Djibouti se prépare à accueillir les touristes

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Déterminé à développer son secteur touristique dans les vingt prochaines années, Djibouti mise en priorité sur le concept de voyage exclusif, espérant tirer parti d’une demande en constante augmentation.

Bordant la mer rouge et abritant un éventail de paysages uniques, Djibouti souhaite tout particulièrement axer sa stratégie sur les segments aventure et écotourisme. Les voyages d’affaires occupent également une place de choix dans la politique touristique, le pays cherchant à renforcer son rôle de porte d’entrée vers l’Ethiopie voisine et ses 94 millions d’habitants par le biais d’une amélioration de ses infrastructures et de ses liaisons commerciales.

Les chantiers prévus pour les dix prochaines années, parmi lesquels on peut citer deux nouveaux hôtels de luxe et deux aéroports, montrent bien que la politique nationale visant à accroître le nombre de visiteurs est déjà en marche, même si des inquiétudes demeurent quant à l’insuffisance des infrastructures.

Un potentiel inexploité

La Banque Mondiale a également souligné le potentiel de croissance du secteur touristique djiboutien naissant, citant dans sa dernière étude portant sur le secteur touristique du pays, parue en 2013, des opportunités de développement en particulier dans les segments du voyage d’affaires et de la croisière. La banque y faisait également mention de l’intérêt engendré par la ville de Djibouti de par ses liens militaires et commerciaux.

Selon les estimations de la Banque Mondiale, le secteur pourrait potentiellement employer, à condition que les prévisions de croissance se confirment, 30 000 personnes d’ici 2030 alors qu’il n’en employait que 4500 en 2013, tandis que la contribution du secteur au PIB pourrait passer de 3% à 10%.

La Banque Mondiale faisait toutefois observer l’existence d’obstacles à la croissance du secteur, notamment des capacités limitées faute d’investissements, l’absence d’une stratégie globale de développement du secteur, un réseau de transport précaire et une mauvaise visibilité en tant que destination touristique.

Feuille de route

Suite à l’étude de la Banque Mondiale, le pays a adopté une stratégie de long-terme pour le secteur, qui s’inscrit dans le programme Vision Djibouti 2035 dévoilé en 2014.

Dans le cadre de ce programme, le développement touristique de Djibouti se décomposera en trois pôles : les affaires et le loisir dans la capitale, les stations balnéaires et la plongée, et l’écotourisme. Le gouvernement espère attirer 500 000 touristes d’ici 2030, contre 72 915 visiteurs en 2014.

A la date de 2013, les premiers marchés sources étaient la France et le Royaume-Uni, mais les arrivées en provenance de Chine, de Russie et des Etats-Unis étaient en hausse, selon Euromonitor International. Les pays voisins, dont le Soudan, l’Ethiopie, les EAU et l’Erythrée, étaient à l’origine d’environ 40% des arrivées.

« Nous avons commencé à poser les bases qui nous serviront à développer le secteur touristique, ce qui passe par la construction de routes, de nouveaux hôtels et d’un aéroport supplémentaire, » a expliqué Mohamed Abdillahi Waiss, le directeur de l’Office National de Tourisme de Djibouti (ONTD), à OBG. Améliorer l’accessibilité et la connectivité du pays constituent également des priorités, a-t-il ajouté.

Expansion des capacités

Le pays abrite déjà deux hôtels de luxe ; le Sheraton Djibouti, qui dispose de 180 chambres, et le Djibouti Palace Kempinski, établissement de 200 chambres. Deux nouveaux hôtels cinq étoiles devraient voir le jour dans le cadre de deux nouveaux projets de centres commerciaux actuellement en cours de réalisation. Ces nouveaux hôtels devraient contribuer à alléger la pression qui s’exerce sur les établissements hôteliers existants, ces derniers ayant enregistré des taux d’occupation de plus de 80% au cours des dix premiers mois de l’année 2015, selon l’ONTD.

L’un de ces projets est développé par Nael & Bin Harmal Investment, un groupe d’investissement siégeant à Dubaï et spécialisé dans le développement immobilier et hôtelier, tandis que le groupe djiboutien HALT, en collaboration avec Touchroad International Holdings Group, de Shanghai, ainsi que Shanghai Electric, assurera le développement de l’autre.

