Coup de fouet pour l’agro-industrie ivoirienne avec le développement d’unités de transformation des matières premières

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La Côte d’Ivoire s’emploie actuellement à maximiser le rendement de son secteur agricole grâce au développement d’unités de transformation des matières premières.

Mi-décembre, le conglomérat vietnamien T&T a signé un accord de coopération stratégique avec le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) ivoirien portant sur la construction en Côte d’Ivoire d’une usine de transformation de l’anacarde (noix de cajou) d’une capacité de 50 000 tonnes.

Le CCA assistera le conglomérat dans sa recherche d’emplacement pour l’usine et garantira un accès aux matières premières, aux installations logistiques et aux marchés d’exportation, en contrepartie de quoi T&T s’est engagé à acheter un volume non précisé de noix brutes destinées à l’importation dès cette année.

La signature de cet accord fait suite à l’annonce en octobre du contrat accordé par la société ivoirienne Capro CI à l’entreprise britannique Overseas Projects & Services Limited (OPSL) pour la construction d’une usine de transformation de la noix de cajou à Tiebissou dans le centre du pays.

Le contrat de 6,5 millions d’euros prévoit la livraison par OPSL de l’usine – initialement dotée d’une capacité de production annuelle de 10 000 tonnes, avec possibilité d’expansion à 30 000 tonnes – d’ici la fin de l’année 2019.

La filière cacao profite également du développement des capacités de transformation. Yves Brahima Koné, le directeur-général du Conseil du Café-Cacao, a déclaré à OBG que deux nouvelles usines de transformation devraient ouvrir d’ici fin 2020 à Abidjan et à San Pedro – avec une capacité combinée annuelle de 150 000 tonnes.

Une transformation qui devrait doper les recettes agricoles

Ce développement des capacités agro-industrielles s’inscrit dans le cadre d’une stratégie gouvernementale visant à accroître la transformation des matières premières locales et à ainsi renforcer la contribution du secteur au PIB.

Si la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et le deuxième pour ce qui est de la noix de cajou, moins de 10% des récoltes sont transformées sur le sol ivoirien, en grande partie par manque d’infrastructures.

Le pays ne profite donc pas d’une grande partie de la valeur ajoutée issue de la transformation de la matière première et le secteur est exposé aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux des matières premières, comme ce fut le cas lors de la saison agricole 2016/2017 où les cours du cacao ont chuté de 30% en raison d’une offre excédentaire.

C’est pourquoi l’Etat ivoirien vise une transformation locale de 50% de la récolte de cacao et de noix de cajou d’ici 2020, avec pour la noix de cajou un objectif de 100% de transformation en Côte d’Ivoire d’ici 2025.

« La transformation de la matière première brute en produits finis ou semi-finis sur le sol ivoirien entrainera une hausse de la valeur ajoutée par ces cultures au produit national, » a expliqué Kamel Assaf, Administrateur Général de la Générale de Produits Agricoles, une filiale du département agricole du Groupe Dennis spécialisée dans l’achat, le transformation et l’exportation de produits agricoles.

« Les secteurs du cacao, du café et de la noix de cajou disposent du plus fort potentiel à l’échelle internationale, mais la transformation des matières premières en Côte d’Ivoire est nécessaire pour moderniser ces secteurs et réduire l’impact de la volatilité des prix internationaux sur l’économie locale. »

Le rôle crucial de l’investissement privé dans la réalisation des objectifs en matière de tranformation

Accroître la participation du secteur privé constitue une étape déterminante vers l’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement, à savoir développer la transformation des matières premières et orienter l’économie du pays vers davantage d’activités manufactières.

L’investissement privé représentait en 2017 environ 11,2% du PIB, selon la Banque Mondiale, et le gouvernement cherche à encourager ces activités par le biais d’une série d’investissements et d’initiatives.

Le Plan National de Développement 2016-2020, doté d’un budget de 30 000 milliards de francs CFA (45,7 milliards d’euros), a accordé des fonds importants à l’amélioration d’infrastructures clés dans le domaine du transport et de l’énergie, l’insuffisance du réseau de transport depuis les régions cultivatrices et le manque de fiabilité de l’alimentation électrique ayant été citées comme des obstacles à l’investissement agro-industriel.

En outre, la Banque Mondiale a approuvé en avril dernier un prêt de 200 millions de dollars à destination du Projet d’Appui à Compétitivité de la Chaîne de Valeur de l’Anacarde ; doté d’un budget total de 285,5 millions de dollars, ce dernier vise à rendre le secteur de la noix de cajou plus efficace et plus rentable.

Le projet a pour objectif d’accroître la productivité des exploitations grâce à la recherche, au développement des plants d’anacardier et aux transferts de technologie, ainsi qu’en déployant une stratégie d’expansion routière et de renforcement d’autres infrastructures de transport dans les régions productrices de noix de cajou. 225 000 producteurs devraient bénéficier de ce projet et 12 000 emplois devraient être créés au cours des 5 ans de sa durée.

L’accès au crédit constitue un autre facteur identifié comme un obstacle à l’investissement privé.

