En Côte d’Ivoire, une hausse des capacités de production de ciment prometteuse pour les exportations

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La hausse des investissements dans le secteur du ciment en Côte d’Ivoire permettra non seulement de répondre à la demande croissante à l’heure où le pays met en œuvre une stratégie accélérée de développement de ses infrastructures, mais encore de mettre à profit la capacité supplémentaire pour instaurer une filière d’exportation régionale.

Le 28 mars, la joint-venture sino-ivoirienne Prestige Ciment Côte d’Ivoire (PCCI) a inauguré une unité de broyage de ciment près d’Abidjan, pour un investissement de 35 millions de dollars. D’une superficie de 5 hectares, l’usine est dotée de deux lignes de production et affiche une capacité totale d’1,2 million de tonnes de ciment par an, une production destinée à la fois aux marchés régional et national, avec également à la clé la création attendue de 160 emplois directs et 300 emplois indirects.

Le lancement de cette unité industrielle fait suite à l’entrée en production en novembre dernier d’une nouvelle usine par la compagnie des Ciments de Côte d’Ivoire (CIM Ivoire), une filiale de CIM Metal Group, un groupe industriel pluridisciplinaire dont le siège se trouve à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

L’usine, située près d’Abidjan, est dotée d’une capacité de production de 3 millions de tonnes par an et a été financée en partie grâce à un prêt de 9,4 millions de dollars de la Banque Ouest Africaine de Développement.

Arrivée sur le marché d’une concurrence étrangère

Les usines de PCCI et de CIM Ivoire devront faire face à une concurrence plus immédiate sur le marché local, avec une augmentation de capacité attendue d’ici la fin de l’année.

Le 3 avril, le groupe nigérian Dangote Cement a annoncé que sa nouvelle cimenterie était à 70% de sa réalisation complète, avec 80% des équipements déjà installés, et que les travaux de construction et de génie civil atteignaient des niveaux de réalisation du même ordre.

L’usine, dotée d’un budget initial de 200 millions de dollars réévalué ensuite à 150 milliards de francs CFA (228,7 millions d’euros) est située à proximité du Nouveau Parc Industriel de Yongbon, en périphérie d’Abidjan. Une fois opérationnelle, ses deux lignes de production disposeront d’une capacité annuelle combinée de 3 millions de tonnes de ciment.

Les travaux du projet de Dangote ont démarré au deuxième trimestre de 2016, mais le chantier a depuis pris du retard. L’entrée en production est désormais prévue pour fin 2019.

Une demande de ciment à la hausse

Les capacités de production ont enregistré une forte croissance ces dernières années en réponse à l’évolution à la hausse de la demande de ciment engendrée par les investissements dans les programmes de développement des infrastructures et des logements sociaux.

Au mois de mars l’an dernier, le gouvernement a annoncé une intensification de sa stratégie de développement des infrastructures, s’engageant à dépenser 3750 milliards de francs CFA (5,7 milliards d’euros) d’ici 2022, la majorité de cette somme étant destinée au secteur du transport et en priorité à des projets routiers, ferroviaires et maritimes.

La capacité des cimenteries ivoiriennes devrait, en conséquence, atteindre 9,4 millions de tonnes cette année, contre 3,5 millions de tonnes en 2017, selon des estimations officielles.

Afin de répondre à la demande, le pays a accru ses importations de matériaux bruts et semi-transformés, en particulier de clinker, un mélange de calcaire et d’argile qui constitue l’intrant principal de la production du ciment.

Le clinker est la première importation du pays en termes de volume, selon des données publiées par les Douanes Ivoiriennes au mois de mars. Pour la deuxième année consécutive, les importations de clinker ont devancé celles des produits pétroliers et du riz, passant de 3,03 millions de tonnes en 2017 à 3,10 millions de tonnes cette année. A titre de comparaison, la Côte d’Ivoire a importé 2,95 millions de tonnes de pétrole brut et 1,49 million de tonnes de riz en 2018.

Les importations de clinker se sont chiffrées à 9,01 milliards de francs CFA (143,3 millions d’euros) en 2018, contre 85,68 milliards de francs CFA (130,6 millions d’euros) l’année précédente ; des sommes qui devraient encore augmenter dans la mesure où la demande continue de croître et où les producteurs de clinker étranger revoient leurs prix à la hausse, tenant compte de l’augmentation de leurs propres coûts de production.

La capacité supplémentaire représentée par les cimenteries de PCCI et de CIM Ivoire, et par l’usine de Dangote une fois celle-ci entrée en production, s’accompagnera d’une augmentation de l’appétit du secteur pour le clinker à un rythme encore plus soutenu, avec à la clé de nombreuses opportunités pour les fournisseurs sur le marché ivoirien.

L’Algérie est l’un des fournisseurs pressentis pour répondre à la demande ivoirienne ; en effet, la Société des Ciments de Hadjar-Soud, une filiale du groupe public Groupe Industriel des Ciments d’Algérie, a annoncé qu’elle avait commencé à livrer du clinker à la Côte d’Ivoire, exportant début avril une cargaison de 37 000 tonnes depuis le Port d’Annaba en Algérie vers Abidjan.

L’appétit croissant de la Côte d’Ivoire pour les matières premières contribuera également au développement des activités dans le secteur du fret, avec une augmentation du nombre de navires affrétés pour le transport de clinker vers le Port d’Abidjan, où sont actuellement réalisés de grands travaux de modernisation d’un montant de 800 milliards de francs CFA (1,2 milliard d’euros) destinés à doper le trafic.

