De meilleures informations sur le crédit font anticiper une hausse des prêts dans le secteur bancaire gabonais

In English

Les autorités gabonaises cherchent à stimuler le crédit – qui accuse depuis longtemps un retard par rapport à d’autres marchés émergents – en améliorant la couverture des informations sur le crédit relatives aux emprunteurs.

Le pays a récemment mis sur pied une centrale des incidents de paiement (CIP) qui fournit aux établissements financiers un accès aux informations pertinentes concernant les antécédents bancaires d’emprunteurs potentiels, tels que les défauts de paiement et les chèques sans provision.

La CIP, dispositif qui sera appliqué à tous les Etats membres de la CEMAC, sera assortie d’une base de données recensant des informations biométriques sur les clients, grâce à laquelle les prêteurs, les établissements de crédit et autres acteurs du secteur des services financiers pourront obtenir des informations à jour leur permettant d’évaluer le risque de défaut de paiement.

« L’identification des clients a toujours été problématique au sein de la CEMAC, ce qui limite notre capacité de prendre des décisions éclairées, » a expliqué Gaëlle Bitéghé, directrice générale d’Ecobank, à OBG. « La CIP apportera une visibilité nécessaire sur notre portefeuille clients et responsabilisera ces derniers, ce qui contribuera inévitablement à une croissance des prêts. »

Des décisions éclairées

Les banques gabonaises travaillent actuellement en collaboration avec la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), la banque centrale de la zone CEMAC, afin de mettre à jour les systèmes et de se coordonner avec les autres banques dans l’ensemble de la zone économique.

"Etant donné le faible niveau d’échange d’information entre les banques concernant les crédits des clients, la mise en place de la CIP constitue une étape cruciale synonyme de transparence accrue et de moyen pour les établissements financiers d’identifier les clients ayant un mauvais bilan comme emprunteurs ou utilisateurs de chèques, » a souligné à OBG Mamadou Sanon, directeur général d’UBA."

 Les taux de prêt ont toujours été bas au Gabon, les banques montrant du doigt le manque d’informations dont elles disposent pour décider de l’accord de prêts. Le problème n’est pas spécifique au Gabon et la majorité des marchés d’Afrique sub-saharienne ne disposent pas d’une couverture détaillée sur les informations de crédit mais le Gabon est néanmoins à la traîne par rapport aux autres économies de la région en termes de prêts. Selon des chiffres publiés par la BEAC, le crédit au secteur privé représentait environ 12% du PIB en 2015, contre environ 57,5% dans les marchés émergents présentant un profil similaire en matière de revenu par habitant.

Les actifs bancaires, les prêts et les dépôts ont cependant enregistré une croissance rapide ces dernières années. En effet, le total des prêts s’est élevé à 1300 milliards de francs CFA (2 milliards de dollars) en 2015, soit le double du montant atteint en 2010.

Afin de stimuler encore davantage le prêt, le Gabon s’attèle à la création d’une centrale nationale de risques, qui devrait voir le jour mi-2017.

« La centrale de risques apportera des informations plus approfondies à la fois sur les structures des entreprises et sur leurs engagements bancaires », a expliqué Guy-Martial Awona, directeur général d’Orabank, à OBG. « Le défi consistera toutefois à recueillir les données nécessaires auprès de nos clients. »

Des efforts pour  accroître l’inclusion financière

Les efforts déployés afin d’atteindre une plus grande transparence et de réduire le risque de crédit s’inscrivent dans le droit fil d’une stratégie plus vaste du Gabon, qui cherche à accroître la participation au secteur financier formel.

Depuis 2014, les retraites et les salaires des fonctionnaires ont été versés par virement bancaire, exception faite des bénéficiaires résidant dans des zones reculées ne disposant pas d’un accès à une agence bancaire.

« La bancarisation par l’Etat, des agents publics et des étudiants boursiers a donné une impulsion au secteur bancaire; désormais la plupart des fonctionnaires, des étudiants, des retraités et des travailleurs non permanents sont payés sur des comptes en banques, »  a déclaré à OBG Claude Ayo-Iguendha, administrateur-directeur général de la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Gabon.

Il a souligné qu’à la fin du mois de janvier, le nombre de Gabonais titulaires d’un compte en banque s’élevait à 407 000. « Sur une population de 1,8 million d’habitants, c’est considérable. »

Un objectif de stabilité financière

La hausse du taux de bancarisation et l’amélioration de l’environnement de crédit sont de bonnes nouvelles pour les banques gabonaises qui ont dû ces derniers mois faire face à une situation macroéconomique plus difficile.

Le système bancaire du pays a toujours été extrêmement liquide et stable mais l’évolution à la baisse des prix de l’énergie ont fragilisé les banques commerciales du pays, le FMI parlant de « lien de cause à effet » entre les cours du pétrole et la stabilité financière.

