Algérie : Réformes dans le secteur éducatif

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Au cours des dix années qui ont suivi le lancement, en 2003, d’un grand chantier de réformes du système éducatif algérien, le pays a mis en œuvre de nombreuses initiatives visant à améliorer les programmes et l’enseignement, récoltant toutefois, bien souvent, des résultats mitigés. Afin de garantir que les réformes existantes produisent l’effet escompté sur le secteur, le Ministre algérien de l’Éducation Nationale a fait appel à une variété d’acteurs concernés pour dresser le bilan des progrès effectués par les écoles du pays depuis 2003 ainsi qu’identifier les défis qui restent à surmonter.

L’Algérie a une population très jeune, ce qui rend son secteur éducatif crucial, non seulement en tant que vecteur d’emploi mais également comme moyen d’étayer les efforts de diversification économique. Cependant, la hausse considérable du nombre de jeunes scolarisés exerce une pression de plus en plus accrue sur les ressources actuelles et les réformes passées ont eu bien du mal à faire face à l’augmentation de la demande. Par conséquent, le Ministère de l’Éducation Nationale cherche à appliquer une stratégie plus axée sur les consultations afin de renforcer le développement du secteur.

« Améliorer la qualité de l’enseignement en impliquant tous les acteurs clés est l’un des objectifs prioritaires du secteur de l’éducation, » a déclaré en septembre dernier le Ministre de l’Éducation Nationale Abdelatif Baba Ahmed. Pour cela, le gouvernement s’emploie à formaliser le dialogue non seulement avec les administrateurs locaux mais aussi avec les syndicats d’enseignants et les associations de parents d’élèves. En janvier 2013, une rencontre a réuni pour la première fois des responsables du ministère et de la Fédération Nationale des Associations de Parents d’Élèves afin de discuter des progrès de l’année scolaire 2012/2013.

Des consultations supplémentaires ont eu lieu entre février et avril 2013. Ces rencontres avec les acteurs du secteur, démarche jusqu’à présent relativement peu répandue dans les secteurs de l’éducation primaire et secondaire en Algérie, s’attacheront non seulement à solliciter une plus grande participation de la part des élèves et des étudiants, des parents, des enseignants et des personnels administratifs mais reviendront également sur les résultats des différents projets de réformes depuis leur mise en place- en particulier en termes de programmes, de formation des enseignants ainsi que de gestion et d’administration du secteur.

C’est à la commission nationale de réforme de l’éducation nationale, créée par le Président Abdelaziz Bouteflika à peine deux ans auparavant, que l’on doit les premières réformes de 2003, formulées dans le cadre d’une stratégie globale visant à améliorer la qualité de l’éducation en augmentant le niveau de qualification des enseignants et en modernisant les méthodes d’enseignement, les programmes scolaires et les manuels. Les réformes ont été étendues dans le cadre du Programme Complémentaire de Soutien à la Croissance Économique 2005-2009 grâce à une augmentation des frais d’inscription dans les lycées et les établissements d’enseignement supérieur.

Lors du lancement de l’évaluation des réformes de 2003, Baba Ahmed a souligné explicitement que certains aspects de la réforme n’étaient pas négociables. Les résultats de cette évaluation et les commentaires qu’ils engendreront de la part des divers acteurs au sujet du processus et du rapport final permettront d’obtenir des estimations quant à l’amélioration possible de l’exécution des réformes et la mise en œuvre d’initiatives mieux ciblées.

En Algérie, les indicateurs généraux en matière d’éducation, notamment le taux global d’alphabétisation, se sont améliorés au cours des dix dernières années, mais le secteur s’est vu confronté à des défis de taille, comme une infrastructure inadaptée ou des ressources humaines limitées, incitant le gouvernement à fortement augmenter les dépenses publiques à destination du secteur. En 2010, l’Etat a alloué une enveloppe de 852 milliards de dinars (8,3 milliards d’euros) à un plan quinquennal d’investissement, la majeure partie destinée au financement de la construction de nouvelles écoles. Dans le cadre de cette stratégie, l’État envisage de construire 3000 écoles primaires supplémentaires ainsi que 1000 collèges afin d’accélérer la cadence en matière d’amélioration des infrastructures et de désengorger les classes surchargées.

L’examen ministériel intervient à un moment crucial, alors qu’une vague de nouveaux élèves sont arrivés sur les bancs de l’école secondaire à la rentrée 2012. Les réformes de 2008 avaient donné lieu à une réduction de la durée du cycle primaire, en conséquence de quoi des élèves de l’ancien système et du nouveau système arrivent à l’école secondaire la même année. Afin de faire face aux problèmes de capacité d’accueil, le Ministère de l’Éducation Nationale accorde une attention accrue aux projets de construction d’écoles, en collaboration avec les collectivités locales pour s’assurer de la bonne réalisation des projets nécessaires. Les inscriptions à l’école ont été multipliées par 5 au cours des 20 dernières années et 800 000 élèves supplémentaires sont attendus d’ici 2020, ce qui portera leur nombre à 2 millions.

