L’Algérie accroît sa production d’engrais grâce à une nouvelle usine

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La production algérienne d’engrais est en hausse, en partie grâce à deux nouveaux sites d’envergure déjà opérationnels, un troisième devant démarrer ses activités  cette année.

Au cours des trois premiers trimestres de 2014, les recettes d’exportation générées par les engrais ont quasi triplé par rapport aux chiffres de l’année précédente, atteignant 657 millions de dollars ; l’ammoniac et l’urée représentent un tiers des exportations hors hydrocarbures, devancés seulement par les produits dérivés du pétrole.

Les exportations d’ammoniac ont à elles seules doublé en glissement annuel et ont atteint 421,7 millions de dollars entre janvier et septembre 2014. Le plus fort taux de croissance revient cependant à d’autres engrais minéraux, en premier lieu les produits à base d’urée. Les exportations d’engrais minéraux ont fait un bond considérable et se sont établies à 235,3 millions de dollars, soit plus de dix fois les résultats enregistrés à la même période l’an dernier, grâce à la mise en service d’une deuxième usine de production, Sorfert, en août 2013.

L’Algérie a connu une hausse de 31,7% en glissement annuel de ses recettes d’exportation hors hydrocarbures, atteignant 2,05 milliards de dollars, qui s’explique principalement par la croissance des exportations d’engrais, même si ces dernières représentent toujours moins de 5% des exportations totales.

L’ammoniac et l’urée permettent la création de valeur ajoutée grâce à la transformation de gaz bon marché – ce dont l’Algérie dispose en grande quantité, avec 159 000 milliards de pieds cubes de réserves de gaz récupérables.

Une augmentation d’un tiers pour la production

Le secteur devrait être placé sous le signe de la croissance en 2015 : les opérateurs déjà établis  sont en passe d’intensifier leur production et un troisième opérateur devrait démarrer ses activités au début de cette année. Sonatrach, le groupe énergétique public dont les activités regroupent à la fois les segments aval et amont, s’est associé aux Omanais de Suhail Bahwan Holding Group (SBGH) pour créer un troisième opérateur, baptisé Al Djazaïria  Al Omania Lil Asmida (AOA).

La construction de l’usine d’AOA, dont le coût s’est  élevé à 2,6 milliards de dollars, s’est achevée récemment à Arzew – un centre important de l’industrie pétrochimique. Un responsable de la Sonatrach a annoncé en novembre que, selon leurs prévisions, les phases de production et de commercialisation devraient être lancées au cours du premier trimestre de 2015. AOA produira de l’ammoniac converti à l’urée dans une première étape et disposera d’une capacité de production de 2,4 millions de tonnes, ce qui représente une augmentation d’un tiers de la production nationale.

Le projet se concrétise désormais, après avoir piétiné pour cause de discussions sur le prix du gaz. Si les détails du nouveau contrat n’ont pas été rendus publics, on a pu lire dans la presse locale que le prix du gaz serait indexé sur les cours internationaux, ce qui permettra à la Sonatrach, qui détient une participation de 49% dans l’entreprise, de se tailler une plus grande part des recettes. Le contrat initial s’appuyait sur des prix du gaz subventionnés.

Un actionnariat international

Le lancement de l’usine d’AOA fait suite à l’annonce de projets de modernisation et d’expansion de deux autres grands sites de production d’ammoniac et d’urée.

Fertial, une joint-venture entre les Espagnols de Grupo Villar Mir et Asmidal, une filiale de la Sonatrach, a annoncé que l’entreprise allait investir 250 millions d’euros entre 2014 et 2018 afin de moderniser ses deux sites de production d’ammoniac à Arzew et à Annaba et d’augmenter sa capacité de production, qui passerait de 1,2 million de tonnes à 1,8 million de tonnes. La société d’ingénierie américaine KBR a obtenu en septembre un contrat pour moderniser les usines de Fertial et en améliorer l’efficacité énergétique.

Sorfert dispose d’une capacité de production d’1 million de tonnes d’ammoniac et de 800 000 tonnes d’urée par an. L’entreprise, une joint-venture entre les Égyptiens de Orascom Construction Industries et la Sonatrach, a annoncé au mois de novembre qu’elle avait produit et exporté 739 000 tonnes d’ammoniac et 750 000 tonnes d’urée depuis sa mise en service en août 2013, générant des recettes totales de près de 500 millions de dollars.

Ces partenaires étrangers sont tous les trois actionnaires majoritaires des joint-ventures, les accords initiaux ayant été signés avant l’entrée en vigueur en Algérie en 2009 de la loi des 51/49%, qui impose un actionnariat majoritaire aux entreprises algériennes.

