Le Gabon lance de nouvelles politiques pour le secteur agricole

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In English

Avec la récente ratification du Programme Détaillé pour le Développement Agricole en Afrique (PDDAA), le Gabon se rapproche de son objectif d’augmentation de la production dans l’un des secteurs déclarés prioritaires par le gouvernement.

Lancé en 2003 par le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), le PDDAA est un programme de développement de l’Union Africaine (UA) qui cherche à promouvoir les investissements agricoles afin de stimuler l’économie et réduire la pauvreté sur le continent.

Le secteur de l’agriculture constitue l’un des principaux employeurs dans la plupart des pays de l’UA et, si les terres arables ne manquent pas, leur rendement est bien inférieur à celui d’autres régions émergentes telles que l’Amérique Latine et l’Asie. De nombreux pays d’Afrique de l’ouest et centrale sont fortement dépendants des importations alimentaires, même pour les produits de base.

Malgré une surface agricole non exploitée de 5 millions d’hectares, un climat avantageux et des pluies abondantes, par exemple, le Gabon importe la grande majorité de ses besoins alimentaires, pour un montant d’environ 150 milliards de francs CFA (225 millions de dollars) par an. C’est pourquoi le PDDAA encourage les pays membres à consacrer 10% de leur budget national à l’agriculture et vise une croissance annuelle de 6% pour le secteur grâce à des dépenses d’investissement et une amélioration de la productivité.

Sur les 10 pays que compte la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), le Gabon est le quatrième à avoir adhéré, en mai, au PDDAA. La Ministère de l’Agriculture a annoncé que le Gabon allait devoir investir en moyenne 30 à 40 milliards de francs CFA (45-60 millions d’euros) par an sur les dix prochaines années pour atteindre les objectifs du PDDAA. La part de financement public n’a pas été précisée mais le secteur privé et les partenaires internationaux devraient y apporter une contribution considérable.

En adoptant le PDDAA, le Gabon a lancé un processus de création d’une stratégie globale de développement sectoriel : le Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN).

Si les derniers détails restent à régler, on sait déjà que les éléments clés du programme incluent la réduction de la dépendance aux importations de denrées alimentaires, l’augmentation des recettes des exportations agricoles et la création de nouveaux emplois. La stratégie découlera des objectifs généraux définis par le Gabon Vert, le volet agricole du programme national de développement économique, baptisé Plan Stratégique Gabon Émergent, qui vise à faire passer la contribution du secteur au PIB de 5% à 20% d’ici 2020.

Le programme agricole fixera toutefois des objectifs de production plus précis et proposera la réalisation d’un certain nombre de projets, qui seront tous assortis d’un budget d’investissement. La stratégie n’est pas sans rappeler le Plan Maroc Vert, qui poursuit un grand nombre d’objectifs similaires.

Au cours des dix dernières années, les autorités gabonaises ont introduit plusieurs politiques nationales dans les domaines de l’agriculture et de la sécurité alimentaire mais leur impact s’est avéré relativement limité. Parmi ces dernières on peut citer le Gabon Vert ainsi que des initiatives spécifiques qui définissent des objectifs en matière de production agricole nationale, de standards de sécurité alimentaire et d’activité de pêche (dans le cadre de la stratégie Gabon Bleu). Le gouvernement a annoncé en juin la création d’une Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire qui sera placée sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture et sera chargée de l’évaluation et de la prévention des risques liés à la nutrition et à la sécurité alimentaire.

Les efforts déployés pour une meilleure organisation, des dépenses publiques accrues et une plus grande efficacité du secteur agricole ont certes obtenu des résultats mitigés mais ils s’inscrivent dans une politique plus large visant à accroître l’activité dans les zones rurales et à réduire la dépendance du pays envers les hydrocarbures, sa principale source de revenus. La nouvelle impulsion donnée à cette politique s’explique en partie par le fait que, ces dernières années, le poids du secteur dans l’économie nationale a stagné. En 2010, par exemple, l’agriculture, l’élevage et la pêche contribuaient ensemble à 3,8% du PIB, contre 4,4% en 2009.

