Côte d’Ivoire : L’aviation prend son envol

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Le 30 octobre, Air Côte d’Ivoire (ACI), la nouvelle compagnie aérienne nationale, a effectué son vol inaugural entre Abidjan, la capitale économique ivoirienne, et Dakar au Sénégal. A l’instar de nombreux autres pays d’Afrique de l’Ouest, le maintien d’un transporteur national en Côte d’Ivoire s’est maintes fois accompagné de difficultés, parmi lesquelles on peut citer des consommateurs sensibles aux prix, des frais d’atterrissage élevés et une demande relativement faible. L’État espère cependant que la récente inauguration d’ACI va inverser la tendance régionale et capitaliser sur une augmentation des vols en direction de l’aéroport d’Abidjan, principal hub international du pays.

ACI a été fondée en mai 2012 et est le fruit d’un partenariat entre l’état ivoirien, Air France et le Fonds Aga Khan pour le Développement Économique (AKFED). À l’heure actuelle, l’état détient 65% des parts de la nouvelle entreprise tandis qu’Air France en détient 20% et l’AKFED 15%. La compagnie aérienne a été lancée avec un capital de départ de 2,5 milliards de francs CFA (3,81 millions d’euros) qui devrait atteindre les 25 milliards de francs CFA (38,11 millions d’euros) sur le court terme. Les transporteurs nationaux Air Mali et Air Burkina, qui ont pour actionnaire commun l’AKFED, vont partager leurs services et leurs infrastructures avec la jeune compagnie aérienne afin de rationaliser les services et les opérations.

La compagnie a démarré ses activités commerciales le 12 novembre et sa flotte est actuellement constituée de 2 Airbus A319, comptant chacun 12 sièges en classe affaires et 96 sièges en classe économique. La compagnie a démarré ses activités commerciales le 12 novembre. ACI commencera par proposer des vols à destination des capitales d’Afrique de l’Ouest et Centrale, dont Bamako, Brazzaville, Dakar et Douala. Les vols intérieurs devraient débuter début 2013. ACI vise les 300 000 passagers au terme de sa première année d’exercice.

Avec le lancement d’ACI, le pays tente une nouvelle fois de se doter d’une compagnie aérienne nationale après l’échec d’Air Ivoire en 2011. La baisse de la demande qui a suivi la crise politique de 2011 a contribué à accélérer la liquidation d’Air Ivoire mais le principal facteur de son déclin a été les lourdes dettes contractées par la compagnie. Les liaisons aériennes entre les villes d’Afrique de l’Ouest ont été marquées, par le passé, par le prix exorbitant des billets, des liaisons peu nombreuses et, en général, un service client et technique peu fiable, rendant la tâche difficile non seulement pour les voyageurs mais aussi pour les investisseurs.

Bien d’autres compagnies ont succombé avant Air Ivoire. Citons par exemple Ghana International Airlines, détenue majoritairement par l’État ghanéen, qui a cessé ses activités en 2010 après seulement cinq ans d’existence. Air Senegal International, fondée il y a 50 ans, a suspendu ses vols en 2009 suite à une querelle entre ses actionnaires, Royal Air Maroc et l’État sénégalais.

Mais grâce à l’évolution positive de la croissance économique et à un pouvoir d’achat en progression en Afrique de l’Ouest, les investisseurs se montrent de plus en plus optimistes quant au potentiel de la région dans le secteur de l’aviation, non seulement en termes de services mais également en termes d’infrastructures.

Outre la création d’ACI, le ministre des transports Gaoussou Touré a récemment annoncé un projet aéroportuaire baptisé « Aérocité d’Abidjan ». Aérocité d’Abidjan vise à augmenter le nombre de passagers accueillis annuellement par l’Aéroport Felix Houphouët Boigny, situé à Abidjan, pour atteindre les 10 millions de passagers par an d’ici 2020. Afin d’atteindre cet objectif, le Ministre a autorisé la construction d’une piste d’atterrissage supplémentaire pour l’aéroport, ainsi que des travaux de rénovation générale des installations sur l’ensemble du site.

Ce qui constitue sans doute à l’heure actuelle le principal défi pour le secteur de l’aviation est le refus de l’Agence nationale américaine de sécurité dans les transports (Transport Security Administration, TSA) d’accorder une certification à l’Aéroport Félix Houphouët Boigny. Cela signifie qu’en ce moment aucun vol direct n’est possible entre Abidjan et les États-et que tous les passagers voyageant entre ces deux destinations doivent transiter par un aéroport agréé. Lors d’une récente déclaration publique, M.Touré s’est montré optimiste, assurant que les équipements et la sécurité de l’aéroport étaient à la hauteur et qu’il était possible que ce dernier recoive la certification de la TSA en 2013.

Avec ou sans la certification de la TSA, l’Aéroport Félix Houphouët Boigny continue d’accueillir un nombre croissant de transporteurs internationaux et régionaux, passant de 10 en juin 2011 au nombre de 20 en septembre 2012. L’aéroport est actuellement desservi par South African Airways, Turkish Airlines, Royal Air Maroc, Emirates, Brussels Airlines et Air France entre autres ; plusieurs autres compagnies devraient y opérer des vols très prochainement, parmi lesquelles Air Algérie, Egypt Air et Air Rwanda.

