Le Gabon investit dans des centrales électriques pour répondre à une demande en hausse

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Avec la mise en service prévue de trois nouvelles centrales électriques au Gabon au cours de l’année prochaine, le gouvernement se rapproche de son objectif, qui est de multiplier par plus de deux la capacité de production du pays d’ici 2016. Un meilleur approvisionnement devrait permettre de réduire les coupures d’électricité à Libreville et à Port-Gentil, synonymes de frein à la croissance économique.

Le 15 août, le président a inauguré une nouvelle centrale thermique à gaz à Alénakiri, dans la banlieue d’Owendo, ville portuaire au sud de Libreville. D’une capacité de 70 mégawatts, cette centrale renforcera de manière considérable la capacité totale du pays, actuellement de 390 mégawatts.

Les travaux de la centrale d’Alénakiri, qui ont duré 14 mois, ont été réalisés par Telemania, une entreprise israélienne d’ingénierie et de construction. Celle-ci fonctionnera principalement au gaz naturel mais pourra utiliser du gasoil et du fioul lourd en cas de rupture d’approvisionnement en gaz. D’après les estimations du gouvernement, le projet a nécessité un investissement de 65 milliards de francs CFA (99 millions d’euros), qui inclut la construction d’une route d’accès pavée de 1825 mètres.

L’électricité produite à Alénakiri alimentera Librevillle et sa banlieue nord en pleine expansion, Angondjé, ainsi que la Zone Économique Spéciale (ZES) de Nkok. L’alimentation électrique du Gabon s’effectue à travers trois réseaux régionaux et non un seul réseau national.

S’exprimant lors de l’inauguration de la centrale, le Ministre du Pétrole, de l’Énergie et des Ressources Hydrauliques, Étienne Ngoubou, a fait remarquer que les investissements dans les infrastructures n’avaient pas suivi le rythme de la demande en électricité dans la capitale et que depuis 2007 Libreville et ses environs s’étaient vu confrontés à un approvisionnement en électricité insuffisant.

Port-Gentil, la capitale économique et le centre des industries pétrolière et gazière du pays, a également dû faire face à des coupures de courant récurrentes mais, avec la création d’une zone franche industrielle sur l’Île Mandji, la nécessité d’un accroissement de la capacité a revêtu ces derniers mois un caractère d’urgence.

Par conséquent, une deuxième centrale électrique à gaz est en construction dans la banlieue de Port-Gentil. La première phase a été achevée en août et, une fois le projet terminé, il devrait contribuer à combler le déficit énergétique en l’espace de deux ans.

La centrale sera dotée d’une capacité de 105 mégawatts, répartis sur deux segments de 52,5 mégawatts, et sera également construite par Telemania. Comme c’est le cas à Alénakiri, la centrale fonctionnera principalement au gaz naturel, avec aussi un peu de gasoil et de fioul lourd. Elle sera approvisionnée par un gazoduc la reliant au complexe gazier voisin, exploité par Perenco. Le coût du projet a été estimé à 72,9 milliards de francs CFA (111,2 millions d’euros), mais Telemania a fait savoir dans un communiqué de presse que le niveau d’investissement final dépendrait des caractéristiques du gazoduc. Les travaux ont commencé début 2012 et la production d’électricité devrait commencer fin 2013.

Les deux centrales thermiques – qui s’inscrivent dans la continuité de la politique énergétique du Gabon qui vise à réduire la forte dépendance vis-à-vis de l’énergie hydroélectrique- permettront d’augmenter, à court terme, l’approvisionnement en électricité, mais les énergies renouvelables jouent toujours un rôle clé dans la stratégie énergétique du Gabon et plusieurs projets de développement de ressources hydrauliques sont en cours. L’un d’eux concerne le barrage du Grand Poubara et sa centrale hydroélectrique, dont la construction est achevée et dont la date de mise en service est prévue pour début 2014. Le complexe comporte un barrage, un réservoir de 46 km² et une centrale électrique d’une puissance de 160 mégawatts, qui sera portée à 280 mégawatts dans une seconde phase.

Grand Poubara approvisionnera en électricité les populations rurales des environs et il est prévu que deux lignes électriques distribuent de l’énergie à des zones économiques clés à Franceville et à Moanda, où se trouve le complexe métallurgique de la Compagnie Minière de l’Ogooué.

Ainsi, avec la centrale d’Alénakiri qui va alimenter la zone de Nkok, dédiée à la transformation du bois, la centrale de Port-Gentil qui alimentera les activités locales liées aux hydrocarbures et la future ZES de l’Île Mandji, ce sont trois projets qui sont en passe d’être achevés et qui devraient fournir l’électricité nécessaire pour appuyer les projets du gouvernement en matière de développement industriel et de création d’emplois.

