Côte d’Ivoire : Relance des investissements dans les infrastructures

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Désormais assurée de bénéficier de l'aide indispensable de bailleurs de fonds extérieurs, la Côte d’Ivoire a initié une série de projets pour reconstruire la plupart de ses infrastructures, marquées par plus d'une décennie de conflits.

Face à l’intermédiation financière limitée des banques locales, le financement extérieur reste l'un des piliers des efforts déployés par la Côte d’Ivoire pour faire avancer les projets d'infrastructure. Les fonds permettront de financer la modernisation des infrastructures de transport et des infrastructures urbaines, et plus particulièrement les réseaux routiers et les systèmes d'approvisionnement en eau d'Abidjan et d'autres zones densément peuplées, qui ont subi les effets d'une urbanisation accélérée ces quelques dernières années.

La construction à Abidjan d'un pont reliant Marcory à Cocody, pour un coût de 232 à 270 millions d'euros, a d'ores et déjà débuté, et devrait être achevée d'ici à fin 2014. Ce pont devrait contribuer à désengorger les deux autres ponts de la ville, sur lesquels transitent environ 200 000 véhicules par jour.

Les travaux de conception et de construction ont été confiés à Bouygues Travaux Publics, qui a remporté au mois de juin l'appel d'offres d'un contrat BOT (build-operate-transfer) de 30 ans. Le groupe, filiale du conglomérat français Bouygues, construira également un échangeur sur le boulevard Valéry Giscard d’Estaing.

Le financement du projet a été mis sur pied au mois de novembre, à réception de la première tranche du prêt de 58 millions d'euros octroyé par la Banque africaine de développement (BAD). Des accords de financement ont également été conclus avec la Banque ouest-africaine de développement, la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), Africa Finance Corporation (AFC), la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE), la Société néerlandaise pour le financement du développement (FMO), le Fonds panafricain de développement des infrastructures (PAIDF) et l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) de la Banque mondiale.

La nécessité d'améliorer le réseau routier de la capitale s'est fait particulièrement ressentir au mois d'août, lors des inondations qui ont touché le district d’Indénié. Au lendemain de la catastrophe, la Banque mondiale s'est engagée à allouer 2.3 millions d'euros pour financer la construction de bassins de rétention qui ralentiront les crues et retiendront les eaux. Le projet, qui sera mis en œuvre par Franzetti, filiale de la société française SADE-CGTH, devrait réjouir les quelque 2.8 millions d'habitants des districts de Abobo, Cocody et Plateau, situés en zone inondable.

La Côte d’Ivoire est également sur le point de déployer toute une série d'initiatives visant à améliorer d'autres axes routiers à Abidjan et dans les environs, notamment la zone d’Angré à Cocody, le district Niangon de Yopougon, l'autoroute Abidjan-Bassam, dans le district de Vridi, et l'échangeur de la Riviera-2.

Outre les aménagements routiers, les autorités poursuivent la mise en œuvre d'un certain nombre d'initiatives visant à améliorer l'approvisionnement en eau potable des villes au cours des deux prochaines années. Faute d'investissements ces 20 dernières années, Abidjan est aujourd'hui confrontée à une pénurie de 30 % d'eau potable ; hors de la ville, la situation est encore plus critique, puisque le déficit moyen s'élève à 50 %.

Soucieux de remédier à ce problème, le gouvernement a mis en œuvre un Programme présidentiel d'urgence (PPU), qui prévoit une initiative visant à réhabiliter et renforcer les équipements d'approvisionnement en eau potable. Le projet, qui a d'ores et déjà permis de limiter la pénurie de près de 60 % à Abidjan, et de réparer près de 80 % des pompes en zones rurales, se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, avec de nouveaux développements en perspective, notamment la construction d'une station de traitement de l'eau d'une capacité de 2 000 mètres cubes par heure, qui sera gérée par Franzetti.

Une initiative distincte a également été lancée début août 2012 dans l'optique de renforcer les capacités d'approvisionnement en eau à Abidjan, grâce à la nappe souterraine de Bonoua. La première phase de ce projet de 137 millions d'euros, financé grâce à un prêt octroyé par le gouvernement chinois par l'intermédiaire de Eximbank, ambitionne de mettre fin à la pénurie dans les districts de Bonoua et de Grand Bassam à Abidjan.

Dans le cadre de cette initiative, la société China Geology Engineering bâtira des réservoirs, des stations de récupération et 124 kilomètres de canalisations, et assurera également les travaux de forage. La seconde phase du projet sera financée par le gouvernement français, par le biais d'un contrat de désendettement et de développement (C2D) signé le 1er décembre. Les 150 millions d'euros octroyés permettront de financer le développement urbain, l'approvisionnement en eau et l'assainissement d'Abidjan. Le gouvernement prévoit en outre, en 2014, de lancer un projet sur 10 à 15 ans visant à renforcer l'approvisionnement en eau dans la région métropolitaine d'Abidjan, grâce à la nappe phréatique du Sud-Comoé.

