Maroc : L’Internet mobile a le vent en poupe

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Figurant depuis longtemps parmi les secteurs les plus performants de l’économie du Royaume, le secteur des technologies de l’information et de la télécommunication (TIC) continue de croître à un rythme soutenu, mettant toutefois désormais l’accent sur les tendances fortes que sont les services internet et 3G, ceux-ci ayant, d’après les statistiques, dépassé les communications vocales de téléphonie mobile en terme de croissance.

L’économie marocaine a traversé une phase difficile en 2011, due en partie à une baisse des recettes touristiques et à un fléchissement de la demande d’exportation. Le secteur des télécommunications et des technologies de l’information a cependant enregistré une croissance impressionnante au troisième trimestre 2011, en hausse de 19% par rapport à la même période en 2010, faisant grimper sa participation au PIB à 11,34 millions de dirhams (1,02 million d’euros).

Mais alors que ces dernières années le développement rapide du marché de la téléphonie mobile a contribué à soutenir la croissance des TIC, un taux de pénétration affichant 113,6% et une baisse des tarifs proposés par les trois opérateurs du secteur ont entraîné un ralentissement considérable du segment communication vocale.

Le nombre d’abonnés est en légère progression et atteignait 36,55 millions fin décembre 2011 contre 31,98 à la fin 2010, soit une hausse de 14,3%, portant le taux de pénétration du marché de la téléphonie mobile à 113,6% même si le parc postpayé ne représente, avec 1,56 million de clients, que 4,5% du total des utilisateurs. De plus, les tarifs d’utilisation de la téléphonie mobile ont accusé une baisse moyenne d’environ 34% en 2011, faisant passer le prix d’une minute de communication de 1,12 dirham (0,10 euro) à 0,74 dirham (0,67 euro).

Le léger ralentissement du trafic voix est toutefois compensé par une nette augmentation de l’utilisation de services de transmission de données ainsi que d’autres services à valeur ajoutée. La demande de services mobiles 3G connait une rapide progression, ce qui porte à penser que ce segment jouera, à l’avenir, un rôle moteur pour la croissance du secteur. En 2011, le nombre total d’abonnés à Internet a augmenté de 70,44% en glissement annuel pour atteindre 3,18 millions. L’accès à Internet via 3G représentait 81,4% du marché à la fin 2011 contre 18,53% pour les connexions via ADSL.

On observe, malgré un taux de pénétration d’Internet qui se situe juste sous la barre des 10%, soit un niveau relativement bas, une utilisation accrue d’Internet au Maroc que l’on peut attribuer à une augmentation spectaculaire de l’administration électronique et du e-business. L’exemple le plus flagrant de cet essor des services en ligne est sans doute celui du commerce électronique avec l’apparition de nombreux sites marchands sur le web.

Actuellement, plus de 200 sites marchands en ligne sont partenaires de Maroc Telecommerce, qui met à la disposition des entreprises une plate-forme sécurisée permettant aux clients l’achat de produits et de services sur Internet. Anticipant la poursuite du développement du secteur de l’Internet, Viadeo, le deuxième réseau social professionnel après LinkdIn, a annoncé le lancement d’une antenne régionale au Maroc en janvier. Déjà présente au Sénégal depuis mai 2011, c’est à Casablanca que l’entreprise a ouvert son deuxième bureau en Afrique. Le nombre de membres marocains a doublé en moins d’un an : ils représentent désormais un quart des 2 millions de membres que compte le réseau en Afrique.

L’amélioration du réseau Internet et des connexions à l’intérieur comme à l’extérieur du pays a également stimulé l’accroissement de la demande : en effet, la modernisation des infrastructures a permis d’augmenter la bande passante et d’étendre l’accès à Internet. Selon les estimations de l’ANRT, la bande passante est passée de 75 000 Mbits en 2010 à 124 400 Mbits fin 2011, enregistrant une augmentation de 65,87%. Au mois de janvier, Maroc Telecom a donné le coup d’envoi du projet de pose d’un câble sous-marin de 187 kms, dénommé Loukkos, qui reliera la ville d’Asilah à celle de Rota en Espagne. Le câble, d’une capacité initiale de 80 gigabits par seconde (Gbp/s) et extensible à 1280 Gbps, devrait être opérationnel fin mars.

D’après l’entreprise, Loukkos va contribuer à faire face à un trafic internet grandissant et mieux répondre aux besoins des entreprises dont l’activité dépend d’une connexion internet à haut débit, comme par exemple les centres d’appels offshore. Les travaux de construction du câble, assurés par CanaLink et Alcatel Submarine Network dans le cadre d’un partenariat, nécessitent un investissement total de 143 millions de dirhams (12,9 millions d’euros), pris en charge par Maroc Telecom.

