Le Gabon mise sur la transformation du bois pour diversifier son économie

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Les autorités gabonaises renforcent encore les exigences liées aux exportations de bois dans le but d’augmenter les recettes commerciales et de rehausser la valeur de l’industrie de la transformation du bois.

En juillet dernier, le Conseil des Ministres a marqué son accord au projet de décret soumis par le ministère de la Protection de l’environnement et des ressources naturelles, de la Forêt et de la Mer portant sur le séchage du bois destiné à l’exportation. Le séchage permet d’alléger le bois, le rend plus résistant et accroît sa valeur marchande.  

Grâce à ces nouvelles restrictions, le gouvernement espère accroître les recettes issues des exportations des grumes et des produits du bois, qui représentaient environ 20 % des exportations totales en 2015, soit une valeur estimée à 1,08 milliard de dollars (985,2 millions d’euros), selon les chiffres avancés par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.

De nouvelles mesures au profit de l’industrie du bois

Ces mesures s’inscrivent dans une initiative plus vaste lancée par le gouvernement qui cherche à plus que tripler la contribution du secteur forestier au produit intérieur brut (PIB) pour atteindre les 10 %, d’après la dernière ébauche du nouveau code forestier gabonais.

Le pays possède suffisamment de ressources pour atteindre cet objectif. En effet, le Gabon dispose d’une superficie forestière de 22 millions d’hectares, soit près de 85 % du territoire national. Ces forêts présentent un potentiel d'exploitation estimé à environ 12,5 millions d’hectares.  Le pays compte plus de 400 essences d'arbre, dont l’okoumé, un bois d’une excellente qualité utilisé dans la fabrication du contreplaqué et qui représente 25 % des ressources forestières du Gabon.

Conformément aux efforts déployés par le pays afin de remonter la chaîne des valeurs dans les marchés clés des matières premières, le gouvernement a interdit en 2010 les exportations de grumes, contraignant les compagnies forestières à augmenter leurs activités en aval, notamment leurs activités de deuxième transformation, qui transforment le bois brut en matériaux, comme le contreplaqué.

Si dans les mois qui ont suivi sa mise en application, l’interdiction des exportations de grumes a eu des incidences négatives sur les recettes, l’initiative semble porter ses fruits à plus long terme. En effet, selon les chiffres avancés par la Banque africaine de développement, suite à l’interdiction, 33 nouvelles usines de transformation du bois ont vu le jour entre 2012 et 2014. Parallèlement, le nombre de personnes employées dans les usines menant des activités de deuxième transformation a crû de 160 % entre 2009 et 2015 pour s’établir à 8 000.

Un autre décret a été voté en juillet dernier portant sur la création de la Bourse nationale du bois du Gabon (BNBG). D’après le Conseil des Ministres, la BNBG a pour mission de superviser l’industrialisation du secteur, de réguler l’activité du commerce et d’industrie de transformation et de contribuer au contrôle de l’exploitation illégale de la ressource. De plus amples détails sur le BNBG seront communiqués au cours des prochains mois.

Une stratégie de croissance à long terme

L’intérêt du Gabon pour les exportations de grumes à valeur ajoutée s’inscrit dans une stratégie de croissance à long terme, appelée le Plan stratégique Gabon émergent, qui vise à diversifier l’économie qui repose principalement sur l’exploitation du pétrole. En effet, l’or noir  représente depuis des années environ 80 % des recettes d’exportation.

L’an dernier, les exportations totales ont reculé de 2,8 % pour tomber à 3,89 mille milliards de francs CFA (5,84 milliards d’euros). Cette chute est en grande partie liée à la baisse des exportations pétrolières (-7,5 %). Ainsi, l’industrie forestière semble être un domaine porteur vers lequel le Gabon a raison de se tourner, le volume des exportations de grumes et de produits du bois ayant augmenté de 2,8 % au cours des 12 derniers mois.

L’an passé, le Gabon a produit 1,36 million de mètres cubes de bois, d’une valeur approximative de 35,19 milliards de francs CFA (52,8 millions d’euros). Un peu plus de 70 % de la production est destinée actuellement à l’exportation, dont les principaux clients se trouvent en Europe et en Asie.

En vue d’encourager la transformation des matériaux bruts sur place, le gouvernement et Olam International ont créé en 2011 la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok. La ZES, qui est située à 27 kilomètres de Libreville, s’étend sur 1 100 hectares.

