Gabon : Développement de l’accès aux services bancaires

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Au Gabon, le taux de pénétration du secteur financier formel devrait dans les prochains mois évoluer à la hausse, notamment du fait d’un effort concerté de la part des banques pour développer les services de transactions financières par téléphone portable. La récente mise en place d’un partenariat visant à offrir des services bancaires depuis le téléphone portable, ainsi que les projets de nombreuses banques d’accroître leur réseau de filiales et l’ouverture prochaine d’une banque postale vont contribuer à poser des bases solides qui permettront d’accroître de manière significative la population bancarisée au Gabon.

En février 2012, l’opérateur gabonais en téléphonie mobile Bharti Airtel a lancé un partenariat avec l’institution financière BGFI Bank pour fournir des services de transactions financières et de transfert d’argent à partir du téléphone portable dans l’ensemble du pays. Baptisé « Airtel Money » et lancé à la fin mars, le système – qui ne nécessite pas de compte en banque - permettra aux abonnés d’envoyer et de recevoir de l’argent, d’effectuer des dépôts et des retraits, d’acheter du forfait téléphonique et de payer des factures de biens et de services.

Des responsables d’Airtel ont confié aux médias locaux que tout un réseau d’institutions partenaires, au nombre d’environ 150 – parmi lesquelles des stations services, des magasins et des supermarchés – accepteront les paiements des comptes bancaires mobiles Airtel Money. Petro Gabon, les supermarchés Prix Import et quelques pharmacies de Libreville participent à ce programme depuis sa période d’essai. Les frais de transaction, qui varient entre 100 francs CFA (0,15 euros) et 2500 francs CFA (3,80 euros), permettent de couvrir les coûts du programme.

Les services de transfert d’argent par téléphone portable sont de plus en plus populaires en Afrique, le taux de pénétration du portable dépassant largement celui du secteur financier formel sur le continent. Parmi les programmes les plus connus, on peut citer le service MPESA au Kenya : lancé par Safaricom en 2007, il traite un volume de transactions annuel de plus de 4 milliards de dollars US. Inspirés par ce succès, des projets semblables ont vu le jour dans d’autres pays, comme le service Yoban’tel au Sénégal – fruit d’un partenariat de la Société Générale avec, entre autres, l’opérateur de téléphonie mobile Tigo - ou la plateforme MTN Mobile Money au Ghana, en partenariat avec plusieurs banques locales.

De manière générale, les services de transfert d’argent par téléphone portable constituent un marché riche en potentiel dans la mesure où ils peuvent surmonter les principaux obstacles à la croissance que connait le secteur bancaire, à savoir dans le cas du Gabon une population relativement peu nombreuse et non polarisée. Les services de transfert d’argent par téléphone portable ont également des répercussions positives sur le marché de l’emploi en zone rurale, s’avérant un moyen efficace pour les entreprises d’engager et de payer des employés dans des zones plus reculées.

C’est là que le dynamisme du secteur de la téléphonie mobile gabonaise rentre en jeu, celui-ci représentant une manière efficace de toucher les populations rurales et les faibles revenus. Le nombre d’abonnés au téléphone portable a explosé, passant de 53,7% de la population en 2005 à 106% en 2010, chiffre d’autant plus impressionnant quand on sait qu’environ seulement 15% de la population est bancarisée. La pratique très répandue consistant à posséder plusieurs portables pour bénéficier de la meilleure couverture et des meilleurs tarifs gonfle quelque peu les chiffres mais même les estimations les plus prudentes donnent néanmoins un taux de pénétration du marché du téléphone mobile proche de 90%.

Mais si on a assisté ces dernières années à une augmentation du nombre d’installations bancaires- de 2005 à 2009, le nombre d’agences bancaires pour 100 000 adultes est passé de 3,57 à 4,69 et le nombre de guichets automatiques de banque pour 100 000 adultes de 5,35 à 8,62 - une grande partie du pays ne dispose que d’un accès relativement limité aux services bancaires formels.

Parmi les plus grandes banques du Gabon en termes de part de marché dans les activités de dépôt et de crédit, certaines, comme BGFIBank, la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Gabon (BICIG) et l’Union Gabonaise de Banque, ont par conséquent lancé des services de banque en ligne. Les clients peuvent gérer leur compte, faire des virements et commander des chéquiers sur internet.

Cependant, avec un taux de pénétration de l’Internet se situant autour des 12%, de tels services ne concernent encore qu’une frange limitée de la population. L’arrivée de nouveaux câbles à fibres optiques prévue pour fin 2012 devrait entraîner une hausse du nombre d’abonnés à l’Internet, notamment à l’intérieur du pays, mais les services de transactions financières par téléphone portable joueront sans doute un rôle plus important dans le développement du secteur sur le court terme vu la saturation du marché de la téléphonie mobile.

