Les partenaires internationaux soutiennent l’économie tunisienne

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Les partenaires internationaux se sont engagés à aider la Tunisie à réduire la pression subie par son économie par le biais d’une série de prêts destinés à atténuer les contraintes budgétaires et à encourager le développement.

Le 23 janvier, l’UE a annoncé un relèvement de l’aide apportée à la Tunisie, dévoilant un financement chiffré à 305 millions d’euros qui sera consacré au développement économique du pays et à des programmes visant la réduction du chômage chez les jeunes.

La semaine précédant cette annonce, le Ministère des Finances Tunisien avait fait part de la décision de l’Arabie Saoudite d’accorder un prêt de 500 millions de dollars au pays afin de contribuer à financer le budget de l’Etat.

Ce financement fait partie d’une série d’accords financiers dévoilés pour la première fois au mois de décembre, dans le cadre desquels le royaume s’engage à fournir une aide d’un montant de 830 millions de dollars, dont 230 millions de dollars destinés au financement du commerce extérieur et 100 millions de dollars à destination de projets dans le domaine du développement.

Le pays devrait également bénéficier d’autres afflux de financement, notamment un prêt de 154 millions de dollars de la part de la société islamique internationale de financement du commerce (International Islamic Trade Finance Corporation, ITFC) qui contribuera à financer les importations de gaz et à injecter des capitaux dans la Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz (STEG), ainsi qu’un prêt de 120 millions de dollars au profit du budget de la part de la Banque Africaine de Développement (BAD), annoncé fin janvier.

Ces financements contribueront grandement à couvrir les besoins de financement extra-budgétaires pour cette année, le gouvernement visant à réduire le déficit budgétaire pour le faire passer à 3,9% du PIB, hors dons, contre le taux estimé à 5,5% en 2018.

Des importations d’énergie élevées et un dinar bas pèsent sur le budget

Ces nouveaux afflux de crédit arrivent à point nommé étant donné les pressions subies récemment par l’économie tunisienne.

Des coûts énergétiques en hausse associés à un dinar en baisse ont eu des répercussions très négatives sur la balance commerciale en 2018 ; le déficit a atteint un nouveau record, les exportations ne réussissant pas à suivre la hausse des flux d’importation.

La Tunsie a enregistré l’an dernier un déficit commercial record de 19 milliards de dinars (5,5 milliards d’euros), contre 15,6 milliards de dinars (4,6 milliards d’euros) en 2017, selon des données publiées par l’Institut National de la Statistique au mois de janvier.

Les exportations ont augmenté de 19% pour atteindre 40,9 milliards de dinars (11,9 milliards d’euros) mais ces bons résultats ont été contrebalancés par des importations en hausse de 20%, atteignant 60 milliards de dinars (17,5 milliards d’euros).

L’augmentation des exportations s’explique tout d’abord par une hausse des produits agricoles et agro-alimentaires exportés, ces derniers ayant grimpé de 3% en glissement annuel à la fin novembre, le secteur manufacturier se plaçant en deuxième position avec une hausse de 25% des ventes à l’export.

Les recettes ont toutefois été plus qu’entamées par la hausse de la facture énergétique, qui a grimpé de 38,4% en glissement annuel ; les matières premières et les produits semi-finis, qui pour certains d’entre eux constituent des intrants pour le secteur manufacturier, enregistrent quant à eux une croissance de 21,9%.

La hausse des importations s’est vue en partie alimentée par une chute du dinar, qui s’est déprécié d’environ 22% face au dollar au cours des 12 derniers mois.

Ces coûts ont alimenté l’inflation, cette dernière évoluant à la hausse et affichant un taux de 7,1% en janvier, tandis que l’économie a dû également faire face à un taux de chômage persistant, s’élevant à plus de 15% tout au long de l’année 2018.

Les organisations syndicales sont également responsables de la pression exercée sur le budget, les représentants ouvriers réclamant des hausses de salaires afin de compenser l’augmentation du coût de la vie.

Suite à des mouvements de grève au mois de janvier et à la menace de perturbations supplémentaires en février, le gouvernement a accordé des hausses de salaire à 670 000 fonctionnaires, allant jusqu’à 200 dinars (58,38 euros) par mois.

Si ces hausses de salaire ont peut-être permis d’éviter une grève, elles viennent alourdir la masse salariale de la fonction publique, qui se montait l’an dernier à environ 15,5% du PIB, soit quelque 5,5 milliards de dollars, plus du double des 2,5 milliards de dollars déboursés en 2010.

Ces dépenses accrues vont également à l’encontre des engagements pris auprès du FMI dans le cadre du plan d’aide de 2,9 milliards de dollars approuvé en 2016. Parmi les objectifs fixés dans le cadre du prêt, la Tunisie s’était engagée à réduire la charge de la masse salariale en la ramenant à 12,5% du PIB d’ici 2020 et à maintenir le gel des salaires de la fonction publique cette année.

Hausse prévue du PIB et des IDE

Malgré les inquiétudes quant à la capacité de la Tunisie à contenir les dépenses publiques, à enrayer l’inflation et à réduire le déficit, les investisseurs étrangers ont continué à accroître leur participation à l’économie du pays.

Le montant total des investissements étrangers a affiché une croissance de 27,5% en 2018, selon un rapport publié par l’Agence de Promotion de l’Investissement Extérieur FIPA-Tunisia.

