Le Maroc adopte une nouvelle charte de l’investissement

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Suite à l’introduction le mois dernier d’une nouvelle charte de l’investissement, l’Etat marocain a signé des contrats d’investissements pour un total de 7,5 milliards de dirhams (691,6 millions d’euros).

En tout, trente contrats ont été signés le lendemain de l’annonce de la nouvelle charte, et ce avec des entreprises britanniques, canadiennes, brésiliennes, chinoises, indiennes et russes. Selon des communiqués officiels, ces contrats devraient entraîner la création de 39 000 emplois.

Mesures d’incitation à l’investissement

La nouvelle charte, qui s’inscrit dans le cadre de la loi 60-16 et remplace la précédente charte de l’investissement adoptée en 1995, prévoit une restructuration des activités de promotion de l’investissement sous la houlette d’une agence centralisée et le développement de zones franches dans chacune des 12 régions du pays.

Les entreprises qui ne sont pas implantées dans les zones franches mais qui remplissent les conditions requises pourront également bénéficier d’avantages fiscaux, notamment des mêmes avantages pour les industries exportatrices et d’une exonération de cinq ans de l’impôt sur les sociétés pour les nouvelles entreprises industrielles.

De plus, la nouvelle charte reconnait également le statut d’exportateur indirect, ce qui devrait contribuer à soutenir l’importante industrie automobile marocaine – et en particulier ses sous-traitants, qui profiteront de ce nouveau statut.

Retombées positives attendues pour l’industrie automobile

Selon le Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique, Moulay Hafid Elalamy, le taux d’intégration de l’industrie automobile devrait atteindre 65% au cours des années à venir, soit des perspectives de croissance considérables pour l’industrie locale.

En effet, sur les 30 contrats d’investissement signés au mois de juillet, 21 concernent des entreprises du secteur automobile, tel que le fabricant britannique de pièces automobiles Delphi, qui a signé un accord-cadre portant sur le lancement de sept nouveaux sites de production avant 2021.

L’accord prévoit notamment la construction d’une usine de fabrication de systèmes de distribution électrique dans le parc industriel Agropolis à Meknès, pour un investissement de 400 millions de dirhams (36,7 millions d’euros) ainsi que la création d’un centre de recherche et développement. Selon la presse marocaine, ces nouveaux investissements devraient permettre de créer 13 000 emplois au total.

Un accord portant sur un investissement de 2,69 milliards de dirhams (246,9 millions d’euros) a également été signé avec le fournisseur canadien Linamar, qui compte ouvrir la première usine de fabrication de composants moteurs du Maroc, avec 1000 emplois à la clé.

L’usine fournira les grands constructeurs automobiles internationaux implantés au Maroc tels que Ford, Volkswagen et Peugeot Citroën. D’une capacité de production de 200 000 véhicules par an, la nouvelle usine sera implantée à Kenitra et devrait entrer en production en 2019.

L’industrie automobile occupe une place de choix dans le Plan d’Accélération Industrielle (PAI) 2014-20, qui vise à améliorer la balance commerciale du Maroc, à faire passer la participation du secteur industriel au PIB de 14% à 23% et à créer 500 000 nouveaux emplois par le biais du développement d’«écosystèmes », ou filières de production industrielle, avec pour objectif de stimuler la croissance et de renforcer la concurrence. Un nouvel écosystème « moteurs et transmission » a vu le jour cette année, faisant suite à la création d’une série d’autres écosystèmes automobiles, spécialisés notamment dans le câblage, l’intérieur et les sièges, le métal et l’emboutissage, et les batteries.

En plus des accords relatifs au secteur automobile, neuf projets ont été signés dans le secteur textile, pour un montant de 600 millions de dirhams (55,3 millions d’euros), et quatre sites industriels sont à l’étude dans le secteur de l’aéronautique, nécessitant un investissement total de 260 millions de dirhams (24 millions d’euros).

Regroupement des activités d’investissement

La nouvelle charte procède à un regroupement des diverses agences de promotion du commerce et de l’investissement – notamment Maroc Export, l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et l’Office des Foires et Expositions de Casablanca – avec la création de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE).

Placé sous l’égide du Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique, l’AMDIE a pour mission de renforcer la coordination des activités ainsi que de rationaliser les ressources financières et humaines mises en œuvre à des fins de promotion des investissements.

Une Direction Générale du Commerce, une Direction Générale de l’Industrie et une agence dédiée au développement de l’économie numérique et du e-gouvernement ont également été créées dans le cadre de la nouvelle charte.

Climat de l’investissement dans la région

Si de nombreux pays dans la région ont enregistré une chute des investissements étrangers au cours des cinq dernières années, le Maroc affiche des investissements directs étrangers  en augmentation de 11% entre 2010 et 2015, ces derniers atteignant 39 milliards de dirhams (3,6 milliards d’euros).