Autre nouvelle prometteuse pour le secteur bancaire traditionnel : le lancement prévu de la Postebank, filiale de la compagnie postale gabonaise La Poste, présente dans 73 bureaux à travers le pays. A l’heure actuelle, la Postebank ne dispose que d’une gamme de services de base, comme le compte chèque et le compte épargne, et le transfert d’argent avec Western Union, mais elle devrait lancer en 2012 une gamme complète de services bancaires destinés aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises, avec des services de carte de crédit et des guichets automatiques de banque.

« Jusqu’à présent, les activités bancaires étaient concentrées sur Libreville et quelques provinces. Les 45 nouvelles succursales de la Postebank vont contribuer à rendre plus accessible les services bancaires traditionnels dans la capitale et en province. Cette stratégie de proximité permettra de toucher une plus grande tranche de la population à « revenus modestes » et , par conséquent, améliorer le taux de bancarisation », a confié Télesphore Obame, vice-président Marchés financiers internationaux de Citibank Gabon, à OBG.

Si les opérateurs parviennent à combler les besoins en ressources humaines qu’impliquent leurs stratégies d’expansion, l’ouverture de nouvelles succursales bancaires ainsi que le lancement de services nouveaux et innovants pour attirer la population non bancarisée sont très bons signes pour le développement du secteur financier au Gabon.

 

Gabon: Bringing banking to the people

En Français

Gabon’s formal financial penetration is set to deepen in the coming months thanks in part to a concerted effort by banks to expand retail banking services. The launch of a recent joint venture to provide mobile banking services, along with plans by a number of banks to increase branch networks and the expected launch of a post office bank, will help lay the groundwork to significantly increase Gabon’s banked population.

Gabon telecoms operator Bharti Airtel launched a joint venture with BGFIBank in February 2012 to provide mobile banking and money transfer services throughout the country. Launched under the name “Airtel Money” in late March, the plan – which does not require a bank account – allows subscribers to send and receive money, deposit and withdraw cash, purchase airtime credit, and pay bills for goods and services.

Airtel executives have told local media that a network of up to 150 partner institutions – including petrol stations, stores and supermarkets – will accept payments from Airtel mobile accounts. Petro Gabon, Prix Import supermarkets and some pharmacies in Libreville began participating in the programme during its testing phase. Transaction fees, which vary between CFA100 (€0.15) and CFA2500 (€3.8), pay for the programme’s costs.

Mobile money services have become increasingly popular in Africa, where mobile phone penetration far outstrips formal financial penetration. One of the better-known initiatives is Kenya-based Safaricom’s MPESA programme, which was launched in 2007 and handles more than $4bn annually. Its success has spawned similar projects elsewhere, such as Yoban’tel in Senegal – which is run by a consortium including mobile operator Tigo and Société Générale – or MTN’s Mobile Money in Ghana, which is operated in conjunction with a number of local banks.

On the whole, mobile money services offer the potential to overcome the principal obstacles to growth in the banking sector, which are compounded in Gabon by a comparatively small and decentralised population. Mobile money services also provide positive impacts for the rural employment market, providing an efficient way for companies to hire and pay workers in more isolated areas.

This is where Gabon’s dynamic mobile phone market should provide an efficient way of reaching lower-income and rural residents. The number of mobile phone subscribers jumped from 53.7% of the population in 2005 to 106% by 2010, compared to roughly 15% of the population that has access to formal banking services. The mobile numbers may be somewhat inflated due to the widespread practice of owning several phones to get the best coverage and rates, but even conservative estimates nonetheless put market penetration levels close to 90%.

However, while the number of banking facilities has increased in recent years – from 2005 to 2009, the number of commercial bank branches per 100,000 adults rose from 3.57 to 4.69, and the number of ATMs per 100,000 adults rose from 5.35 to 8.62 – access to formal banking services remains relatively limited throughout much of the country.

Some of the largest banks by market share of deposits and loans, including BGFIBank, the Commercial and Industrial Bank of Gabon (BICIG) and the Gabonese Union of Banks, have thus turned to online banking services. Clients can manage their accounts, send transfers and order checks via the internet.

However, with an internet penetration rate hovering around 12%, the audience for such services remains limited. The arrival of new fibre-optic cables projected for late 2012 should increase the number of internet subscribers, including in the interior, but mobile banking services should provide more of a short-term boost for the sector, given the cell phone market saturation.

Another promising development for the traditional banking sector is the expected launch of Postebank, a unit of the Gabonese post office, La Poste, which has 73 offices around the country. Postebank currently offers basic services including checking and savings accounts and Western Union money transfers, but is set to launch full banking services in 2012 for both retail and business clients, including ATM and credit card services.

“Yet banking activities were traditionally concentrated in Libreville and a few provinces. The 45 new branches of the Postebank will help in making traditional banking services more accessible in the capital and in the provinces. This strategy of proximity will provide access to a larger part of the low-income population and, consequently, improve the banking penetration rate,” Télesphore Obame, the vice-president of global markets at Citibank Gabon, told OBG.

If operators are able to meet the staffing needs of their expansion programmes, the introduction of new bank branches and new, innovative services to engage the unbanked population bode well for the development of the financial sector.

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