Les réseaux de transport devraient également connaître une amélioration grâce à une augmentation des capacités routières et aériennes.  Le pays a étendu son réseau routier, passé de 700 km à 1100 km depuis 2010, et s’attèle actuellement à la construction de deux nouveaux aéroports grâce à des investissements chinois à hauteur de 599 millions de dollars.

Par sa politique de renforcement des capacités, Djibouti espère en particulier promouvoir des vols meilleurs marché, ce qui contribuerait à faire du pays une destination plus abordable pour le tourisme régional et international.

Le premier aéroport, du nom d’Aéroport Hassan Gouled Aptidon, sera situé à Ali Sabieh, à 25 km au sud de la ville de Djibouti ; les travaux ont été confiés au groupe chinois China Civil Engineering Construction Corporation. Lorsqu’il ouvrira ses portes en 2018, il pourra accueillir 1,5 million de passagers et traiter 100 000 tonnes de fret par an, permettant à Djibouti de se positionner comme hub aérien dans la région.

Quant au deuxième aéroport, Ahmed Dini Ahmed International, il est actuellement en cours de construction au nord du pays, près des Îles des Sept Frères. L’aéroport, dont l’inauguration est prévue pour 2016, pourra accueillir 350 000 passagers par an, puis jusqu’à 767 000 d’ici 2021.

Atouts naturels

Des efforts sont également déployés pour accroître la visibilité de Djibouti en tant que destination de vacances, une démarche essentielle, selon M.Waiss, si le pays veut attirer de nouveaux visiteurs, notamment des touristes effectuant des séjours courts.

Dans le cadre de sa campagne de marketing, l’ONTD s’est associée à des acteurs locaux du secteur touristique pour inviter les 15 tours opérateurs les plus importants en Ethiopie dans le but de présenter les attractions touristiques de Djibouti. L’accès à la mer constitue un attrait non négligeable pour les visiteurs en provenance de l’Ethiopie, pays dépourvu de côte.

« Aujourd’hui, ce dont Djibouti a besoin, c’est d’une meilleure visibilité, » a expliqué M.Waiss à OBG. « Le pays présente un potentiel considérable de pénétration des marchés de la région, tout particulièrement grâce aux améliorations en matière d’infrastructures de transport. Une meilleure connectivité permettra à des visiteurs venant d’Ethiopie, par exemple, de se rendre dans le pays pour y passer quelques jours à la mer. »

Les attributs naturels de Djibouti, qui comprennent également des volcans et des lacs salés, font entrevoir un fort potentiel de croissance pour le tourisme vert, qui pourrait rivaliser avec des destinations plus établies, selon Ilyas Dawaleh, le ministre des finances.

« Nous disposons des mêmes atouts que Sharm el Sheikh en Egypte pour ce qui est de la plongée sous-marine, et nous avons le lac salé, à 156 mètres au-dessous du niveau de la mer, » a-t-il déclaré dans les médias en mars 2015.

Les tours opérateurs ont commencé à développer l’angle écotourisme dans leurs itinéraires et dans leur offre d’activités. Parmi les nouvelles attractions, on peut citer des excursions d’observation des requins-baleines, du canoë-kayak dans le golfe d’Aden, du snorkeling dans les récifs coralliens, de la randonnée et des sorties sur les lacs.

 

 

Djibouti gears up for tourism drive

En Français

Djibouti is looking to tap into rising demand for niche getaways as part of a broader bid to develop its tourism industry over the next two decades.

On the coast of the Red Sea and home to a range of unique landscapes, Djibouti is particularly keen to focus on the adventure and ecotourism segments. Business travel is also being targeted, with the country looking to bolster its role as a gateway to the neighbouring 94m-person Ethiopian economy through improved infrastructure and commercial links.

Developments over the next decade, including two new luxury hotels and two planned airports, indicate that the national drive to boost visitor numbers is already advancing, though concerns over infrastructure shortfalls remain.

Untapped potential

The potential for growth in Djibouti’s nascent tourism sector has been highlighted by the World Bank as well, which in its most recent study on Djibouti’s tourism industry, carried out in 2013, cited opportunities for expansion across the business and cruise segments in particular. The bank also noted the interest generated by Djibouti City thanks to its existing military and commercial links.