Vu les avantages comparatifs du pays, le potentiel de croissance du secteur est considérable et de nombreux investisseurs – allant du groupe singapourien Olam à l’entreprise belge SIAT- comptent en tirer parti, en particulier dans le segment des cultures commerciales. Il y encore beaucoup à faire, surtout en ce qui concerne les infrastructures rurales, la diffusion de techniques plus modernes, telles que la mécanisation, l’irrigation et l’utilisation d’engrais, ainsi qu’en matière de logistique agricole et de ressources humaines. Mais la ratification du PDDAA et les efforts mis en œuvre pour l’élaboration d’un Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle devraient permettre au Gabon de se doter de la feuille de route et des objectifs de financement nécessaires pour enclencher la réalisation de ses objectifs sectoriels.

 

Gabon introduces new policies for agriculture sector

En Français

The recent ratification of the Comprehensive Africa Agriculture Development Programme (Programme Détaillé pour le Développement Agricole en Afrique, PDDAA) by Gabon is a step towards increasing output in one of the government’s priority sectors.

Introduced in 2003 by the New Partnership for Africa’s Development, the PDDAA is an African Union (AU) development programme to promote investment in agriculture as a means of boosting the economy and reducing poverty across the continent.

Agriculture constitutes one of the largest employers in most AU member states and while arable land is often plentiful, agricultural productivity lags behind other emerging market regions such as Latin America and Asia. Many countries in West and Central Africa are heavily dependent on imports for even staple foods.

Despite its 5m ha of unused agricultural land, favourable climate and abundant rainfall, for example, Gabon imports the vast majority of its food needs, at a cost of around CFA150bn (€225m) per year. As a result, the PDDAA encourages member states to devote 10% of the national budget to agriculture and aims for 6% annual growth in the sector through both capital spending and improved efficiencies.

Gabon was the fourth of 10 states in the Economic Community of Central African States (Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale) to sign on to the PDDAA in May. The Ministry of Agriculture (MoA) has announced that to meet PDDAA goals, Gabon must invest an average of CFA30bn-40bn (€45m-60m) per year over the next 10 years. The amount of public financing has not been specified, but a significant portion is expected to come from the private sector and international partners.

With its adoption of the PDDAA, Gabon has launched a process to create an overarching sector development strategy: the National Plan for Agricultural Investment and Food and Nutritional Security (Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle).

Although details have yet to be finalised, key elements of the programme include reducing reliance on food imports, boosting revenue from agricultural exports and creating new employment opportunities. The strategy will flow from the broader goals outlined under Gabon Vert, the agricultural component of the national economic development plan, Emerging Gabon (Plan Stratégique Gabon Émergent), which aims to boost the sector’s contribution to GDP from 5% to 20% by 2020.

However, the agricultural plan will set more specific production targets and propose a number of projects to be completed, each of which will be matched to an investment budget. The strategy is similar to Morocco’s Plan Maroc Vert, with which it shares many of the same goals.

The Gabonese authorities have introduced several national agricultural and food security policies in the last decade, although their impact has been comparatively modest. These include Gabon Vert, as well as specific initiatives that outline objectives for domestic crop production, food security standards and fisheries activity (also known as Gabon Bleu). The government announced in early June that it would create a National Agency for Food Security (Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire), which will be part of the MoA and is expected to evaluate and prevent risks related to nutrition and food security.

The push to improve organisation, public spending and efficiency in the agricultural sector, mixed though the results have been, is part of a broader effort to increase activity in rural areas and reduce the country’s dependency on hydrocarbons, its primary revenue earner. This has been spurred in part by the fact that in recent years, the sector’s share of the national economy has plateaued. In 2010, for example, agriculture, animal husbandry and fisheries contributed a combined 3.8% of GDP, down from 4.4% in 2009.

Given the country’s comparative advantages, the potential for growth in the sector is significant and a number of investors – ranging from Singapore’s Olam to Belgian firm SIAT – are looking to exploit it, particularly in cash crop segments. Much work remains to be done, especially with regard to rural infrastructure, the spread of modernised techniques such as mechanisation, irrigation and the use of fertilisers, as well as agricultural logistics and human resources. However, the ratification of the PDDAA and efforts to draft a National Plan for Agricultural Investment and Food and Nutritional Security should provide the road map and financing targets necessary to jumpstart progress on sector goals.

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