Loukkos est le deuxième projet de câble sous-marin de Maroc Telecom. L’entreprise avait déjà finalisé en 2007 la construction du câble Atlas Offshore, d’une longueur de 1634 kms, entre Asilah et Marseille, en France. A cet investissement s’ajoute un projet de câble terrestre qui reliera, à terme, le Maroc, la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso.

L’intérêt croissant que porte le Maroc aux services Internet n’est pas passé inaperçu. Le pays a gagné 10 places au classement annuel de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) et occupe désormais la 90ème place sur un total de 152 pays, devançant ainsi l’Afrique du Sud (97ème) et l’Algérie (103ème). Le rapport, intitulé « Mesurer la société de l’information » se base sur l’Indice de développement des TIC (IDI) qui évalue, sur une échelle de 1 à 10, le niveau d’accès aux TIC, leur utilisation et les compétences de la population dans ce domaine. Si le Maroc réussit à développer ses infrastructures à un rythme suffisamment soutenu pour répondre aux besoins d’une demande d’Internet mobile en hausse, les années à venir semblent prometteuses pour le secteur des TIC.

 

Morocco: Internet on the go

En Français

Long one of the best performing segments in the Kingdom’s economy, Morocco’s information and communications technology (ICT) sector is continuing its rapid expansion but with a renewed focus, with recent trends indicating internet and 3G services overtaking mobile voice telephony in terms of growth .

The Moroccan economy went through a difficult period in 2011, due in part to lower tourism revenues and weakened export demand, yet telecommunications and ICT increased its contribution to GDP to Dh11.34m (€1.02m) in the third quarter of 2011, up an impressive 19% from the same period in 2010.

While Morocco’s rapidly expanding mobile phone market has helped underwrite ICT growth in recent years, a penetration rate of 113.6% and a decrease in tariffs amongst the three telecoms operators mean that expansion has slowed considerably in the voice segment.

The number of subscribers rose modestly to 36.55m by end-December 2011, up 14.3% from 31.98m at end-2010, bringing mobile market penetration to 113.6% although post-paid contracts only represent 1.56m, or 4.5%, of total users. Similarly, mobile usage prices decreased by approximately 34% across the board in 2011, from Dh1.12 (€0.10) to Dh0.74 (€0.67) per minute.

However, the moderate slowdown in voice activity is being offset by a noticeable rise in data and other value-added services. Demand for 3G mobile services is rising quickly and will likely be the driver of future sector growth. In 2011, the total number of internet subscribers increased by 70.44% year-on-year to reach 3.18m. Internet access via 3G represented 81.4% of the market by end-2011, with the remaining 18.53% from ADSL connections.

The increased online activity, which comes in spite of a modest internet penetration rate of just under 10%, comes on the back of a dramatic rise in e-government and e-business services. This is perhaps most noticeable in e-commerce, where a number of retail operators are also moving to the web.

More than 200 online retail sites are currently affiliated with Maroc Telecommerce, which provides businesses with a secure online platform allowing customers to purchase products and services online. Anticipating further expansion of the internet sector, Viadeo, the second largest online professional networking site after LinkedIn, announced the launch of a regional branch in Morocco in January. Casablanca is the company’s second office to be opened in Africa, following Senegal in May 2011. The number of Moroccan members doubled in less than a year and now represents one-quarter of the company’s 2m African members.

The increased demand has also been fostered by improved connectivity, both within and outside the country, as infrastructure upgrades expand bandwidth and access. The ANRT estimates that nationwide internet bandwidth increased by 65.87% from 75,000 Mbps in 2010 to 124,400 Mbps by the end of 2011. Maroc Telecom launched a project in January to lay an 187-km submarine cable, Loukkos, linking the city of Asilah with Rota, Spain. The cable is expected to be operational by the end of March, with an initial capacity of 80 gigabits per second (Gbp/s) and the possibility to increase to 1280 Gbps.

The company estimates Loukkos will help to respond to growing internet traffic and will better supply businesses that rely on broadband internet connectivity, such as offshore call centres. The construction of the cable is being carried out in partnership with CanaLink and Alcatel Submarine Network, for a total project cost of Dh143m (€12.9m) financed by Maroc Telecom.

Loukkos is Maroc Telecom’s second submarine cable project. Its 1634-km Atlas Offshore cable, linking Asilah and Marseille, France was finalised in 2007. The company is also investing in a land-based cable project that will ultimately link Morocco, Mauritania, Mali and Burkina Faso.

The country’s increasing attention to internet services has not gone unnoticed. Morocco advanced 10 places in the International Telecommunications Union’s annual ranking, placing 90th out of 152 countries, ahead of South Africa (97th) and Algeria (103rd). The report, “Measuring the Information Society,” ranks countries according to their ICT development index (IDI), which measures the population’s level of ICT access, use and skills on a scale of 1 to 10. If the pace of infrastructural growth can keep up with growing demand for mobile internet services, ICT should be a dynamic sector for years to come.

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