Djibouti signe avec l’Ethiopie pour la construction d’un oléoduc

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Suite à la signature fin septembre d’un accord portant sur la construction d’un oléoduc pour un coût total de 1,55 milliard de dollars, les volumes d’essence, de diesel et de carburéacteur que Djibouti est en mesure de transporter vers son voisin éthiopien, qui ne dispose pas d’un accès à la mer, ne manqueront pas d’augmenter.

La réalisation d’infrastructures complémentaires en parallèle du projet d’oléoduc viendra également étayer les efforts déployés par Djibouti pour renforcer sa position de porte d’entrée stratégique vers l’Afrique de l’Est.

D’une longueur de 550 km, l’Oléoduc de la Corne de l’Afrique (Horn of Africa Pipeline) – qui reliera le port djiboutien de Damerjog à un terminal de stockage à Awash, à l’est d’Addis-Abeba  -devrait être synonyme d’efficacité accrue pour la chaîne d’approvisionnement des carburants. L’oléoduc devrait également contribuer à une réduction considérable des coûts et des temps de transport une fois achevé, fin 2018.

L’oléoduc, qui constitue le plus gros investissement des Etats-Unis dans le pays à ce jour, sera financé par la société de capital-investissement américaine Blackstone Group et exécuté par une coentreprise à 50-50 composée du Black Rhino Group de Blackstone et du fournisseur de services sud-africain Mining Oil & Gas Services, une société filiale de Royal Bakofeng Holdings. Les deux entreprises comptent lever au moins 1 milliard de dollars de dette senior, avec un bouclage financier prévu pour 2016.

L’Oléoduc de la Corne de l’Afrique bénéficiera d’une concession de 20 à 30 ans une fois que débutent ses activités commerciales, conformément à la vision de long terme du porteur du projet. « Ce qui est mis en place par Djibouti aujourd’hui devrait permettre de satisfaire la demande engendrée par les développements attendus de l’autre côté de la frontière sur le long terme, et pas seulement représenter une solution intermédiaire pour les 5 ou 10 prochaines années ,»   a expliqué Gregory Meneses, le directeur général de Black Rhino, à OBG.

En plus de l’oléoduc, le projet comprendra la construction d’une unité d’importation et un centre de stockage d’une capacité de 950 000 barils à Damerjog, qui, combinés à des installations de déchargement, vont accroître la capacité du port et le faire gagner en efficacité.

« Ce projet représente bien plus qu’un simple oléoduc ; des infrastructures cruciales arrivent à Djibouti,» a déclaré G. Meneses à OBG. « Bien que l’investissement réalisé à Djibouti représente moins de la moitié de l’investissement total généré par l’Oléoduc de la Corne de l’Afrique, les infrastructures résultantes renforcent considérablement la trajectoire de croissance régionale déjà en place. »

Alimenter la croissance

Le transport de carburant vers l’Ethiopie et ses 90 millions d’habitants constitue à l’heure actuelle une tâche difficile qui nécessite d’emprunter une route de montagne à deux voies sur 800 km. Selon Black Rhino, ce sont quelque 500 camions-citernes qui font le voyage jusqu’à Addis-Abeba chaque jour, un exercice qui s’avère coûteux et lent.

Une fois achevé, l’oléoduc pourra transporter 240 000 barils par jour, ce qui devrait contribuer à alimenter une économie éthiopienne en rapide croissance. Selon le FMI, le PIB du pays a enregistré en 2014 une hausse supérieure à celle de ses voisins, de 10,3%, et devrait connaitre une croissance moyenne de 8% par an jusqu’à 2020.

Cela a entrainé une hausse de la demande en énergie, qui augmente de plus de 15% chaque année, selon Black Rhino, et, par conséquent, la dépendance à du carburant transporté par la route n’est pas viable sur le long terme. L’oléoduc devrait également permettre de mettre fin à d’autres inconvénients du transport routier, telles que les pertes liées aux fuites de carburant pendant le trajet.

Ambitions régionales

Le nouvel oléoduc s’inscrit dans le droit fil d’autres projets destinés à accroître la capacité et l’efficacité du transport entre Addis-Abeba et Djibouti, par où transitent quelque 90% des importations et exportations éthiopiennes.

Les deux pays ont procédé à d’importants investissements dans des projets visant à développer un couloir économique Djibouti-Ethiopie, qu’ils espèrent voir jouer dans les années à venir un rôle plus prononcé de porte d’entrée vers la région.

Une liaison ferroviaire de 750 km entre les capitales Addis-Abeba et Djibouti est déjà achevée, réduisant le temps de trajet de deux jours à moins de 10 heures. La voie ferrée a été construite par les entreprises chinoises China Railway Group et China Civil Engineering Construction Corporation pour un coût d’environ 4 milliards de dollars. Des projets de prolongement de la ligne vers l’Afrique de l’Ouest et de construction d’une autre voie reliant Djibouti à la ville de Mekelle au nord de l’Ethiopie existent également.

