La Côte d’Ivoire revoit ses infrastructures de transport pour fluidifier la circulation et améliorer la connectivité

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L’adoption d’une approche pluri-facettes pour développer les transports urbains ivoiriens devrait permettre de fluidifier la circulation à Abidjan, la capitale commerciale du pays, et d’améliorer les échanges commerciaux à l’échelle nationale et régionale.

Les travaux de réhabilitation de l’une des artères principales de la ville, le Boulevard de Marseille, ont démarré fin octobre. Le projet prévoit l’aménagement et l’élargissement du boulevard, long de quelque 13,4 km, ainsi que l’amélioration des connexions avec les routes associées, notamment le Boulevard Valéry-Giscard-d’Estaing, principal axe routier du sud de la ville.

Ces travaux, qui s’inscrivent dans une stratégie de réhabilitation et d’expansion de plusieurs grandes routes de la ville,  devraient coûter la somme de 42,8 milliards de francs CFA (65,2 millions d’euros) et seront financés par l’Etat ivoirien et par un prêt de 27 milliards de francs CFA (41,2 millions d’euros) accordé par la Banque Ouest-Africaine de Développement.

Un nouveau pont et de nouvelles routes pour Abidjan

Outre la réhabilitation du réseau routier existant, le gouvernement s’attèle également à la construction de plusieurs nouvelles routes et nouveaux ponts afin d’améliorer la circulation, dans le cadre d’un projet financé par un prêt de la Banque Africaine de Développement  (BAD).

La construction d’un quatrième pont sur la lagune Ebrié pour relier les communes du Plateau et d’Adjamé avec Yopougon – la commune la plus peuplée de la ville – constitue le projet central du programme.

Le pont et les routes associées, dont la construction devrait s’achever en 2020, devraient être empruntés par des centaines de milliers de personnes tous les jours, réduisant de manière considérable les embouteillages rencontrés sur les routes existantes.

Les bénéfices de cette capacité supplémentaire ne se limiteront pas au trafic passager, l’ensemble de l’économie du pays en profitera : la circulation des marchandises entre le Port d’Abidjan et les zones industrielles environnantes devrait s’en voir facilitée tout comme les échanges commerciaux avec le Burkina Faso et le Libéria voisins.

Lors de la cérémonie de lancement des travaux du Boulevard de Marseille, le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly a déclaré : « L'ensemble de ces investissements contribuera à décongestionner le trafic à Abidjan mais également à son potentiel de développement économique».

Mobilité urbaine, flexibilité économique

Si la circulation des passagers et des marchandises se fait essentiellement par la route, les autorités ivoiriennes ont adopté une approche coordonnée en vue de l’amélioration du système de transport en commun, procédant à des investissements dans les liaisons de bus, transport ferroviaire et fluvial afin de réduire les embouteillages et la pollution à Abidjan et dans les régions voisines.

«  Notre stratégie aujourd’hui consiste à développer la mobilité urbaine à un coût plus bas pour la population, ce qui entraînera une baisse du recours à des transporteurs informels, réduisant ainsi le désordre et diminuant le nombre de véhicules sur nos routes », a expliqué Amadou Koné, le Ministre des Transports, à OBG.

La réduction de l’utilisation de moyens de transport informels, qui contribuent aux embouteillages et aux accidents de la route, constitue une préoccupation clé des autorités. Le nombre de passagers se déplaçant en taxis collectifs, appelés woro-woro, qui bien souvent relèvent de l’économie informelle, a augmenté de 7% par an entre 1998 et 2013, selon un rapport publié par le Ministère de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme en partenariat avec l’Agence de Coopération Internationale Japonaise.

A l’inverse, la fréquentation des bus conventionnels a baissé de près de 2% par an au cours de la même période en raison de services peu efficaces et d’une capacité limitée due aux sous-investissements passés.

Pour tenter de remédier à la situation, la Société des Transports Abidjanais (SOTRA) a entrepris d’étendre ses services de transport par bus et par bateau, avec de nouveaux bateaux-bus et davantage de gares lagunaires et un parc d’autobus renforcé afin d’améliorer la circulation des passagers en ville.

Selon Bouaké Meïté, le directeur-général de la SOTRA, l’entreprise vise la mise en service de 50 bateaux supplémentaires d’une capacité de 200 à 250 passagers d’ici 2020, ainsi que de 2000 nouveaux bus.

L’opérateur privé Société de Transport Lagunaire (STL) intensifie également ses investissements, avec pour objectif de faire naviguer 45 bateaux d’ici 2020, contre 16 actuellement, qui desserviront 10 arrêts sur la lagune.

« Une fois toutes les lignes en service, nous tablons sur une fréquentation quotidienne de 21 000 passagers, avec un taux de remplissage de 50% pour les 16 bateaux-bus, » a confié David Fofana, le directeur-général de STL, à OBG. « Lorsque les 45 bateaux seront sur l’eau, nous dépasserons le seuil des 70 000 passagers par jour au même taux de remplissage. »

Un chantier d’1,4 milliard d’euros pour le nouveau métro qui reliera les banlieues au centre d’Abidjan

Le rail jouera également un rôle plus important dans le système des transports abidjanais : des travaux de construction d’un réseau ferroviaire urbain à Abidjan ont été lancés le 30 novembre et une ligne de 37 km reliant les communes périphériques aux principaux quartiers du centre-ville devrait bientôt voir le jour.

