Les assureurs algériens observent une croissance rapide

In English

En Algérie, le secteur de l’assurance a réalisé un début d’année encourageant, enregistrant une forte croissance du volume des primes au premier trimestre 2014 et une progression encore plus importante en 2013, en raison notamment d’un rebond du segment de l’assurance vie suite à l’introduction d’importantes réformes et de projets du gouvernement portant sur l’introduction en bourse d’une partie d’une compagnie publique d’assurance.

Le taux de pénétration de l’assurance en Algérie est faible comparé aux taux enregistrés dans l’OCDE et dans la région : exprimées en pourcentage du PIB, les primes s’élèvent à 0,81%, selon les chiffres actualisés pour 2012 de l’étude sigma de Swiss Re, publiée en janvier de cette année, contre 1,82% en Tunisie et 2,95% au Maroc.

Le secteur a toutefois affiché des résultats impressionnants ces derniers mois, laissant entrevoir des perspectives haussières. Le chiffre d’affaires du secteur a grimpé de 7,2% en glissement annuel au premier trimestre 2014 pour atteindre 33,7 milliard de dinars (311,9 millions d’euros), selon les chiffres communiqués début juin par le Conseil National des Assurances (CNA). Les activités non vie se taillent la part belle du marché, représentant 94,5% du total, un chiffre qui n’a que très peu évolué par rapport au même trimestre en 2013 et à l’ensemble de l’année.

L’ensemble de l’année écoulée a connu une croissance encore plus forte, dépassant les niveaux élevés de l’année précédente. Le chiffre d’affaires a augmenté de 15% en glissement annuel, passant à 113,9 milliards de dinars (1,05 milliard d’euros) en 2013, après avoir enregistré une hausse de 14,1% en 2012. Étant donné un taux d’inflation situé en 2013 autour des 4,5% selon le FMI, cela représente une croissance réelle conséquente, bien au-dessus du taux de 2,7% réalisé par l’économie dans son ensemble.  

Rebond du segment vie

Si les primes d’assurance non vie ont une place dominante dans le chiffre d’affaires du secteur, c’est le segment vie qui affiche la plus forte croissance en 2013, gagnant par conséquent des parts de marché ; les primes d’assurance-vie se sont élevées à 8,03 milliard de dinars (74,28 millions d’euros), soit 7% du marché de l’assurance en 2013, en hausse de 22% par rapport aux 6,59 milliards de dinars (60,96 millions d’euros), soit 6,6% des primes totales, enregistrés l’année précédente.

Cela représente un tournant pour le segment ; la taille du marché de l’assurance vie s’est contractée en 2012 suite à un ensemble de réformes sectorielles qui, instituant une obligation de séparation des activités vie et non vie, a forcé de nombreuses compagnies à créer de toutes nouvelles filiales vie. À en juger par le retour de la croissance en 2013, les réformes semblent donc désormais bien implantées.  

Primes par branche

Ceci étant, malgré la solide croissance des activités vie, sur l’ensemble des primes, c’est toujours l’assurance automobile qui occupe la première place en 2013, conservant un rôle moteur dans le secteur. Avec des primes s’élevant à 61,3 milliards de dinars (567 millions d’euros) en 2013, en hausse de 17% par rapport aux chiffres de 2012, le segment représente 58% du montant total des primes émises. Les primes d’assurance incendie et risques divers totalisent 35,4 milliards de dinars (327,5 millions d’euros), soit une hausse de 11% par rapport à l’année précédente.

Plusieurs branches de plus petite taille ont enregistré une croissance encore plus importante : les primes de l’assurance agricole affichent une progression de 24% en glissement annuel et s’établissent à 2,79 milliards de dinars (25,8 millions d’euros) et l’assurance-crédit connaît une hausse de 49% qui lui permet d’atteindre 924,1 millions de dinars (8,54 millions d’euros), principalement portée par une très nette augmentation de l’assurance-crédit à l’immobilier. En revanche, l’activité transport n’affiche qu’une hausse de 3%, atteignant 5,48 milliards de dinars (50,7 millions d’euros).  

Investissement prometteur

Les assureurs du pays tablent sur une poursuite de cette tendance. Hadj Ahmed Mahammed, Directeur Général de l’assureur algérien privé GAM (Générale Assurance Méditerranéenne), a déclaré aux médias locaux que la compagnie, qui est détenue par le fonds de capital-investissement ECP AfricaFund, vise une hausse annuelle des primes de 18% entre 2014 et 2018.

Les solides résultats obtenus par les assureurs dans le pays sont également bon signe pour les marchés des capitaux algériens, jusqu’à présent relativement restreints, les investisseurs nationaux tirant eux aussi profit de la récente croissance et des bénéfices qui en ont découlé. Alliance Assurances, qui en 2011 est devenue la première compagnie privée cotée à la Bourse d’Alger, a annoncé en juin qu’elle comptait verser des dividendes à hauteur de 30 dinars (0,28 euros) par action, soit un rendement de 5% par rapport au cours actuel de l’action du groupe. L’année précédente, les dividendes avaient été payées en actions gratuites et étaient équivalentes à 26 dinars (0,24 euros) par action. La distribution des dividendes, d’un montant total de 175 millions de dinars (1,62 million d’euros), a fait suite à la publication des résultats de la compagnie, qui a réalisé un bénéfice de 367 millions de dinars (3,39 millions d’euros) en 2013, en hausse de 58% par rapport à 2012.

Mais l’unique assureur présent à la Bourse d’Alger réfléchirait actuellement à un éventuel retrait de la Bourse. « Le système de cotation sert beaucoup plus à dévaloriser le titre de la compagnie qu’à le valoriser. Plus on achète, plus il déprécie la valeur du titre, » a expliqué Hassen Khelifati, le PDG de la compagnie, lors d’une matinée d’information financière qui s’est tenue à Alger le 23 juin, relayée par Tout sur l’Algérie. « Alliance Assurances a beaucoup plus d’inconvénients de son introduction en bourse que d’avantages…Nous pensons très sérieusement à d’autres options, » a-t-il déclaré.

