Maroc : Investir dans les hydrocarbures

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Alors que le Maroc continue de dépendre fortement des importations de combustibles fossiles, qui sont vendus aux consommateurs locaux à des taux inférieurs à ceux du marché, l’Etat cherche à réduire les répercussions du secteur de l’énergie sur les finances publiques en stimulant la production locale et en abaissant les subventions aux combustibles. Alors que les réserves prouvées de pétrole et de gaz sont très limitées, le Maroc compte aussi parmi les pays les moins explorés au monde. Toutefois, grâce à l’amélioration des techniques de forage, il est désormais plus facile d’accéder aux gisements en eau profonde, ce qui suscite l’intérêt croissant des compagnies pétrolières étrangères et révèle le potentiel du secteur.

L’Etat a pris des mesures visant à encourager l’exploration et a amendé la loi sur les hydrocarbures afin d’offrir des conditions plus attractives aux nouveaux venus sur le marché comme l’exonération de l'impôt sur les sociétés pendant une période de dix années consécutives et des taux de redevance sur le pétrole et le gaz ne dépassant pas respectivement les 10 et 5 %. En début d’année, environ 30 compagnies étrangères, dont l’américaine Anadarko Petroleum et l’espagnole Repsol, ont commencé à explorer des blocs offshore et onshore. De plus, au cours des derniers mois, quelques entreprises qui cherchaient à diversifier leur portefeuille ont investi dans des permis offshore.

Fin août, la compagnie pétrolière britannique Cairn Energy a renforcé son dispositif d'exploration offshore. Des responsables de la compagnie ont indiqué que Cairn contribuerait à hauteur de 60 millions de dollars en échange d’une participation de 50 % dans le permis de Foum Draa à titre d’opérateur.

Majoritaire, Cairn partagera son permis avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM, 25 %), et d’autres compagnies plus petites dont San Leon Energy (14.2 %), Serica Energy (8.3 %) et Longreach Oil and Gas (2.5 %). Un premier forage exploratoire d’un ou de plusieurs puits en eau profonde est prévu au cours du premier trimestre de 2013, sous réserve de l’approbation des autorités.

En août dernier également, la société pétrolière Genel Energy, cotée à Londres, a racheté pour 50 millions de dollars 60 % des droits de concession de Sidi Moussa, un bloc offshore. Jusqu’à récemment, Genel concentrait ses opérations au Kurdistan irakien (nord de l’Irak). En outre, le rachat d’actifs au Maroc et à Malte marque les premiers pas de Genal Energy dans l’exploration offshore.

Le Maroc cherche aussi à accroître ses activités en aval, dans le but de devenir un exportateur de produits raffinés. Son unique raffinerie de pétrole, opérée par la Société anonyme marocaine de l’industrie de raffinage (SAMIR) et se trouvant dans la ville portuaire de Mohammedia, est dotée d’une capacité de production d’environ 6.5 millions de tonnes par an.

Au mois d’août, la SAMIR a mis en service une nouvelle unité de distillation de pétrole brut d'une capacité de 80 000 barils par jour, ramenant ainsi la capacité totale de raffinage à 200 000 barils par jour. Des responsables ont déclaré à Reuters que la capacité de raffinage de la nouvelle unité devait atteindre les 4 millions de tonnes par an. La SAMIR a également annoncé le lancement d’une unité de production de carburéacteur Jet A1 d'une capacité annuelle de 600 000 tonnes. Début août, la société a lancé un appel d’offres pour la vente de 60 000 tonnes de carburéacteur, qui devraient être livrées à la fin septembre.

Les responsables des secteurs privé et public font preuve d’optimisme. Selon eux, les forages exploratoires en eau profonde afficheront des résultats positifs au cours des prochaines années et une capacité accrue de raffinage devrait contribuer à générer des revenus. Néanmoins, le Maroc continue de dépendre fortement de combustibles fossiles ; en 2010, le pays a importé 93 % de ses besoins énergétiques et les combustibles fossiles représentaient au total 87 % de sa consommation énergétique. La demande énergétique locale augmentant rapidement, le secteur de l’énergie continuera de peser lourdement sur les finances publiques à moyen terme.

En vue de réduire les répercussions du secteur de l’énergie sur l’économie nationale, l’Etat a non seulement augmenté la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique, mais il a également introduit, en juin dernier, diverses réformes visant à supprimer progressivement les subventions aux combustibles. Le poids de ces subventions dans le budget du gouvernement a fortement augmenté, passant de 7.07 milliards de dirhams (635.77 millions d’euros) en 2009 à 22 milliards de dirhams (1.98 milliard d’euros) en 2010 et grevant lourdement les finances publiques.

Les subventions sur les denrées alimentaires de base telles que la farine et le sucre seront aussi réduites, mais l’Etat octroiera une aide directe aux ménages les plus démunis, afin de compenser la flambée des prix des vivres et du pétrole. La première réforme a été mise en place le 2 juin, alors que le prix du pétrole avait augmenté de 27 %, soit la plus forte hausse depuis ces dernières années.

