Maroc : réforme et privatisation pour stimuler les transactions boursières

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Dans l’optique de stimuler son marché des capitaux, le gouvernement marocain a ouvert fin juin 40 % du capital de la Société d’Exploitation des Ports, plus connue sous le nom de Marsa Maroc, sur la Bourse des valeurs de Casablanca (BVC).

Créée en 2006, Marsa Maroc agit comme gestionnaire de terminaux et fournisseur logistique auprès de neuf ports dans le royaume. L’entreprise publique cherche avec cette opération à lever des fonds afin de répondre à des appels d’offres lancés pour la construction de deux nouveaux terminaux au port de Casablanca. Elle vise également à se développer à l’échelle régionale, en Afrique du Nord et de l’Ouest.

Les détails de l’offre

Valorisée à 1,94 milliard de dirhams (177,5 millions d’euros), cette cotation est la plus importante du pays en huit ans. Les investisseurs individuels représentent 600 millions de dirhams (55,2 millions d’euros), soit plus de 30 % du total. Et les investisseurs n’ont pas caché leur intérêt en souscrivant plus de six fois le nombre d’actions disponibles selon la BVC.

Cette introduction en Bourse fait suite à deux opérations très prisées en 2015 : la cotation de 15 % du géant pétrolier Total Maroc en mai, qui avait permis la levée de 716,2 millions de dirhams (65,9 millions d’euros) avec une sursouscription s’élevant à 6,7 fois, et la vente d’actions de l’assureur AFMA à hauteur de 180 millions de dirhams (16,6 millions d’euros) en décembre, sursouscrites 7 fois.

La cotation de Marsa Maroc, en plus de démontrer l’appétit des investisseurs pour la vente d’actions au Maroc, marque la première privatisation de l’Etat marocain par le biais de la Bourse, laissant ainsi présager aux observateurs d’autres opérations similaires à venir.

Automatisation de la Bourse et gains d’efficacité

Cette mise à la vente intervient dans une volonté d’améliorer l’efficacité de la Bourse et d’encourager les cotations et les produits proposés sur la place marocaine.

La BVC a vu sa capitalisation augmenter régulièrement au cours des dernières années, à mesure que de nouveaux produits et des réformes structurelles ont été lancés, ce qui a permis de développer les cotations et d’appuyer les mesures prises par les autorités pour faire du Maroc la porte d’entrée financière vers la région dans son ensemble.

Néanmoins, la performance des introductions en Bourse a été quelque peu mitigée : dans les années qui ont suivi la crise financière de 2008-09, leur nombre a quelque peu diminué au Maroc. La Bourse a connu 10 cotations en 2006 et 10 en 2007, puis 5 en 2008. Par contre, entre 2009 et 2015, la moyenne annuelle est tombée à tout juste 1,4, à l’instar des tendances observées sur plusieurs marchés limitrophes du continent africain.

Début août, la BVC a lancé un nouveau programme informatique intégré de cotation et de surveillance afin d’améliorer l’automatisation et l’efficacité opérationnelle. Il est constitué de deux solutions : Millennium Exchange pour le volet négociation de titres et produits de taux et change, et Millennium Surveillance pour surveiller les cotations et détecter tout comportement suspect. Il devrait également faciliter la cotation de nouveaux produits, tels que les Exchange traded funds (ETF).

Cette nouvelle plateforme resserre les liens entre la BVC et le London Stock Exchange Group (LSEG), qui avait précédemment travaillé aux côtés des autorités marocaines pour améliorer les technologies appliquées au registre central des transactions de marché et encourager la cotation en Bourse des petites et moyennes entreprises (PME).

En juillet 2015, les deux partenaires avaient signé un accord pour le lancement du programme Elite de la LSEG au Maroc. Déjà mise en place au Royaume-Uni et en Italie, cette initiative aide les PME à fort potentiel de croissance à accéder à un financement à long terme, y compris par le biais des marchés des actions.

Depuis son lancement en avril, la BVC a recensé 12 entreprises éligibles au programme. Hicham Elalamy, directeur de la nouvelle Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), a déclaré à OBG que près de la moitié des entreprises participantes devraient entrer en Bourse.

« Afin d’améliorer les liquidités, il est nécessaire d’avoir plus d’introductions en Bourse et plus d’investisseurs », a-t-il indiqué.

Les mesures visant à stimuler les introductions en Bourse ont porté fruit au cours du premier semestre 2016. Le Moroccan All Shares Index de la BVC avait grimpé de 12 % en un an en septembre, atteignant près de 10 000 points.

La capitalisation boursière suit la même pente ascendante. On dénombre aujourd’hui 75 entreprises cotées sur la BVC pour une capitalisation globale de 506 milliards de dirhams (46,7 milliards d’euros), ce qui reste néanmoins inférieur au niveau observé avant la crise financière.

Les réformes sur les marchés des capitaux

L’opération séduction s’inscrit dans un contexte plus global de réforme des marchés des capitaux pour améliorer la transparence et les liquidités.

L’autorité de réglementation a fait place à l’AMMC créée en février. Auparavant, le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) était en charge de la réglementation du marché.

