Djibouti s’associe à la Chine en vue de développer les infrastructures locales et les routes commerciales internationales

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Un accord visant à rationaliser le système douanier de Djibouti a récemment été signé entre la Chine et le pays est-africain, qui espère ainsi consolider sa position de centre logistique et commercial de la région.

Cet accord intervient alors que Djibouti draine des investissements à hauteur de 14 milliards de dollars – dont plus d’1 milliard de dollars sous la forme de prêts concessionnels de banques chinoises  - destinés au financement d’une série de grands projets infrastructurels qui vont de l’établissement de zones de libre-échange à la construction d’une nouvelle ligne de chemin de fer et d’équipements portuaires.

La nouvelle Route de la Soie

En janvier, la Chine a signé un accord avec Djibouti en vue de la création d’une zone franche baptisée « Djibouti Silk Road Station » qui étendra les capacités logistiques et commerciales du pays et fera du Port de Djibouti un point d’entrée crucial en Afrique.

Conformément à l’accord-cadre de coopération portant sur la construction d’une zone franche de la route de la soie, les deux pays vont élaborer un système douanier unifié qui sera synonyme d’efficacité accrue et de réduction des coûts commerciaux, établir un site de transit dédié à l’assemblage et à l’expédition des exportations et mettre sur pied une chambre de compensation en yuan afin de promouvoir les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique. L’accord prévoit également la création d’une joint-venture chargée de l’administration de l’organisme.

Cette initiative commune contribuera à accroître la participation de Djibouti au commerce régional – à titre d’exemple, environ 95% des importations de l’Ethiopie voisine, un marché de 95 millions de personnes, transitent actuellement par le pays. Dans un entretien avec OBG en fin d’année dernière, Aboubaker Omar Hadi, président de l’Autorité des Ports et des Zones Franches de Djibouti (APZFD), a expliqué que le pays visait à devenir une porte d’entrée non seulement pour l’Ethiopie mais également pour le Soudan du Sud, la Somalie et la région des Grands Lacs.

La « Djibouti Silk Road Station » s’inscrit dans le cadre de la stratégie chinoise One Belt, One Road (une ceinture, une route) lancée en 2013 avec pour objectif la création d’une nouvelle Route de la Soie par le biais du développement de routes et de relations commerciales entre la Chine et 60 pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Europe, d’Asie du Sud-Est et d’Afrique. La Chine compte investir au moins 62 milliards de dollars dans ce projet, qui devrait relier un marché total de 5,1 milliards de personnes.

En mars dernier, l’APZFD a annoncé un accord avec China Merchants Holdings – le plus grand opérateur portuaire chinois – en vue de l’établissement d’une zone franche pour un coût estimé à 7 milliards de dollars. D’une superficie de 3500 hectares, cette zone franche sera la plus grande d’Afrique et sera dédiée à divers secteurs tels que les TIC, l’électronique, l’industrie légère et le bâtiment ; elle abritera également un site de transit pour les entreprises d’import-export. La nouvelle zone franche absorbera la zone franche de 17 hectares dont dispose actuellement Djibouti.

Renforcer le transport

L’investissement chinois à Djibouti a également pour destination plusieurs projets d’envergure dans le secteur des transports, en particulier dans les segments des chemins de fer et de l’aviation, qui sont nécessaires au développement des capacités commerciales croissantes de Djibouti.

L’entreprise ferroviaire China Railway Group et la compagnie de génie civil China Civil Engineering Construction Corporation (CCEC) sont chargées de la construction d’une voie ferrée reliant les ports du pays à l’Ethiopie voisine, qui ne dispose pas d’accès à la mer, un projet estimé à 4 milliards de dollars.

S’étendant sur 750 km, la voie ferrée, qui sera bientôt achevée, devrait réduire considérablement le temps de trajet vers Addis-Abeba et renforcer les importations en provenance d’Ethiopie et les exportations vers le pays. Actuellement, les marchandises transportées du Port de Djibouti vers l’Ethiopie arrivent par la route, mettant dans certains cas plus de deux jours à traverser la frontière, ce qui entraine d’importants embouteillages. La nouvelle voie ferrée devrait réduire le temps de trajet à moins de 10 heures selon les estimations officielles.

Fin novembre, le premier transport temporaire a emprunté la nouvelle voie ferrée et une cargaison de 1125 tonnes de blé est arrivée à Merebe Mermersa, à 112 km d’Addis-Abeba, afin de venir en aide aux populations éthiopiennes victimes de la sécheresse.

Outre leur implication dans le secteur ferroviaire, les compagnies chinoises s’attèlent au développement d’équipements portuaires à Djibouti, avec par exemple l’expansion du port multifonctions de Doraleh qui devrait coûter 590 millions de dollars avec une date de livraison prévue pour 2017. L’APZFD œuvre également à l’ouverture de cinq installations portuaires supplémentaires, dont plusieurs dotées d’installations dédiées à certaines marchandises en particulier, tel qu’un terminal à bétail ou un terminal minéralier, au cours des cinq prochaines années.

Le développement du secteur du transport aérien constitue également une priorité pour les deux pays. Deux aéroports, financés par la CCEC, sont actuellement en cours de construction pour un coût de 599 millions de dollars.

Le plus grand des deux – qui devrait ouvrir ses portes en 2018 – sera situé à 25 km au sud de la capitale Djibouti et sera doté d’une capacité d’accueil de 1,5 million de passagers et de 100 000 tonnes de fret. Le deuxième aéroport, situé au nord, pourra accueillir 767 000 passagers par an.

