Le Maroc lance deux écosystèmes pharmaceutiques

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Fin mars, les plans pour renforcer le secteur pharmaceutique marocain et stimuler la production à valeur ajoutée ont fait une avancée importante.

Le gouvernement a annoncé avoir signé une série d’accords avec des associations pharmaceutiques locales, ouvrant ainsi la voie au déploiement des premiers écosystèmes pharmaceutiques. Bien que l’emplacement de ces clusters doive encore être officiellement communiqué, les médias locaux ont rapporté que le Grand Casablanca et Kénitra pourraient être choisis pour leur développement.

Selon les accords, le Maroc prévoit d’accroître la production de médicaments et de dispositifs médicaux  - tout cela faisant partie d’un plus grand effort pour stimuler le développement industriel dans le royaume, par le biais du Plan d’Accélération Industrielle. Ce dernier cherche à augmenter la contribution de l’industrie au PIB de 14 à 23 % d’ici 2020, et à créer 500 000 nouveaux emplois.  

Aides aux investissements

Le gouvernement a assigné 444 millions de dirhams (soit 40,6 millions d’euros) à la création de ces clusters, avec des segments spécifiques – incluant des dispositifs médicaux, des médicaments contre le cancer et biosimilaires, qui sont les versions génériques des médicaments biotechnologiques – destinés à recevoir la majeure partie des aides.

Les deux écosystèmes s’établiront sur sept hectares de terrain, avec un cluster qui se spécialisera dans la fabrication de dispositifs médicaux, tandis que l’autre se concentrera sur la production de médicaments, ainsi que la recherche et les activités de développement.                                                                                               

Afin de favoriser le développement de nouveaux produits et médicaments, le gouvernement a annoncé des plans visant à accélérer le processus d’homologation des médicaments et à réduire la durée d’obtention de l’autorisation de mise sur le marché.  

Des aides financières additionnelles seront également offertes aux laboratoires qui s’approvisionnent à hauteur de 60 % ou plus en matières premières localement, générant ainsi une plus grande valeur à l’intérieur du pays.  

Intérêt extérieur

 Un marché intérieur assez conséquent, une production nationale qui couvre déjà 65 % de la demande locale ainsi qu’un accès facile aux marchés européens et africains ont permis au Maroc d’éveiller un intérêt marqué entre les principaux acteurs de l’industrie. Son secteur pharmaceutique reste dominé par des filiales de sociétés multinationales, et les quatre plus grandes d’entre elles contrôlent environ 44 % du marché.

« Le Maroc est un pays attractif pour les groupes pharmaceutiques internationaux qui souhaitent y établir leurs unités de production, plus particulièrement lorsqu’elles sont petites et spécialisées. Cela est dû à l’ensemble des accords de libre-échange du pays », explique Khalid El Attaoui, directeur de la société portugaise Tecnimede Groupe, à OBG.

En début d’année, le britannique GSK a annoncé avoir choisi le pays pour y établir son nouveau centre régional d’Afrique du Nord. Entre temps, Biocad, l’entreprise de biotechnologie russe, a dit avoir prévu de s’associer avec les laboratoires marocains Sothema afin de produire localement des médicaments contre le cancer. Ils avaient déjà collaboré dans le passé en fabricant des médicaments biosimilaires et des traitements contre l’hépatite C.  

Ralf Halbach, ancien directeur général de l’entreprise suisse de biotechnologie Roche en Afrique du Nord, a affirmé quant à lui que le Maroc était bien placé pour tirer profit de la demande croissante en produits spécialisés, qui résulte généralement d’un PIB et de dépenses de santé par habitant très élevés.  

« Au vu de la concurrence grandissante des entreprises indiennes spécialisées dans le secteur des médicaments génériques, la commercialisation de produits spécialisés avec une grande valeur ajoutée est probablement la stratégie de croissance privilégiée pour les multinationales qui opèrent sur le marché marocain », dit-il à OBG.   