Une hausse qui concerne pour l’essentiel le secteur industriel, les investisseurs ayant accueilli avec intérêt des initiatives telles que le PAI et les autres programmes incitatifs mis en place par l’Etat.

Justifiant les dernières notes souveraines attribuées au Maroc, les agences de notation Standard and Poor’s (S&P) et Fitch ont mis l’accent mis sur le développement de l’industrie comme jouant un rôle central dans l’attribution de perspectives stables au pays.

« Selon nos prévisions, l’activité économique restera vulnérable à la volatilité dans le secteur agricole et aux fluctuations de la demande extérieure européenne, notamment dans le secteur du tourisme, » a écrit S&P au mois d’avril. « Néanmoins, les investissements à destination des secteurs industriels récemment développés, tel que le secteur automobile, devraient améliorer la diversification de l’économie et contribuer à la croissance du PIB et à une hausse des exportations sur le moyen terme. »

 

 

Morocco launches new investment charter

En Français

Following the introduction of a new investment charter last month, the Moroccan government has signed Dh7.5bn (€691.6m) worth of international investment agreements.

A combined 30 contracts with companies from the UK, Canada, Brazil, China, India and Russia were inked the day after the new charter was announced. According to government statements, the agreements are expected to create around 39,000 jobs.

Investment incentives

Under the new charter, which is part of law 60-16 and replaces the previous investment charter implemented in 1995, investment promotion activities will be restructured under a centralised agency and free zones will be developed in each of the country’s 12 regions.

Incentives will also be extended to qualifying companies not located inside the free zones, including comparable benefits for export-oriented industries and a five-year corporate tax exemption for new industrial companies.

Importantly, the new charter also recognises indirect exporter status, which should help support Morocco’s large automotive industry – and in particular its subcontractors, who will benefit from this new status.

Auto industry to see gains

According to Moulay Hafid Elalamy, minister of industry, trade, investment and digital economy, the auto industry’s local integration rate is projected to reach 65% over the coming years, suggesting significant growth prospects for local industry.

Indeed, 21 of the 30 investment agreements inked in July were with companies from the automotive industry, such as UK automotive parts manufacturer Delphi, which signed a framework agreement for seven new facilities, set to be rolled out through to 2021.

The deal includes a new Dh400m (€36.7m) plant at the Agropolis industrial park in Meknès, which will manufacture electrical distribution systems, and a research and development centre. The new investments are expected to create a combined 13,000 jobs, according to local media reports.

A Dh2.69bn (€246.9m) agreement was also signed with Canadian supplier Linamar, which plans to open Morocco’s first engine component production facility, creating around 1000 jobs.

The plant will supply leading international automakers, including Ford, Volkswagen and Peugeot Citroën, whose new factory in Kenitra is expected to come on-line in 2019, producing around 200,000 vehicles per year.

The auto industry features prominently in the country’s Industrial Acceleration Plan (Plan d’Accélération Industrielle, PAI) 2014-20, which aims to improve Morocco’s trade balance, increase the industrial sector’s contribution from 14% to 23% of GDP and create 500,000 new jobs through the development of “ecosystems”, or productive industrial clusters, aimed at stimulating growth and enhancing competition. A new engine and transmission cluster was established earlier this year, following the creation of a handful of other auto clusters, including ones focused on cabling, interior and seats, metal and stamping, and batteries.

In addition to agreements in the automotive industry, nine projects worth Dh600m (€55.3m) were signed with the textiles industry, and four industrial units worth a total of Dh260m (€24m) are in the pipeline for aeronautics.

Consolidating investment activities

As part of the new charter, the country’s various trade and investment promotion agencies – including Maroc Export, the Moroccan Investment Development Agency and the Office of Fairs and Exhibitions in Casablanca – were consolidated under the newly created Moroccan Agency for Investment Development and Export (Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations, AMDIE).

AMDIE falls under the purview of the Ministry of Industry, Trade, Investment and Digital Economy and is charged with strengthening the coordination of operations, as well as streamlining the financial and human resources dedicated to investment promotion.

A General Directorate for Trade, a General Directorate for Industry and an agency dedicated to development of the digital economy and e-government were also created under the new charter.

Regional investment climate

While many of the kingdom’s regional counterparts have seen a decline in foreign investment over the last five years, foreign direct investment in Morocco rose by 11% between 2010 and 2015 to reach Dh39bn (€3.6bn).

Much of the increase has been focused on industry, with investors attracted by initiatives like the PAI and other government-led incentives programmes.  

In their most recent sovereign notes, ratings agencies Standard and Poor’s (S&P) and Fitch cited Morocco’s focus on industrial development as key to the country’s stable outlook.

“We expect economic activity to remain vulnerable to volatility in the agricultural sector and external demand fluctuations from Europe, notably in tourism,” S&P wrote in April. “Nevertheless, investments in newly developed industries such as the automotive sector should improve economic diversification, and help GDP growth and exports over the medium term.”

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