Côte d’Ivoire : L’union fait la force

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Malgré quelques années mouvementées pour la Côte d’Ivoire dans son ensemble, le secteur des assurances ivoirien a affiché au cours des deux dernières années des chiffres plutôt réguliers, même si le degré de la concurrence est élevé. Le marché subit également de la pression sur leurs revenus de primes liée à la réforme de l’Article-13 de la CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance) qui oblige les clients à régler l’intégralité de leurs primes avant d’être assurés, créant ainsi un défi notamment pour l’assurance automobile.

Certes, les recettes des branches vie et non-vie sont passées de 193 milliards de francs CFA (294, 23 millions d’euros) en 2010 à 185 milliards de francs CFA (282,03 millions d’euros) en 2011 mais, compte tenu de la crise électorale qui a paralysé l’économie durant les quatre premiers mois de l’année, il est impressionnant que la baisse n’ait pas été plus marquée.

Au contraire, en dépit des bouleversements engendrés par les dernières élections présidentielles, le marché ivoirien de l’assurance a enregistré une croissance annuelle de 40% en moyenne au cours des cinq dernières années, due en grande partie aux partenariats bancaires, aux ventes de voitures neuves et aux politiques fiscales. Ces excellents résultats reflètent également le fort potentiel de croissance du secteur, dans la mesure où le taux de pénétration des produits d’assurance auprès de la population ne s’élève qu’à 1%. La réduction depuis 2006 des impôts sur l’assurance maladie, la ré-domiciliation de l’assurance sur les transports et les mesures d’incitation fiscale sur les indemnités de fin de carrière pour les contrats d’assurance vie depuis 2005 ont eu un effet positif sur le secteur.

32 assureurs opèrent actuellement sur le marché, qui est dominé par des capitaux ivoiriens et africains, même si les compagnies européennes Allianz (Allemagne) et Axa (France) détiennent environ 13% et 4% des parts du marché, selon la publication ivoirienne PME Magazine. Le secteur est marqué par une forte concentration et les acteurs les plus importants se partagent le gros des recettes : quatre compagnies d’assurances, Colina, la NSIA (Nouvelle Société Interafricaine d’Assurance), Allianz et UA-Vie (Union des Assurances de Côte d’Ivoire-Vie) réalisent 60% du chiffre d’affaires du secteur.

Le secteur regorge par conséquent de petites entreprises, avec 21 compagnies qui affichent des recettes annuelles de moins de 6,55 milliards de francs CFA (10 millions d’euros), dont 15 qui ont généré des recettes inférieures ou égales à 3,28 milliards de francs CFA (5 millions d’euros), toujours selon PME Magazine. La fragmentation du secteur exerce une pression à la baisse sur les marges des entreprises, en proie à une forte concurrence pour attirer et conserver des clients, tandis que les petites compagnies, en particulier dans la branche vie, ont du mal à faire face à des coûts fixes d’exploitation élevés.

Afin d’accroître les ventes, les compagnies d’assurance se sont associées au secteur bancaire, espérant tirer profit du réseau de distribution de ce dernier et de son taux de pénétration plus élevé. Le succès dont ont été couronnées ces initiatives s’est révélé d’autant plus frappant qu’il existe d’autres canaux de distribution bien implantés, avec environ 100 courtiers, agents et institutions de microfinance à travers le pays.

C’est la NSIA qui a lancé la tendance en 2006 en faisant l’acquisition de BIAO, l’une des principales banques du pays. Elle a depuis également établi des partenariats avec Ecobank et la Société Ivoirienne de Banque (SIB). Aussi bien les assureurs que les banques ont pris plusieurs associés, ce qui a profité à toutes les parties concernées. Le Directeur-Général d’UA-Vie, Almany Timité, a déclaré à OBG : « Nous avons multiplié notre chiffre d’affaires par deux, passant de 11 milliards de francs CFA (16,77 millions d’euros) en 2007 à 22 milliards de francs CFA (33,54 millions d’euros) en 2012, essentiellement en mettant davantage l’accent sur la bancassurance en partenariat avec des banques panafricaines. »

Dans le cadre d’une évolution positive qui permettrait de limiter l’exportation des primes envers des réassureurs à l’étranger, les assureurs ivoiriens devraient bénéficier de plus grandes capacités locales de réassurance. Continental Reinsurance, compagnie nigériane qui figure parmi les leaders sur le marché de la réassurance, prévoit l’ouverture de bureaux à Abidjan. Une première incursion dans l’union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour le groupe, qui rejoint les autres réassureurs sur le marché ivoirien, notamment la Cica-Re, compagnie d’assurance commune de la zone UEMOA, et Avenir-Re.

