Djibouti mise sur les énergies renouvelables pour assurer la sécurité de l’eau

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A Djibouti, les projets visant à améliorer la fourniture de services de base commencent à prendre forme et un rôle moteur se dessine pour les énergies renouvelables.

Dans le cadre d’une politique destinée à promouvoir une plus grande autosuffisance en matière de ressources de base telles que l’électricité et l’eau, le gouvernement a lancé une grande campagne d’investissement, qui comprend notamment la construction d’une usine de dessalement d’une capacité de 45 000 m³ dans la capitale, Djibouti, alimentée en énergie renouvelable.

La solution du dessalement

La nouvelle usine de dessalement, un projet intitulé Production d’Eau Potable par Dessalement et Energie Renouvelable (PEPER), aura un coût d’environ 46 millions d’euros, selon l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement de Djibouti (ONEAD).

L’approvisionnement en eau de la capitale devrait se voir multiplier par plus de deux une fois la nouvelle usine entièrement opérationnelle. Celle-ci disposera en effet d’une capacité initiale de 22 500 m³ par jour, extensible à 45 000 m³, selon les chiffre fournis par l’ONEAD, qui n’a cependant pas encore dévoilé à quelle technique de dessalement l’usine aurait recours.

D’après l’UE, l’usine assurera l’approvisionnement en eau de 200 000 personnes –soit un quart de la population totale du pays- et plus particulièrement des habitants de Balbala, dans la banlieue sud de la ville.

L’UE s’est engagée à fournir la grande majorité du financement du projet – quelque 40,5 millions d’euros ont été promis par le Fonds Européen de Développement fin 2012 – les 5,5 millions restants seront à la charge de Djibouti.

L’alimentation d’une usine de dessalement nécessitant des quantités considérables d’énergie, le projet comportera également des installations de production électrique. Etant donné que Djibouti est déjà un pays importateur d’énergie, l’alimentation en énergie de l’usine sera renouvelable et un parc éolien d’une puissance de 20 MW constituera la deuxième phase du projet, assurant ainsi une meilleure gestion des coûts et améliorant la viabilité du projet.

Manque d’eau

Des sécheresses à répétition, auxquelles s’ajoute une accélération ces dernières années de la croissance de la population, due en partie à un afflux de migrants en provenance d’autres pays de la corne de l’Afrique, ont fait ressortir clairement la nécessité pour Djibouti de développer l’accès aux services de base tel que l’approvisionnement en eau.

Le pays est constitué en grande partie de désert, la ville de Djibouti étant l’une des capitales les plus chaudes et les plus arides du monde. Une étude menée par l’UE et la Banque Mondiale a conclu que la sécheresse de 2008-2011 avait coûté à l’économie du pays quelque 22 millions d’euros par an – soit l’équivalent de près de 25% du PIB à l’époque – et détérioré l’aquifère de la capitale.

En raison de la pénurie d’eau en cours actuellement –la demande s’élevant à environ 80 000 mètres cubes, soit plus du double du volume fourni- Djibouti entend œuvrer à la fois à l’amélioration de la quantité et à celle de la qualité de l’eau disponible.

Près de 75% de la population du pays vit dans la ville de Djibouti, où l’approvisionnement en eau est irrégulier, dans le meilleur des cas. D’après l’UE, la demande en eau dans la capitale devrait doubler au cours des vingt prochaines années, exerçant une pression supplémentaire sur le réseau de distribution existant.

Cap sur les énergies renouvelables

Si l’amélioration de la sécurité de l’eau pour certaines des populations les plus vulnérables de la ville de Djibouti constitue l’objectif central du projet PEPER, la construction d’un parc éolien pour assurer l’alimentation de l’usine s’inscrit dans la politique gouvernementale générale de réforme du secteur de l’énergie.

Selon des estimations de l’UE, dessaler suffisamment d’eau pour combler le déficit actuel entrainerait une hausse de 25% de la demande en électricité, alors que celle-ci représente déjà un défi considérable pour le pays.

L’alimentation électrique, coûteuse et peu fiable, constitue un poste de dépense très important pour les entreprises locales, d’après la Banque Mondiale, et les factures d’électricité représentent environ 25% des dépenses moyennes des entreprises. L’électricité affiche actuellement un prix de 0,28 dollar par KWh, soit le double de la moyenne africaine, selon des données publiées par la Banque Africaine de Développement.

