Le Gabon planche sur des améliorations stratégiques de son réseau routier

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In English

Les autorités gabonaises s’apprêtent à lancer deux importants projets d’autoroute qui permettront d’améliorer les connexions régionales et de relier pour la première fois par la route les deux principales villes du pays, Libreville et Port-Gentil. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus vaste qui vise à améliorer les liaisons à l’intérieur du pays, avec notamment une hausse du nombre de routes bitumées – d’une nécessité cruciale dans un pays tropical où la pluie peut rendre les routes non revêtues difficilement praticables.

Croissance stratégique

En juillet, Mouly Lahcen Ennahdi, le représentant gabonais de la Banque Africaine de Développement (BAD), a annoncé que les travaux d’une autoroute de 250 km qui reliera Ndendé, dans le sud-ouest du Gabon, à la ville de Dolisie au Congo, démarreraient en 2014.

Le projet sera divisé en deux tronçons, Ndendé-Doussala (48 km) et Doussala-Dolisie (200 km). En septembre, des responsables de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) ont rencontré des représentants du Gabon, de la République du Congo (Congo-Brazzaville) et de la BAD afin d’élaborer un calendrier pour la construction de l’autoroute. D’après des commentaires recueillis lors de la conférence de presse, le financement de la BAD devrait atteindre 57 milliards de francs CFA (86,9 millions d’euros), ce qui représente près de la moitié du coût total estimé du projet.

Cette route constitue l’un des derniers tronçons d’un vaste projet qui devrait aboutir à la première autoroute bitumée continue reliant le Cameroun, le Gabon et le Congo-Brazzaville, un projet qu’encouragent depuis une dizaine d’années des partenaires internationaux tels que la BAD et les dirigeants de la CEEAC.

C’est dans le cadre de cette initiative que de nombreux autres tronçons routiers au Gabon, le long de la Route Nationale 1, qui traverse le pays plus ou moins du nord au sud et constitue la majorité des axes routiers régionaux à l’intérieur du pays, ont été rénovés et bitumés au cours des dernières années. Un tronçon de 112 km reliant Fougamou à Moulia, financé en grande partie par la BAD, a été livré en 2012 et affiche des premiers résultats positifs. Un tronçon de 76 km dans le sud, entre Moulia et Ndendé, a été financé par le gouvernement gabonais et les travaux progressent, malgré les retards enregistrés par le projet.

Connectivité du territoire national

Devraient également commencer l’an prochain les travaux d’une voie terrestre essentielle – la première autoroute bitumée reliant Port-Gentil, le centre de l’industrie pétrolière et gazière, au réseau routier national. Ce projet, attendu de longue date, devrait permettre de désenclaver une région cruciale pour l’économie, qui à l’heure actuelle n’est desservie que par avion ou par bateau, en général à partir de Libreville. Établir un accès routier fiable vers Port-Gentil revêt une importance capitale, permettant à la fois d’améliorer le niveau de vie de la population locale et de faciliter les nombreux projets de développement économique et industriel prévus pour la région. La ville devrait accueillir un grand nombre de projets immobiliers au cours des deux à cinq prochaines années, parmi lesquels on peut citer plus de 800 nouveaux logements, une école de commerce ainsi que les premiers chantiers de la future Zone Économique Spéciale de l’Ile Mandji, un parc industriel qui devrait être destiné en priorité au raffinage du pétrole, à l’industrie pétrochimique et à d’autres industries de transformation.

La Chine, qui joue depuis quelques années un rôle accru dans les projets routiers et infrastructurels au Gabon, a proposé au gouvernement gabonais un prêt préférentiel de 64,8 milliards de francs CFA (98,8 millions d’euros) pour financer le projet. Selon les informations relayées par les médias, les fonds serviront principalement à financer la construction d’une route de 93 km entre Port-Gentil et la ville d’Omboué, située dans la province de l’Ogooué-Maritime, ainsi que la construction d’un pont sur l’Ogooué à Booué, à l’intérieur des terres. Des études de faisabilité ont été menées à bien et la route devrait être terminée en 2017. La construction du tronçon routier Port-Gentil-Omboué sera confiée au groupe chinois China Road and Bridge Corporation.

Perspectives d’avenir

Outre ces deux mégaprojets, le gouvernement a déclaré que continuer le revêtement de son réseau routier, long de 9170 km, constituait une priorité. L’objectif a été fixé à 3600 km de routes bitumées d’ici 2016, sachant qu’aujourd’hui seuls 1055 km le sont.
Si l’État a réussi à bitumer 768 km de route depuis 2010, le projet a accusé quelque retard. De plus, certaines routes bitumées au cours des deux dernières décennies montrent déjà des signes de détérioration. En juin 2013, le gouvernement estimait que moins de 20% des routes bitumées étaient en bon état. Plusieurs facteurs en sont la cause, notamment des méthodes de construction non conformes aux normes internationales, l’insuffisance des infrastructures d’évacuation des eaux ainsi que la détérioration entrainée par les poids lourds, souvent surchargés, qui utilisent régulièrement ces routes.