Ainsi, l’inflation a quasi doublé au mois de juin pour atteindre un taux annuel de 1.9 %. L’inflation a progressé de 0.5 % de mai à juin – une progression largement imputable à une hausse de 4 % des tarifs de transport. Pour combattre cette rapide augmentation, le gouvernement a ralenti la mise en œuvre des réformes, ce qui a fait chuter d’un point de pourcentage les prévisions d'inflation annuelle (1.5 %).

Avec une demande énergétique à la hausse et des ressources nationales limitées, le Maroc continuera certes d’importer des ressources énergétiques à long terme, mais les réformes fiscales devraient aider à limiter les dépenses publiques. Les nouveaux projets de forage exploratoire devraient favoriser la production et le raffinage nationaux et ainsi réduire la facture des importations. Toutefois, pour y parvenir, le gouvernement devra investir considérablement afin d’équiper le secteur avec les infrastructures adéquates.

 

Morocco: Investing in oil and gas

En Français

As Morocco remains heavily dependent on fossil fuel imports, which is then provided at below-market rates to local consumers, the state is working to minimise the energy sector’s impact on public finances by stimulating local production and reducing fuel subsidies. While Morocco has very little proven oil and gas reserves, it is also one of the most under-explored countries, and as deepwater deposits become increasingly accessible thanks to improved drilling techniques, growing interest from foreign oil companies highlights the potential for the sector.

The state has moved to encourage exploration and amended the Hydrocarbons Law to offer more attractive terms for new market entrants, including an initial 10-year tax exemption and oil and gas royalty rates that do not exceed 10% or 5%, respectively. Around 30 foreign firms, including the US-based Anadarko Petroleum and Spain-based Repsol, began conducting surveys in on- and offshore blocks earlier this year. In addition, a handful of companies looking to expand their portfolios have bought into offshore licences in recent months.

In late August, British oil company Cairn Energy bought a second stake in offshore oil and gas exploration. Company officials indicated that Cairn would contribute $60m for a 50% stake in the Foum Draa block and farm-in as an operator.

Cairn will become the majority stakeholder, sharing the licence with the National Office of Hydrocarbons and Mines (ONHYM, 25%), and smaller explorers San Leon Energy (14.2%), Serica Energy (8.3%), and Longreach Oil and Gas (2.5%). Exploratory drilling on one or more deepwater wells is slated to begin in the fourth quarter of 2013, pending regulatory approval.

London-listed company Genel Energy also assumed ownership of the offshore Sidi Moussa licence in August by purchasing a 60% stake at a maximum estimated cost of $50m. Until recently, Genel’s operations have been focused in the Kurdistan region of northern Iraq; the Morocco purchase and a simultaneous purchase off the coast of Malta represent the company’s first foray into offshore exploration.

Morocco is also working to increase downstream operations, with the aim of becoming an exporter in refined products. Its sole oil refinery, operated by the Société Anonyme Marocaine de l’Industry de Raffinage (SAMIR), is located in the port city of Mohammedia and has a processing capacity of roughly 6.5m tonnes per year.

In August, SAMIR launched commercial use of a new crude distillation unit with the capacity to process 80,000 barrels per day, boosting total capacity to 200,000 barrels per day. Executives reported to Reuters that the new unit is expected to add an additional 4m tonnes of refined oil per year. SAMIR also announced the launch of a Jet A-1 fuel refinery unit with a capacity of 600,000 tonnes per year. The company issued a tender in early August for the sale of 60,000 tonnes of jet fuel, which is expected to be delivered in late September.

Public and private sector officials have expressed optimism that deepwater exploratory drilling will yield results in the coming years, and an increased refinery capacity should help to bring in revenue. Nonetheless, Morocco remains heavily dependent on imports of fossil fuels; the country imported 93% of its energy needs in 2010, and fossil fuels represented 87% of total energy consumption. As local energy demand increases rapidly, the energy sector will continue to weigh heavily on public finances in the medium term.

In its effort to decrease the energy sector’s impact on the economy, renewables have been made an increasingly important component of the consumption mix but in June the state also introduced a reform package that will gradually dismantle fuel subsidies. Government spending on these subsidies skyrocketed from Dh7.07bn (€635.77m) in 2009 to Dh22bn (€1.98bn) in 2010, placing a major strain on public finances.

Subsidies on food staples such as flour and sugar will also be reduced under the reform package, and the state will provide direct assistance to poorer segments of the population to make up for higher food and fuel prices. The first change was implemented on June 2, which raised the price of fuel by up to 27%, the sharpest single increase in several years.

As a result, inflation nearly doubled in June to reach an annual rate of 1.9%. In monthly terms, inflation rose by 0.5% from May to June, driven largely by a 4% increase in transport costs. To combat this rapid increase, the government slowed the implementation of the reform package, which brought annual inflation forecasts down by one percentage point to 1.5%.

While rising energy demand and limited domestic resources mean that Morocco will remain an energy importer in the long term, fiscal reform should help to decrease public spending. New exploratory drilling projects may open the door for higher domestic production and processing, thus reducing lower import bills, though considerable investment will be needed to equip the sector with the adequate infrastructure to do so.

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