Côte d’Ivoire Bilan de l’Année 2016

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L’avancement de plusieurs vastes projets d’infrastructures a contribué à faire de 2016 la sixième année consécutive de forte croissance économique en Côte d’Ivoire, en flagrant contraste avec les résultats de beaucoup de ses voisins ouest-africains.

Les projets définis par le Plan National de Développement (PND) quinquennal, annoncé par le président Alassane Ouattara au lendemain de sa réélection fin 2015, représenteront un facteur essentiel de croissance et devraient jouer un rôle décisif dans le développement de la Côte d’Ivoire, qui a pris le pari d’atteindre le statut d’économie émergente d’ici à la fin de la décennie.

Une ambition récemment corroborée par les prévisions du FMI, selon lesquelles le pays devrait enregistrer cette année un taux de croissance du PIB de 8%, soit le taux le plus élevé du continent, et maintenir un rythme similaire en 2017.

En comparaison, d’autres économies d’Afrique de l’Ouest ont enregistré des résultats en forte baisse : alors que le Ghana affichait en 2011 un taux de croissance du PIB de 14%, l’un des plus élevés au monde, la croissance du pays devrait ralentir pour s’établir légèrement au-dessus de 3% cette année; le Nigéria est quant à lui confronté à une contraction de 1,7% du PIB.

Le point sur le financement de projets

Doté d’une enveloppe globale de 30 000 milliards de francs CFA (45,7 milliards d’euros), le gouvernement ivoirien a entrepris à travers le PND de mobiliser des fonds de sources variées pour son ambitieux portefeuille de projets, 62% desquels devant être financés par l’investissement privé.

Un groupe consultatif organisé à Paris en mai a permis d’engranger 16 milliards de dollars de capitaux de la part du secteur privé pour plus de 180 projets, et a également acquis au pays l’appui de bailleurs de fonds internationaux stratégiques, qui se sont engagés à couvrir à travers prêts et subventions le reliquat de 15,4 milliards de dollars nécessaire au déploiement des projets.

Au nombre des prêteurs figurent la Banque mondiale, qui a promis 5 milliards de dollars, la Banque africaine de développement (2,3 milliards de dollars), et la Banque islamique de développement (1,8 milliards de dollars).

Parallèlement, la Côte d’Ivoire a émis un emprunt d'Etat de 300 milliards de francs CFA (457 millions d’euros) en obligations islamiques au cours de l’année. En réaction à l'appréciation du dollar, le gouvernement a par ailleurs annoncé en août qu’il n’émettrait pas de dette normale sur les marchés internationaux, mais chercherait plutôt à obtenir un financement de 550 milliards de francs CFA (838 millions d’euros) sur le marché régional d’ici à la fin 2016.

Les titres seront cotés sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) d’Abidjan, qui dessert huit marchés ouest-africains.

Ce coup de fouet au marché de la dette souveraine de la BRVM couronne une année bien remplie pour la bourse ouest-africaine, qui a doublé sa capitalisation boursière depuis 2012, la portant à plus de 7 000 milliards de francs CFA (10,7 milliards d’euros) et a accueilli deux offres publiques initiales (OPI) au cours des 12 derniers mois.

Le régulateur du marché a également adopté plusieurs initiatives visant à accroître la participation au marché, dont une nouvelle application de bourse sur mobile fournissant des cotations en temps réel et des données de portefeuille.

Le secteur financier ivoirien a également bénéficié de la privatisation partielle de plusieurs des banques du pays, mise en oeuvre au cours de l’année écoulée dans l’optique de renforcer la capacité de financement du secteur. Les participations publiques dans le capital de la Nouvelle Société Interafricaine d'Assurances Banque, de Versus Bank et de la Banque de l'Habitat de Côte d’Ivoire ont été vendues, tandis qu’une cession programmée de la Caisse Nationale des Caisses d'Epargne a été différée. 

Vers une capacité accrue

Les projets d’infrastructures ont figuré parmi les principaux leviers de croissance au cours de l’année. Le mois d’octobre a été marqué par un événement phare, l’inauguration du chantier d’une gare routière interurbaine d’un coût de 46 milliards de francs CFA (70 millions d’euros) à Abidjan, conçue pour être la plus grande d’Afrique. Devant ouvrir d’ici à deux ans, la gare routière aurait la capacité d’accueillir plus de 25 millions de voyageurs par an.

