L’Algérie s’oriente vers une valorisation de sa production agricole

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Des prix du pétrole en repli, auxquels s’ajoute une volonté d’améliorer la sécurité alimentaire, ont incité l’Algérie à accélérer ses réformes agricoles dans les cinq prochaines années.

En 2014, le gouvernement a annoncé qu’il consacrera 300 milliards de dinars (2,8 milliards d’euros) par an dans le cadre de  son « Plan  Quinquennal 2015-2019 »,  afin de consolider les acquis de la Politique de Renouveau Agricole et Rurale (PRAR) du pays. La campagne agricole 2014-15 supervisera un certain nombre d’améliorations, tels que l’introduction de techniques de pointe en matière d’irrigation et une utilisation d’engrais plus importante. L’Etat s’emploiera également à développer la production nationale de produits de base tels que les pommes de terre et le lait.

Renforcer un secteur clé

A l’heure actuelle, le secteur agricole constitue un élément majeur de l’économie hors hydrocarbures du pays. Ensemble, les activités agricoles et agro-industrielles contribuent au PIB de l’Algérie à hauteur de quasiment 9%, et, en 2013, le secteur a employé plus de 2,4 millions de personnes – soit près d’un cinquième de la population active. La part de l’agriculture dans le PIB a légèrement reculé depuis 2012, où elle était plus proche des 10%, mais cette baisse s’explique en grande partie par une hausse des recettes du secteur secondaire. De fait, la valeur de la production agricole n’a cessé d’augmenter ces dernières années, atteignant le chiffre de 23 milliards d’euros en 2013.

La PRAR, dont le lancement remonte à 2008, a joué un rôle moteur dans le développement du secteur ces dernières années, entraînant une croissance annuelle de la production agricole de 8,3% entre 2010 et 2014, contre une moyenne de 6% entre 2000 et 2008. Parmi les mesures introduites dans le cadre de la PRAR initiale, on peut notamment citer des dispositions visant à faciliter l’accès au foncier pour les agriculteurs et l’introduction de tarifs préférentiels pour les emprunts à destination des producteurs, ainsi que le déploiement d’efforts visant à encourager les activités agricoles dans des régions peu exploitées, tels que les Hauts-Plateaux.

Si la PRAR a été à l’origine d’améliorations en ce qui concerne la production, le développement et  la mécanisation, il y a encore beaucoup à faire, selon le ministre de l’agriculture Abdelwahab Nouri. « L’agriculture continue de se heurter à des difficultés en ce qui concerne le climat et un manque d’ordre institutionnel, » a expliqué M. Nouri lors d’un entretien accordé à OBG durant l’été 2014. « Pour répondre à ces défis, l’Etat a choisi d’allouer des ressources budgétaires supplémentaires destinées à améliorer le développement agricole et rural de 2015 à 2019, » a-t-il ajouté.

Place à la planification

Pour que les objectifs du programme soient atteints, une importance accrue devra être accordée à la résolution d’un certain nombre de problèmes clés dans les cinq années à venir. Etant donné le climat aride du pays, on ne s’étonnera pas que l’utilisation de l’eau fasse partie des principales missions que s’assigne le plan. Le gouvernement espère créer 2 millions d’hectares de terres irriguées – contre 1,2 million d’hectares aujourd’hui – dont plus du quart serait réservé à la production de céréales. Les autorités sont également en plein dans la construction d’un système de canaux et de pompes d’une longueur de 22 km qui contribuera à soutenir la production de céréales dans le nord-est du pays ; l’amélioration de l’accès aux terres pour les agriculteurs relevant du secteur informel reste également une priorité.

En outre, l’utilisation d’engrais constitue un autre objectif du nouveau plan du gouvernement en Algérie. Le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural subventionne à l’heure actuelle le coût des engrais à hauteur de 20%. Des chiffres publiés par la Banque Mondiale indiquent toutefois que l’utilisation d’engrais en Algérie entre 2009 et 2013 est bien inférieure à celle de certains de ses voisins. En moyenne, les producteurs ont utilisé 12,7 kg d’engrais par hectare de terre arable en Algérie, des chiffres très en deçà de ceux qu’affichent le Maroc (39,1 kg par hectare) et la Tunisie (40,4 kg par hectare).

L’Algérie entend également agir en faveur de l’amélioration des compétences techniques de ses agriculteurs. Si le projet n’en est encore qu’à ses débuts, la création d’une Ecole nationale des métiers de l’agriculture, des forêts et de l’agro-industrie (ENMAFA) devrait jouer un rôle capital en ce qui concerne l’amélioration de la formation et des compétences professionnelles. L’école, dont l’emplacement exact reste encore à déterminer, offrira des formations aux métiers des secteurs agricole, forestier et agro-industriel.