De nouveaux débouchés à l’exportation

L’augmentation des capacités pourrait également faire de la Côte d’Ivoire un important exportateur de ciment dans les années à venir, alors qu’on s’attend à une hausse de la demande de la part d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.

Mis à part le Ghana, où la capacité de production de ciment s’élève à environ 8,6 millions de tonnes par an, les voisins immédiats de la Côte d’Ivoire, à savoir le Libéria, le Ghana et le Mali produisent soit une faible quantité de ciment soit n’en produisent pas du tout.

Les capacités supplémentaires de la Côte d’Ivoire pourraient ériger le pays au rang de deuxième producteur de ciment de la région, et, avec une production dépassant de loin les besoins intérieurs, l’excédent pourrait être exporté à l’étranger afin de satisfaire la demande des pays voisins procédant à de grands chantiers d’infrastructures.

La Côte d’Ivoire devra toutefois faire face à la concurrence d’autres acteurs ouest-africains, en particulier en provenance de la grande puissance régionale qu’est le Nigéria, qui dispose d’une capacité installée de 58,9 millions de tonnes par an.

 

 

How increased cement capacity in Côte d’Ivoire bodes well for exports

En Français

Rising investment in Côte d’Ivoire’s cement industry will more than meet increasing demand amid the country’s accelerated infrastructure rollout, with the additional capacity set to build a base for regional export trade.

On March 28 Sino-Ivorian joint venture Prestige Ciment Côte d’Ivoire (PCCI) inaugurated a $35m grinding plant outside of Abidjan. The 5-ha facility’s two production lines have a combined capacity of 1.2m tonnes of cement per annum, with output targeting both the regional and domestic markets, while it is also expected to create 160 direct and 300 indirect jobs.

The development follows the November launch of production at a new plant developed by Ciments de Côte d’Ivoire (CIM Ivoire), a subsidiary of the CIM Metal Group, a mixed-discipline industrial corporation headquartered in Burkina Faso’s capital of Ouagadougou.

The plant, located near Abidjan, has a 3m-tonne-per-annum capacity, and was partially funded through a $9.4m loan from the West African Development Bank.

See also: The Report – Côte d’Ivoire 2019

Foreign competition moves into the market

The PCCI and CIM Ivoire plants will have more immediate competition in the local market, with increased capacity expected by the end of the year.

On April 3 Nigeria-based Dangote Cement announced its new cement manufacturing plant was 70% complete, with 80% of equipment installed, and construction and civil engineering works approaching similar levels.

The plant, initially budgeted at $200m but subsequently increased to CFA150bn (€228.7m), is located near the New Industrial Park in Yongbon, outside Abidjan. Its two processing lines will have a combined annual capacity of 3m tonnes when operational.

Dangote broke ground on the project in the second quarter of 2016, though the facility’s rollout has fallen behind schedule. Production is expected to begin by end-2019.

Demand for cement grows

Production capacity has risen sharply in recent years in response to higher demand for cement, generated by investments in infrastructure and housing programmes.

In March last year the government announced it would increase the rollout of infrastructure development, committing to spend CFA3.75trn (€5.7bn) through to 2022, much of it directed towards the transport sector, with road, rail and maritime projects being prioritised.

As a result, the capacity of Côte d’Ivoire’s cement mills is expected to increase from 3.5m tonnes in 2017 to 9.4m tonnes this year, according to government estimates.

In order to meet demand the country is stepping up imports of raw and semi-processed materials, most notably clinker, a mix of limestone and clay that is the basic input for cement production.

In terms of volume, clinker is the country’s leading import, according to data issued by the Customs office in March. For the second consecutive year bulk clinker imports have outstripped both petroleum products and rice, with inbound shipments increasing from 3.03m tonnes in 2017 to 3.10m tonnes last year. By comparison, Côte d’Ivoire imported 2.95m tonnes of crude oil and 1.49m tonnes of rice in 2018.

Clinker imports were valued at CFA94.01bn (€143.3m) in 2018, up from CFA85.68bn (€130.6m) the previous year; however, this is set to rise further as demand increases and overseas clinker producers push up prices to reflect a rise in their own costs.

With new capacity represented by the PCCI and CIM Ivoire facilities, and that of the Dangote plant when it comes on-line, the industry’s appetite for clinker will increase at a more accelerated pace, offering greater opportunities for suppliers to the Ivorian market.

One of the suppliers tipped to meet this demand is Algeria, with materials producer Société des Ciments de Hadjar-Soud, a subsidiary of the state-owned Groupe Industriel des Ciments d'Algérie, announcing it had commenced clinker deliveries to Côte d’Ivoire, having dispatched a 37,000-tonne shipment from the Port of Annaba in Algeria to Abidjan in early April.

Côte d’Ivoire’s growing appetite for raw materials will also support increased activity in the freight transport sector, with more hulls being chartered to carry clinker to the Port of Abidjan, which is currently undergoing a CFA800bn (€1.2bn) upgrade to boost its throughput.

Expansion opens export potential

Increased capacity could also see Côte d’Ivoire become a significant exporter of cement in the coming years, with regional demand set to rise from other countries in West Africa.

With the exception of Ghana, which has a cement capacity of approximately 8.6m tonnes per annum, Côte d’Ivoire’s immediate neighbours Liberia, Guinea and Mali either have little or no domestic cement production.

New capacity could place Côte d’Ivoire as the second-largest cement producer in the region, and with output well above domestic requirements, excess production could be exported abroad to meet the demand from neighbouring countries undertaking significant infrastructure development.

Côte d’Ivoire will face competition from other West African players, however, especially in the form of regional powerhouse Nigeria, which has 58.9m tonnes of installed capacity per annum.

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