Gabon : Vers un secteur du commerce de détail plus formel

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Le secteur du commerce de détail gabonais s’apprête à recevoir une importante injection de capitaux l’année prochaine, suite à la signature d’un contrat avec le groupe suisse Webcor, portant sur la construction du plus grand marché que Libreville ait jamais connu. Le lancement du projet, prévu pour début 2013, constitue une étape importante dans les efforts du pays de professionnaliser le secteur, qui reste dominé par le commerce informel.

Webcor, groupe spécialisé dans la production et la distribution de denrées alimentaires et de matériaux de construction, s’est engagé à investir 27 milliards de francs CFA (41,16 millions d’euros) sur les trois prochaines années en vue de la construction et de l’exploitation d’une zone commerciale, le Grand Marché, dans le quartier des Jardins de la Peyrie à Libreville. La société, qui s’est vue accorder un bail de 50 ans pour le terrain, prévoit la construction d’une infrastructure moderne et formelle pour le marché, qui permettra à terme l’installation de 2000 commerçants et la création de 1000 nouveaux emplois, selon les résumés du projet.

L’État gabonais détiendra une part de 10% du capital social du projet, dévoilé pour la première fois en juin 2010 suite à la signature d’un contrat cadre définissant les paramètres du projet. Ce n’est toutefois qu’avec la signature d’un nouvel accord le 16 novembre que les détails financiers du projet ont été précisés, notamment en ce qui concerne les critères d’obtention d’avantages fiscaux et douaniers.

La date de lancement de la première phase du projet avait été fixée au 1er décembre et l’investissement initial prévu pour le premier trimestre 2013. La durée des travaux est estimée à 36 mois, soit une date de livraison provisoire située mi-2016.

Le Grand Marché contribuera à encourager une plus grande formalisation d’un secteur du commerce de détail qui reste relativement peu développé. Malgré un PIB par habitant élevé grâce aux ressources pétrolières du pays, seul un petit nombre de grands groupes de distribution se sont implantés au Gabon, dont Prix Import et la marque française Géant Casino, qui détient une part de marché de 10% dans le secteur formel du commerce de détail. Ces entreprises ont cependant une couverture territoriale limitée et même la Compagnie d’Exploitations Commerciales Africaines-Gabonaise de Distribution (CECA-GADIS), leader national de la distribution de produits alimentaires, gros et détail en termes de marché, n’est présente que dans quelques zones urbaines.

Cependant, des droits de douane élevés et une production locale plus que limitée font que les prix pratiqués par le secteur commercial formel sont hors de portée pour une grande partie des ménages gabonais. Ainsi, la plupart de l’activité commerciale de détail a lieu sur des marchés se tenant de manière informelle, dans la rue ; en effet, le secteur informel représente, selon les estimations, 80% des activités commerciales de détail.

Étant donné le fossé qui existe entre le pouvoir d’achat des Gabonais et les prix à l’importation, les marchés de rue vont continuer à jouer un rôle important dans le secteur de la vente au détail dans un avenir prévisible. L’irrégularité de ce type de marché, auquel s’ajoute un contrôle public insuffisant, a conduit à l’émergence d’une vaste classe de commerçants du secteur informel. L’État a commencé l’an dernier à lutter contre la vente ambulante non autorisée, en prévision notamment de la Coupe d’Afrique des Nations de football 2012, qui s’est tenue en janvier. Mais selon la presse locale de nombreux vendeurs ambulants sont réapparus au cours des trois derniers mois, soit à une période de l’année où la demande de fournitures scolaires et autres articles domestiques connait généralement une augmentation.

Pour mesurer l’ampleur de ce phénomène, il suffit de prendre l’exemple du Marché Mont-Bouët, le plus grand marché de plein air de la capitale, où une très forte affluence et une extension anarchique ont engendré des conditions de fonctionnement dangereuses. Au mois d’octobre, un incendie a ravagé une partie du marché, construite en bois, rendant inutilisable une surface importante. Il s’agit du troisième incendie dont est victime le marché Mont-Bouët en l’espace de 3 ans.

