Djibouti : l’expansion du réseau de télécommunications en ligne de mire

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Les efforts réalisés pour propulser Djibouti au rang de hub des télécommunications de l’Afrique de l’Est portent leurs fruits grâce au nouvel atterrissement d’un câble sous-marin intercontinental. Initié par un consortium, ce projet sera suivi d’un deuxième câble d’ici à la fin de l’année.

Début mars, l’entreprise publique Djibouti Telecom a annoncé le raccordement depuis Haramous à l’un des deux systèmes de fibre optique, le SEA-ME-WE 5 (Asie du Sud-Est/Moyen-Orient/Europe de l’Ouest), long de 20 000 km.

Le câble, d’une capacité de 24 To/s, est détenu par 15 opérateurs télécoms majeurs, parmi lesquels figurent China Mobile International, Orange (France), Du (Dubaï) et Saudi Telecom.

Les yeux rivés vers l’extérieur

Fort de son ambition de devenir l’acteur régional incontournable des télécommunications, Djibouti s’était engagé dans une démarche forte pour tirer profit de son emplacement géographique de choix, entre le golfe d’Aden et la mer Rouge et, plus récemment, pour augmenter sa bande passante.

Djibouti dispose actuellement de deux installations d’atterrissement, alimentant cinq autres câbles sous-marins qui relient l’Afrique, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe, soit les câbles EASSy, EIG, SEA-ME-W 3, Djibouti-Aden et Seacom.

Ces nouvelles interconnexions, auxquelles s’ajoutent les investissements en capitaux en cours, ont permis à Djibouti Telecom d’étendre ses opérations au cours des dernières années.

Pendant 18 mois, jusqu’en juillet 2015, l’entreprise a investi plus de 100 millions de dollars dans des infrastructures régionales pour renforcer son offre voix, données/IP et capacité auprès des entreprises télécoms et des grands acteurs des marchés public et privé.

Djibouti Telecom poursuivra sur cette voie avec la mise en ligne d’ici à la fin de l’année du câble AAE-1 (Asie/Afrique/Europe), long de 25 000 km, qui raccordera l’Asie du Sud-Est à l’Europe via Djibouti. En mars 2016, les travaux étaient achevés à 70 %, selon la presse spécialisée.

« Ce sont 25 opérateurs africains sur 41 qui sont désormais raccordés au système de câbles sous-marins de Djibouti. Le total de données Internet quittant la région s’établit pour l’instant à 700 Go, total sur lequel nous prenons 10-20 %. Nous entendons tripler ce chiffre », a déclaré Mohamed Assoweh-Bouh, directeur général de Djibouti Telecom, à OBG à la fin 2015.

Soutien affiché aux acteurs régionaux

Parallèlement, les petites entreprises locales travaillent, elles aussi, aux côtés de Djibouti Telecom pour stimuler le haut débit dans le pays et la région.

Le Djibouti Data Centre (DDC) a d’ailleurs récemment conclu un accord avec ChineseNetCentre, fournisseur de services d’hébergement, pour la construction d’un réseau de diffusion de contenu visant à faciliter l’accès des utilisateurs finaux.

Créé en 2013 en partenariat avec Djibouti Telecom, le DDC est le premier centre de données et d’échange Internet en Afrique de l’Est raccordé aux câbles de fibre optique Europe-Asie.

L’objectif ainsi visé est d’établir une station commune d’atterrissement de câbles offrant accès direct à la fibre, interconnexion et co-implantation. Les données seront rassemblées en un seul et même point, à partir duquel tous les services de (re)transmission seront assurés.

Il s’agit là également de centraliser toutes les connexions de données entrantes en un seul lieu avant de les retransmettre vers l’Afrique, l’Asie et l’Europe. A l’heure actuelle, 25 grands fournisseurs africains de télécommunications sont raccordés au DDC, du Burundi à Madagascar, à des débits d’environ 30 Go/s.

La question du prix

Le marché intérieur de Djibouti reste caractérisé par une utilisation modeste de l’Internet mobile, comparé aux autres grands marchés du continent. Il convient néanmoins de souligner que l’Internet fixe a enregistré une croissance significative au cours des dernières années.

Selon les chiffres de la Banque mondiale, en 2014, 32 habitants sur 100 avaient un abonnement portable, contre 150 abonnements pour 100 habitants en Afrique du Sud.

Si dans la plupart des marchés émergents l’accès à Internet dépend fortement des appareils mobiles (par exemple, au Kenya, les données mobiles représentent plus de 90 % de tous les abonnements Internet), Djibouti va dans la direction opposée.

En effet, fin 2015, on recensait près de 33 000 abonnés à Internet, dont l’immense majorité (24 000) par le biais de connexions ADSL fixes, le reste étant attribué à la 3G et aux appareils mobiles.

La croissance a été relativement stable, avec près de 4 000 nouveaux abonnements par an, la quasi-totalité concernant le segment ADSL. Si l’on rapporte ce chiffre à la part de la population, la pénétration du web à Djibouti est désormais supérieure à celle enregistrée en Ethiopie et en Somalie.

