Coup d’accélérateur pour le secteur du manganèse au Gabon

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Le Gabon a donné un coup d’accélérateur à sa stratégie d’accroissement de la valeur ajoutée dans les industries extractives avec l’inauguration officielle cet été d’un institut technique spécialisé dans les métiers de la mine et de la métallurgie.

D’une population d’1,7 million d’habitants, le pays compte d’abondantes ressources naturelles, telles que le pétrole, le bois et des gisements de minéraux, mais c’est sur les exportations de matières premières brutes qu’il a choisi de miser par le passé. La récente volatilité des marchés mondiaux des matières premières a toutefois conféré un caractère d’urgence à la politique gouvernementale de diversification de l’économie et d’expansion des activités de transformation en aval – notamment par le biais du développement du capital humain.

Une base élargie

Le Président Ali Bongo Ondimba a inauguré au mois de juin l’Ecole des Mines et de la Métallurgie de Moanda (E3M) du Gabon, le fruit d’un partenariat public-privé entre l’Etat et la Compagnie Minière de l’Ogooué (Comilog), une filiale du groupe français Eramet.

« Cette école répond au souci d’une plus grande diversification de notre économie,» a déclaré le Président Ondimba lors de l’inauguration.

Situé dans la province du Haut-Ogooué, le campus, qui a nécessité un investissement de 20 millions de dollars et devrait accueillir ses premiers étudiants en septembre, est le premier centre de formation de ce type dans toute la sous-région. La formation proposée sera accompagnée de cas pratiques et de stages dans les domaines de la prospection minière, de l’extraction de minerais et de la métallurgie. L’école bénéficiera du soutien de l’Université de Lorraine en France dans l’élaboration des enseignements.

E3M n’est pas le seul institut de formation professionnel spécialisé au Gabon. En 2011, l’Institut du Pétrole et du Gaz a ouvert ses portes à Port-Gentil, où sont regroupées la grande majorité des compagnies pétrolières et gazières du pays, tandis qu’une école des métiers du bois est actuellement en construction à Booué. La création d’organismes de formation spécialisés s’inscrit dans le cadre du Plan Stratégique Gabon Emergent, programme national axé sur le développement des capacités dans les secteurs des mines, de l’industrie et des services.

Valorisation du manganèse

E3M s’inscrit également dans une politique nationale plus globale qui vise à développer et à industrialiser le secteur gabonais du manganèse et à ajouter des activités de transformation aux activités existantes d’extraction et d’exportation du minerai.

L’établissement a été créé en partie afin de soutenir le Complexe Métallurgique de Moanda (CMM), premier site de transformation de minerai dans le pays. Ayant nécessité un investissement de 240 millions d’euros, le site comprend une usine de production de silico-manganèse d’une capacité de 65 000 tonnes par an ainsi qu’une usine produisant du manganèse métal, d’une capacité annuelle de 20 000 tonnes. D’une superficie de 50 hectares, le CMM, qui est géré par Eramet – groupe qui extrait 90% du minerai de manganèse au Gabon- jouxte la mine de Moanda, un des principaux gisements de manganèse du pays.

Le Gabon est le troisième producteur de minerai de manganèse à haute teneur – devancé seulement par l’Afrique du Sud et la Chine – et abritait fin 2014 environ 250 millions de tonnes de réserves. Le pays possède également des gisements non négligeables de minerai de fer, d’or, de plomb et de zinc. Comme le pays ne dispose pas d’une carte géologique et minière très complète, il se pourrait bien qu’il abrite des gisements encore inexploités, d’après le groupe minier public Société Equatoriale des Mines. Reconnaissant ce potentiel, les pouvoirs publics ont annoncé un objectif d’accroissement de la contribution du secteur minier au PIB, qui passerait de son taux actuel de 6% à 25% au cours des 15 à 20 prochaines années.

A cet effet, le Gabon a adopté l’an dernier un nouveau code minier – qui modifie l’ancien code datant de l’an 2000 – qui devrait doper les investissements dans le secteur. Le nouveau code apporte des avantages fiscaux et opérationnels aux entreprises minières tout en dégageant des recettes plus importantes pour l’Etat. Parmi les avantages dont peuvent bénéficier les exploitants miniers, on peut citer l’exonération des droits de douane à l’importation des biens d’équipement et des intrants, une exonération d’impôts pendant les phases de prospection et d’exploration ainsi qu’un calcul de redevances flexible.

