Le Gabon prêt à se positionner sur le marché de la 3G

GabonICT

Economic News

29 May 2014
Text size +-
Recommend

In English

Le secteur hautement concurrentiel de la téléphonie au Gabon s’apprête enfin à entrer dans l’ère de la 3G avec un tout premier lancement annoncé fin avril. Airtel Gabon, le plus grand opérateur mobile du pays en parts de marché, sera le premier à offrir des services en 3G, et devrait être suivi par Gabon Telecom d’ici à la fin 2014.

Si le chiffre d’affaires de la téléphonie mobile a connu une croissance stable au cours des dernières années, en dépit d’une faible connexion à la fibre optique et d’une dépendance à la 2G, le marché se caractérise par une concurrence féroce entre les opérateurs et approche le point de saturation. Le lancement de la 3G s’annonce donc comme un tournant dans l’essor des technologies mobiles, en générant de nouvelles recettes pour le secteur et en favorisant un accès à Internet à bas coût.

Néanmoins, l’état actuel du réseau de fibre optique sera probablement un frein à la croissance de la 3G à court terme. Il convient tout de même de relever que les initiatives d’amélioration des infrastructures de technologies de la communication et de l’information (TIC) devraient favoriser sa pénétration, notamment dans les zones rurales.  

Licences 3G

C’est donc une nouvelle ère qui s’est ouverte pour le secteur gabonais des télécommunications avec l’octroi des premières licences 3G/4G. Airtel Gabon, filiale de l’indien Bharty Airtel, a obtenu sa première licence d’exploitation le 20 mars au coût standard de 5.5 milliards de francs CFA (8.4 millions d’euros) et a lancé ses services en 3G le 18 avril. La 3G est actuellement disponible à Libreville dans le nord du pays, avec une couverture allant du centre de la ville jusqu’à la banlieue nord d’Angondjé. Selon Antoine Pamboro, directeur général d’Airtel, les services seront étendus au sud de Libreville et à la ville portuaire d’Owendo d’ici au prochain trimestre, puis à Port Gentil et aux autres capitales des différentes provinces d’ici à la fin 2014.

Gabon Telecom (connu sous son nom de marque Libertis), qui est l’opérateur télécom historique du pays et se classe actuellement en 2ème position en parts de marché, s’est vu octroyé sa première licence d’exploitation le 24 avril. D’après la direction de l’entreprise, le lancement de la 3G chez Gabon Telecom est prévue pour le courant de l’année, une fois achevées les mises à jour nécessaires du réseau d’infrastructures. Le tout dernier arrivé sur le marché et filiale du libanais Bintel, Usan Gabon (connu sous le nom d’Azur), cherche également à obtenir une licence 3G/ 4G. Les opérateurs ont tous investi lourdement dans les infrastructures au cours des deux dernières années, par anticipation du lancement de la 3G et de la forte hausse de la demande qui en découlerait.

A l’instar de la plupart des pays africains, après des années de forte croissance sur le marché de la téléphonie, les mobiles sont partout. Et avec quatre opérateurs dans le pays, la concurrence fait rage, d’où une pression sur les revenus. En conséquence, les entreprises se tournent de plus en plus vers des services à plus forte valeur ajoutée, et ont encouragé à l’utilisation des contenus mobiles. Pour preuve, Airtel et Gabon Telecom ont tous deux lancé des programmes en partenariat avec des banques locales permettant aux utilisateurs de transférer de l’argent, régler des achats et recevoir leurs salaires via leurs portables. De plus, un nombre grandissant de banques et autres fournisseurs de services s’orientent désormais sur les plateformes mobiles. L’Etat développe également des applications sur mobiles et Internet appliquées à la santé, l’enseignement, et l’administration afin d’élargir l’accès aux services fondamentaux.  

Développement de l’accès au câble

Cependant, le développement du web sur mobile et fixe continuera d’être limité à court terme par la faiblesse de la connexion au haut débit. Le Gabon est raccordé à la fibre optique via un seul câble depuis 2002, le SAT3/WASC, qui offre une capacité nationale de 1.2 Go par seconde. Jusqu’en 2012, Gabon Telecom avait le monopole du SAT3, d’où le maintien de prix prohibitifs pour l’accès au câble et aux services Internet. A partir de l’ouverture de l’accès à tous les opérateurs en revanche, les prix ont chuté et l’Internet s’est rapidement démocratisé.

Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, le nombre d’abonnés à Internet a grimpé de 75 % en un an pour atteindre 497 400 à la fin 2012, sachant que les utilisateurs de téléphones portables représentaient 92 % de l’ensemble des abonnés à Internet en 2012, avec la technologie 2G/EDGE.

En décembre 2012, le Gabon a été relié au câble sous-marin de fibre optique ACE (Africa Coast to Europe). Ainsi, le pays devrait disposer de toute la bande passante nécessaire pour une utilisation de grande ampleur de la 3G et du haut débit. A Libreville et à Port-Gentil, tout le raccordement a été mis en place, et l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) a annoncé la construction d’un réseau national de fibre optique co-financé par la Banque mondiale. L’ANINF a d’ores et déjà établi une première sélection des entreprises ayant répondu à l’appel d’offres pour la conduite d’études et la construction du réseau. Le projet consisterait en l’extension du câble sous-terrain depuis Libreville jusqu’à la capitale provinciale de Franceville, puis vers un point de raccordement à la frontière avec le Congo.  

Infrastructure numérique

L’expansion et la commercialisation de la nouvelle infrastructure de fibre optique du pays prennent du temps, mais grâce à l’émission de plusieurs appels d’offres internationaux en 2013-14, des progrès sont attendus d’ici à la fin de l’année. La nouvelle agence mise sur pied pour la gestion de l’infrastructure des TIC au nom de l’Etat, la Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques, a lancé un appel d’offres international au premier trimestre. L’entreprise privée ainsi sélectionnée sera chargée de l’exploitation, de la maintenance et de la commercialisation du réseau de fibre optique. Dans l’idéal, un accès généralisé aux capacités offertes par l’ACE devrait donc être rendu possible cette année.

En avril, un autre appel d’offres international a été lancé pour achever le raccordement transfrontalier et prolonger le réseau de fibre optique à la République du Congo, les travaux devant débuter en juin. Grâce à l’important soutien tant financier que technique concédé par la Banque mondiale, le Gabon devrait investir près de 110 millions de dollars pour l’établissement de ce réseau régional.

Ce raccordement à la fibre optique par ACE est nécessaire pour favoriser le développement du haut débit à faible coût et ainsi l’expansion de l’accès à Internet sur mobile et fixe pour une plus large part de la population. Après deux ans de retards, les récentes mesures de développement du réseau de fibre optique et de commercialisation du haut débit à Libreville et Port Gentil devraient permettre au Gabon de progresser sur la voie de l’économie numérique.


 

Gabon prepares to move into the 3G market

En Français

 In a long-awaited boost for the country’s competitive mobile telephone sector, Gabon’s first commercial 3G service became available in late April. Airtel Gabon, the largest mobile operator by market share, was the first to launch 3G services, and Gabon Telecom announced that it plans to follow suit before year-end 2014.

Turnover in the mobile telephony sector has grown steadily in recent years despite limited fibre-optic connectivity and the sector’s reliance on 2G technology, but the market is marked by intense competition among operators and is reaching saturation. The launch of 3G services will be a critical step to expanding mobile activity, boosting sector revenue and expanding affordable internet access.

In the near-term, however, the current state of the fibre-optic network is likely to be an obstacle to 3G growth, although efforts to improve information and communications technology (ICT) infrastructure should help to facilitate penetration, particularly in rural areas.  

3G licensing

The award of the first 3G/4G licences marked the start of a new era in Gabon’s telecoms sector. Airtel Gabon, a subsidiary of India’s Bharti Airtel, obtained its operating licence on March 20 at the standard cost of CFA5.5bn (€8.4m) and launched commercial 3G service on April 18. Service is currently available in northern Libreville, covering an area from the town centre to the northern suburb of Angondjé. According to Airtel managing director Antoine Pamboro, service will be extended to southern Libreville and the port town of Owendo in the next quarter and to Port-Gentil and other provincial capitals by the end of 2014.