Quoi qu’il en soit, les opportunités d’investissement dans le secteur devraient s’accroître alors que le gouvernement envisage la cession d’une partie des actions de la Compagnie Algérienne d’Assurance et de Réassurance (CAAR), dans le cadre d’une stratégie plus vaste annoncée l’an dernier et qui porte sur la privatisation partielle de huit entreprises publiques dans le but de stimuler les activités boursières.

La CAAR, une des quatre compagnies d’assurances publiques qui se partagent l’essentiel du marché – les compagnies publiques représentaient une part de marché cumulée de 76% en 2013- s’est arrogé environ 17% du marché de l’assurance non vie en 2012. Si la date exacte de la cotation n’a pas encore été annoncée, il semblerait toutefois qu’une partie de ces huit entreprises vise une introduction en bourse avant fin 2014.


 

Algerian insurers eye fast growth

En Français

  The insurance sector in Algeria has seen an encouraging start to the year, having witnessed strong premiums growth in the first quarter of 2014 and even higher levels of expansion in 2013, with life insurance rebounding after the introduction of major reforms and government plans to list part of a state-owned insurance firm on the stock market.

Insurance penetration in Algeria is low both by OECD and by regional standards: premiums as a proportion of GDP stood at 0.81%, according to Swiss Re Sigma’s updated figures for 2012, published in January this year, compared to 1.82% in Tunisia and 2.95% in Morocco.

However, the industry has seen an impressive performance in recent months, which has made for a more bullish outlook. Sector turnover rose 7.2% year-on-year in the first quarter of 2014 to AD33.7bn (€311.9m), according to figures released in early June by the country’s National Insurance Council (Conseil National des Assurances, CNA). The large bulk of the market is non-life insurance, accounting for 94.5% of the total, broadly unchanged from the same quarter in 2013 and the year as a whole. The whole of last year saw even stronger growth, exceeding high levels registered the previous year. Turnover increased 15% year-on-year to AD113.9bn (€1.05bn) in 2013 after a 14.1% expansion in 2012. Given an inflation rate of around 4.5% in 2013 according to IMF figures, this represented substantial real growth, well above the 2.7% achieved by the economy as a whole.  

Rebounding life segment

While non-life insurance premiums dominate industry turnover, it was the life segment that saw the higher rate of growth during 2013, helping it to gain market share; life premiums stood at AD8.03bn (€74.28m), or 7% of the insurance market in 2013, up 22% from AD6.59bn (€60.96m), or 6.6% of total premiums, the previous year.

This represented a turnaround for the segment; the size of the life insurance market had shrunk in 2012 following industry reforms that mandated the separation of life and non-life firms, forcing many companies to set up new life branches from scratch. Renewed growth in 2013, therefore, suggests that the reforms have now bedded down.  

Premiums by branch

However, in spite of the strong growth in life lines, overall it was automobile cover that remained the largest branch of insurance in 2013 and remains also one of the main drivers of sector activity, with premiums for the year standing at AD61.3bn (€567m), up 17% on 2012 figures and representing 58% of all premiums. Fire and miscellaneous risks premiums stood at AD35.4bn (€327.5m), up 11% annually.

Several smaller branches saw even higher growth, with agricultural insurance premiums rising 24% year-on-year to AD2.79bn (€25.8m) and credit insurance up 49% to AD924.1m (€8.54m), driven largely by a strong rise in mortgage insurance. Transport insurance by contrast grew by only 3%, to AD5.48bn (€50.7m).  

Promising investment

Insurers in the country are expecting the trajectory to continue. Hadj Ahmed Mahammed, chief executive of Algerian private insurer Generale Assurance Mediterraneenne, told local media in June that the firm, which is owned by the ECP AfricaFund private equity fund, is targeting average annual premiums growth of 18% between 2014 and 2018.

The performance of the country’s insurers is also good news for Algeria’s capital markets, which remain comparatively small, with domestic investors also benefitting from recent growth and resulting profits. Alliance Assurances, which in 2011 became the first private company to list on the Algiers Bourse, in June announced plans to distribute dividends worth AD30 (€0.28) a share, up from dividends equivalent to AD26 (€0.24) paid in free shares the previous year and representing a return on equity of 5%, based on the firm’s current share price. The payout, the total value of which amounted to AD175m (€1.62m), came after the firm posted profits of AD367m (€3.39m) for 2013, up 58% on 2012.

However, the only insurer listed on the exchange is currently rethinking its decision to stay on the exchange, according to recent reports. “The trading system strongly tends to decrease the value of the company’s stock rather than increasing it. The more you buy, the more it depreciates the value of the stock,” said Hassen Khelifati, CEO, speaking at a morning briefing held in Algiers on June 23, reported by Tout Sur l'Algérie. “Alliance Assurances has experienced more disadvantages than advantages since joining the exchange … We are thinking very seriously about other options,” he said.

Nonetheless, investment opportunities in the sector are likely to increase, with the government planning to float a stake in the Algerian Insurance and Reinsurance Company (Compagnie Algérienne d’Assurance et de Réassurance, CAAR) as part of wider plans announced last year to list stakes in eight state-owned firms to boost activity on the stock exchange.

CAAR, one of the four state-owned insurance firms that hold a significant proportion of the market – state-owned firms had a combined market share of 76% in 2013 – had a non-life market share of around 17% in 2012. It is not yet clear when the listing will take place, but some of the eight firms reportedly intend to launch initial public offerings before the end of 2014.

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