Afin de faire face aux pénuries actuelles, Djibouti cherche à modifier son bouquet énergétique, délaissant les énergies thermiques pour faire la part belle aux énergies renouvelables. Dans le cadre de la Vision 2035, le projet de développement économique sur le long terme lancé l’an dernier, Djibouti espère parvenir à une consommation énergétique 100% renouvelable d’ici 2020.

Des investisseurs étrangers participent déjà à des projets dans le domaine des énergies renouvelables, d’après le Ministère de l’Energie, comme par exemple la compagnie Qatar Electric ou le groupe espagnol Fotowatio Renewable Ventures. Début octobre, le gouvernement a signé un accord avec les Canadiens de SkyPower portant sur la construction de centrales solaires photovoltaïques d’une capacité de 200 MW. Le projet, qui sera mené en plusieurs phases sur une période de quatre ans, est estimé à un coût d’environ 440 millions de dollars.

 

 

Djibouti pursues renewable water security

En Français

Plans are taking shape to improve the provision of basic utilities in Djibouti, with renewables set to play a leading role.

A major investment drive, which includes construction of a 45,000-cu-metre desalination and renewable energy plant in the capital city of Djibouti, forms part of the government’s bid to foster greater self-sufficiency in terms of basic resources like power and water.

Desalination solution

The new desalination plant, referred to as the Project for Producing Safe Drinking Water with Renewable Energy (Production d’Eau Potable par Dessalement et Energie Renouvelable, PEPER), will cost around €46m, according to the National Office for Water and Sanitation of Djibouti (Office National de l’Eau et de l’Assainissement de Djibouti, ONEAD).

The new facility is expected to more than double water supply in the capital once fully operational, with initial capacity of 22,500 cu metres per day, scalable up to 45,000 cu metres per day, as per ONEAD figures, though the desalination technology that will be used at the plant has yet to be announced.

According to the EU, the plant will provide water to 200,000 people – or one-fourth of the country’s population ­– with a focus on the inhabitants of Balbala, a suburb to the south of the city.

The EU has committed to providing the bulk of the financing for the project – some €40.5m worth of grants were pledged by the European Development Fund in late 2012 – while Djibouti is charged with financing the remaining €5.5m of the project. 

Powering desalination plants requires immense amounts of energy, so the project will also include associated generating facilities. Given that Djibouti is already an energy importer, to better manage costs and improve sustainability, the plant’s power generation will be renewable: a 20-MW wind farm will comprise the second phase of the project.

Water scarcity

Recurring droughts, coupled with a recent acceleration in population growth, fuelled in part by an influx of migrants from elsewhere in the Horn of Africa, have highlighted the need for Djibouti to expand access to basic services like water.

Much of the country’s terrain is arid desert, with the city of Djibouti ranking as one of the hottest and driest capitals in the world. According to a study by the EU and the World Bank, the drought of 2008-11 cost the Djibouti economy some €22m per year – equivalent to around 25% of its GDP at the time – and damaged the capital city’s aquifer.

With a demand deficit of around 80,000 cu metres, more than double the current supply, Djibouti remains focused on improving both the quantity and quality of water available.

Around 75% of the country's population lives in the city of Djibouti, which is served by an intermittent water supply at best. Demand for water in the capital is expected to double over the next 20 years, according to the EU, putting added pressure on the existing supply network.

Targeting renewables

While improving water security for some of the most vulnerable populations in the city of Djibouti is Project PEPER’s central goal, the construction of a wind farm to power the plant also ties into the government’s broader plans to reform the energy sector.

According to estimates from the EU, desalinating enough water to cover the current deficit would prompt a 25% increase in electricity demand, which already presents a formidable challenge for the country.

Costly and unreliable electricity presents a major cost for local businesses, according to the World Bank, with power bills accounting for around 25% of average business expenses. The country’s electricity rates are currently double the African average, as per data from the African Development Bank, at $0.28 per KWh.

To help address current shortages, Djibouti is working to shift its energy mix from thermal to renewable. As part of its Vision 2035, the long-term economic development plan launched last year, Djibouti aims to boost renewable energy’s share of domestic consumption to 100% by 2020.

Foreign investors are already taking part in renewable energy projects, according to the Ministry of Energy, including firms like Qatar Electric and Spain’s Fotowatio Renewable Ventures. In early October the government signed an agreement with Canada’s SkyPower to develop 200 MW of solar photovoltaic capacity. Set to be built in phases over a four-year period, the project will cost around $440m.

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