La plus grande différence entre l’AMMC et le CDVM tient probablement à son indépendance vis-à-vis du gouvernement. Si le CDVM dépendait du ministre de l’Economie et des Finances, la nouvelle autorité est dirigée par un responsable non gouvernemental nommé par le Cabinet.

De plus, contrairement au CDVM, le périmètre d’action de l’AMMC ne couvrira pas les sanctions aux entreprises contrevenant aux réglementations en vigueur sur le marché. C’est un nouveau collège qui s’en chargera, lui permettant ainsi de concentrer ses ressources sur la surveillance.

D’autres réformes législatives, approuvées par la chambre basse du parlement fin juin, verront la création de deux nouveaux marchés, l’un dédié aux PME, et l’autre aux fonds d’investissement collectifs, tels que les ETF et les fonds de placement en immobilier.

 

 

Reforms and privatisation to boost trading on Morocco’s bourse

En Français

As part of efforts to stimulate Morocco’s capital markets, in late June the government floated a 40% stake in state-owned port operator Société d’Exploitation des Ports, commonly known as Marsa Maroc, on the Casablanca Stock Exchange (CSE).

Established in 2006, Marsa Maroc manages terminals and provides logistics at nine ports across the kingdom, and was seeking financing for plans to bid on two new terminals at Casablanca Port and expand regionally in North and West Africa.

Offer details

The IPO, Morocco’s largest in eight years, was valued at Dh1.94bn (€177.5m), of which Dh600m (€55.2m), or more than 30%, came from individual investors. Investor interest in the sale was high, with the shares more than six times oversubscribed, according to the CSE.

The Marsa Maroc IPO follows two other highly sought-after offers in 2015 – the float of a 15% stake in fuel distributor Total Maroc in May, which raised Dh716.2m (€65.9m) and was 6.7 times oversubscribed, and the sale of Dh180m (€16.6m) worth of shares in insurance broker AFMA in December, which was seven times oversubscribed.

In addition to demonstrating strong investor appetite for equity sales in Morocco, the Marsa Maroc IPO marks the first time the government carried out privatisation through the bourse, and observers note it could be a harbinger for further such offers.

Bourse automation and efficiency

The sale comes amid ongoing efforts to increase the efficiency of the bourse and encourage more listings and products.

The CSE has seen a steady increase in capitalisation in recent years, alongside the rollout of a number of new products and structural reforms – all of which have helped boost trading and aided efforts by the authorities to position Morocco as a financial gateway to the broader region.

However, IPO performance has been somewhat more muted: in the years since the 2008-09 global financial crisis, the number of IPOs in Morocco has slowed. In 2006 and 2007 the bourse witnessed 10 listings each, with another five recorded in 2008. Between 2009 and 2015, however, the annual average fell to just 1.4 – a trend seen in a number of Africa’s frontier markets.

In early August the CSE introduced a new integrated trading and surveillance IT programme aimed at improving automation and operational efficiency. The new dual-armed platform, which includes the Millennium Exchange for equities and fixed income trading, as well as Millennium Surveillance to monitor trading and detect unusual behaviour, should also allow for the listing of new products, such as exchange traded funds (ETFs).

The platform is part of a larger cooperative effort between the CSE and the London Stock Exchange Group (LSEG), which previously worked with Moroccan officials to improve trade repository technology and encourage more small and medium-sized enterprises (SMEs) to list.

In July of last year the two signed an agreement to launch the LSEG’s Elite programme in Morocco. Already active in the UK and Italy, the initiative helps SMEs with significant growth potential gain access to long-term finance, including through equity markets.

Since the programme launched in April the CSE has identified 12 companies that are eligible, and Hicham Elalamy, director of the newly created Moroccan Capital Market Authority (Autorité Marocaine du Marchés des Capitaux, AMMC), told OBG around half of the firms that will take part are expected to eventually list.

“To improve the liquidity situation, there is a need for both more IPOs as well as more investors,” he said.

Efforts to boost trading have been reflected in strong performance in the first half of 2016. The CSE’s Moroccan All Shares Index was up 12% year-to-date in early September, just shy of 10,000 points.

Market capitalisation is also trending upward. There are currently 75 companies listed on the CSE with a combined market capitalisation of Dh506bn (€46.7bn), about a third of which is held by foreign investors. This marks an 11.6% increase from end-2015, albeit down from pre-financial crisis levels.

Capital markets reforms

Moves to court more listings are taking place in the context of wider capital markets reform aimed at improving transparency and liquidity.

Regulatory authority was shifted to the newly created AMMC in February. Previously, the Securities Ethics Council (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières, CDVM) had regulated the market.

Perhaps the most significant difference between the AMMC and the CDVM is the degree of independence from the government. The CDVM operated under the direction of the minister of economy and finance, while the head of the new authority is a non-governmental official appointed by the Cabinet.

In addition, unlike the CDVM, the AMMC will not be responsible for sanctioning companies that violate market regulations. Instead, a new sanctioning council has been created to allow the AMMC to focus resources on oversight.

Other ongoing legislative reforms, approved by the lower house of parliament in late June, will see the creation of two new exchanges – an alternative board dedicated to SMEs and another to focus on collective investment funds, such as ETFs and real estate investment trusts.

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