La construction du métro, dont le coût s’élève à 1,4  milliard d’euros, a été confiée à un consortium composé du groupe français Bouygues Travaux Publics et des entreprises sud-coréennes Hyuandai et Dongsan Engineering.

 La première ligne du Métro d’Abidjan, dont la livraison est prévue pour 2022, pourra transporter selon les estimations de 300 000 à 500 000 passagers par jour, réduisant la circulation routière ainsi que les temps de trajet des Abidjanais. Des négociations portant sur la deuxième phase du projet de réseau de métro devraient démarrer en décembre, a indiqué M. Koné à OBG.

 

 

Côte d’Ivoire transport upgrades to ease congestion and boost connectivity

En Français

A multi-pronged approach to urban transport development should ease congestion in Côte d’Ivoire’s commercial capital Abidjan, with the upgrades also set to improve domestic and regional trade links.

In late October the rehabilitation of one of the city’s main arteries, the Boulevard de Marseille, broke ground. The project involves upgrading and widening the 13.4-km boulevard and improving connectivity with associated roads, including the Boulevard Valéry-Giscard-d'Estaing, the main thoroughfare in the city’s south.

The upgrade is part of efforts to rehabilitate and expand a number of major roads in the city, expected to cost CFA42.8bn (€65.2m), financed by the government and a CFA27bn (€41.2m) loan from the West African Development Bank.

Abidjan traffic to benefit from new bridge and roads

In addition to rehabilitating the existing road network the government is also constructing a number of new roads and bridges to improve traffic flows, as part of a project financed by a loan from the African Development Bank (AfDB),

The programme’s headline project involves building a fourth bridge over the Ebrié Lagoon to connect the communes of Plateau and Adjamé with Yopougon – the most populous area of the city.

The bridge and associated roads, which are scheduled for completion in 2020, are expected to carry hundreds of thousands of people daily, significantly easing congestion on existing routes.

In addition to passenger travel, the extra capacity will also have a ripple effect on trade and the overall economy; it is expected to ease the movement of goods between the Port of Abidjan and surrounding industrial zones, as well as enhance links to neighbouring Burkina Faso and Liberia.

At a ceremony to mark the beginning of work on the Boulevard de Marseille, Prime Minister Amadou Gon Coulibaly said, “All of these investments will not only contribute to the decongestion of traffic in Abidjan, but also to the development potential of the economy.”

Urban mobility, economic flexibility

Although passenger and freight movement relies heavily on road transport, the authorities are also taking a coordinated approach to improving the public transport system, investing in bus, rail and water transport links to reduce congestion and pollution in Abidjan and surrounding areas.

“Our strategy today entails developing urban mobility at lower costs for the population, which will result in lowering the recourse to informal transporters, therefore reducing disorder and diminishing the number of vehicles on our roads,” Amadou Kone, the minister of transport, told OBG.

Reducing the reliance on informal transport, which contributes to congestion and traffic accidents, is a key concern of the authorities. The number of passengers travelling by shared taxis, know as woro-woro, which often operate outside the formal system, rose by 7% each year between 1998 and 2013, according to a report by the Ministry of Construction, Housing, Sanitation and Urban Development in partnership with the Japanese International Cooperation Agency.

Conversely, use of conventional buses declined by nearly 2% per year over the same period due to inefficient services and limited capacity caused by underinvestment.

To address this issue, public transport company Société des Transports Abidjanais (SOTRA) is expanding its water and bus transport services, adding new passenger ferries and landing stages on the lagoon, and increasing its bus fleet to further improve the flow of people around the city.

According to Bouaké Meïté, director-general of SOTRA, the company aims to have at least 50 additional boats with a capacity of between 200 and 250 people in operation by 2020, along with 2000 new buses.

Private operator Société de Transport Lagunaire (STL) is also stepping up investment, aiming to have 45 boats in the water by 2020, up from the 16 at present, with services to operate from 10 jetties around the lagoon.

“When all lines are operational, we expect 21,000 passengers per day at a 50% load factor for 16 ferries,” David Fofana, director-general of STL, told OBG. “When all 45 ferries are operational, we will cross the threshold of 70 000 passengers per day at the same percentage load.”

New €1.4bn metro to link suburbs with central Abidjan

Rail will also play a larger role in Abidjan’s transport model, with work on Abidjan’s urban rail network – a 37-km line linking the outskirts of the city with the main central districts – launched on November 30. 

Built at a cost of €1.4bn, construction is being carried out by a consortium of French firm Bouygues Travaux Publics and South Korea’s Hyundai and Dongsan Engineering.

When completed in 2022, the first line of the Métro d’Abidjan will be able to carry an estimated 300,000-500,000 passengers per day, reducing the load on the city’s roads and cutting travel time. Discussions on the second stage of the network are scheduled to begin in December, Kone told OBG.

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