Si les niveaux agrégés des fonds propres et de la liquidité bancaire semblent adéquats, un test de résistance réalisé l’an dernier a révélé que le Gabon était le deuxième pays le plus vulnérable de la CEMAC aux chocs de crédit et de liquidité. Le ratio des prêts non productifs a notamment atteint 8,4% en novembre 2014, contre 2,8% mi-2012, selon les derniers chiffres disponibles.

La détérioration s’est montrée plus prononcée dans le secteur du micro-crédit. Les prêts non productifs sont passés de 14,6% en 2011 à 24,1% des prêts bruts en 2015, selon le FMI.

Le déploiement de la CIP, associé à toute une série d’autres réformes récentes, telles que le relèvement du plafond de refinancement à 100 milliards de francs CFA (152 millions d’euros) en mars 2015, la baisse des coefficients des réserves obligatoires de 50% en avril 2016 et la baisse du taux directeur à 2,45% s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie plus vaste qui vise à remédier aux externalités négatives générées par la volatilité des prix des matières premières.

 

 

Better credit information to spur lending in Gabon’s banking sector

En Français

Authorities in Gabon are looking to boost lending – which has historically lagged behind other emerging markets – by expanding credit data coverage on borrowers.

The country recently began piloting a payments registry (centrale des incidents de paiement, CIP), which provides financial institutions with access to relevant information on potential borrowers’ banking history, such as failure to repay loans and bounced cheques.

The CIP, which is due to be implemented across CEMAC member states, will be linked to a biometric database of clients and allow for lenders, credit card companies and other actors in the financial services sector to have up-to-date information on the probability of default.

“Within CEMAC we have always faced issues identifying our clients, which limits our ability to make well-informed decisions,” Gaëlle Bitéghé, managing director of Ecobank, told OBG. “The CIP will bring much needed visibility to our client base and make people more accountable, which will inevitably contribute to lending growth.”

Informed decision making

Gabonese banks are currently working with the Bank of Central African States (Banque des Etats de l’Afrique Centrale, BEAC), the central bank for the CEMAC zone, to upgrade systems and coordinate with counterparts throughout the economic bloc.

“Given the low level of exchange of customer credit information between banks, the CIP will be a crucial step to increase transparency and allow financial institutions to identify customers with a poor track record on loans and cheques,” Mamadou Sanon, director-general of UBA, told OBG.

Lending rates have traditionally been low in Gabon, with banks pointing to a lack of information on which to base lending decisions. The problem is not unique to the country, with the majority of sub-Saharan African markets lacking comprehensive credit data coverage, but Gabon nonetheless lags behind peer economies in terms of lending. According to figures from the BEAC, credit to the private sector measured around 12% of GDP in 2015, compared to roughly 57.5% in emerging markets with similar per capita income levels.

However, banking assets, lending and deposits have all seen rapid growth in recent years. Indeed, total loans reached CFA1.3trn (€2bn) in 2015, doubling in the five years since 2010.

In order to spur on further lending, Gabon is also creating a national credit bureau, which is set to be finalised by mid-2017.

“The credit bureau will bring more in-depth information on both the structure of companies and their engagements” Guy-Martial Awona, director-general of Orabank, told OBG. “The challenge will be to gather the necessary data from our clients, however.”

Efforts to increase financial inclusion

The efforts to improve transparency and reduce credit risk come on the back of a broader push in Gabon to expand participation in the formal financial sector.

Since 2014, retiree benefits and the salaries of government employees have been paid via bank transfer, with exceptions made only for those who live in remote areas without access to bank branches.

"The bancarisation by the state of public officials and scholarship students has boosted the banking sector; now, most government officials, students, retirees and non-permanent labourers have bank accounts,” Claude Ayo-Iguendha, CEO of Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Gabon, told OBG.

He noted that as of the end of January, the number of Gabonese with a bank account had reached 407,000. “Out of a population of 1.8m, this is significant.”

Focus on financial soundness

The increase in banking penetration and the improved credit environment provide a measure of good news for Gabon’s banks, which in recent months have had to grapple with a more challenging macroeconomic situation.

The country’s banking system has historically been extremely liquid and stable, but lower energy prices have put a strain on the country’s commercial banks, with the IMF citing a “causal link” between the oil price and financial soundness.

While aggregate bank capital and liquidity levels appear adequate, a stress test performed last year revealed Gabon to be the second-most-vulnerable country in CEMAC to credit and liquidity shocks. Notably, the non-performing-loan (NPL) ratio reached 8.4% in November 2014, up from 2.8% in mid-2012, according to the most recent available figures.

In the microfinance industry, the deterioration was more pronounced. NPLs in the segment rose from 14.6% of gross loans in 2011 to 24.1% in 2015, according to the IMF.

The rollouts of the CIP, alongside a host of other recent reforms, such as the increase in refinancing limits to CFA100bn (€152m) in March 2015, the lowering of the reserve requirements by 50% in April 2016 and the lowering of the base rate to 2.45%, are part of a broader effort to address the negative externalities of commodity volatility.

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