La Côte d'Ivoire passe à l'ère numérique

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La Côte d'Ivoire est sur le point de boucler la dernière étape de son projet national de large bande, un projet qui devrait aider à réduire les coûts d'accès et à faire grimper le taux de pénétration d'Internet.

Lancé en 2012, le projet, d'un montant estimé à 175 millions d'euros, vise à doter le pays d’un réseau de fibre optique long de 7 000 kilomètres.

Le projet « Backbone »

Le segment de 622 kilomètres nommé « Backbone de l’Est », dont les travaux ont débuté en 2013, vient d'être achevé par la China International Telecommunication Construction Corporation. Inauguré par le premier ministre Daniel Kablan Duncan en novembre 2015, ce segment relie la ville de Grand-Bassam à Bouna, dans l'est du pays. Huawei, un autre fournisseur de services de télécommunication chinois, a participé à la première phase du projet en 2012 et devrait, cette année, compléter un segment de 1 400 kilomètres supplémentaires entre San-Pédro, une ville portuaire du sud-ouest, et Ferkessédougou, dans le centre-nord du pays.

Le groupe industriel français Bouygues ainsi que SagemCom et Polyconseil ont remporté l'appel d'offres relatif à la dernière phase du projet. Ces trois entreprises françaises ont battu six autres soumissionnaires et ont débuté la mise en place d'un réseau de 5 000 kilomètres en avril dernier. Cette phase devrait être bouclée d'ici à l'horizon de 2018.

Les dépenses liées au projet sont estimées à quelque 117 milliards de francs CFA (175,5 millions d'euros) et sont couvertes en partie par le Fonds national des télécommunications, géré par l'Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT). Ces fonds proviennent d'une taxe de 2,5 % imposée sur les recettes annuelles des opérateurs de télécommunications et de technologies de l'information.

Compte tenu des recettes actuelles, cette taxe génèrera entre 17 milliards de francs CFA (25,6 millions d'euros) et 20 milliards de francs CFA (30 millions d'euros) – soit un montant très inférieur aux dépenses prévues, mais qui devrait permettre au gouvernement de couvrir les frais liés au financement externe.

Place aux nouvelles technologies

Le projet national de large bande contribuera également aux efforts en cours du gouvernement pour la numérisation des données administratives par le biais de son programme eGOV.

Lancé en 2012, le programme eGOV, un système intranet qui connecte 52 ministères et institutions publiques, vise à faciliter la coordination entre les différentes entités du gouvernement.

Fin 2015, le gouvernement a annoncé les trois objectifs à moyen et à long terme de son programme eGOV : mettre en place un identifiant unique pour chaque citoyen afin de faciliter le suivi administratif ; mettre sur pied une administration « sans papier » ; élaborer une base de données afin de permettre aux fonctionnaires de centraliser les documents administratifs tels que les actes de naissance et les diplômes. Le programme eGOV est supervisé par l'ANSUT.

La Côte d’Ivoire cherche également à encourager le recours aux nouvelles technologies dans le secteur privé afin de favoriser la croissance. En juillet dernier, en partenariat avec la Banque africaine de développement, le gouvernement a annoncé la mise en place du Fonds ivoirien de l’innovation (FII). Ce fonds de 131 milliards de francs CFA (200 millions d'euros) vise à inciter les entreprises privées, notamment les start-up, à passer à l'ère du numérique.

Accès au haut débit

Selon les chiffres avancés par la Banque mondiale, la Côte d'Ivoire affiche un taux de pénétration d'Internet de l'ordre des 14,6 %, soit un taux bien en deçà de ceux enregistrés dans les pays voisins : 42 % au Nigeria, 18 % au Sénégal et 19 % au Ghana.

Deux facteurs peuvent expliquer ce faible taux de pénétration : les opérateurs qui ont tardé à mettre en place des plans d'investissement suite au conflit qui a ravagé le pays en 2010-11 et un manque de concurrence dans la prestation des services de haut débit. Si le pays compte désormais 8 millions d'abonnés à Internet (soit 40 fois plus qu'en 2011), c'est en grande partie en raison de l'augmentation du nombre d'utilisateurs de données mobiles.