Parmi ceux-ci, les investissements en portefeuille, tels que les obligations, les actions et les titres financiers, ont augmenté de 6,8% pour atteindre 124,1 millions de dinars (36,2 millions d’euros), soit le meilleur résultat des trois dernières années, même s’il reste très inférieur aux 401 millions de dinars (116,9 millions d’euros) enregistrés en 2015.

Les investissements directs étrangers (IDE) ont quant à eux connu un essor de 28,6%, se montant à 2,7 milliards de dinars (789,2 millions d’euros). Tous les secteurs clés ont affiché des croissances à deux chiffres ou plus, avec en tête l’agriculture et l’industrie.

Pour ce qui est de l’avenir, le FMI table sur une croissance du PIB de 2,9% cette année, contre 2,4% en 2018, tandis que la BAD, dans son rapport consacré aux perspectives économiques en Tunisie paru le 17 janvier, prédit un rôle moteur pour le secteur agricole dans la croissance économique du pays, avec une hausse prévue de 8,7% pour ce dernier, soutenu par une augmentation de 5% des flux d’investissements, selon les estimations.

Par ailleurs, l’amélioration des indicateurs économiques devrait contribuer à ralentir l’inflation et à alimenter un PIB plus élevé, toujours selon la BAD, et l’économie devrait connaître une accélération cette année et l’année prochaine, atteignant une croissance autour de 3% d’ici 2020.

 

 

The international partners supporting Tunisia's economy

En Français

International partners have committed to help reduce pressure on Tunisia’s economy with a series of loan deals designed to ease budgetary constraints and encourage development.

On January 23 the EU announced it was stepping up its support for Tunisia, unveiling €305m in funding to go towards economic development and programmes designed to reduce youth unemployment.

This followed an announcement from Tunisia’s Ministry of Finance the week prior that Saudi Arabia had agreed to provide $500m in loan funding to help bridge the budget deficit.

The funding is part of a larger fiscal package first unveiled in December, wherein the kingdom committed to provide $830m in assistance, the balance consisting of $230m to finance overseas trade and $100m to support project development.

The country is also set to benefit from other funding inflows, including a $154m loan from the International Islamic Trade Finance Corporation to help pay for gas imports and inject capital into the Tunisian Company of Electricity and Gas, and a $120m loan from the African Development Bank (AfDB) to assist with budget payments, announced in late January.

This funding will go a long way towards meeting extra-budgetary financing requirements for this year, with the government aiming to reduce its budget deficit to 3.9% of GDP, excluding grants, down on the estimated 5.5% in 2018.

See also: The Report – Tunisia 2018

Higher energy imports, lower dinar place pressure on budget

The new credit inflows are timely, given recent pressures on the economy.

A combination of higher energy costs and a weaker dinar had a significant negative impact on the balance of trade in 2018; the deficit expanded to a new record as exports failed to keep pace with rising import flow.

Tunisia recorded a trade deficit of TD19bn (€5.5bn) last year, up on the TD15.6bn (€4.6bn) posted in 2017, according to data issued by the National Institute of Statistics in January.

While exports rose by 19% to TD40.9bn (€11.9bn), this was offset by imports rising by 20% to TD60bn (€17.5bn).

Export growth was supported by stronger shipments of agricultural and processed agri-products, which climbed 53% year-on-year (y-o-y) to the end of November, while the manufacturing sector was the next best performer on the back of a 25% increase in outbound sales.

However, these gains were more than eroded by rising energy import costs, which jumped 38.4% y-o-y, and raw materials and semi-finished goods, some of which represent inputs for the manufacturing sector, increased by 21.9%.

The rise in imports was fuelled in part by the fall in the dinar, which has depreciated by around 22% against the US dollar in the past 12 months.

These costs have fed in to higher inflation, running at 7.1% as of January, while the economy has also had to contend with stubborn unemployment rates, which stood at more than 15% throughout 2018.

Pressure on the budget has also come from labour organisations, with workers’ representatives demanding wage increases to offset the rising cost of living.

Following strike action in January, and the threat of further disruptions in February, the government agreed to increase the salaries of 670,000 state workers by up to TD200 (€58.38) a month.

While potentially averting a strike, the increases will add to the public wage bill, which totalled some $5.5bn last year, representing around 15.5% of GDP, and more than double the $2.5bn of 2010.

The increased spending is also counter to commitments made to the IMF as part of its $2.9bn support programme agreed to in 2016. Among the targets set under the aid package was a pledge to reduce wage outlays to 12.5% of GDP by 2020 and maintain a freeze on public service salaries this year.

GDP and FDI set to increase

Despite concerns over Tunisia’s ability to rein in public spending, curb inflation and reduce the deficit, foreign investors have continued to increase their participation in the economy.

Total foreign investment grew by 27.5% in 2018, according to a report issued by the Foreign Investment Promotion Agency.

Of this, portfolio investment such as those in stocks, bonds and securities increased by 6.8%, totalling TD124.1m (€36.2m), the best result in three years albeit still well off the TD401m (€116.9m) posted in 2015.

Meanwhile, foreign direct investment (FDI) surged by 28.6% to TD2.7bn (€789.2m). All key sectors posted double-digit or higher increases, led by the agriculture and industrial sectors.

Looking forward, the IMF has predicted GDP growth of 2.9% this year, up on the 2.4% in 2018, while the AfDB, in its outlook report for Tunisia released on January 17, forecast the agricultural sector would be the engine of economic growth, expanding by 8.7% this year, supported by a projected 5% increase in investment inflows.

At the same time, improving economic metrics should help cool inflation and feed in to higher GDP, the bank said, with the economy forecast to accelerate this year and next with growth of around 3% by 2020.

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