Le développement du secteur minier contribuera également à réduire la dépendance du Gabon au pétrole, qui représentait 20% du PIB et 40% des recettes budgétaires l’an dernier, selon les chiffres publiés par la Banque Mondiale.

Défis pour l’avenir

Les progrès réalisés par le Gabon dans son secteur minier interviennent dans un contexte international de conditions de marché difficiles.

Les cours du manganèse ont chuté au cours des dix dernières années, résultant en partie d’une surproduction et d’un ralentissement de la croissance en Chine, le pays étant à l’origine de la moitié de la demande mondiale en manganèse. Les exploitants miniers ont en outre dû faire face à des difficultés supplémentaires au Gabon, avec notamment d’importants embouteillages et des frais généraux élevés, mais une série de nouveaux projets d’infrastructures, dont un nouveau terminal minéralier dans le Port d’Owendo et une meilleure liaison ferroviaire devraient contribuer à améliorer les perspectives à court terme.

 

 

Gabon’s manganese mining industry receives boost

En Français

Gabon’s push to increase value addition in its extractive industries received a boost this summer with the formal opening of a technical institute focused on mining and metallurgical engineering.

The 1.7m-person country benefits from a wealth of natural resources, including oil, timber and minerals, but has traditionally relied on the export of raw materials for revenues. However, recent volatility in global commodity markets has made the government’s push to diversify the economy and expand downstream processing activities more urgent – including through the development of human capital.

Broadening the base

In June President Ali Bongo Ondimba inaugurated Gabon’s Moanda School of Mines and Metallurgy (Ecole des Mines et de la Métallurgie de Moanda, E3M), a public-private partnership between the government and Compagnie Minière de l’Ogooué (Comilog), a subsidiary of France-based Eramet.

“The school responds to the need for greater diversification in the economy,” President Ondimba said at the inauguration.

The €20m campus, located in Haut-Ogooué and set to take its initial students in September, is the first training facility of its kind in the sub-region and will incorporate applied training and hands-on experience for students in the fields of mineral prospecting, ore mining and metallurgy. The curriculum will be managed by France’s University of Lorraine.

E3M is not the only sector-specific professional training institute in Gabon. In 2011 the Petroleum and Gas Institute opened in Port-Gentil, home to the bulk of the country’s oil and gas companies, while a wood industry institute is currently under construction in Booué. Specialised training institutions are part of the country’s Emerging Gabon Strategic Plan, which focuses on developing capacity in the mining, industry and services sector.

Value-added manganese

E3M is also part of a broader government plan to develop and industrialise the country’s manganese industry to include processing, rather than just extraction and export of the mineral.

The institution was created in part to support the Moanda Metallurgical Complex (MMC), which is the country’s first campus to process ore. The €240m facility consists of a silico-manganese plant with a capacity of 65,000 tonnes per year and a manganese metal plant with a capacity of 20,000 tonnes per year. The 50-ha MMC managed by Eramet – which operates 90% of Gabon’s manganese ore mining – abuts the Moanda mine, a key manganese site in Gabon.

Gabon is the world’s third-largest producer of high-grade manganese – behind only South Africa and China – with approximately 250m tonnes in reserve at the end of 2014. It also has sizeable deposits of iron ore, gold, lead and zinc. As the country is under-surveyed, it could hold larger, undiscovered deposits, according to state-owned mining group Société Equatoriale des Mines. Recognising the potential, government authorities have announced a target to increase the mining industry’s contribution to GDP from 6% at present to 25% in the next 15-20 years.

To this end, Gabon adopted an updated mining code last year – which revises the previous code dating from 2000 – to boost investment in the sector. The revised code contains fiscal and operational incentives for mining companies while also carving out a larger share of revenue for state coffers. Among the advantages offered to mining operators are duty-free import of equipment and inputs, tax-free prospection and exploration periods, and flexible mining royalties.

Developing the mining industry will also help reduce Gabon’s dependence on oil, which accounted for 20% of GDP and 40% of budget revenue last year, according to the World Bank.

Challenges further afield

However, Gabon’s advancements in the mining sector are taking place amid a challenging international market.

Manganese prices have fallen drastically over the past decade, partly due to overproduction and slowing growth in China, which accounts for half of global manganese demand. Mining operators have also faced additional complications in Gabon, with transport bottlenecks and high overheads, although a spate of new infrastructure projects, including a new mineral terminal in the Owendo Port and an upgraded rail link, should help improve the outlook in the near-term.

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