Des partenariats synonymes de nouvel élan pour des projets touristiques dans plusieurs villes du Maroc

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Illustration des nouveaux efforts déployés pour accroître les investissements en provenance des pays du Golfe au Maroc, le Ministre marocain du Tourisme, Lahcen Haddad, a dévoilé début mai, au cours de deux manifestations qui se sont tenues à Dubaï, un certain nombre de projets touristiques et immobiliers qui seront menés en partenariat avec quatre pays du Golfe.

Ces accords interviennent dans un contexte de croissance du nombre de visiteurs – affichant une hausse moyenne de 7% à 8% en glissement annuel – mais ces dernières années le gouvernement a orienté les investissements et les financements vers le secteur du tourisme afin d’en accroître le poids et de diversifier l’offre touristique.  

Stratégie gouvernementale

L’ambitieuse stratégie de l’État Vision 2020, qui vise à faire du Maroc l’une des 20 premières destinations touristiques au monde d’ici 2020, joue un rôle central. Son objectif est non seulement d’attirer 20 millions de visiteurs par an, mais également de faire grimper les recettes du secteur à 140 milliards de dirhams (12,1 milliards d’euros) et d’augmenter la capacité d’hébergement hôtelier pour atteindre 375 000 lits – tout cela avant la fin de la décennie.

En vue d’atteindre ces objectifs, le Maroc a déjà démarré toute une série de travaux pour construire de nouveaux établissements de tourisme, tels que les hôtels de la station balnéaire de Saidia, sans oublier les infrastructures connexes, avec l’extension des voies autoroutières et la rénovation des lignes de chemin de fer. L’investissement hôtelier a également fait un bond. Selon des chiffres du Ministère du Tourisme, ce sont 9 400 lits supplémentaires qui auraient été créés en 2013, portant leur nombre total à 207 500 à la fin de l’année – une augmentation notable mais on est encore loin de l’objectif de 2020. D’importants investissements privés et publics seront donc nécessaires pour permettre au pays d’arriver à ses fins.  

Partenariats avec le Golfe

Les nouveaux accords conclus récemment lors de l’Arabian Hotel Investment Conference et de l’Arabian Travel Market à Dubaï sont des partenariats entre le gouvernement marocain et les pays du Golfe suivants : le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats Arabes Unis. Ces derniers devraient permettre de fournir jusqu’à 40% des fonds nécessaires au financement de projets prévus à Casablanca, Tanger et Rabat. L’investissement total pour la réalisation des projets retenus – qui comprennent divers équipements de loisirs et des zones culturelles rénovées – est estimé à 2 milliards d’euros, et les travaux devraient s’achever au cours des cinq prochaines années.

Les fonds engagés seront répartis à parts égales entre les cinq partenaires et la somme restante devrait provenir d’investisseurs privés et de financement bancaire. Le financement transitera par le Fonds Wessal, un mécanisme financier de 3,4 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) mis en place en 2011 par le Conseil de Coopération des États du Golfe et le Maroc afin de soutenir le développement touristique durant le Printemps Arabe.

Les projets de développement de la zone portuaire de Casablanca devraient recevoir une enveloppe de 6 milliards de dirhams (519,6 millions d’euros) destinée à l’expansion des infrastructures touristiques et des équipements culturels. Le projet, connu sous le nom de « Wessal Casablanca-Port », comportera des hôtels, un port de plaisance et une marina.

Le projet de Rabat, quant à lui, devrait se voir allouer 9 milliards de dirhams (779,4 millions d’euros). Le projet Wessal Bouregreg portera sur le développement des attractions touristiques et des hôtels dans la vallée du Bouregreg autour de la capitale et prévoit notamment la construction d’une marina et d’un théâtre de 2000 places. Le projet devrait permettre de créer 12 000 emplois.

Quant à Tanger, aucune somme spécifique n’a été avancée pour le moment en ce qui concerne les projets de réaménagement de sa zone portuaire, qui a connu d’importants changements ces dernières années suite au transfert de la majorité du trafic de conteneurs au port de Tanger-Med à l’extérieur de la ville. Le vieux port continue cependant d’accueillir les paquebots et les ferries et, compte tenu de la hausse du nombre de touristes de croisière ces dernières années – qui affiche une croissance annuelle de 9% depuis 2004 – le gouvernement cherche à augmenter les capacités portuaires et les infrastructures auxiliaires tels que les hôtels et les restaurants, de sorte qu’un plus grand nombre de paquebots puissent y accoster.  

Une popularité en hausse

Ces grands projets contribuent à étayer la stratégie marocaine de renforcement de son attractivité en tant que destination touristique. En 2013, le pays a accueilli 10 millions de visiteurs, soit une hausse de 7% par rapport à 2012. Haddad table sur une hausse de 8% du nombre de visiteurs en 2014 et, selon les projections, les nuitées devraient augmenter de 10%.

Malgré les troubles occasionnés par le Printemps Arabe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis 2011, le Maroc a été dans une large mesure épargné par ses répercussions, ce qui lui a valu des flux de capitaux relativement importants et une fréquentation touristique stable.