Améliorer la productivité, notamment grâce à une intensification de la production locale et une utilisation accrue des engrais, voilà qui devrait être la priorité à l’avenir, selon le directeur de l’Institut National de la Recherche Agronomique d’Algérie, Fouad Chehat. « Avec le rythme de croissance démographique que connait la population, les besoins alimentaires sont de plus en plus importants. Pour assurer une meilleure couverture de la demande, il est impératif d’agir sur l’amélioration des rendements de la production agricole, » a déclaré ce dernier aux médias locaux.

 

 

Algeria moves to boost agricultural production

En Français

Weaker oil prices coupled with a drive to improve food security have prompted Algeria to accelerate its planned agricultural reforms over the next five years.

In 2014, the government announced plans to spend AD300bn (€2.8bn) annually on agriculture, as part of the “Plan Quinquennal 2015-19”, to build on the country’s Agricultural and Rural Renewal Policy (Politique de Renouveau Agricole et Rurale, PRAR). During the 2014-15 agricultural season, the government aims to facilitate a number of improvements, such as the introduction of advanced irrigation techniques and higher fertiliser usage. It will also be looking to increase domestic production of staples from potatoes to milk.

Strengthening a key sector

Currently the agricultural sector is a major component of the country’s non-hydrocarbons economy. As a whole, farming and agroindustrial activity contributes just under 9% to Algeria’s GDP, and in 2013, it employed more than 2.4m people – equal to nearly one-fifth of the entire labour force. Agriculture’s share of GDP has eased slightly since 2012, when it was closer to 10%, but that is due primarily to stronger revenues in the secondary sector. Agricultural production has actually increased steadily since in recent years, reaching more than €23bn in 2013.

The PRAR, which was launched in 2008, has been a key driver of industry development in recent years, leading to an annual growth rate in agricultural production of 8.3% between 2010 and 2014, up from an average of 6% between 2000 and 2008. Measures introduced under the initial PRAR scheme included facilitating farmers’ access to land and the introduction of preferential lending rates for producers, along with efforts to encourage farming in under-served areas such as the Hauts-Plateaux.

While the PRAR has seen improvements in terms of production, development and equipment usage, there is still plenty more to be done, according to the minister of agriculture, Abdelwahab Nouri. “Agriculture continues to face challenges with respect to the climate and a lack of institutional order,” Nouri said, speaking to OBG in the summer of 2014. “To address these issues, the government is allocating additional budgetary funds to improve agriculture and rural development from 2015 to 2019,” he added.

Planning ahead

A number of key challenges will need to be tackled over the next five years if the programme objectives are to be met.  Unsurprisingly, given the country’s arid environment, water usage is one of the primary focal points. The government hopes to create 2m ha of irrigated land − from 1.2m ha currently − with over a quarter earmarked for the production of cereals. Authorities are also partway through the development of a 22-km system of canals and pumps that will help support cereal production in the north-east while improving access to land for farmers operating informally remains a key focus.

Increasing the use of fertilisers in Algeria is also another key objective under the government’s five-year plan, including the creation of co-operatives, which can work together in the area of machinery and fertilisers. At present, the Ministry of Agriculture and Rural Development subsidises 20% of the cost of fertilisers. However, figures from the World Bank indicate that Algeria’s use of fertilisers between 2009 and 2013 sat well below that of some of its peers. Producers used an average of 12.7 kg of fertiliser per ha of arable land in Algeria, significantly less than Morocco (39.1 kg per ha) and Tunisia (40.4 kg per ha).

Algeria is also targeting improving the technical capacity of its farmers. While still in its early stages, the creation of the School of Agricultural, Forestry and Agribusiness Professions (Ecole nationale des métiers de l’agriculture, des forêts et de l’agro-industrie , ENMAFA) is expected to play a major role improving training and vocational skills. The school will provide training in agriculture-related occupations, forestry and agro-industry with the exact location of the school still to be determined.

Improving productivity, including focusing on an intensified local production and greater use of new farming techniques, should be the focus moving forward according to the director of the Algerian National Institute of Agronomic Research, Fouad Chehat. “With the pace of population growth in the population, food needs are increasingly important. To ensure better coverage of demand, it is imperative to act on improving yields of agricultural production,” Chehat told local media. 

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