Le gouvernement a apporté d’autres changements à la structure du secteur afin d’accélérer l’’augmentation de la capacité de production électrique. Si l’unique compagnie électrique, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), a été privatisée en 1996, l’État est devenu en 2011 l’actionnaire majoritaire de la Société d’Électricité, de Téléphone et d’Eau (SETEG), qui supervise désormais la construction des nouvelles infrastructures électriques et hydrauliques. La SETEG gère par exemple la construction de la centrale électrique de Port-Gentil.

Dans le même registre, fin 2011, l’État a créé un nouvel organe de régulation des secteurs de l’eau et de l’électricité, un fonds de financement des infrastructures publiques et une agence de régulation responsable de la maintenance des centrales électriques et des infrastructures de distribution d’eau. Il reste encore beaucoup à faire mais cette nouvelle approche du gouvernement, plus volontariste, ainsi que la mise en service de trois nouvelles centrales électriques l’an prochain, devraient contribuer à améliorer l’approvisionnement en électricité du Gabon sur le moyen terme.

 

Gabon invests in power plants to meet rising demand

En Français

Three new power plants are expected to come on-line in Gabon within the next year, as the government looks to meet its goal of more than doubling generation capacity by 2016. The boost to supply should reduce a spate of electricity cuts in Libreville and Port-Gentil, which have constrained economic growth.

On August 15, the president inaugurated a new gas-fuelled power plant in Alénakiri, located on the outskirts of Owendo, the port town just south of Libreville. The facility will have a 70-MW capacity, a sizeable addition to the country’s total capacity of 390 MW.

Construction of the Alénakiri plant took 14 months and was carried out by the Israeli engineering and construction firm Telemenia. It will run primarily on natural gas but can use diesel and fuel oil in case of a gas supply interruption. According to government estimates, the project required investment of CFA65bn (€99m), including the construction of an 1825-metre paved access road.

Electricity generated in Alénakiri will support Libreville and its expanding northern suburb of Angondjé, as well as the Nkok Special Economic Zone (SEZ). Gabon is served by three separate regional grids, rather than a national grid.

In comments at the facility’s inauguration, Etienne Ngoubou, the minister of petroleum, energy and hydroelectricity, noted that investment in infrastructure has not kept pace with growing power demand in the capital, and that since 2007, Libreville and its environs have faced an insufficient supply of electricity.

Port-Gentil, the economic capital and centre for the oil and gas industry, has also faced recurrent power cuts, but with the establishment of the industrial free zone on Mandji Island, the need for additional capacity has become more urgent in recent months.

As a result, a second gas-fuelled power plant is under construction just outside Port-Gentil. The first phase was completed in August, and when the whole project is complete it should help begin closing the energy gap within the next two years.

The facility will have a capacity of 105 MW and is being built in two 52.5-MW segments, also by Telemenia. Like Alénakiri, the plant will run primarily on natural gas, as well as some diesel and fuel oil, and it will be supplied by a pipeline connecting it to the nearby Perenco gas facility. The cost of the project has been estimated at CFA72.9bn (€111.2m), but according to a Telemenia press release, the final level of investment will depend on the specifics of the gas pipeline. Construction began in early 2012, and the first electricity generation is expected in late 2013.

The two thermal power plants – which represent a continuation of the country’s shift away from its large reliance on hydroelectric power – will provide a near-term boost to the electricity supply, but renewable energies still play a key role in Gabon’s power strategy, and several projects to develop hydraulic resources are under way. One facility, the Grand Poubara dam and hydroelectric plant, has been constructed and is expected to be commissioned in early 2014. The complex includes a dam, a 46-sq-km reservoir and an 160-MW power plant, which will be scaled up to 280 MW in a second phase.

Grand Poubara will provide power for surrounding rural populations, and two planned electrical transmission lines will distribute energy to key economic and industrial areas in Franceville and Moanda, where Compagnie Minière de l’Ogooué’s metallurgy complex is located.

With the Alénakiri plant slated to supply the timber processing zone of Nkok and the Port-Gentil facility set to supply local hydrocarbons activity and the future Mandji Island SEZ, all three of these projects nearing completion should help provide the electricity necessary to support the state’s plans for industrial expansion and job creation.

The government has made other changes to the sector’s structure in an attempt to hasten expansion in power generation capacity. While the sole electricity utility, Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG), was privatised in 1996, in 2011 the state purchased a majority stake in Société d’Électricité, de Téléphone, et d’Eau (SETEG), which now oversees construction of new electricity and water infrastructure. SETEG is managing the building of the power plant in Port-Gentil, for example.

In the same vein, in late 2011 the government established a new utilities regulator, a public infrastructure investment fund and an agency that is responsible for conducting maintenance on power plants and water distribution infrastructure. Much work remains to be done but this more proactive government approach, combined with the commissioning of three new power plants in the next year, should help improve Gabon’s electricity supply in the medium term.

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