According to World Bank estimates, the sector has the potential to directly employ 30,000 people by 2030, should growth forecasts hold, up from 4500 in 2013, while its contribution to GDP could rise from 3% to 10%.

However, the bank also noted barriers to industry growth, including limited capacity due to under-investment, the lack of an overall strategy for developing the sector, weak transport connectivity and poor visibility as a destination.

Sector roadmap

Following the World Bank study, the country rolled out a long-term vision for the sector, part of the Djibouti Vision 2035 plan released in 2014.

Under the initiative, Djibouti’s tourism development will be broken down into three areas: business and leisure in the capital, beach resorts and diving, and ecotourism. The government hopes to attract 500,000 tourist arrivals by 2030, up from 72,915 visitors in 2014.

As of 2013, the top source markets were France and the UK, though arrivals from China, Russia and the US were on the rise, according to Euromonitor International. Neighbouring countries, including Sudan, Ethiopia, the UAE and Eritrea, made up around 40% of arrivals.

“We have started laying the groundwork to further develop the tourism sector, including roads, new hotels and the planned construction of additional airports,” Mohamed Abdillahi Waiss, director of the National Tourism Office of Djibouti (Office National de Tourisme de Djibouti, ONTD), told OBG. Improving accessibility and connectivity would also be a priority, he added.

Capacity build out

The country is already home to two luxury hotels – the Sheraton Djibouti, with 180 rooms, and the 200-room Djibouti Palace Kempinski – with two new five-star hotels planned as part of two new shopping mall projects currently under development. The new hotels should help alleviate pressure on existing facilities, where occupancy rates averaged over 80% in the first 10 months of 2015, according to the ONTD.

One of the projects is being developed by Nael & Bin Harmal Investment, a Dubai-based investment group focused on property development and hospitality, while Djibouti’s HALT Group, in conjunction with Shanghai-based Touchroad International Holdings Group and Shanghai Electric, is developing the other.

Transport connectivity is also expected to see an improvement as Djibouti increases its road and aviation capacity. The country has expanded the national road network from 700 km to 1100 km since 2010, and is currently constructing two new airports with $599m worth of financing from China.

In particular, Djibouti will be looking for capacity upgrades to foster less costly flights, helping to make the country a more affordable destination for regional and international tourism.

The first airport, Hassan Gouled Aptidon Airport, will be located in Ali Sabieh, 25 km south of Djibouti City, and is being developed by the China Civil Engineering Construction Corporation. When the facility opens in 2018, it will be able to handle 1.5m passengers and 100,000 tonnes of cargo per year, allowing Djibouti to develop its position as a regional air traffic hub.

Meanwhile, the second airport, Ahmed Dini Ahmed International, is being built in the north of the country, near the Seven Brothers Islands. The airport will be able to accommodate 350,000 passengers per annum when it opens in 2016, scalable up to 767,000 by 2021.

Natural assets

Efforts are also under way to raise Djibouti’s profile as a holiday destination, which, Waiss acknowledged, is key to extending its reach to new visitors, including short-stay tourists.

As part of its marketing campaign, the ONTD teamed up with local industry stakeholders to bring in the 15 largest tour operators in Ethiopia with the aim of showcasing Djibouti’s attractions. Access to the sea is a particularly attractive proposition for visitors from landlocked Ethiopia.

“What Djibouti needs right now is more exposure,” Waiss told OBG. “The country holds great potential for regional markets, especially with improvements in transport infrastructure. With better connectivity, visitors from Ethiopia, for example, will be able to visit for a couple of days and enjoy the sea.”

Djibouti’s natural attributes, which also include volcanoes and salt lakes, make green tourism a segment ripe for growth, capable of taking on more established destinations, according to Ilyas Dawaleh, the minister of finance.

“We have the same advantages as Sharm el Sheikh in Egypt in terms of scuba diving, and we have the salt lake, which is 156 metres below sea level,” he told media in March 2015.

Tour operators have started to increase the ecotourism emphasis in their itineraries and offerings. New attractions include whale shark excursions, paddling in the Gulf of Aden, snorkelling in the coral reefs, hiking and lake trips.

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