Dans la ZES de Nkok, les entreprises, dont celles qui transforment le bois, bénéficient d’avantages fiscaux : une exonération de l’impôt sur le revenu au cours des 10 premières années de service puis un taux préférentiel de 10 % au cours des 5 années suivantes. La ZES est équipée d’infrastructures réservées aux sociétés qui y sont implantées et le gouvernement offre des services à guichet unique aux entrepreneurs de la zone (traitement des permis, des visas, etc.).

A l’heure actuelle, on compte sept entreprises de transformation du bois dans la ZES, dont Krishna, Shinago, Otim Veneer, Gabon Wood Industries et Wood Tech – un chiffre qui devrait tripler d’ici la fin de l’année, selon Gagan Gupta, directeur général de la filiale gabonaise du groupe Olam.

A ce jour, la ZES de Nkok a attiré plus de 192 millions d’investissements et emploie plus de 7 000 personnes, selon la presse.

 

 

Gabon targets wood processing in diversification drive

En Français

Government authorities are further tightening requirements for timber exports to increase trade revenues and further raise the value of the country’s wood-processing industry.

In July the Council of Ministers agreed to a decree submitted by the Ministry of Environmental Protection, Natural Resources, Forest and Sea mandating that wood be dried prior to exporting. Drying wood reduces the shipping weight of timber products, improves their sustainability and increases their market value.

The government is hoping the move will increase revenues from wood and wood product exports, which accounted for roughly 20% of total exports in 2015, with an estimated value of $1.08bn (€985.2m), according to figures from the UN Conference on Trade and Development

New policies for industrialisation

The move is part of a broader push by the government to more than triple the timber sector’s contribution to GDP to 10%, according to the current draft of Gabon’s new forestry code.

Certainly there is ample room to achieve that. Gabon has 22m ha of forest – covering nearly 85% of the country – of which approximately 12.5m ha has logging potential. The country has more than 400 species of trees, with okoumé, the highest quality timber for manufacturing plywood, accounting for 25% of total wood resources.

In line with the country’s efforts to move up the value chain in key commodity segments, the government banned raw timber exports in 2010, forcing logging companies to expand their downstream activities, particularly second-stage processing, which converts raw wood into materials, such as plywood and veneer.

While the raw timber ban had a negative impact on balance sheets in the months following its imposition, the moves by Gabon appear to be yielding longer-term fruit. According to figures from the African Development Bank, the ban resulted in the creation of 33 new wood-processing companies between 2012 and 2014. Labour for second-stage processing, meanwhile, saw a 160% increase in employees between 2009 and 2015 to 8000.

Another decree also passed in July provides for the formation of a National Timber Stock Exchange, charged with overseeing industrialisation in the sector, regulating timber trading and processing, and helping control illegal logging, according to the Council of Ministers, though further details on the exchange are forthcoming.

Long-term strategy for growth

Gabon’s focus on value-added timber exports is part of the country’s long-term growth strategy – the Emerging Gabon Strategic Plan – aimed at diversifying the economy away from oil, which has traditionally accounted for around 80% of export earnings.

Although Gabon’s total exports slipped by 2.8% to CFA3.89trn (€5.84bn) last year, primarily due to a 7.5% decline in oil exports, forestry proved to be a bright spot, with wood and wood product exports increasing by a combined 2.8% by volume.

Last year Gabon produced 1.36m cu metres of timber, with a turnover of approximately CFA35.19bn (€52.8m). Just over 70% of production is currently exported, with Europe and Asia accounting for the bulk of this.

In a bid to encourage local raw materials processing, in 2011 the government and Olam International established the Nkok Special Economic Zone (SEZ), which spans 1100 ha and is located 27 km from Libreville.

Manufacturing companies in the Nkok SEZ, which among other sectors targets wood processing firms, receive tax-free status for the first 10 years followed by five years of 10% taxation. The SEZ also benefits from dedicated utilities infrastructure and hosts a government office that provides a single window for expedited processing of permits, visas and other requirements for zone occupants.

Currently, there are seven wood-processing companies in the SEZ – including Krishna, Shinago, Otim Veneer, Gabon Wood Industries and Wood Tech – with Gagan Gupta, country head of Olam Gabon, predicting that the figure will triple by the end of next year, he told media.

To date, the Nkok SEZ has attracted over $192m in investment and employs more than 7000 people, according to media reports.

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