Le Ministère de l’Éducation Nationale a également indiqué qu’il projetait de lancer une campagne de recrutement massif et de consacrer en priorité des ressources supplémentaires à la formation des enseignants déjà en poste. 11 500 enseignants supplémentaires ont par exemple été recrutés en août 2012 pour l’année scolaire 2012/2013, un dispositif qui concerne en particulier les écoles secondaires qui ont besoin de plus de 8000 enseignants pour des matières telles que les mathématiques, l’informatique, la physique, les langues et la philosophie.

Autre mesure d’amélioration de l’éducation primaire et secondaire, un projet d’établir une Commission Nationale des Programmes et un Conseil National de l’Éducation et de la Formation est en cours. Les deux organisations seraient séparées du Ministère de l’Éducation Nationale et auraient pour tâche d’émettre des critiques et des recommandations afin d’améliorer la formation et la qualité de l’enseignement.

Comment le système éducatif réussira, à terme, à faire face à un nombre croissant d’élèves arrivant dans le secondaire cette année, et est-ce que l’économie pourra absorber ces jeunes quand ils entreront sur le marché du travail, voilà ce qui constitue le véritable test pour un secteur éducatif algérien en transition, tant en termes de capacité que de qualité.

 

Algeria: Changing landscape for education

En Français

In the 10 years since the launch of a broad-based teaching reform programme in 2003, Algeria has seen a number of initiatives targeting improvements in curriculum and instruction, but often with mixed results. In a bid to ensure that the existing reforms are able to have their intended effect on the sector Algeria’s education minister is working with a variety of stakeholders to review both the progress the country’s schools have made since 2003, along with the challenges they continue to face.

With a large young population, Algeria’s education sector is crucial not only to sustaining employment but also to buttressing efforts at economic diversification, but with enrolment increasing dramatically, pressure on existing resources is growing and past reforms have struggled to keep pace with the rise in demand. As a result, the Ministry of National Education (MoE) is looking to pursue a strategy of more inclusive consultation to help strengthen development of the sector.

“Improving teaching quality through the involvement of all of the relevant players is among the priority objectives for the education sector,” Abdelatif Baba Ahmed, minister of national education, stated in September of last year. As a result, the government has been looking to formalise interaction not just with local administrators but also with teacher unions and parental associations. In January 2013, a meeting was held between the ministry and the National Federation of Student Parent Associations to discuss the progress of the 2012/13 school year, the first meeting of its kind. Additional consultations were held between February and April 2013.

The focus of these stakeholder meetings, which hitherto were a relatively rare occurrence for Algeria’s primary and secondary education sectors, will focus not only on soliciting greater input from students, parents, teachers and administrators but also on the performance of the various reform programmes since their implementation – particularly in terms of curriculum, teacher training, and the management and administration of the sector.

The initial 2003 reforms came about as a result of President Abdelaziz Bouteflika’s national education reform commission, itself only created two years prior, as part of the commission’s comprehensive strategy to boost the quality of education by raising teacher qualifications and modernising teaching methods, curricula and textbooks. Reforms were extended under the 2005-09 Programme for the Support of Economic Growth by raising admission rates for high schools and higher education institutions.

When launching the review of the 2003 reforms, Baba Ahmed explicitly stated that certain aspects of the reform are not up for discussion. The results of the review, and the subsequent comments on the process and final report by the various stakeholders, will evaluate to what extent execution can be improved and initiatives better targeted. Algeria has seen broader education indicators improve over the past 10 years, including the overall literacy rate, but the sector has grappled with some significant challenges, such as inadequate infrastructure and limited human resources capacity, which has prompted the government to significantly increase spending in the sector.

In 2010 the government allocated some AD852bn (€8.3bn) to a five-year investment plan, with much of this funding to go toward the construction of new schools. Under the strategy, the government plans to construct another 3000 primary schools and 1000 middle schools to increase the pace of work to improve infrastructure and relieve overcrowding in classrooms.

The ministerial review comes at a crucial time, with a wave of new students entering secondary schools in the 2012/13 school year. Reforms in 2008 saw a reduction in the total number of years for primary school, resulting in students under both the old system and the new system entering secondary school in the same year. To meet the capacity challenges, the MoE has renewed attention on construction projects for schools and is working with local governments to ensure the necessary projects are completed. Enrolment has risen fivefold over the past 20 years, and is expected to increase by another 800,000 students to reach 2m by 2020.

The MoE has also indicated that it plans to launch a massive hiring initiative and focus additional resources on training existing teachers. A total of 11,500 additional teachers were recruited in August 2012 for the 2012/13 academic year, for example, prioritising secondary schools, which require more than 8000 teachers for subjects such as mathematics, computer science, physics, languages and philosophy.

To further improve primary and secondary education, plans are underway to establish a National Curriculum Council and National Council for Education and Training. Both organisations would be separate from the MoE and would be tasked with providing criticism and recommendations for improving instruction and teaching standards. How the education system is ultimately able to deal with the doubling of students entering the secondary system this year, and indeed whether the economy is able to absorb these students after completing their education and training, will be the true test of the capacity and quality of Algeria’s transitioning education sector.

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