Maroc : Une croissance saine

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L’accès aux soins de santé au Maroc progresse rapidement à tous les niveaux du spectre socio-économique, et ce, en partie grâce à la mise en œuvre d’un nouveau programme gouvernemental qui vise à étendre la gratuité des soins aux habitants à faible revenu, ainsi qu’à une augmentation des investissements privés dans les établissements sanitaires électifs afin de promouvoir le tourisme médical.

Au cours des dernières années, les dépenses de santé par habitant ont fortement accru au Maroc, et se sont établies à 156 dollars en 2008, contre 99 dollars en 2004, selon les données de la Banque mondiale. Durant la même période, exprimées en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), les dépenses de santé sont passées de 5.2 % à 5.5 %. Les dépenses privées, qui atteignent environ 4% du PIB, représentent actuellement l'essentiel des dépenses. Les dépenses publiques, quant à elles, ne totalisent que 34 % des dépenses globales.

Toutefois, il semblerait que les dépenses publiques augmenteront de manière significative, en termes absolus et proportionnels, puisque le Régime d’assistance médicale des économiquement démunis (RAMED) devrait se généraliser à partir du mois de décembre. Une version pilote du projet, qui a été largement saluée par l’ensemble des professionnels de la santé, a été lancée en 2008 dans la région centrale de Tadla-Azilal et a profité à 40 000 personnes. Le RAMED permettra à 8.5 millions de Marocains vivant en dessous du seuil de pauvreté, soit un peu moins de 30 % de la population, de bénéficier d’une gratuité totale ou partielle des prestations médicales dans les hôpitaux publics.

A la mi-août, le chef du gouvernement Abbas El Fassi a présidé la création de trois comités techniques chargés de veiller au déroulement des travaux préparatoires pour la généralisation du RAMED. Au moment de la généralisation du régime, le ministère de la Santé a augmenté les budgets alloués à l'achat des produits pharmaceutiques, qui sont passés de 50 millions de dirhams (4.3 millions d’euros) en 2008 à 1.4 milliard de dirhams (121 millions d’euros) en 2010.

A mesure que l’Etat étend la gratuité des soins aux habitants à faible revenu, le pays commence à faire sa place parmi les destinations de prédilection pour les patients européens. Alors que de nombreux autres pays, dont la Tunisie voisine, proposent désormais des soins de santé de qualité à faible prix, le Maroc présente de nombreux avantages clés par rapport à ses concurrents.

Le Maroc jouit de la proximité géographique avec l’Europe de l’Ouest et attire de nombreux Français. Le pays compte de nombreux atouts, dont une solide infrastructure touristique et un climat qui drainent des patients étrangers souhaitant combiner soins médicaux légers et séjours de convalescence dans des complexes touristiques.

Etant donné qu’en Europe, les régimes d'assurance-maladie ne remboursent généralement pas les traitements effectués à l’étranger, le créneau le plus porteur au Maroc concerne la chirurgie esthétique, les opérations des yeux au laser et les implants dentaires qui ne sont pas considérés comme des soins essentiels et ne sont donc pas bien couverts sur le Vieux Continent. Par exemple, une intervention de chirurgie esthétique au Maroc peut coûter entre 30 et 50 % moins cher qu’en Europe.

Le pays compte 80 plasticiens et 10 cliniques spécialisées. Près de 15 % des quelque 14 500 opérations de chirurgie esthétique qui ont lieu chaque année au Maroc sont effectuées sur des patients étrangers. Environ 75 % des patients étrangers sont des femmes et les interventions les plus courantes sont la liposuccion et les augmentations mammaires. Le tourisme dentaire se développe aussi rapidement et attire des patients plus âgés en provenance de pays européens francophones, comme la France, la Belgique et la Suisse, ainsi que des émigrés marocains installés en Europe. Par exemple, les implants dentaires sont deux fois moins chers au Maroc qu’en Europe de l’Ouest.

