Développement de l'irrigation pour soutenir la production agricole algérienne

In English

Les pressions extérieures subies en 2014 ont pesé plus lourdement qu'à l'accoutumée sur le secteur agricole algérien, ce qui représente un défi de taille pour le pays, compte tenu de sa facture des importations. Néanmoins, les mesures prises pour renforcer les performances à long terme du secteur, telles que le déploiement des techniques d'irrigation, commencent à porter leurs fruits.

Depuis fin juillet, la filière bovine est frappée de plein fouet par une épidémie de fièvre aphteuse, qui a débuté à Sétif avant de se propager dans 19 provinces. Le nombre d'animaux touchés est toutefois resté minime, en partie grâce à une campagne de vaccination intensive menée suite à l'apparition d'un foyer de fièvre aphteuse en Tunisie voisine au mois de mai.

Autre source d'inquiétude, la production céréalière, restée relativement faible cette année. D'après les chiffres provisionnels publiés fin juillet, la production de céréales de la saison 2013/14 a chuté de plus d'un tiers, pour s'établir à environ 3 millions de tonnes, son niveau le plus bas depuis cinq ans. La chaleur et la sécheresse précoces, qui ont débuté au mois d'avril, ont eu un impact particulièrement important dans les provinces de l'est, qui contribuent très largement à la production nationale, et où 12 hectares de cultures céréalières ont été détruits par plus de 20 incendies dans la seule région de Sétif. La baisse de la production a mis en exergue la variabilité de la production céréalière de l'Algérie, le secteur étant fortement dépendant des précipitations. Trois pour cent seulement de la production locale est cultivée à l'aide de techniques d'irrigation.

Au vu de la consommation locale, qui avoisine les 8 millions de tonnes de céréales chaque année, la mauvaise récolte devrait alourdir fortement la facture des importations, déjà chiffrée à quelque 4 milliards d'euros par an. L'Algérie est ainsi devenue l'un des principaux importateurs de blé au monde, et le premier importateur par habitant.

La production de l'année est faible par rapport aux chiffres récents, mais l'Algérie tend généralement à enregistrer des rendements limités dans le secteur céréalier. La productivité s'élevait à 1.7 tonne par hectare en 2012, d'après les données de la Banque mondiale, contre environ 7 tonnes par hectare en moyenne dans les pays développés.  

Le pays des barrages

Sur le long terme, néanmoins, la production céréalière du pays a augmenté, passant d'une moyenne annuelle de quelque 2.7 millions de tonnes ces 20 dernières années à environ 5 m de tonnes au cours de la période 2007-2012. La productivité est également à la hausse : de 16 en 2010, le nombre de cultivateurs atteignant une production de plus de 5 tonnes par hectare a été porté à 279 l'an dernier.

L'irrigation est l'une des priorités de l'État. Le gouvernement prévoit de porter à 1 million d'hectares la superficie irriguée à l'horizon 2019, et espère ainsi faire grimper les rendements. L'Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a déclaré avoir distribué quelque 900 systèmes d'irrigation aux cultivateurs locaux en 2014, et ainsi augmenté la superficie des cultures céréalières irriguées à 600 000 hectares en avril.

Pour atteindre son objectif, le gouvernement a mis en œuvre un vaste programme de construction de barrages. L'Algérie, qui était dotée de 44 barrages en 1999, pour une capacité de stockage combinée de 3.7 milliards de mètres cubes, en comptait 68 en 2010, pour une capacité de 7 milliards de mètres cubes. Les autorités ont misé sur la construction de 18 nouveaux barrages entre 2010 et 2014, puis de 30 barrages supplémentaires dotés d'une capacité combinée de 1.5 milliard de mètres cubes entre 2015 et 2019. D'après les articles publiés dans la presse locale en juillet dernier, les autorités prévoient par ailleurs de mettre un terme à la production électrique de deux grands barrages hydroélectriques, et d'utiliser ces barrages pour l'irrigation et l'approvisionnement en eau potable.

Ces mesures devraient permettre d'augmenter la quantité d'eau destinée à l'irrigation, et ainsi améliorer la productivité agricole et contribuer à stabiliser la production. D'autres mesures, visant notamment à renforcer la mécanisation et limiter la fragmentation du secteur en regroupant les petites exploitations pour créer de grandes exploitations, pourraient contribuer à améliorer les rendements. Ceux-ci pourraient être multipliés par 2.5 ces dix prochaines années, d'après Laid Benamor, président du Comité interprofessionnel des céréales (CIC).  

Liens bilatéraux

Outre le déploiement des techniques d'irrigation, le gouvernement prévoit également de prendre un certain nombre de mesures afin de moderniser le secteur et renforcer la production agricole. Fin juillet, le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Abdelouahab Nouri, a indiqué aux médias que le gouvernement avait l'intention d'adopter plusieurs nouvelles lois et réglementations applicables au secteur au cours de la législature à venir, et notamment de finaliser des plans visant à mettre en location les terres agricoles appartenant à l'Etat.