Les travaux de rénovation de la voie ferrée reliant Abidjan à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ont démarré en septembre, avec l’objectif de multiplier par cinq les 910 000 tonnes de fret acheminées chaque année entre les deux centres.

Un prolongement de l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro jusqu’à Bouaké, seconde ville de Côte d’Ivoire, doit également être lancé d’ici à la fin de l’année. Il est par la suite prévu d’étendre la voie jusqu’à Ouagadougou. Enfin, d’importants agrandissements sont planifiés dans les ports d’Abidjan et de San Pedro, ainsi que dans l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny.

Afflux d’énergie

Le secteur énergétique pourrait lui aussi connaître une vague d’activité accrue dans l’avenir proche. Le programme de la Côte d’Ivoire pour doubler sa capacité installée et atteindre 4 GW à l’horizon 2020 a fait un grand pas en avant en septembre, lorsque le groupe de services publics français Eranove a révélé son intention de construire dans le pays une centrale électrique à cycle combiné d’une puissance de 350-400 MW.

Cette annonce est intervenue dans le sillage d’une décision du Conseil des Ministres autorisant des projets d’accroissement de capacité à Ciprel et à Azito, les deux plus importantes centrales à turbines à gaz du pays. Au terme des trois ans du programme d’expansion, les capacités installées des deux centrales atteindront respectivement 906 MW et 707 MW.

D’autres initiatives dans le domaine énergétique sont en cours de développement, et notamment la construction de trois centrales à gaz supplémentaires, cinq centrales solaires et 10 centrales à biomasse, ainsi que plusieurs barrages hydroélectriques.

Cap sur le numérique

Les efforts visant à améliorer l’accès à l’internet et la fiabilité de service se sont accélérés au cours de l’année, qui a été marquée par le commencement des travaux sur le troisième et dernier tronçon du projet Backbone national.

Le réseau de 7 000 kilomètres de câbles à fibres optiques est actuellement déployé sur le territoire ivoirien par les groupes industriels français Bouygues et SagemCom, en collaboration avec le Marocain Cegelec Maroc. Le chantier du dernier segment de 5 000 kilomètres a débuté en avril, et le projet devrait être opérationnel en 2018.

D’un coût estimé autour de 175 millions d’euros, le réseau haut-débit devrait réduire les coûts d’accès à l’internet fixe et doper le taux de pénétration, actuellement à 31,8% selon l’Autorité de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire.

L’internet mobile, qui représente la majorité des 7,6 millions d’abonnements à l’internet du pays, a bénéficié d’un nouvel élan début 2016 avec le déploiement d’offres 4G par les trois premiers opérateurs de télécommunications du pays : le Français Orange, Moov, affilié à Maroc Telecom, et le Sud-Africain MTN. Un nouvel entrant sur le marché ivoirien, Libyan Post, a obtenu en septembre sa licence d’exploitation pour la 4G.

 

Côte d’Ivoire Year in Review 2016

En Français

Progress on several major infrastructure projects helped sustain Côte d’Ivoire’s sixth consecutive year of solid economic growth in 2016, in stark contrast with the performance of many of its West African neighbours.  

Projects planned under the five-year National Development Plan (PND) announced by President Alassane Ouattara following his re-election in late 2015 will be a key driver of growth and are set to play a pivotal part in Côte d’Ivoire’s bid to achieve emerging-economy status by the end of the decade.

The pursuit of this ambition was strengthened recently by the IMF’s 8% GDP growth forecast for Côte d’Ivoire this year – the highest on the continent – with a similar performance anticipated in 2017.

By contrast, other West African economies have seen significant drops in performance: Ghana’s GDP growth rate – which in 2011 was one of the highest in the world at 14% – is forecast to slow to just over 3% this year, while Nigeria is facing a contraction of 1.7%.

