Le Gabon mise sur son agro-industrie pour doper la croissance à valeur ajoutée

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In English

Le lancement d’une nouvelle minoterie et la création d’une nouvelle plantation de palmiers à huile sont parmi les développements les plus récents enregistrés par le secteur agro-industriel gabonais.

Dans un contexte où le prix du pétrole bas entrave la principale source des recettes d’exportation du pays et ralentit la croissance globale, le gouvernement s’est efforcé d’accélérer la diversification économique dans le cadre du Plan Stratégique Gabon Émergent, qui particulièrement mis l’accent sur l’agriculture industrielle.

Les deux projets, qui nécessiteront un investissement total de 307 milliards de francs CFA (468 millions d’euros), devraient contribuer à améliorer encore davantage la sécurité alimentaire tout en dopant les exportations.

Transformation de la farine

Administrée par le Groupe Foberd, une filiale des du groupe camerounais Fokou, la nouvelle minoterie, d’un coût de 7 milliards de francs CFA (10,7 millions d’euros) – qui se spécialise dans la farine de blé, la semoule et les aliments pour bétail – dispose d’une capacité de production de 300 tonnes par jour.

Selon la presse locale, Foberd partira tout d’abord à la conquête du marché intérieur mais le groupe envisage également de vendre ses produits à l’exportation sur les marchés régionaux des blocs économiques de la CEMAC et de la CEDEAO.

Avec cette minoterie, située dans la zone industrielle d’Owendo, le Gabon se dote de sa deuxième usine de production de farine de blé. Avant le mois d’avril, la Société Meunière et Avicole du Gabon (SMAG) était l’unique producteur du pays.

À l’heure actuelle, la SMAG importe 90 000 tonnes de blé par an et en tire environ 72 000 tonnes de farine – 400 tonnes par jour – moulues dans l’usine de l’entreprise à Libreville, satisfaisant ainsi la majorité de la demande gabonaise de farine qui se situe autour de 75 000 tonnes par an.

Production d’huile de palme

En plus de l’usine de Foberd, une nouvelle plantation de palmiers à huile – la plus vaste du continent – a démarré ses activités au mois de juin.

Située à Mboukou, à sept heures de route au sud-ouest de Libreville, la plantation, qui a nécessité un investissement de 300 milliards de francs CFA (457 millions d’euros), est le résultat d’un partenariat public-privé entre les autorités gabonaises et le groupe singapourien Olam International.

D’une superficie de 100 000 hectares, dont 43 000 sont déjà plantés, le complexe devrait avoir une capacité de production de 250 000 tonnes d’huile de palme d’ici 2025, après une phase initiale où la production sera bien plus faible, devant cette année atteindre 9000 tonnes.

Si on y ajoute la production de l’autre grand nom du secteur au Gabon – SIAT Gabon, dont les plantations de palmiers à huile s’étendent sur 7300 hectares – la production du pays pourrait facilement atteindre 18 000 tonnes cette année, selon les estimations des acteurs du secteur.

Des négociations sont également en cours entre les autorités gouvernementales et les Indiens de 3F Oil Palm Agrotech au sujet de l’ouverture d’une autre plantation dans le pays.

S’exprimant dans les médias internationaux fin mars, le ministre en charge de l’agriculture Mathieu Mboumba Nziengui a déclaré  que «  cet accord devrait se traduire par la mise à disposition de 40 000 hectares de terre destinés à la production et au raffinage de l’huile de palme, la création de 4000 emplois directs et indirects – mais surtout- par un investissement de plus de 200 millions de dollars. »

Un secteur clé pour la diversification

Par ailleurs, l’État gabonais entend accroître la diversification de l’économie en améliorant l’agriculture paysanne par le biais du programme GRAINE (Gabonaise des Réalisations Agricoles et des Initiatives des Nationaux Engagés), un projet d’une durée de cinq ans lancé fin 2014 afin de promouvoir l’entreprenariat agricole.

GRAINE s’emploie à fournir une assistance technique et des formations aux petits exploitants afin d’accroître leur productivité, tout en améliorant l’accès aux équipements modernes et à des crédits abordables.

En encourageant les cultures à petite échelle et en faisant passer la contribution de l’agriculture au PIB de son niveau actuel de 5% à 20% d’ici 2020, GRAINE espère restreindre les importations alimentaires à 50% de la consommation nationale.

Le FMI a indiqué que les investissements d’envergure à destination du secteur agricole gabonais pourraient inverser la tendance au ralentissement de la croissance, celle-ci devant s’établir autour de 3,3% cette année, contre 4% en 2015.

 

 

Gabon’s agro-industry to boost value-added growth

En Français

The launches of a new grain processing facility and palm oil plantation mark the latest steps forward for Gabon’s agro-industrial sector.

With low oil prices constraining the country’s largest source of export revenues and slowing headline growth, the government has sought to accelerate economic diversification through the Emerging Gabon Strategic Plan, with a particular focus on industrial agriculture.

The two projects, which will require CFA307bn (€468m) worth of investment, should further help improve food security while boosting exports.

Flour processing

Operated by the Foberd Group, a subsidiary of Cameroon’s Fokou Group, the new CFA7bn (€10.7m) grain mill – which specialises in wheat flour, semolina and cattle feed – has a production capacity of 300 tonnes a day.

According to local press reports, Foberd will first target the domestic market for sales but is also eyeing exports to regional markets in the CEMAC and ECOWAS economic blocs.

The mill, located in the industrial area of Owendo, is the second in the country to produce wheat flour. Prior to April, the Société Meunière et Avicole du Gabon (SMAG) was the country’s sole producer.

SMAG currently imports 90,000 tonnes of wheat annually to be ground into nearly 72,000 tonnes of flour – at 400 tonnes per day – in the company’s Libreville factory, which meets much of the country’s demand for around 75,000 tonnes of flour per year.

Palm oil production

In addition to the Foberd facility, a new palm oil plantation – the largest on the continent – started production in June.

The CFA300bn (€457m) plantation, located in Mboukou, seven hours southwest of Libreville, is a result of a private-public partnership agreement with Gabonese authorities and Singapore-based Olam International. 

The complex spans 100,000 ha, with approximately 43,000 ha already planted, and is expected to have a production capacity of 250,000 tonnes of palm oil by 2025, although production will be far more modest initially, with expectations of an initial output of 9000 tonnes this year.

With output from Gabon’s other major player – SIAT Gabon, which has 7300 ha of oil palm plantations – the country’s production could easily reach 18,000 tonnes this year, according to figures from SIAT Gabon’s annual report.

Government authorities are also negotiating with India’s 3F Oil Palm Agrotech to open another plantation in the country.

“This accord would lead to the delivery of 40,000 ha of land for the production and refining of palm oil, creation of 4000 direct and indirect jobs – but most importantly – the investment of $200m,” Mathieu Mboumba Nziengui, minister of agriculture, told international media in late March.

Key for diversification

Meanwhile, the government is looking to further diversify by improving small-scale farming through the Gabonese Initiative for Achieving Agricultural Outcomes with Engaged Citizenry (GRAINE), a five-year initiative launched in late 2014 to foster agricultural entrepreneurship.

GRAINE focuses on providing technical assistance and training to improve smallholders’ productivity, while also increasing access to modern equipment and affordable credit.

By encouraging small-scale crop production and increasing agriculture’s contribution to GDP from its current level of 5% to 20% by 2020, GRAINE hopes to curb food imports to 50% of domestic consumption.

The IMF has pointed out that large-scale investments in Gabon’s agriculture sector may reverse a slowdown in growth, which is expected to be approximately 3.2% this year, down from 4% in 2015.

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