La prochaine frontière à abattre pour encourager cette progression sera celle du coût des services Internet. En effet, au moins 40 % du pays devrait dépenser presque l’intégralité de son salaire pour prendre un abonnement Internet fixe, selon la Banque mondiale, et l’Internet mobile reste hors de portée pour de nombreux Djiboutiens.

Djibouti faisant désormais figure de hub pour un nombre toujours croissant de câbles sous-marins internationaux, le pays se retrouve en excellente position pour développer son assise régionale sur le marché des télécommunications, tout en offrant un formidable potentiel d’expansion intérieure sur le plan de la connectivité et de l’accès grâce au haut débit et à un plus fort taux de pénétration. L’urbanisation, dont le taux dépasse les 75 %, devrait appuyer cette tendance dans les années à venir.

 

 

Djibouti eyes telecoms expansion

En Français

Efforts to position Djibouti as a telecoms gateway for East Africa are yielding fruit, following the recent landing of a consortia-owned, intercontinental submarine cable and the planned arrival of a second cable later this year.

In early March state-owned Djibouti Telecom announced that it had completed connections to one of the two fibre-optic cable systems – the 20,000-km South-East Asia-Middle East-Western Europe (SEA-ME-WE) 5 – in Haramous.

The cable has a capacity of 24 Tbps and is owned by 15 leading telecoms operators, including China Mobile International, France’s Orange, Dubai-based du and Saudi Telecom.

Looking outwards

The country’s efforts to carve out a niche as a regional telecommunications gateway represent the latest chapter in Djibouti’s bid to capitalise on its location between the Gulf of Aden and the Red Sea and, more recently, to increase bandwidth.

Djibouti currently has two landing facilities, servicing five other submarine cables linking Africa, Asia, the Middle East and Europe – namely, the EASSy, EIG, SEA-ME-W 3, Djibouti-Aden and Seacom cables.

These interconnections, along with ongoing capital investment, have enabled Djibouti Telecom to expand its operations in recent years.

In the 18 months to July 2015 the company invested more than $100m in regional infrastructure to bolster voice, data/IP and capacity services to telecoms companies and major government and private sector clients.

Djibouti Telecom’s capacity is poised to increase further when the 25,000-km Asia-Africa-Europe 1 (AAE-1) cable, stretching from South-east Asia to Europe through Djibouti, comes online later this year. As of March, work on the cable was roughly 70% complete, according to industry press.

“Some 25 out of 41 African operators are now connected to Djibouti’s submarine cable system,” Mohamed Assoweh Bouh, director-general of Djibouti Telecom, told OBG late last year. “In terms of internet data leaving the region, there is currently 700 GB, from which we are taking 10-20%, and we would like to see that figure triple.”

Supporting regional players

Smaller local companies, meanwhile, are also working with Djibouti Telecom to boost domestic and regional broadband services.

Djibouti Data Centre (DDC) recently inked a deal with ChineseNetCentre, a cloud platform provider, to build a content delivery network node that will boost end-user access.

Created in 2013 in partnership with Djibouti Telecom, DDC is the first data centre and internet exchange in East Africa connected to the fibre-optic cables running from Europe to Asia.

The DDC was founded to provide direct fibre access, interconnection and co-location at a common cable landing station, thereby bundling all data in one place, from which the connection can be re-connected or backhaul services provided.

It was constructed with the aim of centralising incoming data connections in one location for re-transmission to Africa, Asia and Europe. Currently 25 African telecoms providers are connected to the DDC, ranging from countries like Burundi to Madagascar, with connection speeds presently at around 30 Gbps.                                                                   

Price points

Djibouti’s domestic market remains characterised by modest mobile internet use in comparison to other major continental markets, though fixed internet uptake has recorded significant growth in recent years.

Figures from the World Bank suggest that only 32 of every 100 inhabitants had a mobile phone subscription in 2014, compared to 150 subscriptions for every 100 people in South Africa.

While internet access often relies heavily on mobile devices in most emerging markets – in Kenya, for example, mobile data accounts for more than 90% of all internet subscriptions – Djibouti trends in the opposite direction.

As of the end of last year, there were close to 33,000 internet subscribers, with the vast majority – around 24,000 – accessing it through fixed ADSL connections, and the remainder via 3G dongles and mobile devices.

Growth has been relatively steady, increasing by nearly 4000 year-on-year, with virtually all of that growth found within the ADSL segment. As a share of the population Djibouti’s internet penetration now outranks both Ethiopia and Somalia.

Reducing the cost of internet services would go a long way towards boosting future uptake. At least 40% of the country would need to spend close to their entire salary to afford fixed broadband services, the World Bank reported, and mobile broadband is still out of reach for many Djiboutians.

The fact that Djibouti serves as a meeting point for a growing number of international subsea cable systems provides significant scope for the country to expand its share of regional telecoms and data traffic, while also offering the potential to improve domestic connectivity and access through faster broadband service and higher penetration. The high rate of urbanisation –at more than 75% – should facilitate this trend in the years ahead.                                          

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