À titre d’exemple, des chaînes hôtelières haut de gamme, dont le Four Seasons, le Ritz-Carlton et Marriott International, ont cherché ces dernières années à accroître leur présence dans le pays. Parmi les hôtels dont l’ouverture est prévue d’ici la fin de l’année, on peut citer les hôtels Mövenpick de Casablanca et de Marrakech. La chaîne hôtelière suisse était jusqu’à maintenant uniquement présente à Tanger, où elle avait pris la direction de l’hôtel Malabata en 2001. L’hôtel de Marrakech, qui comptera 374 chambres, est toujours en travaux et devrait ouvrir ses portes fin 2014. Pour ce qui est de Casablanca, le groupe va reprendre le Husa Casablanca Plaza, hôtel de 180 chambres, qui deviendra un établissement Mövenpick à partir de juin 2014. Selon les médias locaux, la chaîne hôtelière serait actuellement à la recherche de partenariats et de contrats de gestion afin d’étendre sa présence à Agadir et à Rabat.

Si les objectifs du Maroc dans le cadre de sa stratégie Vision 2020 sont ambitieux et ne sauraient se réaliser sans des efforts soutenus et un afflux durable de capitaux, les initiatives actuellement en cours, dans le secteur privé comme dans le secteur public, sont de bon augure pour la santé du secteur touristique sur le long terme.


 

Partnerships to stimulate tourism projects in a number of Moroccan cities

En Français

 Representative of a new push to increase Gulf investment in Morocco, a number of tourism and real estate projects to be jointly carried out with four Gulf countries were unveiled in early May by the Moroccan Minister of Tourism, Lahcen Haddad, at a pair of events held in Dubai.

The agreements come amid growth in visitor figures – averaging between 7% and 8% year-on-year – but the government has in recent years channelled investment and funding into the tourism sector to increase its heft and diversify its offerings.  

Government push

Central to this is the state’s ambitious Vision 2020 strategic plan, under which Morocco aspires to become one of the top 20 tourist destinations worldwide by 2020. The strategy involves not only attracting a target figure of 20m visitors annually, but boosting revenues to Dh140bn (€12.1bn) and expanding hotel bed capacity to 375,000 – all by the end of the decade.

In order to reach these goals, Morocco has already begun undertaking a spate of construction works on new tourism facilities, such as purpose-built resorts in Saidia, as well as ancillary infrastructure, including expanded motorways and renovated rail lines. Hotel investment has also seen a jump. According to figures from the Ministry of Tourism, 9400 beds were added in 2013, bringing their total number by year’s end to 207,500 – a sizable increase but still some way from the 2020 target. Significant private and public investment will therefore be needed to allow the country to meet its goals.  

Partnering with the Gulf

The new agreements recently concluded at the Arabian Hotel Investment Conference and the Arabian Travel Market in Dubai were with the Gulf states of Kuwait, Saudi Arabia, Qatar and the UAE, in partnership with the Moroccan government, and are expected to provide up to 40% of the estimated funding to finance projects planned in Casablanca, Tangiers and Rabat. The total investment to carry out the selected projects – which include a variety of leisure facilities and renovated cultural areas – is put at €2bn, with the works expected to be completed within the next five years.

The committed funds are to be split equally among the five partners, while the remainder is expected to be drawn from private investors and bank financing. The financing will be channelled through the Wessal Fund, a finance mechanism of $3.4bn (€2.5bn) set up by the Gulf Cooperation Council and Morocco to support tourism development during the Arab Spring in 2011.

The development plans for Casablanca’s port area are expected to receive Dh6bn (€519.6m) which will go towards expanding tourism infrastructure and cultural facilities. The Wessal Casablanca Port project, as it is known, will include hotels, a cruise port and a marina. The Rabat project will receive an estimated Dh9bn (€779.4m). The Wessal Bouregreg project will focus on developing tourist attractions and hotels in the Bouregreg valley alongside the capital including a marina and theatre with seating for up to 2000 people. The project is expected to generate 12,000 jobs.

As for Tangiers, no specific amount has yet been unveiled for the redevelopment projects of its port area, which has undergone a significant change in recent years, following the shift of the bulk of container activity to the Tangier-Med port outside the town. However, commercial cruise ships and ferries continue to use the old port and given the rise in cruise tourist numbers in recent years – growing by 9% annually since 2004 – the government is looking to expand port capacity and supporting infrastructure, such as hotels and restaurants, to allow for more cruise ships to dock along its coastline.  

Rising popularity

The developments are helping to underpin Morocco’s efforts to strengthen its appeal as a tourist destination. In 2013, the country welcomed 10m visitors, up 7% compared to 2012. Haddad expects to see tourist numbers rise by 8% in 2014 and overnight stays are projected to increase by 10%.

In spite of the turbulence from the Arab Spring across the Middle East and North Africa region since 2011, Morocco has been largely spared from the fallout and has been rewarded by comparatively strong capital flows and a steady influx of visitors.

For example, high-end hotel chains, including the Four Seasons, the Ritz-Carlton and Marriott International have all sought to expand their footprint in the country in recent years. Among the hotels slated for opening before the end of the year are Mövenpick’s Casablanca and Marrakech hotels. So far, the Swiss chain’s presence has been limited to Tangiers where it took over the management of hotel Malabata in 2001. Construction works are still being carried out on the hotel in Marrakech which will have 374 rooms and will see its doors open end 2014. In Casablanca, the group will take over the 180-room Husa Casablanca Plaza, which will be rebranded a Mövenpick hotel as of June 2014. According to local media the hotel chain is also currently searching for partnerships and management contracts to expand its presence in Agadir and Rabat.

Morocco’s targets under the Vision 2020 plan are ambitious and will require sustained effort and capital, but the efforts currently underway, both in the private and public sector, certainly bode well for the long-term health of the tourism sector.

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