La Banque mondiale a également pris une mesure clé en approuvant en juin l'octroi de 100 millions de dollars au projet Emergency Infrastructure Renewal Project de la Côte d'Ivoire, dont le coût global devrait atteindre 200 millions de dollars. La Banque allouera 30 % des fonds octroyés au transport urbain, 27 % à l'approvisionnement en eau, 20 % à la protection contre les inondations, 12 % à l'aménagement des axes routiers et autoroutes urbains et inter-urbains, et 11 % à la transmission et la distribution d'électricité.

Grâce aux donateurs bilatéraux et aux institutions financières internationales ayant fait le choix d'appuyer le développement de la Côte d’Ivoire, les quelques années à venir devraient ouvrir de nombreuses perspectives d'investissement dans les infrastructures. Cependant, pour les observateurs, si la Côte d'Ivoire souhaite exploiter pleinement son potentiel et satisfaire le large éventail de parties prenantes, elle devra désormais s'attacher à améliorer son environnement commercial.

 

Côte d’Ivoire: Infrastructure funding boost

En Français

With essential backing from external donors now secured, Côte d’Ivoire is rolling out a raft of projects aimed at rebuilding much of its infrastructure following more than a decade of conflict.

External financing remains a key component of Côte d’Ivoire’s efforts to drive forward its infrastructure projects due to insufficient lending from local banks. The funding will be used to make improvements to transport and urban infrastructure, particularly road and water supply networks in Abidjan and other densely populated areas that have felt the strain of recent rapid urbanisation.

Work has already started on a €232m-€270m bridge project in Abidjan linking Marcory to Cocody, which is scheduled for completion by the end of 2014. The bridge is expected to help reduce bottlenecks on the city’s other two bridges, which are used by around 200,000 vehicles daily.

Design and construction work is being undertaken by the Bouygues Travaux Publics, which won the tender for the 30-year build-operate-transfer (BOT) contract in June. The firm, a subsidiary of French conglomerate Bouygues, will also build an interchange for the Valéry Giscard d’Estaing thoroughfare.

Financing for the project was put in place in November when the African Development Bank (AfDB) released the first instalment of a €58m loan. Agreements for funding have also been made with the West African Development Bank, the ECOWAS Bank for Investment and Development (EBID), the African Finance Corporation (AFC), the Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE), the Dutch development bank FMO, the Pan-African Infrastructure Development Fund (PAIDF) and the World Bank’s Multilateral Investment Guarantee Agency (MIGA).

The importance of improving the capital city’s road network was highlighted in August when the district of Indénié was hit by floods. Following the disaster, the World Bank pledged €2.3m to finance the construction of basins that will slow flooding and retain water. The project, which will be undertaken by Franzetti, a subsidiary of France’s SADE-CGTH, is particularly good news for the estimated 2.8m people who live in Abobo, Cocody and the Plateau districts where flooding is a risk.

Côte d’Ivoire is also poised to roll out a wave of initiatives aimed at improving other roads in and around Abidjan, with projects earmarked for Cocody’s Zone d’Angre, Yopougon’s Niangon district, the Abidjan-Bassam highway, in the Vridi district and the Riviera-2 interchange.

Alongside road improvements, the authorities are driving forward a number of initiatives aimed at improving drinking water supplies in cities within the next two years. A lack of investment during the past two decades has resulted in a 30% undersupply of potable water in Abidjan, while shortcomings are even more acute outside the city where there is an average supply gap of 50%.

In a bid to address the problem, the government has implemented an Emergency Presidential Programme (PPU) that includes an initiative to rehabilitate and reinforce potable water supply equipment. The project, which has already reduced shortfalls in Abidjan by almost 60% and led to the repair of nearly 80% of rural pumps, is continuing to gain pace, with new developments on the horizon, including a 2000-cu-metre-per-hour water treatment facility to be overseen by Franzetti.

In a separate initiative, a major drive to reinforce Abidjan’s water supply was launched in early August 2012, which will target the groundwater in Bonoua. The first phase of the €137m project, which is being financed by a Chinese government loan through Eximbank, aims to provide sufficient capacity to supply Abidjan’s Bonoua district and Grand Bassam.

Under the initiative, the China Geology Engineering Company will construct reservoirs, recovery stations and 124 km of pipes, while also undertaking drilling work. The second phase of the project will be financed by the French government through its Debt and Development Contract (C2D), signed on December 1, which will channel €150m to Abidjan’s urban development, water and sanitation. The government also plans to launch a 10-15-year project in 2014 aimed at developing water supply for the Abidjan metropolitan area from Sud-Comoé groundwater.

In another key move, the World Bank approved $100m of financing in June for Côte d’Ivoire’s Emergency Infrastructure Renewal Project, which is expected to have an overall cost of $200m. The Bank will channel 30% of its funding to urban transport, 27% to water supply, 20% to flood protection, 12% to rural and inter-urban roads and highways, and 11% to transmission and distribution of electricity.

With bilateral donors and international financial institutions choosing to throw their weight behind Côte d’Ivoire’s development, the next few years should provide investors with a wide choice of infrastructure project opportunities. Observers suggest, however, that Côte d’Ivoire will now need to focus on improving the business climate if it is to fulfil its potential and keep its broad range of stakeholders satisfied.

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