Gabon Telecom (known by the brand name of Libertis), the legacy telecoms operator and currently second-largest by market share, was awarded its official operating licence on April 24. According to company executives, 3G service will be rolled out later this year, once necessary upgrades to its infrastructure network are completed. The most recent market entrant, Usan Gabon (known by the brand name Azur), a subsidiary of Lebanon’s Bintel, is also pursuing a 3G/4G licence. Operators have all invested heavily in infrastructure in the past two years, anticipating the launch of 3G service and a strong uptick in demand.

As with most African markets, mobile phones are ubiquitous after years of rapid market growth, and with four operators in the segment, competition is tight, which has put pressure on revenues. As a result, firms are increasingly looking to increase value-added services and encourage users to make use of mobile content. Both Airtel and Gabon Telecom have launched mobile money programmes in partnership with local banks that allow customers to transfer money, pay for goods and receive salary payments by mobile phone, and an increasing number of banks and other service providers are moving onto mobile platforms. The government is developing mobile and online applications in health, education and administration in an effort to ensure broader access to basic services.  

Expanding cable access

However, the spread of both mobile and fixed internet will continue to be restrained in the near-term by limited broadband connectivity. Gabon has been served by a single fibre-optic cable since 2002, the SAT3/WASC, which offers a national capacity of 1.2 Gbit per second. Until 2012, Gabon Telecom had a monopoly over the SAT3, which kept prices for cable access and internet service prohibitively high. Prices dropped sharply when access was opened to all operators, and internet usage expanded quickly.

According to the telecoms regulator, the Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes, the number of internet subscribers increased by 75% year-on-year to reach nearly 497,400 by year-end 2012; mobile phone users accounted for 92% of all internet subscribers in 2012, based on 2G/EDGE technology.

Gabon’s connection to its second fibre-optic submarine cable, the Africa Coast to Europe (ACE), was completed in December 2012 and will help provide the bandwidth necessary to support wide usage of 3G and broadband internet. Landings have been completed in Libreville and Port-Gentil, and the National Agency for Digital Infrastructure and Frequencies (Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences, ANINF) has outlined a plan to build a national fibre-optic backbone with significant support from the World Bank. ANINF has drawn up a short list of firms bidding to conduct studies and build the network, which plans to extend the cable underground from Libreville to the provincial capital of Franceville, and then onward to a connection point on the Congolese border.  

Digital infrastructure

The process of expanding and commercialising the country’s new fibre-optic infrastructure is slow, but several international tenders issued in 2013-14 promise to make progress before year-end. The new agency created to manage existing ICT infrastructure on behalf of the state, the Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques, launched an international tender in the first quarter to select a private firm to operate, maintain and commercialise the fibre-optic network. Ideally, this will allow broad access to the ACE capacity this year.

An international tender was also launched in April to select a firm to complete the cross-border connection and expand the fibre-optic network into the Republic of the Congo, with work slated to begin in June. With significant financial and technical support from the World Bank, Gabon is expected to invest nearly $110m in this regional backbone.

The ACE fibre-optic connection is necessary in order to facilitate the high-speed, low-cost connectivity that will expand mobile and fixed internet access to a much larger segment of the population. After two years of delays, recent progress on efforts to build out the fibre-optic backbone and commercialise existing broadband connections in Libreville and Port-Gentil should begin to advance Gabon’s digital economy.

 

Follow Oxford Business Group on Facebook, Google+ and Twitter for all the latest Economic News Updates. Or register to receive updates via email.

Read Next:

In Gabon

Ali Bongo Ondimba, President of Gabon, on economic reform and...

What do you see as Gabon’s biggest achievements over the past seven years?

BONGO ONDIMBA:...

In ICT

Peter Ong, Chairman, Enterprise Singapore

What advantages does Singapore offer tech companies seeking a springboard into ASEAN?  

Latest

Myanmar: Year in Review 2019

Despite seeing solid growth, 2019 posed some challenges for Myanmar, as the country continued with plans to liberalise its economy.