Côte d’Ivoire Bilan de l’Année 2015

In English

Suite aux élections présidentielles du mois d’octobre, la Côte d’Ivoire a une fois de plus connu une année de forte croissance économique ; une série de projets d’infrastructures et de création de valeur ajoutée dans le secteur agricole devrait aider le pays à se maintenir dans le peloton de tête des économies ouest-africaines en 2016.

La Côte d’Ivoire a enregistré en 2015 une des plus fortes croissances du PIB de la région, celle-ci s’élevant à 8,4% selon les estimations. Le FMI table sur un taux similaire pour l’année à venir.

Le résultat des élections- à l’issue desquelles le président Alassane Ouattara a été réélu pour un second mandat de cinq ans, obtenant 83% des voix- devrait être synonyme de confiance accrue quant aux perspectives économiques du pays, qui montre des signes évidents  de reprise depuis 2011.

Maîtrise budgétaire

Le redressement économique de la Côte d’Ivoire est en grande partie tributaire de la hausse des dépenses publiques. Selon le FMI, le déficit budgétaire ivoirien aurait évolué à la hausse, passant de 2,2% du PIB en 2014 à 3,7% en 2015. Les finances publiques restent toutefois équilibrées dans l’ensemble, malgré des investissements publics multipliés par trois entre 2011 et 2015.

Citant la gestion budgétaire du pays et la consolidation de la stabilité politique, l’agence de notation Moody’s a relevé la note à long terme de la Côte d’Ivoire, passée au mois de novembre de « B1 » avec perspectives positives à « Ba3 » avec perspectives stables.

Si l’agence Fitch a quant à elle maintenu la note « B » avec perspectives positives en juillet, elle a néanmoins indiqué qu’un bon déroulement des élections présidentielles de 2015 et une meilleure gestion des finances publiques pourraient entrainer une révision ultérieure à la hausse de la note du pays.

Modernisation des infrastructures

Une preuve supplémentaire de la confiance croissante des marchés en Côte d’Ivoire a été apportée au mois de février lorsqu’un eurobond d’un  milliard de dollars – le deuxième dans le pays en deux ans- a été sursouscrit quatre fois. La majorité des fonds levés sera destinée à des projets d’infrastructures, selon les communiqués officiels.

Plusieurs projets de grande envergure dans les domaines des transports et de la production d’électricité ont également bénéficié de financements intérieurs dans le cadre du Plan National de Développement (PND) 2012-2015, doté de 11 000 milliards de francs CFA (16,8 milliards d’euros). Le PND a consacré près de 25% des fonds alloués à l’amélioration des infrastructures, en priorité en ce qui concerne le réseau routier, tandis que 5,5% des investissements concernent le secteur de l’énergie.

D’autres projets d’infrastructures, telle que l’expansion du port d’Abidjan, chantier débuté en octobre et qui devrait coûter 1,12 milliard de dollars, reçoivent à la fois des financements internationaux et régionaux. La Chine contribuerait à hauteur de 85% aux coûts du projet, suite à la conclusion par la Banque Africaine d’Import-Export d’un prêt syndiqué d’un montant de 250 millions d’euros à la mi-2014.

La Côte d’Ivoire peut également compter depuis le mois d’octobre sur une autre source importante de financement de projet, suite à l’adhésion du pays à la African Finance Corporation (AFC), une institution financière multilatérale qui soutient des projets de développement.

Neuf nouveaux barrages hydroélectriques devraient être achevés d’ici 2020 et au moins l’un d’entre eux – le complexe de Singrobo à Tiassalé, au sud d’Abidjan, d’une capacité de 44 MW – devrait bénéficier de financements de la AFC.

Les barrages, ainsi qu’une poignée de projets d’énergie solaire et de biomasse, ont été conçus pour permettre à la Côte d’Ivoire de satisfaire l’augmentation annuelle moyenne de 10% de la demande en électricité. Grâce à ces projets, le pays devrait voir sa production électrique totale multipliée par deux d’ici 2020 pour atteindre les 4000 MW et réduire sa dépendance aux sources d’énergie thermique, telles que le pétrole et le gaz naturel.

Une place toujours capitale pour le cacao

En attendant les retombées des développements en cours, l’agriculture reste un secteur de poids, représentant 22% de la production économique, jusqu’à 70% des emplois et la moitié de l’ensemble des exportations, selon des chiffres publiés par la Banque Mondiale.

Près de 40% du cacao mondial provient de Côte d’Ivoire, ce qui fait du pays le premier producteur de cacao au monde, avant le Ghana et l’Indonésie. Le pays est également un très gros producteur de caoutchouc, de noix de cajou et d’huile de palme.

En 2015, la faible pluviosité qui a affecté la région a eu des répercussions sur la production de cacao dans son ensemble, ralentissant la production au Ghana de 20% et entrainant une hausse des prix de 13,1% en glissement annuel en décembre, la denrée atteignant près de 3346 dollars la tonne, selon des données de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO).

La Côte d’Ivoire s’est toutefois bien sortie de cette période de sécheresse, affichant de meilleurs résultats que d’autres producteurs et parvenant à maintenir une production de 1,74 millions de tonnes, selon les exportateurs, soit un volume semblable à celui de la saison précédente.

Création de valeur ajoutée

Dans les années à venir, la Côte d’Ivoire compte redoubler d’efforts afin d’atteindre la sécurité alimentaire et d’accroître la valeur ajoutée de la chaîne agro-alimentaire, avec comme objectif de broyer sur place, d’ici 2020, 50% de l’ensemble des fèves récoltées, contre environ 33% à l’heure actuelle. Le pays est passé devant les Pays-Bas, devenant le plus gros broyeur de cacao au monde en 2014/2015.