Une diversification dans l’aval

Le potentiel des produits pétrochimiques est énorme, à l’heure où l’Algérie cherche à réduire sa dépendance face aux cours des matières premières. Ses principaux produits à valeur ajoutée sont le méthanol, le nitrogène liquide et l’hélium, ce dernier étant produit par une joint-venture de la Sonatrach et du groupe allemand Linde dans une usine d’Arzew. Les exportations de produits pétrochimiques – parmi lesquels les solvants, le naphta, le méthanol, l’hélium et les engrais – ont généré des recettes en devises à hauteur d’1,34 milliard de dollars en 2013, soit deux-tiers du total des exportations hors hydrocarbures.

Les hydrocarbures ont été responsables de près de 96% des recettes d’exportations au cours des trois premiers trimestres de l’année 2014, un chiffre qui reste stable par rapport à l’année précédente. L’Algérie, membre de l’OPEP, est le quatrième pays d’Afrique en termes de réserves de pétrole et le deuxième en termes de réserves de gaz mais la production stagne depuis quelques années.

 

 

Algeria expands fertiliser production with new plant

En Français

Fertiliser production is increasing in Algeria, thanks in part to two new major sites already online and a third due to start early 2015.

In the first nine months of 2014, export revenue from fertilisers almost tripled from a year ago to $657m, with ammonia and urea the biggest sellers, accounting for one-third of non-hydrocarbons exports, second only to oil derivative products.

Exports of ammonia alone doubled year-on-year to reach $421.7m between January and September 2014. The highest growth rate, however, came from other mineral fertiliser products, primarily urea. Mineral fertiliser exports jumped more than tenfold to $235.3m in the same period thanks to the addition of a second production plant, Sorfert, in August 2013.

The growth in fertiliser exports was the main reason behind a 31.7% rise year-on-year in revenue from non-hydrocarbon exports to $2.05bn, although these still represented less than 5% of total exports.

Ammonia and urea allow for value addition by processing cheap gas feedstock – something which Algeria has ample supplies of, with 159trn cu ft of recoverable gas reserves.

Output to increase by one-third

The sector is set to grow in 2015 as existing operators ramp up production and a third operator prepares to come online early in the year. Sonatrach, the state-owned energy firm involved in both upstream and downstream activity, teamed up with Oman’s Suhail Bahwan Holding Group (SBGH) to create a third operator, Al Djazaïria Al Omania Lil Asmida (AOA).

The recently-completed AOA plant is based in Arzew − a major centre for the petrochemical industry – with the plant built at a cost of $2.6bn. A Sonatrach official said in November that they expect to launch production and the commercialisation phase during the first quarter of 2015. AOA will produce ammonia converted to urea in the initial stages, with an expected capacity of 2.4m tonnes, increasing national production by about one-third.

The project is moving forward after stalling over discussions related to the price of gas feedstock. Details of the new contract have not been made public, but local press reports indicate gas will be indexed to international market prices, allowing Sonatrach, which has a 49% stake, to carve out a larger share of revenue. The initial contract was based on subsidised gas prices.

International ownership

The launch of the AOA plant follows the announcement of modernisation and expansion plans at two other large ammonia and urea facilities.

Fertial, a joint venture between Spain’s Grupo Villar Mir and Sonatrach’s subsidiary Asmidal, announced that the company will invest €250m between 2014 and 2018 to modernise its two ammonia production sites in Arzew and Annaba and increase production capacity from 1.2m tonnes to 1.8m tonnes. The American engineering firm KBR was awarded a contract in September to revamp Fertial’s plants and improve energy efficiency.

Sorfert has the capacity to produce 1m tonnes of ammonia and 800,000 tonnes of urea per year. The firm, a joint venture between Egypt’s Orascom Construction Industries and Sonatrach, announced in November that it produced and exported 739,000 tonnes of ammonia and 750,000 tonnes of urea since its launch in August 2013, making total revenues of nearly $500m.

All three foreign partners are majority owners of the joint ventures as the initial agreements were signed before the implementation in 2009 of Algeria’s 51-49% law, which requires Algerian firms to be majority stakeholders.

Diversifying downstream

Petrochemicals have major potential as Algeria looks to reduce its reliance on raw commodity prices. Its main value-added products are methanol, liquid nitrogen and helium, with the latter produced in a joint venture between Sonatrach and Germany’s Linde at Arzew. Petrochemical exports – including solvents, naphtha, methanol, helium and fertilisers – generated foreign receipts of $1.34bn in 2013, two-thirds of total non-hydrocarbons exports.

Hydrocarbons accounted for nearly 96% of export revenues in the first nine months of 2014, almost flat year-on-year. OPEC member Algeria has the fourth-largest oil reserves and second-largest gas reserves in Africa but production has plateaued in recent years.

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