Le Maroc passe à l’action face au problème de l’eau

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Les efforts déployés pour soulager les pressions exercées sur les réserves d’eau commencent à prendre forme et le gouvernement recherche activement des partenaires stratégiques pour une multitude d’ambitieux projets, dont une usine de dessalement dont le coût est évalué à 82 millions d’euros.

À l’instar de nombreux autres pays, le Maroc est confronté à un double défi : un tarissement de ses ressources hydriques et une hausse de la demande d’eau. La stratégie adoptée par le royaume afin de venir à bout de ces problèmes inclut plusieurs initiatives d’envergure qui devraient se concrétiser au cours des 15 prochaines années dans le cadre d’un programme dédié baptisé Plan National de l’Eau (PNE). Les projets, estimés à un total de 230 milliards de dirhams (20,44 milliards d’euros) accroîtront les capacités de traitement des eaux et placeront un accent accru sur les sources alternatives, tout en étayant une stratégie nationale qui entend garantir que les régions du pays qui n’ont toujours pas accès à l’eau potable soient correctement desservies.  

Offre et demande

Le PNE s’attache dans une large mesure à doter le pays de nouvelles sources d’eau potable, afin de réduire la pression exercée sur des aquifères aux ressources limitées. En mai, l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) a signé un accord avec le groupe espagnol Abengoa, spécialiste des énergies renouvelables, portant sur l’investissement de ce dernier dans la future usine marocaine de dessalement. Le projet – qui, une fois achevé, deviendra la plus grande usine de dessalement du pays- permettra d’améliorer l’accès à l’eau potable dans la région d’Agadir.

L’usine disposera d’une capacité de production allant de 100 000 mètres cubes à 200 000 mètres cubes d’eau par jour, approvisionnant ainsi jusqu’à 800 000 personnes en eau potable dans la région d’Agadir, et ce pour une durée de 20 ans. Le projet sera mené par Abengoa et l’ONEE, en partenariat avec la société marocaine Inframaroc, une filiale du Groupe CDG.

Le Maroc n’en est pas à son coup d’essai, ayant déjà investi dans plusieurs usines de dessalement, la première, située à Tarfaya, datant de 1975. Aujourd’hui, le pays possède plus de dix usines, la plupart dans le sud du pays. Les autres projets prévus viendront étayer la stratégie nationale qui vise une production quotidienne d’eau potable dessalée de 200 000 mètres cubes d’ici 2016, contre 65 000 en 2013.

L’ONEE fournit environ 80% de l’eau potable au Maroc. L’entreprise, créée en 2012 suite à la fusion de l’Office National de l’Eau Potable (ONEP) et de l’Office National de l’Électricité (ONE) produit jusqu’à 972 millions de mètres cubes par an et exploite plus de 70 usines de traitement.

Le pays a également procédé à de lourds investissements dans les infrastructures d’appui, en particulier dans les zones rurales. Les dépenses à destination des infrastructures hydrauliques et sanitaires ont été revues à la hausse, en conséquence de quoi l’accès à l’eau potable atteignait 87% de la population en 2009, contre 50% en 2004, d’après la Banque Mondiale. Les chiffres publiés par la Banque montrent toutefois que plus d’un million de résidents des banlieues des principales villes marocaines vivent toujours sans services d’approvisionnement en eau potable et sans services d’assainissement.

Fin Mai, la Banque Mondiale a accordé au Maroc un prêt de 115 millions d’euros afin d’aider le pays à financer ses projets d’approvisionnement en eau potable en milieu rural. Des projets qui devraient profiter à environ 390 000 habitants dans 1400 localités. Le gouvernement compte porter l’accès à l’eau potable à 97% de la population d’ici 2017.  

Augmenter les capacités

Les ressources hydriques du Maroc ont senti le poids de la consommation accrue de ces dernières années, qui, selon les estimations, poursuivrait son augmentation, passant de 1,1 milliard de mètres cubes par an en novembre 2012 à 1,6 milliard de mètres cubes d’ici 2030.

L’ONEE a déjà commencé à prendre des mesures pour accroître les capacités de traitement de l’eau, bénéficiant en cela du soutien de plusieurs organisations de développement. Début 2014, l’entreprise a signé un accord avec la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) prévoyant le financement partiel par cette dernière d’un projet de 81 millions d’euros destiné à l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans les régions d’Azilal, de Ouarzazate et de Ben Guerir. La BERD prêtera 65 millions d’euros au Maroc, soit 80% du coût total du projet.

Fin janvier, le Maroc a également obtenu un prêt d’un montant de 272 millions de dollars auprès de la Banque Islamique de Développement (BID) pour le financement de projets d’eau potable dans deux régions. Les projets porteront sur le développement d’ouvrages d’adduction en eau potable à Agadir et sur l’installation de systèmes d’alimentation en eau potable dans la province de Chtouka-Aït Baha. À elles deux, ces initiatives devraient profiter à près de deux millions de personnes.  