Echanges 

Le gouvernement cherche à accroître les revenus du secteur pharmaceutique de 11 milliards de dirhams (1 milliard d’euros) et à créer 5 000 nouveaux emplois d’ici 2020.  Cela devrait permettre de voir la valeur ajoutée augmenter de 4,2 milliards de dirhams (394,4 millions d’euros) et de générer un excédent commercial de 7,8 milliards de dirhams (713,9 millions d’euros) dans le secteur. 

Le manque d’une production à valeur ajoutée a mené à un déficit commercial du secteur qui équivalait à 6,4 milliards de dirhams (584 millions d’euros) en 2014, les dispositifs médicaux étant responsables de 1,7 milliards de dirhams (155,6 millions d’euros), soit environ un quart du total.  

Avec l’un des clusters pharmaceutiques spécialisé dans la fabrication de dispositifs médicaux, le Maroc cherche à réduire les coûts d’importation de ces produits et à progresser dans la chaîne de valeur de la production. Actuellement, les productions locales restent très largement limitées avec des équipements à faible valeur ajoutée, comme les cathéters, les fils et les bandages.

Cette stratégie envisage que le Maroc suive les pas de quelques-unes des plus grandes économies mondiales, comme les Etats-Unis, la Russie, l’Inde et une poignée de pays européens, où les groupes pharmaceutiques permettent déjà de faciliter la recherche et le développement et d’accroître la production locale.  

Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, est confiant quant aux perspectives du Maroc de développer son industrie et a signalé les atouts du pays, qui incluent selon lui une capacité de production conforme aux normes internationales, des coûts de fabrication compétitifs et une proximité avec les principaux marchés de consommation.

Avec seulement 8 % de la production nationale actuellement exportée, majoritairement vers l’Europe et les pays africains, le ministère de l’Industrie cherche à accroître les ventes à l’étranger, en commençant par le Sénégal et la Côte d’Ivoire et en fournissant une aide financière aux entreprises des groupes pharmaceutiques qui ciblent ces marchés.  

Solutions à valeur ajoutée

Les nouveaux clusters pharmaceutiques arrivent après que le gouvernement soit intervenu en 2013 pour fixer les prix d’une variété de produits pharmaceutiques. En utilisant des prix équivalents dans sept pays de référence qui incluent l’Espagne, la Turquie et l’Arabie Saoudite, le gouvernement marocain a réduit de 30 % les coûts des médicaments génériques et brevetés, selon les rapports des médias locaux.

 Cette politique avait pour objectif de faciliter l’accès aux médicaments pour les consommateurs marocains, parmi lesquels moins de 65 % bénéficient d’une couverture médicale et sont limités par leur pouvoir d’achat restreint.

« Réduire les coûts des produits pharmaceutiques les a rendus plus disponibles et accessibles, et donc bénéfiques pour la société », explique Driss Chaoui, directeur général du laboratoire pharmaceutique local Afric-Phar, à OBG. «Toutefois, ces réductions ont transféré les marges de l'industrie pharmaceutique au secteur de la distribution, ce qui restructure l'industrie d'une manière qui ne bénéficie pas nécessairement aux patients marocains. »

 

 

Morocco launches two pharma-clusters

En Français

Plans to strengthen Morocco’s pharmaceutical sector and boost value-added production took a key step forward in late March.

The government announced that it had signed a raft of agreements with local pharmaceutical associations, paving the way for the rollout of the country’s first pharma-clusters, or “ecosystems”. While the location of the clusters has yet to be formally announced, local media reported that Greater Casablanca and Kenitra could be targeted for the developments.

Under the agreements, Morocco plans to expand the manufacturing of both drugs and medical devices – part of a broader bid to galvanise industrial development in the kingdom via the Industrial Acceleration Plan, which aims to bring industry’s contribution to GDP from 14% to 23% by 2020 and create 500,000 new jobs.

