reach 44.2% a year later. This compares to Tunisie Télécom’s market share of 34.5% in May this year, and Orange Tunisie’s 21.3% share, which has grown from 16.0% a year earlier.

The more competitive environment in the sector has spurred renewed investment in infrastructure and prompted a greater focus on innovation since 2010, with operators eager to capitalise on the impending launch of 4G.

Cost sharing for infrastructure

To accommodate growing data volumes, infrastructure development must remain an industry priority. However, investment in critical telecoms infrastructure is a costly endeavour, increasingly pushing operators to explore cost-sharing initiatives.

In May 2013, Orange Tunisie and Ooredoo Tunisie signed an infrastructure sharing agreement for Didon, a 170-km submarine fibre-optic cable connecting Tunisia to Interoute’s pan-European network by way of Sicily, Italy. The €8m cable became operational in September 2014. Tunisie Télécom previously launched a submarine connection to Europe in 2009 with its 180-km Hannibal cable.

Infrastructure sharing is still a relatively new phenomenon in Tunisia, though it is helping to bring the industry in line with other emerging telecoms markets. “Before 2010, there was no mutualisation of infrastructure between telecom operators,” Mohamed Fadhel Kraeim, deputy general-director of Tunisie Télécom, told OBG. “(But) since 2011, companies tend to adhere to the principle of infrastructure sharing, given the size of the investments and the pressure on revenues, and in a bid to better preserve the environment,” he said.

Reducing costs will be central to improving user revenues. According to the World Bank, the poorest quintile of the Tunisian population would currently have to spend 40% of their total income to gain access to fixed or mobile broadband. The bank attributes the high prices to the relatively recent introduction of 3G services.

If carried out prudently, the shared investments in critical infrastructure and the impending 4G network rollout have the potential to break the cycle of high prices and low uptake, in addition to creating related opportunities in growth areas like mobile money – all of which will have much-needed, positive knock-on effects for the broader economy.

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