De nouveaux jalons pour les exportations ivoiriennes

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Le gouvernement ivoirien a mis sur pied un conseil des exportations chargé de mettre en œuvre une stratégie de diversification de l’économie et de fournir une feuille de route qui permettra à la Côte d’Ivoire, premier exportateur de cacao au monde, de ne plus dépendre uniquement de ses marchés traditionnels mais d’explorer de nouvelles opportunités dans des secteurs tels que le secteur minier ou le caoutchouc.

Le Conseil National des Exportations (CNE) a vu le jour au mois de juin, suite à la quatrième consultation du gouvernement en avril auprès du Centre du Commerce International (ITC), dont le siège est à Genève et qui depuis 2013 fournit au pays une assistance technique sur les questions d’exportations. Le CNE, dont le lancement officiel devrait avoir lieu avant la fin 2014, pilotera la Stratégie Nationale d’Exportation (SNE), un nouveau projet visant à promouvoir le commerce et une meilleure intégration du pays au sein des marchés régional et international.

Les trois produits les plus exportés par la Côte d’Ivoire sont le cacao, les hydrocarbures et le caoutchouc, qui se taillent respectivement une part de 48%, 18% et 11% des exportations totales sur l’année 2012. Mais le nouveau gouvernement du Président Alassane Ouattara entend bien promouvoir des secteurs sous-exploités comme les secteurs minier et manufacturier. « La Côte d’Ivoire s’ouvre au monde, » a déclaré le premier ministre Daniel Kablan Duncan lors d’un forum dédié aux investissements qui s’est tenu en début d’année. 

Compte courant

Le pays cherche à diversifier ses partenaires commerciaux et mène une politique de libéralisation des échanges commerciaux à la fois avec ses partenaires traditionnels en Europe et avec de nouveaux marchés en Amérique du Nord et en Asie suite à la forte croissance qu’il a enregistrée ces dernières années. Si la Côte d’Ivoire a vu son poids économique reculer dans la région au cours d’une période d’instabilité qui a duré dix ans, l’heure est à la reprise et le pays affiche depuis 2012 une croissance dans le haut d’une fourchette à un chiffre, avec une croissance du PIB réel qui atteindrait les 8,7% en 2013, tirée par les exportations et une forte demande intérieure, selon la cinquième revue du FMI, conclue au mois de juin.

Les exportations, à prix courants, afficheraient pour l’année 2013 une hausse de 3,8% en glissement annuel, suite à une hausse de 5,2% en 2012.

Il est toutefois toujours nécessaire de stimuler les exportations afin de maintenir le déficit du compte courant ivoirien sous contrôle. Malgré des projections prévoyant une hausse annuelle des exportations de 11 à 12%, ces dernières risquent bien de s’effacer devant une croissance plus rapide des importations, qui devrait se situer au-dessus des 13% d’après le FMI. Celui-ci table donc sur un creusement significatif du déficit du compte courant, qui passerait de 4,7% du PIB en 2014 à 6,3% en 2016 puis 7,3% d’ici 2018, mais, si on inclut les aides extérieures, ces chiffres s’établiraient à 2,6%, 4,5% et 5,8% respectivement.  

Développement des exportations

Le CNE aura de multiples fonctions. Selon un décret du Conseil des Ministres daté du 18 juin, l’agence fera office d’organe consultatif, agissant en tant qu’intermédiaire entre le gouvernement et le secteur privé, et aura comme mission sous-jacente l’accompagnement de la nouvelle politique d’exportations du gouvernement ainsi que la pleine exploitation des opportunités offertes par les marchés régional et international.

Au terme de consultations menées auprès de représentants des milieux d’affaires tels que l’APEX-CI (Association pour le Promotion des Exportations de Côte d’Ivoire) par l’ITC au cours des 18 derniers mois, puis d’une confirmation par le Conseil des Ministres, il a été décidé de donner la priorité à des secteurs tels que le caoutchouc, la noix de cajou, le coton, les fruits, le manioc ainsi que la mode et l’industrie textile.