Focus on project financing

Since the CFA30trn (€45.7bn) PND was unveiled, the Ivoirian government has moved to tap funding for its ambitious project pipeline from a diverse range of sources to realise its target of financing 62% of PND’s initiatives from private investment.

In May a round of fundraising in Paris attracted $16bn in capital from the private sector for more than 180 ventures and also brought a commitment from key international backers to provide the remaining $15.4bn in loans and grants required for project roll-outs.

Lenders include the World Bank, which pledged $5bn, the African Development Bank ($2.3bn) and the Islamic Development Bank ($1.8bn).  

In a separate fundraising initiative, Côte d’Ivoire issued CFA300bn (€457m) in Islamic sovereign bonds over the course of the year. Due to the strength of the dollar, the government also announced in August that it would not be issuing normal debt on the international market, but would instead look to secure CFA550bn (€838m) in funding from the regional market before the end of 2016.

The bonds will be listed on the Abidjan-based stock exchange, the Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), which serves eight West African markets.

The boost to the BRVM’s sovereign debt markets comes after a busy year for the West African bourse. The exchange doubled its market capitalisation to over CFA7trn (€10.7bn) since 2012 and launched two initial public offerings (IPOs) over the past 12 months.

The market authorities have also introduced several initiatives aimed at improving market participation, including a new mobile market app providing real-time stock quotes and portfolio data.   

The Ivoirian financial sector has also benefitted over the past year from the part privatisation of several of the country’s banks in a bid to bolster the sector’s financing capacity. Public stakes were sold in Nouvelle Société Interafricaine d'Assurances Banque, Versus Bank and Banque de l'Habitat de Côte d'Ivoire, although a planned divestiture of Caisse Nationale des Caisses d'Epargne has been delayed.

Capacity set for expansion

Infrastructure upgrades have been some of the largest contributors to growth over the course of the year. In one key development, ground was broken in October on a CFA46bn (€70m) bus station in Abidjan, which is set to become the biggest facility of its kind in Africa. Scheduled to open within two years, the station is expected to have capacity to handle more than 25m travellers annually.  

Renovation works on the railway linking Abidjan to Ouagadougou – the capital of Burkina Faso – began in September, with a view to increasing the annual volume of cargo transported between the two hubs five-fold from 910,000 tonnes.

An extension of the Abidjan-Yamoussoukro highway to Côte d'Ivoire’s second-largest city of Bouaké is also due to start before the end of the year. Plans are also in place to eventually extend the route to Ouagadougou. Major extensions to the Abidjan and San Pedro ports, and Félix-Houphouët-Boigny airport, are also planned.

Powering performance

The energy sector is also likely to see a flurry of activity in the near future, as Côte d’Ivoire’s bid to double installed power capacity to 4 GW by 2020 took an important step forward in September, with an announcement from French utility group Eranove of plans to build a 350-400-MW combined-cycle power plant in the country.

The news followed a decision by the Council of Ministers to give the go-ahead for projects that will increase capacity at Ciprel and Azito – the country’s two largest gas-based plants. Under the three-year expansion programme, the installed capacity at the two facilities will be increased to 906 MW and 707 MW, respectively.

Other power initiatives in the pipeline include the construction of three additional gas-fired stations, five solar plants and 10 biomass plants, alongside several hydroelectric dams.

Digital drive

Efforts to improve internet access and reliability gained pace during the year, with work beginning on the third and final tranche of the National Broadband Project (NBP).

The countrywide, 7000-km network of fibre-optic cable is being rolled out by the French industrial groups Bouygues and SagemCom, together with Morocco’s Cegelec Maroc. Work began on the last 5000-km stretch in April, with the project set to come on-line in 2018.

Valued at around €175m, the broadband initiative is expected to reduce fixed-internet costs and boost the penetration rate from 31.8%, according to the Telecommunications Regulation Authority of Côte d'Ivoire.

Mobile internet, which accounts for most of the country’s 7.6m internet subscriptions, received a lift in early 2016, with the roll-out of 4G services by the country’s first three telecom providers: France’s Orange, Moov – a subsidiary of Maroc Telecom – and South Africa’s MTN. A new entrant to the Ivorian market, Libyan Post, obtained its 4G-enabled licence in September.

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