Solutions alternatives

Face aux lourdes conséquences du changement climatique et de la baisse continue des réserves d’eaux souterraines, le Maroc, comme d’autres pays, porte une attention accrue au développement de nouvelles ressources hydriques, avec en premier lieu le projet d’une nouvelle usine de dessalement.

Le Maroc prévoit également une nouvelle usine de traitement des eaux usées pour la ville d’Aourir. L’usine de recyclage des eaux usées sera conçue et construite par la compagnie britannique Biwater, qui a remporté le contrat du projet au mois de mai. Dans le cadre de cette initiative, l’eau produite dans cette usine sera utilisée pour irriguer les parcours de golf et approvisionner les hôtels de cette destination touristique populaire..


 

Morocco moves to address water issues

En Français

  Efforts to ease the pressure on Morocco’s water supplies are taking shape as the government moves to bring strategic partners on board for a raft of ambitious projects, including a €82m desalination plant.

Like many countries, Morocco faces a two-fold challenge of dwindling resources and rising demand for water. To combat this, the kingdom has planned several major initiatives to roll out over the next 15 years under a targeted National Water Plan (NWP). The projects, worth an estimated Dh230bn (€20.44bn) in total, will boost water treatment capacity and increase the focus on alternative sources, while supporting a national drive to ensure that areas of the country still without access to potable water are adequately served.  

Supply and demand

A large component of the NWP is providing new sources for potable water, to reduce the pressure on the country’s limited aquifers. In May, the Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable (ONEE), the national utility company, signed an agreement with Spanish-based Abengoa, which will see the renewable energy developer invest in Morocco’s planned desalination plant. The project – which is set to become the country’s largest desalination plant once completed – will improve access to potable water in the Agadir region.

The plant will have the capacity to produce between 100,000 cu metres and 200,000 cu metres of water daily, providing potable water to up to 800,000 people in the Agadir region. The 20-year project will be undertaken by Abengoa and ONEE, together with Moroccan Inframaroc, a subsidiary of Group CDG.

Morocco has already invested in a number of desalination plants, with the first, sited in Tarfaya, dating back to 1975. Today, the country has more than 10 plants, with most located in the south of the country. Additional planned projects will support the national drive to increase daily production of desalinated potable water from 65,000 cu metres in 2013 to 200,000 cu metres by 2016.

ONEE provides around 80% of Morocco’s potable water supply. The company, which was formed in 2012 following the merger of the Office National de l’Eau Potable (ONEP) and the Office National de l’Electricité (ONE), produces up to 972m cu metres of potable water annually and operates 70 treatment plants.

The country has also invested heavily in supporting infrastructure, particularly in rural areas. Spending on water and sanitation infrastructure has been increased, with the result that potable water access reached 87% in 2009, up from 50% in 2004, according to the World Bank. However, figures from the bank show that over 1m people on the outskirts of Morocco’s main cities are still without a safe water supply and sanitation services.

In late May, the World Bank granted Morocco €115m to help the country finance its plans for supplying rural areas with potable water. The strategy is expected to benefit around 390,000 inhabitants across 1400 localities. The government plans to increase potable water access to 97% by 2017.  

Boosting capacity

Morocco’s water resources have felt the weight of rising consumption in recent years, with the nation’s needs expected to increase from 1.1bn cu metres annually in November 2012 to 1.6bn cu metres by 2030.

ONEE has already begun taking steps to increase the capacity for water treatment, bolstered by the support of several development organisations. In early 2014, the firm signed an agreement with the European Bank for Reconstruction and Development (EBRD) that will see the lender partly finance an €81m project aimed at increasing access to potable water in the regions of Azilal, Ouarzazate and Benguerir. EBRD will loan Morocco €65m, or 80%, of the total cost.

At the end of January, Morocco also secured a $272m loan from the Islamic Development Bank (IDB) for potable water projects in two regions. The projects will focus on developing potable water conveyance structures in Agadir and setting up drinking water supply systems in Chtouka Ait Baha. Combined, the initiatives are expected to benefit almost 2m people.  

Alternative solutions

With climate change and dwindling groundwater reserves taking their toll on water resources, Morocco, like other countries, is also increasing its focus on developing alternative water sources, led by its plans for a new desalination plant.

Morocco’s plans also include a new wastewater treatment plant, which will be rolled out in the city of Aourir. The water reuse plant will be designed and built by UK-based Biwater after the company was awarded the project contract in May. As part of the initiative, water produced at the plant will be used to irrigate golf courses and supply hotels in the popular tourist destination.

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