Le conglomérat agricole singapourien Olam a inauguré une nouvelle usine de transformation du cacao à San Pedro, grand centre d’exportations ivoirien, au mois de mars. Le site, qui a nécessité un investissement de 75 millions de dollars, dispose d’une capacité de transformation de 75 000 tonnes par an ; il produira de la liqueur de cacao (fèves entières et éclats de fèves torréfiées), ainsi que du beurre et du tourteau de cacao. La transformation du cacao se fera au moyen de machines à vapeur alimentées en biomasse issue des coques de cacao.

Autre événement crucial pour le volet aval de la filière cacao, le chocolatier français Cemoi a ouvert la première chocolaterie du pays mi-mai. Située à Abidjan, l’usine, d’un coût de 4 milliards de francs CFA (6,1 millions d’euros), transformera 10 000 tonnes de cacao, dans l’optique de satisfaire la demande croissante du marché ivoirien avant de s’attaquer au reste de l’Afrique de l’Ouest et à ses 350 millions de consommateurs.

 

 

Côte d’Ivoire Year in Review 2015

En Français

On the back of October’s presidential elections, Côte d’Ivoire has racked up another year of strong economic growth, while a raft of infrastructure and value-added agriculture projects looks set to help the country maintain its position as one of West Africa’s brightest stars in 2016.

At an estimated 8.4%, Côte d’Ivoire’s GDP growth was one of the highest in the region in 2015, with the same growth rate forecast for the coming year, according to the IMF.

The election result – which saw President Alassane Ouattara secure another five-year term in office after winning 83% of the vote – is expected to spur further confidence in the country’s economic outlook, building on a recovery that has been in evidence since 2011.

Fiscal check

The recovery has been supported in large part by increased public spending. According to the IMF, this will see Côte d’Ivoire’s fiscal deficit rise to 3.7% of GDP in 2015, up from 2.2% in 2014. Public finances have remained largely balanced, however, despite a tripling of public capital expenditure between 2011 and 2015.

Citing the country’s fiscal management and consolidation of political stability, ratings agency Moody’s upgraded its long-term issuer rating for Côte d’Ivoire from “B1” with a positive outlook to “Ba3” with a stable outlook in November.

While Fitch maintained its “B” rating with a positive outlook in July, the agency signalled that smooth 2015 presidential elections and improvements in public finance management could lead to an eventual upgrade.

Upgrading the foundations

Late February brought further evidence of growing market confidence in Côte d’Ivoire, when a $1bn eurobond – the country’s second in as many years – was oversubscribed four-fold. The bulk of the funds will go towards major infrastructure projects, according to government statements.

Several large-scale transport and power projects also received domestic funding in 2015 under the country’s CFA11trn (€16.8bn) 2012-15 National Development Plan (Plan National de Développement, PND). Approximately 25% of PND funding has been allocated for infrastructure improvements, with road improvements seen as a top priority, while another 5.5% has been earmarked for the energy sector.

Other infrastructure projects, such as the expansion of the $1.12bn Abidjan Port complex, which broke ground in October, are receiving a mixture of international and regional financing. China is contributing a reported 85% of project costs, after the African Export-Import Bank arranged a €250m syndicated bridge loan in mid-2014.

Another key avenue for project funding was opened in October, when the country become a member of the African Finance Corporation (AFC), a multilateral development finance body.

Nine new dams are earmarked for completion by 2020, with at least one – the 44-MW Singrobo facility in Tiassalé, south of Abidjan – set to move ahead with funding from the AFC.

The dams, along with a handful of solar and biomass projects, are designed to help Côte d’Ivoire meet the 10% average annual growth in electricity demand. The projects are expected to double the country’s total output to 4000 MW by 2020 and reduce its dependence on thermal energy sources, such as oil and natural gas.

Cocoa still key

As the country awaits the knock-on effects of the current infrastructure drive, agriculture remains a key contributor to GDP, accounting for 22% of economic output, up to 70% of employment and half of all exports, according to World Bank figures.

Around 40% of the world’s cocoa comes from Côte d’Ivoire, placing it at the top of the list of global cocoa producers, ahead of Ghana and Indonesia. The country is also a major producer of rubber, cashews and palm oil. 

A lack of rainfall across the region weighed on overall cocoa production in 2015, curbing Ghanaian production by 20% and driving prices up by 13.1% year-on-year in December to nearly $3346 per tonne, according to data from the International Cocoa Organisation.

Côte d’Ivoire weathered the dry conditions, however, outperforming other producers to maintain production at 1.74m tonnes, according to exporters, on a par with the previous season’s volumes.

Adding value

In the years ahead, Côte d’Ivoire plans to scale up efforts to achieve food security and boost value-added agri-processing, with the goal of grinding 50% of its cocoa harvest locally by 2020, up from around 33% at present. The country surpassed the Netherlands to become the world’s leading cocoa grinder in 2014/15.

Singapore-based agricultural conglomerate Olam inaugurated a new sustainable cocoa processing plant in the export hub of San Pedro in March. The $75m facility, capable of processing 75,000 tonnes per annum, will produce whole-bean and nib-roasted liquor, cocoa butter and cocoa cake. Processing will be fuelled by steam generated by a boiler fed with waste biomass from cocoa shells.

In another significant downstream development, the French chocolatier Cemoi opened the country’s first chocolate factory in mid-May. Located in Abidjan, the CFA4bn (€6.1m) factory will process 10,000 tonnes of cocoa, with a view to satisfying the growing domestic market before setting its sights on West Africa’s 350m consumers.

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