Le tourisme médical progresse au Maroc et attire les investisseurs étrangers, comme le groupe portugais Malo Clinic qui prévoit d’ouvrir un complexe médico-chirurgical d’une valeur de 280 millions de dirhams (24.1 millions d’euros) d’ici la fin de l’année à Dar Bouazza, à 20 km au sud de Casablanca, en collaboration avec le chirurgien dentiste marocain Saad Zemmouri. Le complexe, qui emploiera 40 spécialistes et se composera d’un hôtel cinq étoiles et d’un spa thérapeutique, vise principalement une clientèle européenne plus âgée et retraitée. Les soins proposés se concentreront sur la chirurgie esthétique et dentaire ainsi que sur les opérations des yeux au laser.

 

Morocco: Healthy growth

Health care in Morocco is expanding rapidly at both ends of the socioeconomic spectrum, thanks in part to the rollout of a new government scheme to extend free coverage to low-income citizens, along with an increase in private investment in elective care facilities to attract medical tourists.

Moroccan per capita health spending has been rising significantly in recent years, growing from $99 in 2004 to $156 in 2009, according to World Bank data. As a percentage of GDP, spending on health rose from 5.2% to 5.5% over the same period. Private expenditure on health, which stands at around 4% of GDP, currently accounts for the bulk of this, with public spending accounting for just 34% of total health outlay.

However, public expenditure seems set to increase significantly in both proportional and absolute terms, given plans to roll out the Medical Assistance Scheme for the Economically Deprived (Régime d’Assistance Médicale des Economiquement Démunis, RAMED) across the country in December. A pilot version of the scheme was launched in 2008 in the central region of Tadla-Azilal and benefitted 40,000, with widespread acceptance among all health professionals. Under RAMED, 8.5m Moroccans living below the poverty line, or just under 30% of the population, will benefit from partial or total exemption from the costs of treatment at public hospitals.

In mid-August Prime Minister Abbas El Fassi presided over the creation of three technical committees that will prepare the ground for RAMED’s national roll-out. In the build-up to its expansion, the Ministry of Health has been ramping up its pharmaceuticals procurement budget, which increased from Dh50m (€4.3m) in 2008 to Dh1.4bn (€121m) in 2010.

As state-provided health care provision for low-income Moroccans expands, at the other end of the market the country is starting to emerge as an important health tourism destination for European patients. While many other countries, including nearby Tunisia, now offer low-cost quality health care, Morocco boasts several key advantages over its competitors.

These include its proximity to Western Europe, along with the prevalence of French. The fact that the country boasts an extensive tourism infrastructure is also a key factor in its attractiveness, as is the climate, which is a significant draw for those wishing to combine minor procedures with holiday-style recuperation.

Given that European state-backed health insurance schemes will generally not cover the costs of treatment abroad, the main growth segments are procedures such as cosmetic and laser eye surgery and dental implants that are deemed non-essential and would therefore not be reimbursed to a significant degree anyway. Cosmetic surgery in Morocco, for example, can cost between 30% and 50% less than in Europe.

The country hosts around 80 specialists in the field and 10 specialised clinics. Around 15% of the approximately 14,500 instances of cosmetic surgery that take place annually in Morocco involve foreign patients. Women account for around 75% of foreign patients, with liposuction and breast enhancements reported to be the most frequently performed operations.

The dental tourism segment is also fast emerging and is attracting older patients from Francophone European countries such as France, Belgium and Switzerland, in particular, as well as Moroccan immigrants living in Europe. Dental implants, for example, are approximately 50% cheaper in Morocco than in Western Europe.

As it expands, the health tourism segment is attracting foreign investment, as demonstrated by Portuguese group Malo Clinic’s plans to open a Dh280m (€24.1m) clinic and surgery by the end of the year in Dar Bouazza, 20 km south of Casablanca, in cooperation with local dental surgeon Saad Zemmouri. The facility, which will employ 40 specialists and will include a five-star hotel and a health spa, is principally targeting older and retired Europeans. It will specialise in areas such as laser eye, dental and plastic surgery.

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