En attendant, plusieurs compagnies aériennes de la région ont annoncé récemment qu’elles comptaient soit lancer des vols à destination d’Abidjan, soit augmenter la fréquence des vols vers la capitale. La compagnie aérienne nigériane Arik Air, créée il y a six ans, prévoit l’ouverture prochaine d’une liaison vers Abidjan et Starbow Airlines, basée à Accra, propose depuis le 8 novembre des vols réguliers vers Abidjan, cinq par semaine, avec pour cœur de cible les voyageurs d’affaires.

Face à l’augmentation de la fréquence des vols, la nouvelle compagnie aérienne de Côte d’Ivoire va devoir, si elle veut être rentable, affronter une concurrence acharnée, vu le nombre toujours plus élevé de transporteurs internationaux qui tentent d’établir des liaisons vers la ville. La bonne nouvelle est que la croissance économique du pays a contribué à renforcer la demande et, si le niveau de concurrence du secteur se maintient, les voyageurs ivoiriens et internationaux vont pouvoir bénéficier de vols plus confortables, de meilleures connexions et de billets moins chers au départ ou à destination d’Abidjan.

 

Côte d’Ivoire: Taking to the skies

En Français

On October 30, Air Côte d’Ivoire (ACI), the country’s new national airline, launched its inaugural flight from the Ivorian economic capital, Abidjan, to Dakar, Senegal. Like many West African countries, Côte d’Ivoire has repeatedly struggled to maintain a national carrier, faced with price-sensitive consumers, expensive landing fees and muted demand. However, the government is hoping that the recent unveiling of ACI will buck the regional trend and capitalise on an increase in flights to the country’s main international hub in Abidjan.

ACI was founded in May 2012 as a partnership between the national government, Air France and the international Aga Khan Fund for Economic Development (AKFED). At present, the government holds a 65% ownership stake in the new company, while Air France holds 20% and AKFED, 15%. The airline started with CFA2.5bn (€3.81m) in capital, which is expected to grow to CFA25bn (€38.11m) in the near term. Fellow national carriers Air Mali and Air Burkina, both of which are part-owned by AKFED, will share services and infrastructure with the new start-up, to streamline services and operations.

At present, the airline’s fleet consists of two Airbus A319s. Each is equipped with 12 business-class seats and 96 economy-class seats. Commercial operations for the airline began on November 12. At the outset, ACI will focus on offering flights to capitals in West and Central Africa, including Bamako, Brazzaville, Dakar, and Douala. Domestic flights are slated to begin sometime in early 2013. ACI aims to carry 300,000 passengers within its first year of operations.

ACI is the country’s latest attempt at forming a national airline since the failure of Air Ivoire in 2011. The drop in demand following the political crisis of 2011 helped hasten the closure of Air Ivoire, but a bigger factor in its decline was its heavy debts. Historically, air travel between West African cities has been marked by exorbitant ticket prices, few connections and generally unreliable technical and customer service, providing a challenge not only to travellers but also to investors.

Air Ivoire was far from the only victim. Ghana International Airlines, for example, which was majority-owned by the Ghanaian government, suspended operations in 2010 after only five years of service. Air Senegal International, which was founded 50 years ago, stopped flying in 2009 following a dispute between shareholders Royal Air Maroc and the Senegalese government.

However, with broader economic growth rising and purchasing power increasing in West Africa, investors have become increasing bullish on the region’s aviation potential, not only in terms of service but also in terms of infrastructure.

In addition to the creation of ACI, Gaoussou Touré, the minister of transport, recently announced the “Aerocite d’Abidjan” aviation initiative. Aerocite d’Abidjan aims for the Felix Houphouët Boigny Airport, which is located in Abidjan, to welcome 10m passengers annually by 2020. To reach this goal, Touré has allowed for the addition of a new runway at the airport, as well as general equipment upgrades throughout the facility.

Perhaps one of the aviation sector’s greatest challenges at the moment is the lack of clearance from the US-based Transport Security Administration (TSA) for the Felix Houphouët Boigny Airport. This means that, at present, no flights can travel directly between Abidjan and the US, meaning that all passengers travelling between these destinations must transit through airports with TSA clearance. In a recent public statement, Touré appeared optimistic that the airport’s facilities and security were up to par and that it has the potential to receive TSA clearance in 2013.

With or without TSA clearance, the Felix Houphouët Boigny Airport continues to welcome an ever-growing number of international and regional carriers, up from around 10 in June 2011 to 20 in September 2012. The airport is currently served by South African Airways, Turkish Airlines, Royal Air Maroc, Emirates, Brussels Airline and Air France, among others.

Meanwhile, several regional carriers recently announced plans to either begin flights to Abidjan or increase flight frequencies to the city. Arik Air, the six-year-old Nigerian airline, plans to begin flights to Abidjan soon, and Accra-based Starbow Airlines began flights to Abidjan on November 8, offering five flights per week, aimed specifically at serving business travellers.

In the face of increasing flight frequency, Côte d’Ivoire’s new airline will have to compete fiercely to reach profitability, as an ever-growing number of international carriers attempt to establish routes to the city. The good news is the country’s economic growth has helped bolster demand and if the current level of competition in the sector keeps pace, Ivorian and international travellers alike will benefit from more comfortable flights, better connections, and less expensive tickets to and from Abidjan.

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