Avantage concurrentiel

L’Oléoduc de la Corne de l’Afrique n’est pas une initiative isolée et d’autres projets du même type sont actuellement en cours. Le Kenya, l’une des plus grandes économies d’Afrique de l’Est, a également entrepris plusieurs projets d’infrastructure dans le but d’améliorer la connectivité avec les marchés intérieurs, tel que le couloir de transport Ethiopie-Soudan du Sud-Port de Lamu un ensemble de projets s’étendant du nord du Kenya vers l’Afrique de l’Est et dont le coût total s’élève à 24,5 milliards de dollars.

Djibouti espère cependant vivement jouer un rôle plus important dans l’intégration accélérée qui se déroule actuellement entre la Corne de l’Afrique et l’Afrique de l’Est, et s’attèle à cet effet à étendre la portée de ses nouvelles connexions.

Le potentiel pour améliorer la valeur stratégique du projet de l’Oléoduc de la Corne de l’Afrique, par exemple, existe bien, , en particulier si Awash est reliée aux lignes de chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba et Djibouti-Mekelle. G. Meneses affirme que relier  l’oléoduc au réseau ferroviaire et au transport routier laisse entrevoir le potentiel d’une distribution plus vaste vers l’Ethiopie, le Soudan du Sud, l’Ouganda et le nord du Kenya.

 

 

Djibouti seals pipeline deal with Ethiopia

En Français

A $1.55bn pipeline deal signed in late September is set to boost the volumes of petrol, diesel and jet fuel that Djibouti is able to transport to landlocked Ethiopia.

Additional infrastructure, to be rolled out alongside the pipeline initiative, will also strengthen Djibouti’s efforts to reinforce its position as a strategic gateway to East Africa.

A long-term link

The 550-km Horn of Africa Pipeline ­– to link Djibouti’s Damerjog port with a storage terminal in Awash, to the east of Addis Ababa – is expected to increase efficiency in the fuel supply chain. This should help reduce transportation costs and cut journey times significantly when the project is completed in late 2018.

The pipeline, which ranks as the largest US investment in the country to date, is being financed by the US-based private equity firm Blackstone Group and will be carried out by a 50:50 joint venture between Blackstone’s Black Rhino Group and South African service provider Mining Oil & Gas Services, a unit of Royal Bafokeng Holdings. The two companies plan to raise at least $1bn in senior debt financing, with financial close expected in 2016.

The Horn of Africa Pipeline will operate as a 20-to-30-year concession once commercial operations begin, in line with the developers’ long-term vision. “What Djibouti puts in place now should be appropriate for what we expect to happen across the border long term, rather than offering a five- or 10-year solution,” Gregory Meneses, managing director of Black Rhino, told OBG.

In addition to the pipeline, the project will also include construction of an import facility and 950,000 barrels of storage capacity in Damerjog, which, together with off-loading facilities, is set to increase efficiency and capacity at the port.

“The project is much more than just a pipeline; critical infrastructure is going into Djibouti,” Meneses told OBG. “Although the investment into Djibouti is less than half the total investment of the Horn of Africa Pipeline project, the infrastructure included significantly bolsters the strong existing regional growth trajectory.”

Fuel for growth

At present, transporting fuel to 90m-person Ethiopia is a difficult task and involves navigating an 800-km, two-lane route across mountainous terrain. Some 500 tankers make the journey to greater Addis Ababa each day, according to Black Rhino, in what amounts to a costly and timely exercise.

Once completed, the pipeline will have the capacity to transport 240,000 barrels per day, which should help fuel Ethiopia’s rapidly growing economy. The country’s GDP expanded by 10.3% in 2014, according to the IMF, outpacing its peers, and is expected to grow by an average of 8% per annum through to 2020.

This has led to higher demand for energy, which is increasing by more than 15% each year, according to Black Rhino, rendering dependency on road-transported fuel unsustainable. The pipeline is also expected to address other disadvantages of land transport, such as waste from fuel leaks that occur en route.

Regional ambitions

The new pipeline dovetails with other projects aimed at increasing transport capacity and efficiency between Addis Ababa and Djibouti, which processes some 90% of Ethiopian inbound and outbound trade.

Both countries have invested heavily in projects aimed at developing a Djibouti-Ethiopia economic corridor, which the two countries hope will take on a more prominent role as an entry point for the region in the coming years.

A 750-km rail link connecting the capital cities of Addis Ababa and Djibouti has already been completed, cutting travel times from two days to less than 10 hours. The railway was built by the China Railway Group and the China Civil Engineering Construction Corporation at a cost of around $4bn. There are also ambitions to extend the line into West Africa and build another track linking Djibouti to the northern Ethiopian city of Mekelle.

Competitive edge

The Horn of Africa pipeline project is not the only such initiative under way. Kenya, one of East Africa’s largest economies, has also undertaken several infrastructure projects targeting improved connectivity with inland markets, such as the Lamu Port-Southern Sudan-Ethiopia Transport corridor, a $24.5bn package of projects stretching across northern Kenya and into East Africa.

However, Djibouti is especially keen to play a key part in the accelerated integration under way between the Horn of Africa and greater East Africa, and is working to extend the reach of its new linkages further afield.

There is potential, for example, to enhance the strategic value of the Horn of Africa pipeline, particularly if Awash is connected to the Djibouti-Addis Ababa and Djibouti-Mekelle railway lines. According to Meneses, linking up the railway systems, trucking delivery and pipeline could pave the way for wider distribution to Ethiopia, South Sudan, Uganda and northern Kenya.

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