Investment support

The government has earmarked a combined Dh444m (€40.6m) in funding for the clusters, with specific segments – including medical devices, anti-cancer drugs and biosimilars, which are the generic versions of biotech drugs – targeted to receive the bulk of the incentives.

The two ecosystems will be developed on seven hectares of land, with one cluster specialising in the production of medical devices and the other focused on drug manufacturing, including research and development activities.                                                 

To catalyse the development of new medications and products, the government has announced plans to accelerate the drug registration process and reduce the time taken to get marketing authorisation.

Additional financial support will also be offered to laboratories that source 60% of more of their inputs from local firms, helping to foster greater in-country value.

External interest

A sizeable domestic market, with national production already covering 65% of local demand, along with easy access to European and African markets has helped Morocco garner significant interest among key industry players. Morocco’s pharmaceutical sector remains dominated by subsidiaries of multinational companies, with the largest four controlling some 44% of the market.

“Morocco is an attractive country for international pharmaceutical groups to establish productive units, especially small, specialised ones, given the country’s network of free trade agreements,” Khalid El Attaoui, country manager of Portuguese pharma company Tecnimede Groupe, told OBG.

Earlier this year, UK-based GSK said it had chosen the country as the site for its new North Africa regional hub. Meanwhile, Russian biotech firm Biocad said it planned to team up with Morocco’s Sothema Labs to locally produce anti-cancer drugs, having previously collaborated on manufacturing biosimilars and medications to treat hepatitis C.

Ralf Halbach, former director-general in North-west Africa of Swiss biotech firm Roche, said Morocco was well placed to leverage growing demand for specialised products that traditionally results from higher levels of GDP and per capita health care spending.

“Given growing competition from Indian companies in the generic drugs segment, commercialising specialised products with high value-added is likely to be the preferred growth strategy for multinationals operating in the Moroccan market,” he told OBG.

Trading up

The government aims to boost pharma sector revenue by Dh11bn (€1bn) and create up to 5000 new jobs by 2020. This should see value added climb by Dh4.2bn (€394.4m) and generate a Dh7.8bn (€713.9m) trade surplus in the sector.

A lack of value-added production had led to a sector trade deficit of Dh6.4bn (€584m) in 2014, with medical devices responsible for Dh1.7bn (€155.6m), or roughly one-quarter, of the total.

With one of the clusters focused on medical devices, Morocco will be looking to reduce the import of these products and move up the production value chain. At present, local manufacturing remains largely restricted to low value-added equipment, such as catheters, wires and bandages.  

The strategy sees Morocco follow in the footsteps of some of the world’s largest economies, including the US, Russia, India and a handful of countries in Europe, where pharma-clusters are already helping to facilitate research and development and increase local production.

Moulay Hafid Elalamy, minister of industry, was upbeat about Morocco’s prospects for developing the industry, pointing to the country’s advantages, which he said included an ability to manufacture to international standards, competitive production costs and proximity to major consumer markets.

With just 8% of national production currently exported, largely to Europe and countries across Africa, the Ministry of Industry is looking to increase overseas sales, initially to Senegal and Côte d’Ivoire, by providing financial support for companies in the pharma-clusters that target these markets.

Value-added solution

The new pharma-clusters come after the government moved in late 2013 to fix prices on a variety of pharmaceutical goods. Using equivalent prices in seven benchmark countries, including Spain, Turkey and Saudi Arabia, the Moroccan government lowered the cost of trademarked and generics drugs by as much as 30%, according to local media reports.

The policy was aimed at improving access to drugs for Moroccan consumers, less than 65% of whom have medical coverage and are constrained by limited purchasing power.                                                             

“Reducing the cost of pharmaceutical products made them more widely available and accessible, thereby benefitting society,” Driss Chaoui, director-general of Afric-Phar, a local pharma lab, told OBG. “However, the reductions transferred margins from the Moroccan pharmaceutical industry to the distribution sector, restructuring the whole industry in a way that does not necessarily benefit Moroccan patients."

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