Investissements variés

L’emplacement stratégique de Djibouti – de par sa facilité d’accès à plusieurs des marchés frontières africains qui affichent la plus forte croissance et sa proximité des ports du Moyen-Orient – a constitué l’un des principaux facteurs sous-tendant l’intérêt de la Chine pour les infrastructures de transport du pays. Mais la situation géographique de Djibouti, en particulier eu égard aux hauts-lieux de la piraterie dans l’Océan Indien, a également retenu l’attention de l’armée chinoise.

La Chine a récemment confirmé la construction d’une base militaire qui devrait permettre une meilleure logistique et apporter une protection aux militaires chinois dans la région. La presse a rapporté que la Chine allait débourser 100 millions de dollars de loyer par an pour la base qui jouxtera le nouveau port multifonctions.

Située à proximité de la base américaine de Camp Lemonnier, il s’agira là de la première base navale de la Chine à l’étranger. A l’instar des Américains, les Chinois ont signé un contrat de dix ans assorti d’une option de renouvellement de dix ans supplémentaires, a déclaré le ministre des affaires étrangères Mahmoud Ali Youssouf dans les médias internationaux.

 

 

Djibouti partners with China to develop local infrastructure and global trade routes

En Français

Djibouti has recently inked an agreement with China to streamline the East African country’s Customs systems, in a bid to consolidate its position as a logistics and trade centre for the region.

The agreement comes as Djibouti channels some $14bn worth of investment – including over $1bn worth of concessional financing from Chinese banks ­– for a spate of major infrastructure projects, ranging from free trade zones to a new railway and port facilities.

The new Silk Road

In January China signed an agreement with Djibouti to create a “Djibouti Silk Road Station”, which will expand the country’s trade and logistics capabilities and turn the Port of Djibouti into a key entry point for Africa.

According to the Djibouti Silk Road Station Construction Cooperation Framework Agreement, the two countries will create a unified Customs system to improve efficiency and reduce trade costs, establish a transit trade centre to manage export processing and distribution and set up a currency clearing system to promote China-Africa trade. The agreement also calls for a joint venture company to be set up to operate the facility.

The joint initiative will help Djibouti to further increase its share of regional trade – currently, the country handles roughly 95% of neighbouring Ethiopia’s inbound trade, for example, a market of some 95m people – with Aboubaker Omar Hadi, chairman of the Djibouti Ports and Free Zone Authority (DPFZA), having told OBG late last year that the country aims to become a gateway not only to Ethiopia but to South Sudan, Somalia and the Great Lakes region.

The Djibouti Silk Road Station is part of China’s One Belt, One Road (OBOR) initiative launched in 2013 which aims to create a new Silk Road, by developing trade routes and links that connect China to over 60 countries in Asia, the Middle East, Europe, South-east Asia and Africa. China will inject at least $62bn into the initiative, expected to link a total market of 5.1bn.

Last March the DPFZA also announced an agreement with China Merchants Holdings – China’s largest public port operator – to develop a $7bn free trade zone (FTZ). The 3500-ha FTZ is set to be the largest in Africa and will target diverse industries such as ICT, electronics, light industry and construction, along with hosting a transit site for import-export companies. The new FTZ will absorb Djibouti’s current 17-ha free trade area.

Strengthening transport

Chinese investment in Djibouti is also being directed toward several large-scale transport projects, particularly in the rail and aviation sectors, which are necessary to further develop Djibouti’s growing trade and commerce capabilities.

The China Railway Group and China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) are leading the construction of a $4bn rail line linking the country’s ports to land-locked Ethiopia.

The 750-km rail link, which is nearing completion, is set to significantly cut travel time to Addis Ababa and boost imports from and exports to Ethiopia. Currently, goods transported from the Port of Djibouti to Ethiopia arrive by road, in some cases taking as long as two days to cross the border and leading to significant congestion. The new railway should bring that to less than 10 hours, according to government estimates.

In late November, the first temporary transport via the new rail project – 1125 tonnes of wheat – arrived in Merebe Mermersa, 112 km from Addis Ababa, to support drought-affected populations in Ethiopia.

In addition to rail, Chinese companies are developing port facilities in Djibouti, such as the expansion of the Doraleh Multipurpose Port (MPP), which is estimated to cost $590m and be operational by 2017. The DPFZA is also working on inaugurating five more port facilities, including several with dedicated facilities for specialty cargo, such as livestock and minerals, over the next five years.

Boosting Djibouti’s air transport sector has also been a priority for the two countries. Two new airports, financed by the CCECC, are being built for a combined investment of $599m.

The larger of the two facilities – slated for completion in 2018 – will be located 25 km south of Djibouti City and will handle 1.5m passengers and 100,000 tonnes of cargo. The second facility, located in the north, will have a capacity of 767,000 passengers per year.

Diverse investments

Djibouti’s strategic location – with easy access to several of Africa’s fastest-growing frontier markets and proximity to Middle Eastern ports – has been one of the primary factors underpinning China’s interest in the country’s transport infrastructure. However, Djibouti’s positioning, particularly in relation to piracy hotspots in the Indian Ocean, has also attracted the interest of China’s military.

China recently confirmed construction of a military facility intended to provide better logistics and safeguard Chinese peacekeepers in the region. According to press reports, China will pay $100m per year in rent for the base, set to abut the MPP extension.

The facility will be China’s first overseas naval base, close to US Camp Lemonnier. Like the US, China has signed a 10-year contract with a renewal option for an additional 10 years, Mahmoud Ali Youssouf, foreign minister, told international media.

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