Une fois terminé, le Grand Marché devrait prendre la place du Marché Mont-Bouët et devenir le principal marché de la capitale, contribuant ainsi à accroître la formalité et la rigueur du secteur du commerce de détail. La régularisation des marchés de rue de Libreville devrait également se traduire par une source de revenus plus stable pour l’État dans la mesure où la formalisation du secteur passera par une perception d’impôts et de loyers auprès des commerçants qui tiendront des étals dans la nouvelle zone.

Les spécificités du secteur gabonais du commerce de détail font que les marchés de plein air continueront à jouer un rôle essentiel dans la satisfaction de la demande locale en biens de consommation. Cependant, le nouveau projet du Grand Marché constitue un pas important vers plus de structure et de contrôle de ces activités. Si un contrôle public suffisant est appliqué, cette zone commerciale modernisée pourrait bien contribuer à la formalisation du secteur du commerce de détail sur le moyen terme.

 

Gabon: Formalising the retail sector

En Français

The retail sector is set to see a major capital injection next year, following the signature of a contract with Swiss group Webcor to construct Libreville’s largest-ever market centre. The launch of this project, slated for early 2013, is a step forward in the country’s efforts to professionalise the retail sector, which continues to be dominated by informal commerce.

Webcor, a group specialising in the production and distribution of food products and construction materials, has committed to investing CFA27bn (€41.16m) in the next three years to construct and operate a commercial zone, the Grand Marché, in the Peyrie Gardens neighbourhood of the capital. The firm was accorded a 50-year lease for the plot in the capital and plans to construct a formal, modern market space that will ultimately accommodate 2000 merchants and create 1000 new jobs, according to project summaries.

The Gabonese government will hold a 10% stake in the operation, which was initially unveiled in June 2010 following the signature of a basic convention outlining the project parameters. However, it was not until a follow-up agreement was signed on November 16 that the financial details of the project, including eligibility for fiscal and customs incentives, were clarified.

The first phase of the project was set to launch on December 1, with the initial investment to come in the first quarter of 2013. Construction is expected to require 36 months to complete, placing the tentative delivery date in mid-2016.

The Grand Marché will help encourage further formalisation of a retail market that is still fairly undeveloped. In spite of the oil-rich country’s high per capita GDP, only a handful of large distribution brands, such as Prix Import and France-based Géant Casino, which holds a 10% share of the formal retail market, have implanted themselves in Gabon. However, these companies have limited territorial coverage and even the country’s largest wholesale, distribution and retail operation in terms of market coverage, the African Business Operations Company-Gabon Distribution Company (Compagnie d’Exploitations Commerciales Africaines-Gabonaise de Distribution, CECA-GADIS), is only present in select urban areas.

However, high Customs duties and negligible local production of consumer goods means that prices in the formal retail market are beyond the reach of a large proportion of Gabonese households. As such, the majority of retail activity takes place in more informal street markets; indeed, the informal sector represents an estimated 80% of retail business.

Given the disconnect between the purchasing power of Gabonese nationals and import prices, street markets will continue to play an important role in the retail sector in the foreseeable future. The irregularity of these types of markets, combined with insufficient public oversight, has given rise to a large class of informal merchants. The government has moved to crack down on unauthorised vendors in the past year, particularly in advance of the 2012 Africa Cup of Nations football tournament in January. However, local press reports indicate that many vendors have returned in the past three months, when demand for school supplies and other household goods typically increases.

This phenomenon is particularly evident in the capital’s largest outdoor market, the Marché Mont-Bouët, where overcrowding and unregulated expansion have led to dangerous operating conditions. A wood-constructed section of the market caught fire in October, leaving large sections inoperable; this was the third fire in the Mont-Bouët market in as many years.

Upon completion, the Grand Marché is intended to replace Mont-Bouët as the capital’s primary market space, in the interest of bringing increased formality and rigour to the retail sector. The regularisation of Libreville’s street markets should also bring in a steadier source of revenue to the government, by formalising the collection of taxes and rent payments from merchants running stalls in the new zone.

The particularities of the Gabonese retail sector mean that open-air markets will continue to play an essential role in meeting local demand for consumer goods. However, the new Grand Marché project represents an important effort to bring more structure and oversight to these operations. If accompanied by sufficient public oversight, this modernised shopping area may help to formalise the retail sector in the medium term.

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