Les missions qu’exercera le CNE au service du développement de ces secteurs iront de la mise à disposition d’informations commerciales et logistiques aux normes de qualité, en passant par le renforcement des capacités et l’accès au financement, a expliqué Anton Said, responsable de la division de l’ITC en charge des recommandations stratégiques. « [La SNE] constituera la feuille de route de référence au service de l’essor de la croissance grâce au développement et à la compétitivité des exportations, s’inscrivant dans le droit fil de l’objectif que s’est fixé la Côte d’Ivoire : devenir un marché émergent d’ici 2020. »

Récemment, un projet de l’ITC a présenté des produits textiles mode et maison de Côte d’Ivoire dans un magasin éphémère à Paris. « L’ITC a mis en contact des producteurs avec des acheteurs potentiels en Afrique Centrale et Australe, les a préparés quant à leurs stratégies marketing et leur a fourni une assistance en matière de négociations commerciales, » a expliqué James Howe, conseiller principal marketing et branding à l’ITC. « En outre, nous avons assisté les entreprises dans l’élaboration de leurs stratégies de branding, en particulier au niveau de leurs supports de communication et de leur site web afin d’améliorer la présentation de leurs produits aux acheteurs étrangers. »  

Accès au marché de l’UE

L’annonce de la création du Conseil intervient alors que les négociations se poursuivent au sujet d’un accord de partenariat économique (APE) régional avec l’UE qui ouvrirait la Côte d’Ivoire, ainsi que les autres états membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à davantage d’échanges commerciaux avec l’Europe. Suite à la signature d’un APE intérimaire ou « accord d’étape vers un APE » en novembre 2008, le pays est désormais engagé dans la procédure de conclusion d’un accord régional plus complet approuvé par les chefs d’État de la CEDEAO lors d’un sommet qui s’est tenu en juillet.

Dans le cadre de l’accord intermédiaire, la Côte d’Ivoire bénéficie pour ses exportations d’un accès au marché de l’UE en franchise de droits et sans contingents, en contrepartie de quoi elle s’engage à libéraliser 81% de ses importations en provenance de l’UE en l’espace de 15 ans. Par ailleurs, d’autres dispositions fournissent des lignes directrices à suivre afin de satisfaire aux normes d’importation de l’UE, sanitaires notamment, ainsi que des recommandations en matière de facilitation des échanges, par exemple par le biais de procédures douanières rationalisées et d’une plus grande coopération administrative.

En vue d’accélérer la conclusion de l’accord entre l’UE et la CEDEAO, l’UE a annoncé qu’elle retirerait les privilèges de libre accès au marché à tous les pays qui ne ratifieraient pas leurs APE avant le mois d’octobre. Si la plupart des pays concernés, dont la Côte d’Ivoire, conserveraient un libre accès dans le cadre des règles qui s’appliquent aux « pays les moins avancés », cette échéance a incité les dirigeants de la CEDEAO à approuver l’APE lors d’un sommet à Accra le 10 juillet. Selon le communiqué final, ils « demandent aux négociateurs en chef de l’Afrique de l’Ouest de prendre toutes les dispositions nécessaires pour engager rapidement le processus de signature de l’accord et de sa mise en œuvre. »


 

New signposts for exports in Côte d’Ivoire

En Français

  The government of Côte d’Ivoire has set up an export council charged with implementing a strategy to diversify the world’s leading cocoa exporter away from its traditional markets and providing a new roadmap for tapping opportunities in sectors such as mining and rubber.

The National Export Council (Conseil National des Exportations, CNE) was established in June following the government’s fourth consultation in April with the Geneva-based International Trade Centre (ITC), which has served as a partner for technical assistance on export matters since 2013. The CNE, which is to be formally launched by the end of 2014, will manage the National Export Strategy (NES), a new blueprint for promoting trade and further integration with regional and international markets.