En début d'année, Bruno Nabagné Koné, ministre de l'Economie numérique et de la Poste, a déclaré que la Côte d'Ivoire avait atteint un taux de pénétration du mobile de 100 %, suite à l'obtention par le groupe français Orange et la filiale de Maroc Telecom Moov de licences pour l'exploitation de la 4G. Orange, Moov et le Sud-Africain MTN détiennent à eux trois 90 % de l'ensemble des abonnés de téléphone mobile du pays.

L'acquisition par Orange et par Maroc Telecom de licences pour l'exploitation de la 4G en Côte d'Ivoire fait suite à la délivrance en 2014 de permis au Suisse YooMee, qui vient de s’implanter en Côte d'Ivoire, et à l'entreprise locale VIPNet.

 

 

A digital transformation is under way in Côte d’Ivoire

En Français

The pending completion of the final phase of Côte d’Ivoire’s National Broadband Project (NBP) should help lower access costs and boost internet penetration rates.

The NBP, initiated in 2012, aims to roll out some 7000 km of fibre-optic cables across the country for an estimated €175m.

Backbone connections

The 622-km segment known as “Backbone East”, which broke ground in 2013, was recently completed by the China International Telecommunication Construction Corporation. Inaugurated by Prime Minister Daniel Kablan Duncan in November 2015, this section connects Grand Bassam and Bouna in the eastern region. Huawei – another Chinese telecommunications services provider that began work on the first phase of the NBP in 2012 – is expected to deliver a further 1400 km this year linking the south-western port city of San-Pédro to Ferkessédougou in the central north.

French industrial group Bouygues, along with fellow French firms SagemCom and Polyconseil, won the tender for the final phase of the NBP against six other bidders, and began work in April on a network of 5000 km covering the central portions of the project. This phase is slated for completion by the end of 2018.

Financial requirements of the project, estimated at some CFA117bn (€175.5m), are being partly met through the National Telecommunications Fund, managed by The National Agency of the Universal Service of Telecommunications (Agence Nationale du Service Universel des Télécommunications, ANSUT), and generated through a 2.5% tax on annual turnover figures of the nation’s telecoms and IT operators.

Based on current turnover figures, this will raise an estimated total of between CFA17bn (€25.6m) and CFA20bn (€30m), far from the required amount but enough to provide the government with a means to cover the cost of external financing.

Digitalisation drive

The NBP will also contribute to the government’s ongoing efforts to digitise public administration through the e-Gov programme.

Launched in 2012, the e-Gov programme, an intranet connecting 52 ministries and public institutions, is designed to facilitate better coordination among government entities.

Late last year, Côte d’Ivoire announced three e-Gov programme goals for the medium to long term: assigning a single identifier to each user to ease administrative follow-up, achieving paperless administration and providing public servants with a database to centralise administrative documents such as birth certificates and diplomas. The programme is overseen by ANSUT.

Côte d’Ivoire is also looking to support the digitalisation of the private sector to provide impetus for growth, following the launch in July of a CFA131bn (€200m) National Fund for Innovation with support from the Africa Development Bank to promote digital transformation across private businesses and start-ups.

High-speed access

Côte d’Ivoire’s internet penetration rate stood at 14.6%, according to the World Bank figures for 2014, lagging behind that of neighbouring countries, with Nigeria at 42%, Senegal at 18% and Ghana at 19%.

Reasons include delayed uptake of operator investment plans following the 2010-11 conflict and a lack of competition in bandwidth provision. Most of the growth from the country’s 8m internet subscribers – a 40-fold increase since 2011 – can be attributed to the rise of mobile data.

Earlier this year, Bruno Nabagné Koné, minister of post, IT and communications, announced Côte d’Ivoire had reached a mobile penetration rate of 100%, according to press reports, following the acquisition of 4G-enabled licences by France’s Orange and Maroc Telecom subsidiary Moov – who along with South Africa’s MTN account for 90% of the of the country’s main mobile subscribers.

Orange and Maroc Telecom’s move into 4G in Côte d’Ivoire follows the issuance in 2014 of permits to Swiss-based YooMee, a newcomer in Côte d’Ivoire, and local firm VIPNet.

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