« Contrairement à la plupart des pays industrialisés, en Côte d’Ivoire les fabricants locaux ont plus de difficultés à obtenir des prêts bancaires à des taux abordables, » a expliqué Jean-Louis Menudier, président de l’Union des Grandes Entreprises de Côte d’Ivoire, à OBG.

« C’est pourquoi, s’ils veulent rester concurrentiels, les acteurs locaux doivent améliorer l’efficacité opérationnelle générale de leurs processus de production. »

Afin de remédier à la situation, le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME a signé début juin une convention de financement avec la filiale ivoirienne de l’institution financière régionale Coris Bank, avec mise à disposition d’une ligne de crédit de 10 milliards de francs CFA (15,2 millions d’euros).

Le fonds proposera des prêts individuels allant de 5 millions de francs CFA (7620 euros) à 50 millions de francs CFA (76 200 euros) à des commercants, des artisans, des propriétaires de petites et moyennes entreprises, tous secteurs confondus, dans l’espoir d’encourager l’investissement intérieur.

 

 

Expansion of crop-processing facilities boost Côte d’Ivoire’s agro-industry

En Français

Côte d’Ivoire has moved to maximise the earnings from its agricultural sector with the expansion of domestic crop-processing facilities.

In mid-December Vietnamese conglomerate T&T signed a strategic cooperation deal with Côte d’Ivoire’s Cotton and Cashew Council that will see the company build a 50,000-tonne cashew processing plant in the country.

The council will assist the company in locating its plant, as well as establishing access to primary inputs, logistical facilities and export outlets, while T&T has also agreed to purchase an unspecified amount of raw cashew nuts to import as of this year.

This follows the October announcement that local company Capro CI had awarded a contract to UK-based Overseas Projects & Services Limited (OPSL) to construct a cashew plant in Tiebissou in central Côte d’Ivoire.

Under the €6.5m deal OPSL will deliver the plant – initially expected to have a processing capacity of 10,000 tonnes annually, but with the possibility to expand to 30,000 tonnes – by the end of 2019.

The upgrade of processing capacity is also being seen in the cocoa segment, with Yves Brahima Koné, the general manager of the state-owned Coffee and Cocoa Council, telling OBG that he expected two new processing plants in Abidjan and San Pedro – with a combined annual capacity of 150,000 tonnes – to open by the end of 2020.

See also: The Report – Côte d’Ivoire 2019

Processing to boost agricultural earnings

The upgrade of agri-processing capacity comes amid government efforts to increase domestic crop processing and subsequently boost the sector’s contribution to GDP.

Despite being the world’s largest and second-largest producer of cocoa and cashews, respectively, Côte d’Ivoire processes less than 10% of this harvest domestically, largely due to a deficit in suitable infrastructure.

As a result, the country misses out on much of the added value that comes from processing the crops, and leaves the sector susceptible to fluctuations in international commodity markets, as experienced in the 2016/17 agricultural season when cocoa prices fell by 30% on the back of excess supply.

To this end, the government has targeted processing 50% of both cocoa and cashew harvests by 2020, with the target for cashews extended to 100% by 2025.

“Transforming raw materials into finished or semi-finished products within Cote d'Ivoire will increase the value these crops add to the national product,” Kamel Assaf, the General Administrator of La Générale de Produits Agricoles, a subsidiary of Groupe Dennis’ agriculture department that focuses on purchasing, processing and exporting agricultural products, told OBG.

“The sectors of cocoa, coffee and cashew have the most potential on an international scale, but processing raw materials domestically is necessary to modernise the sectors and reduce the impact of international price volatility on the local economy.”

Encouraging private investment central to processing goals

Key to the government’s aim of boosting crop processing and shifting the economy towards greater manufacturing activity is the increased participation of the private sector.

With private investment accounting for just 11.2% of GDP in 2017, according to the World Bank, the government has sought to incentivise activity through a series of investments and initiatives.

The country’s CFA30trn (€45.7bn) National Development Plan 2016-20 has dedicated significant funds towards improving key transport and energy infrastructure, with poor transport linkages from crop-growing regions and unreliable power supplies cited as factors hindering investment in agri-processing.

Furthermore, in April the World Bank approved a $200m loan to go towards the $285.5m Cashew Value Chain Competitiveness Project (CVCCP), an initiative designed to improve the efficiency and profitability of the cashew industry.

The CVCCP aims to boost on-farm productivity through research, seedling development and technology transfer, along with efforts to expand roads and other transport infrastructure in cashew-production areas. The project is expected to benefit 225,000 farmers and create 12,000 new jobs over its five-year period.

Another factor cited as a challenge to private investment is access to credit.

“Unlike most industrialised countries, in Côte d’Ivoire local manufacturers have more difficulty accessing bank funding at an affordable rate,” Jean-Louis Menudier, president of the Large Industrial Firms Union of Côte d’Ivoire, told OBG.

“Therefore, to stay competitive, local players must improve the overall operational efficiency of their production processes.”

To help address this situation, in early June the Ministry of Commerce, Industry and SME Promotion agreed to a CFA10bn (€15.2m) financing deal with the domestic arm of regional financial institution Coris Bank.

The fund will offer individual loans ranging from CFA5m (€7620) to CFA50m (€76,200) to merchants, craftspeople and small and medium-sized enterprise owners, regardless of the sector, in the hope of encouraging domestic investment.

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