Côte d’Ivoire’s top three exports are cocoa, hydrocarbons and rubber, with shares of 48%, 18% and 11%, respectively, of total exports as of 2012. However, the new administration of President Alassane Ouattara is keen to promote under-represented sectors such as mining and manufacturing. “We are really open to all the world,” said Prime Minister Daniel Kablan Duncan at an investment forum earlier this year.  

Current account

The country is seeking to diversify trading partners and has pursued trade liberalisation both with traditional European partners and with newer markets in North America and Asia on the back of strong growth in recent years. Despite the country losing some of its regional significance over the decade of unrest, the economy has rebounded to high single-digit growth since 2012 with real GDP growth estimated to have reached 8.7% in 2013, driven by exports and strong domestic demand, according to the IMF’s fifth review in June.

Exports, at current prices, are estimated to have grown by 3.8 % in 2013 year-on-year following 5.2% growth in 2012.

Boosting exports, however, will be important to keep the country’s current account deficit in check. Despite exports being projected to rise by 11%-12% annually over the next decade, they are likely to be overshadowed by faster growth in imports, expected at above 13% a year according to the fund. As such it expects the current account deficit to widen significantly to 4.7% of GDP in 2014, 6.3% in 2016 and 7.3% by 2018, although including aid inflows, these figures will be a lower 2.6%, 4.5% and 5.8% respectively.  

Export development

The CNE will have wide-ranging functions. According to a June 18 decree by the Council of Ministers, the agency will serve as a consultative agency mediating between government and the private sector, with an underlying aim to carry forward the government’s new export drive as well as take advantage of the opportunities offered by regional and international markets.

Following consultations between industry representatives, such as APEX-CI (Association pour la Promotion des Exportations de Côte d’Ivoire) and the ITC over the past 18 months and a subsequent confirmation by the Council of Ministers, priority will be given to industries such as rubber, cashew, cotton, fruit, cassava, as well as fashion and textile sectors.

The CNE’s tasks in these sectors will range from the provision of trade information and logistics to quality standards, capacity building and access to financing, said Anton Said, head of the ITC unit advising the strategy. “[The NES] will serve as the reference roadmap for export development and competitiveness to boost growth in line with [Côte d’Ivoire’s] aim to become an emerging-market economy by 2020”.

A recent ITC project showcased textile, fashion and home decoration products from the Côte d’Ivoire at a pop-up-store in Paris. “ITC has introduced the producers to potential buyers in central and southern Africa and prepared them with marketing strategies and support in handling commercial negotiations,” said James Howe, senior adviser of international marketing and branding at ITC. “In addition, we assisted the companies in designing branding strategies, in particular communications materials and websites in order to better present their products to international buyers.”  

EU trade access

The announcement of the council comes as negotiations continue for a regional economic partnership agreement (EPA) with the EU that would open Côte d’Ivoire, along with fellow member states of the Economic Community of West African States (ECOWAS), to more trade with Europe. Having signed an interim or “stepping stone” EPA in November 2008, the country is now engaged in the approval process for a more comprehensive regional agreement endorsed at a summit in July by the ECOWAS heads of state.

Under the interim agreement, Côte d’Ivoire enjoys access for all its exports to the EU free of duties and quotas, with the understanding that it will liberalise 81% of imports from the EU within 15 years. Meanwhile, other provisions lay out guidelines for meeting EU import standards, such as sanitation, and advice on trade facilitation, including streamlining Customs procedures and enhancing administrative cooperation.

To speed up approval of the EU-ECOWAS agreement, the EU has said it will withdraw special free market access from those countries that have not ratified their EPAs by October this year. Although most of the countries in question, including Côte d’Ivoire, would still retain free access under separate rules for “least developed countries”, this soft deadline spurred the leaders of ECOWAS countries to endorse the EPA on July 10 at a meeting in Accra. According to a final communiqué, they “instructed the West African chief negotiators to take all necessary steps to quickly start the process of signing and implementing the agreement.”

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