Par ailleurs, un certain nombre d'initiatives transfrontalières ont été prises avec les instances gouvernementales européennes afin d'améliorer la productivité agricole. En juillet, l'ambassadeur d'Autriche en Algérie, Aloisia Wörgetter, a déclaré que les deux pays avaient entamé des discussions concernant un projet d'investissement agricole commun ayant trait à l'élevage dans la province de Khenchela, dans la lignée de plusieurs accords de coopération agricole existants. Ces quelques dernières années, plusieurs projets bilatéraux ont été conclus entre la France et le secteur agricole algérien, afin que ce dernier puisse bénéficier des techniques de modernisation employées en France. Un projet pilote a été lancé début 2013 entre l'Algérie et la Normandie afin d'améliorer les techniques d'élevage du cheptel laitier.


 

Irrigation expansion to support Algeria’s agricultural output

En Français

  External pressures in 2014 have left Algeria’s agricultural sector more exposed than usual, which presents a perennial challenge given the size of the country’s import bill. But measures to strengthen long-term performance such as expanding the use of irrigation are beginning to yield benefits.

Since late July, the cattle industry has been dealing with an outbreak of foot-and-mouth disease that began in Sétif and has spread to 19 provinces. The number of animals affected remains small thanks in part to a stepped-up vaccination campaign following an outbreak of the disease in neighbouring Tunisia in May.

More worryingly, this year has also seen a comparatively poor cereal harvest. According to provisional figures released in late July, cereal production for the 2013/14 harvest fell by more than third to about 3m tonnes and a five-year low. The early onset of hot, dry conditions in April had a particularly dramatic impact on the eastern provinces, which represent a large portion of national production, with 12ha of cereal acreage destroyed by more than 20 crop fires in the Sétif region alone. The decline in output highlighted the variability of Algerian cereal production given the sector’s heavy reliance on rainfall. Only 3% of local production is based on irrigation.

Given local consumption of around 8m tonnes of cereals per annum, the reduced harvest is set to substantially push up an already-high wheat import bill, which averages around €4bn a year. This has helped make Algeria one of the largest overall wheat importers – and the biggest importer on a per capita basis – in the world.

Although output for the year is low by recent standards, the country also suffers from small cereals yields generally. Productivity stood at 1.7 tonnes per hectare in 2012 according to World Bank data, compared to an average of around 7 tonnes per hectare in developed countries.  

Dam builders

Over the long term, however, the country’s cereal output has increased, from an annual average of around 2.7m tonnes over the past two decades to around 5m tonnes in the five years to 2012/13. Productivity is also on the rise – the number of farmers achieving output of more than 5 tonnes per hectare grew from 16 in 2010 to 279 last year.

Irrigation is top of the state’s agenda. The government plans to increase the amount of land benefiting from irrigation to 1m ha by 2019, which it is hoped will help lift yields. The Algerian Cereals Office (Office Algérien Interprofessionnel des Céréales, OAIC) announced that it had distributed some 900 irrigation systems to local farmers in 2014, increasing the irrigated surface area of cereal plantations to 600,000ha by April.

To help achieve this, the government has undertaken a major dam construction programme. The number of dams rose from 44 with a combined storage capacity of 3.7bn cu metres in 1999, to 68 in 2010 with a capacity of 7bn cu metres. The authorities targeted the construction of a further 18 barrages between 2010 and 2014 and another 30 with a combined capacity of 1.5bn cu metres between 2015 and 2019. According to local press reports in July, the authorities are also planning to put an end to electricity production at two major hydroelectric dams and use them to provide water for agriculture and households instead.

Such measures should increase the availability of water for irrigation, improving agricultural productivity and helping to stabilise output. Other measures such as improving mechanisation and reducing the fragmentation of the sector by combining smallholdings into larger farms may help to improve yields, which could rise by a factor of as much as 2.5 over the next decade, according to Laid Benamor, president of the Cereal Trade Committee (Comité Interprofessionnel des Céréales, CIC).  

Bilateral ties

In addition to expanding the use of irrigation, the government is also planning a number of new measures to help modernise the sector and increase agricultural output. In late July, the minister for agriculture and rural development, Abdelouahab Nouri, told media that the government intended to pass several new laws and regulations for the sector in the coming parliamentary term, including finalising plans to lease state-owned agricultural land.

A number of cross-border initiatives with European government bodies are also looking to improve agricultural productivity. In July, the Austrian ambassador to Algeria, Aloisia Wörgetter, said that the two countries were holding talks on a joint agricultural investment project in the Khenchela province related to livestock, building on several pre-existing agricultural cooperation agreements. In recent years, several bilateral projects have been established between France and the Algerian agriculture sector so the latter can benefit from modernisation techniques established in France. A pilot project was launched in early 2013 between Algeria and the French region of Normandy to improve techniques for rearing dairy cattle.

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