Maroc : Un avenir prometteur pour les phosphates

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Malgré un affaiblissement de la demande mondiale d’exportations industrielles, le premier semestre 2012 s’est montré plutôt prometteur pour le secteur minier marocain, soutenu par une hausse graduelle du prix des matières premières. En fait, le secteur a enregistré une augmentation progressive de ses bénéfices au cours des quatre premiers mois de l’année. Pour ce qui est de la suite de l’année, les perspectives sont également positives si on en juge par les nombreuses nouvelles installations – qui concernent à la fois les activités amont et aval- qui voient le jour en ce moment.

En termes de production de phosphates, le Maroc renferme les trois quarts des réserves connues sur la planète. Le secteur minier joue par conséquent un rôle particulièrement important dans les activités commerciales du Maroc, représentant près de 21% des recettes d’exportations et employant presque 40 000 personnes. A l’heure actuelle, le secteur contribue au PIB à hauteur de 6%, représentant près de 20% des exportations nationales, et génère plus de 360 millions d’euros d’investissements.

Cela signifie toutefois qu’une partie du compte courant du pays est tributaire des fluctuations du marché mondial des matières premières. L’exploitation minière des phosphates, qui représente 95% des exportations minières, a légèrement souffert cette année, en grande partie à cause d’une baisse de demande internationale. La production marocaine de phosphates a atteint un total de 5,9 millions de tonnes au premier trimestre 2012, accusant une baisse de 10,7% par rapport au premier trimestre 2011.

Malgré cette diminution de la production, les bénéfices s’affichent à la hausse. Selon les chiffres avancés par l’Office des Changes (ODC), institution publique marocaine, les recettes liées à l’exportation des phosphates ont décollé sur la période janvier-avril, atteignant la somme totale de 4,26 milliards de dirhams (386 millions d’euros), soit une hausse de 15,7% par rapport aux recettes de la même période en 2011, qui s’élevaient à 3,68 milliards de dirhams (333 millions d’euros).

Bien que les volumes des exportations mondiales de phosphate soient en baisse, les prix demeurent à un niveau suffisamment élevé pour assurer à l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), l’entreprise publique marocaine d’exploitation des phosphates, le maintien d’un chiffre d’affaire à l’export à la hausse. Au cours du trimestre clos fin mars 2012, l’OCP a dégagé un bénéfice de 957,78 millions d’euros, un chiffre en nette augmentation par rapport aux 896,27 millions d’euros atteints à la même période en 2011.

La situation est donc semblable à celle de l’an dernier, où les volumes des exportations de phosphates ont chuté de 7% sur la période janvier-septembre mais où la valeur des exportations a progressé de 42% pour atteindre le montant de 9 milliards de dirhams (819 millions d’euros) suite à une hausse de 53% du prix moyen de la tonne de phosphates.

Et en effet, en dépit de la conjoncture et de la baisse de la demande, le secteur minier marocain est en train de poser les fondations d’un accroissement de la production, en particulier grâce à un nouveau prêt de 200 millions d’euros de la Banque Africaine de Développement. Le prêt servira à construire une plateforme industrielle dans la ville côtière de Jorf Lasfar, située à 110 kms au sud-ouest de Casablanca.

A terme, ce sont plusieurs complexes chimiques qui sont prévus, permettant d’accroître la capacité de transformation locale du phosphate brut en produits dérivés à valeur ajoutée, comme l’acide phosphorique ou l’engrais.

D’ici 2017, ce sont quatre nouvelles mines qui devraient être achevées et opérationnelles, ainsi que quatre nouvelles usines de production d’engrais, ce qui permettra au Maroc de tripler sa production d’engrais avec un volume total de 9 millions de tonnes d’ici 2020.

Le groupe a également débuté récemment la construction d’une nouvelle usine de lavage des phosphates à El Halassa, pour un coût d’environ 227 millions d’euros. Ce projet, destiné à augmenter la capacité de production de la mine de Khourigba, verra la mise en service de la plus grande laverie de ce genre dans le monde.

Parmi les autres projets d’investissement, on peut citer l’installation du plus grand système de transport de phosphates au monde et la construction d’usines chimiques à Jorf Lasfar et Safi, ainsi que le développement du complexe industriel de Jorf Lasfar qui accueillera un total de dix plateformes.

Selon les prévisions officielles du gouvernement, c’est très probablement sans grande difficulté que le secteur minier, qui affiche une belle croissance, traversera la récente crise économique mondiale, avec une progression stable de l’ordre de 3,1% en moyenne jusqu’à 2016.

 

Morocco: Promise in phosphates

En Français

Despite weakening global demand for industrial exports, Morocco’s mining sector has seen a rather promising first half to 2012, buoyed by gradually rising commodities prices. In fact, the first four months of the year has seen the sector’s profits gradually increase, with a positive outlook for the rest of the year as a wave of new upstream and downstream facilities break ground.

In terms of phosphate production, Morocco contains three-quarters of known reserves on the planet. As a result, the mining sector plays a particularly prominent role in Morocco’s trade mix, representing nearly 21% of export earnings and employing almost 40,000 people. Currently, it contributes up to 6% of GDP and generates investments of more than €360m.

This does leave a swathe of the country’s current account vulnerable to fluctuations in the global commodity market, however. Phosphate mining operations, which represent 95% of mining exports, have suffered slightly this year, largely due to a decrease in international demand. The production of Moroccan phosphates reached a total of 5.9m tonnes in the first quarter of 2012, a 10.7% decline over the same period in 2011.

Despite the drop in production, profits have increased: from January through April, Morocco saw earnings for phosphates exports jump, totalling Dh4.26bn (€386m), an increase of 15.7% over the Dh3.68bn (€333m) earned during the same period in 2011, according to the state-owned Foreign Exchange Office (FEO).

And though global phosphate export volumes are falling, prices remain high enough to maintain the increased export turnover of Office Chérifien des Phosphates (OCP), the national state-run phosphate-mining company. The OCP’s profits grew to €957.78m in the three months ending March 2012, compared to the €896.27m in the same period of 2011.

This is consistent with the situation last year, whereby the volume of phosphate exports fell 7% in the January-September period but the value of exports rose 42% to around Dh9bn (€819m) after the average price per tonne climbed 53%.

Indeed, even amid a climate of weakening demand, Morocco’s mining sector is laying the foundations for increased output, particularly with the help of a new €200m loan from the African Development Bank. The loan will be used to build an industrial facility in the coastal town of Jorf Lasfar, located 110 km southwest of Casablanca.

The development will eventually include several chemical plants and will increase Morocco’s ability to process locally mined raw phosphate into value-added derivatives, such as phosphoric acid and fertiliser. Four new mines are expected to be completed and operational by 2017, as well as four new fertiliser plants, which will enable Morocco to triple its fertiliser output to 9m tonnes by 2020. The company has also recently begun construction of a new phosphate washing plant in El Halassa, worth around €227m. The project, which aims to increase productivity at the local Khouribga mine, will make it the largest facility of its kind in the world.

Other investment projects include the installation of the largest phosphate transport system in the world and chemical plants at Jorf Lasfar and Safi, as well as expanding the industrial complex at Jorf Lasfar to ten platforms.

Government forecasts have predicted that growth in the mining sector will likely ride out the recent global downturn with minimal difficulty, and steadily increase until 2016 at an average of 3.1%.

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