Le gouvernement a réaffirmé son engagement en ce qui concerne le respect de normes de construction plus poussées et le renforcement de la réglementation en matière de transport de poids lourds, mais cette transition prendra sans doute quelque temps. Toutefois, dans l’ensemble, les choses évoluent dans le bon sens : après l’avoir négligé pendant plusieurs décennies, le Gabon a accéléré ses efforts pour améliorer le réseau routier national afin de mettre en place un moyen de transport efficace et rentable et d’encourager l’activité économique.

 

Gabon plans strategic improvements to its road network

En Français

Authorities in Gabon are preparing to launch two key highway projects that will improve regional connections as well as establish the first land-based link between the two largest cities of Libreville and Port-Gentil. The initiatives are part of a broader push to improve links across the country, including an increase in the number of paved roads – crucial for a tropical country where rain can make unpaved roads difficult to navigate.

Strategic growth

In July, the Gabonese representative of the African Development Bank (AfDB), Moulay Lahcen Ennahli, announced that work would begin in 2014 on a highway of nearly 250-km between Ndendé, in South-west Gabon, across the Congolese border to the town of Dolisie.

The project will be split into two segments, Ndendé-Doussala (48 km) and Doussala-Dolisie (200 km). In September, authorities from the Economic Community of Central African States, (Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale, CEEAC) met with representatives from Gabon, the Republic of the Congo (Congo-Brazzaville) and the AfDB to plan the timeline for the highway’s construction. According to comments made at the press conference, AfDB financing is expected to reach CFA57bn (€86.9m), which will account for up to half of the project’s estimated total cost.

The roadway is one of the last remaining segments in a broader project to complete the first continuous, paved highway linking Cameroon, Gabon and Congo-Brazzaville, a project that has been promoted over the past decade by international partners such as the AfDB and the leadership of the CEEAC.

As part of this initiative, several other road segments along Gabon’s Route Nationale 1, which cuts roughly a north-south path through the country and forms the bulk of the regional artery within Gabon, have been refurbished and paved in recent years. A 112-km segment connecting Fougamou and Mouila, largely financed by the AfDB, was completed in 2012 and has shown positive initial results. A segment to the south, a 76-km stretch from Moulia-Ndendé, was financed by the Gabonese government and is moving along, although the project has experienced some delays.

Domestic connectivity

Work is also expected to begin next year on a critical domestic land route – the first paved highway link between Port-Gentil, the centre of the oil and gas industry, and the national road network. The long-awaited project stands to open up a key economic region, which today is served only by air or by boat, typically from Libreville. Establishing reliable road access to Port-Gentil will be essential both to boost the standard of living for the local population and to facilitate the numerous economic and industrial development initiatives planned for the area. The city is slated to see a large number of building projects during the next two to five years, including more than 800 new housing units, a business school and initial work on the future Ile Mandji Special Economic Zone, an industrial park expected to focus on petroleum refining, petrochemicals and other processing industries.

China, which has taken on an increasingly important role in road and other infrastructure projects in Gabon in recent years, offered the Gabonese government a CFA64.8bn (€98.8m) preferential loan to finance the project. According to media reports, the funds will primarily be used to finance the building of a 93-km road from Port-Gentil to the city of Omboué in the Ogooué-Maritime province, as well as the construction of a bridge over the Ogooué river at Boué, in the interior. Feasibility studies have been conducted, and the road is slated for completion in 2017. The construction of the Port-Gentil-Omboué road segment will be carried out by the China Road and Bridge Corporation.

Looking Ahead

Besides these two mega-projects, the government has said that paving more of its 9170-km road network is a priority. The goal is 3600 km of paved road by 2016, up from 1055 km today.

While the state has made some progress, having paved 768 km since 2010, the project has experienced a number of delays. Moreover, some roads paved in the past two decades are already showing signs of deterioration. The government estimated in June 2013 that fewer than 20% of paved roads are in good condition. This is due to several factors, including construction practices not in conformity with international standards, insufficient infrastructure for water drainage, and deterioration caused by heavy, often overloaded, trucks that regularly use these roads.

The government has confirmed its commitment to upholding higher building standards and enforcing regulations for truck transport, but this transition is likely to take time. On the whole, however, the trend is positive: after decades of neglect, Gabon has accelerated efforts to improve the national road network in order to provide a cost-effective, efficient means of transport as well as to encourage economic activity.

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