Au-delà des canaux de distribution, de la rétention locale des primes et des incitation fiscales, l’avenir des assurances en Côte d’Ivoire dépend avant tout de la stabilité politique et de la sécurité du pays. Dans un marché où plus d’un tiers des recettes de la branche non-vie provient de l’assurance automobile, qui est obligatoire, il n’est pas étonnant que la baisse de 4,1% qu’accusaient les recettes du secteur en 2011 coïncidait avec le ralentissement économique qui a marqué cette année et qui s’est accompagné d’une chute des ventes de voitures neuves. En attendant, il ne fait pas de doute que le secteur des assurances va poursuivre sa croissance à mesure que la pénétration augmente et que de nouveaux produits sont lancés ; reste à savoir à quel point cette croissance sera marquée..

 

Côte d’Ivoire: Strength in numbers

En Français

In spite of a turbulent couple of years for the country as a whole, Côte d’Ivoire’s insurance sector has posted comparatively steady numbers over the past 24 months, although competition has been fierce. The market has also been facing downward pressure on revenue from premiums due to Article-13 CIMA reform (Inter-African Insurance Markets Conference) compelling policyholders to pay the entirety of their premiums up front in order to be insured, which has been challenging for the auto-insurance segment.

Granted that revenue in the life and non-life sectors dropped to CFA185bn (€282.03m) in 2011 from CFA193bn (€294.23m) in 2010, in light of the electoral crisis that paralysed the economy through the first four months of the year, although it is impressive it did not drop further.

In fact, despite the upheaval brought about by the last presidential elections, the Ivorian insurance market has grown by an average of 40% annually over the past five years, largely due to banking partnerships, new car sales and fiscal policies. These strong results also reflect significant room for yet more growth in the sector, as the penetration rate of insurance products among the population stands at 1%. Reduced taxes on health insurance since 2006, measures regarding transport insurance and fiscal incentives on retirement indemnities for life contracts since 2005 have had a positive effect on the sector.

The market is currently shared by 32 insurers and mostly consists of Ivorian and African capital, although European firms Allianz (Germany) and Axa (France) have around 13% and 4% overall market share, respectively, according to local publication PME Magazine. There is a high concentration of revenues among the sector’s large players, with around 60% of turnover captured by four insurers: Colina, NSIA (New Inter-African Insurance Company), Allianz and UA-Vie (Insurance Union of Côte d’Ivoire-Life).

As a result, the sector is full of small players, with 21 companies reporting yearly revenue of under CFA6.55bn (€10m) in 2011, 15 of which generated CFA3.28bn (€5m) or less, PME Magazine reported. This market fragmentation has been exerting downward pressure on margins as companies compete to attract and retain clients, while the smallest companies, particularly in the life segment, struggle to cope with high fixed operating costs.

To bolster sales, insurance companies have been joining forces with the banking sector to capitalise on the latter’s distribution network and higher penetration rate. The success of these initiatives has been all the more striking, given the well-developed presence of other distribution channels, with around 100 brokers, agents and micro-finance institutions in the country.

NSIA set the trend in 2006 when it acquired BIAO, one of the country’s largest banks, and now also has partnerships with Ecobank and the Ivorian Bank Company (Société Ivoirienne de Banque, SIB). Both insurers and banks have been taking on multiple partners to the benefit of all parties involved. Almany Timité, director-general of UA-Vie, told OBG, “We have doubled our turnover from CFA11bn (€16.77m) in 2007 to CFA22bn (€33.54m) in 2012, largely thanks to an increased focus on banking insurance in partnerships with pan-African banks.”

In a positive development that could stem premiums exports to reinsurers abroad, insurers in Côte d’Ivoire are set to benefit from greater local reinsurance capacity. Continental Reinsurance, a leading Nigerian reinsurer, is slated to open its offices in Abidjan, marking its first foray into the West African Economic and Monetary Union (UEMOA) and making it the second reinsurer in the Ivorian market, along with UEMOA regional insurer CICA-Re.

Beyond distribution channels, in-country premiums retention and fiscal incentives, the future of insurance in Côte d’Ivoire depends on political stability and security. In a market where more than one-third of non-life revenues come from auto insurance, which is mandatory, it is no coincidence that the 4.1% drop in sector revenue in 2011 coincided with that year’s economic contraction and a corresponding dip in new car sales. In the meantime, the insurance sector is sure to grow steadily as penetration increases and new products are introduced; the question, rather, is just how strong that growth will turn out to be.

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