Algérie : En quête de diversification

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Plusieurs rapports détaillés, publiés par un groupe de chefs d’entreprises et par le Fonds Monétaire International (FMI), ont exposé les mesures que l’Algérie pourrait prendre pour diversifier son économie et y réduire le poids des hydrocarbures. En effet, cela fait des années que les décideurs politiques algériens et les membres du secteur privé affirment que l’Algérie ne pourra réellement se développer que si elle sort de sa dépendance vis-à-vis des recettes énergétiques, qui restent un pilier de l’économie algérienne.

D’après le FMI, les recettes des hydrocarbures se sont chiffrées en 2011 à 189,3 milliards de dollars, soit environ 40% du PIB. Dans ces circonstances, la publication par le Forum des Chefs d’Entreprises (FCE) d’un document détaillé exposant 50 mesures clés que le gouvernement et le secteur privé devraient prendre, s’est vue réserver un très bon accueil.

Mais, selon le FCE, avant de s’atteler à la diversification de l’économie il est nécessaire de stimuler et de soutenir l’investissement ainsi que de réduire le rôle de l’économie informelle, jugée comme un obstacle au bon fonctionnement de l’économie. Parmi les autres mesures, on peut citer la simplification et l’amélioration du climat des affaires ainsi que des mesures de réorganisation économique ou d’ordre institutionnel.

L’approche préconisée par le forum consiste à s’éloigner du modèle reposant sur les dépenses publiques pour investir dans le développement des petites et moyennes entreprises (PME). Une des suggestions du FCE est que le gouvernement améliore l’attractivité de l’investissement privé. En encourageant une plus grande participation du secteur privé dans l’économie, le pays stimulerait ses exportations hors pétrole.

Le FCE n’est pas le seul à réclamer une plus grande diversification économique. En janvier 2012, le rapport du FMI au titre de l’article IV relatif à la situation économique parlait d’une Algérie « encore très dépendante des richesses liées aux hydrocarbures ». Le rapport suggérait d’améliorer la compétitivité, le climat des affaires et le marché du travail et de mettre en œuvre un programme de réformes structurelles plus ambitieux permettant de renforcer le rôle du secteur financier.

Pour le FMI, le chômage des jeunes et des femmes constitue également une source de préoccupation, bien que le taux de chômage ait reculé au cours des dix dernières années. Parmi les jeunes diplômés, le taux de chômage avoisinait les 21,5% ; il était de 19% chez les femmes. Pour répondre à ce problème, le FMI recommande une révision et une réforme du droit du travail en vigueur. Le rapport préconise de plus une plus grande flexibilité et une réduction des coûts de recrutement.

En Algérie, l’activité boursière reste relativement limitée et le gouvernement est déjà en train de s’attaquer à ce problème par le biais d’un programme de réformes de ses marchés des capitaux. Un projet chiffré à 5,1 millions de dollars a été lancé en mai 2011 – avec l’aide du Programme des Nations Unies pour le Développement – pour permettre d’identifier des possibilités d’amélioration des structures réglementaires actuelles et inciter plus d’entreprises à envisager leur entrée à la bourse d’Alger.

Il s’agit là d’un programme que le FMI soutient. Le fonds signale un manque de profondeur des marchés financiers : « L’absence d’un système fiable d’évaluation des risques de crédit en Algérie, comparé à d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, constitue l’un des principaux obstacles à l’accès au crédit. », peut-on lire dans le rapport.

Une économie qui impliquerait davantage le secteur privé permettrait non seulement au pays d’être moins tributaire des recettes des hydrocarbures mais contribuerait également à augmenter les revenus de l’Etat et à équilibrer son budget. Les données avancées par le FMI font état d’un déficit budgétaire de l’ordre de 4% du PIB qui devrait, selon ses projections, atteindre les 6% en 2012.

Bien que les recettes algériennes des hydrocarbures aient profité des prix élevés du pétrole, si le pays maintient ses dépenses à un niveau aussi élevé, le solde du Fonds de Régularisation des Recettes (FRR), mis en place en 2000 pour protéger l’économie de la volatilité des prix du pétrole et du gaz, commencerait à fondre.

Les hausses de salaires dans la fonction publique et les programmes sociaux adoptés au budget 2011-2012 ont également entraîné une hausse des dépenses publiques totales. Selon le FMI, si les dépenses se poursuivaient à ce rythme jusqu’à 2016, le FRR diminuerait de moitié par rapport à son niveau de 2010.

Que ce soit dans le secteur public ou privé, l’objectif est une plus grande diversification économique. Un des moyens d’y parvenir, comme le signalent à la fois les chefs d’entreprises du secteur privé algérien et le FMI, est de renforcer le rôle du secteur privé dans l’économie. Une économie plus développée et diversifiée apporterait à l’Etat une plus grande stabilité financière et réduirait encore sa vulnérabilité face à d’éventuels chocs pétroliers et gaziers.

 

Algeria: Seeking to diversify

En Français

Detailed reports from both a group of business leaders and the International Monetary Fund (IMF) have outlined steps Algeria can take to diversify the economy away from hydrocarbons. Indeed, local policymakers and members of the private sector have long said that for Algeria to truly develop, it must aim to become less dependent on energy revenues, which remain a key contributor to the economy.

According to the IMF, hydrocarbons revenues in 2011 accounted for around 40% of GDP, or some $189.3bn. It came as welcome news, then, when a detailed document published by the Director’s Forum (Forum des Chefs d’Entreprises, FCE) outlined 50 key measures the government and private sector should take.

Foremost to diversification efforts is the necessity to stimulate and support investment into the economy, as well as reduce the role of the informal sector, which undermines the proper functioning of the economy, the FCE said. Other measures included simplifying and improving the business environment and reorganising the institutional structure of the economy.

Moving away from public sector spending and investing instead in the development of small and medium-sized enterprises (SMEs) is the approach favoured by the forum. The government, the FCE suggested, should provide more incentives to private sector investors. By supporting greater private sector participation in the economy, the country would be able to boost its non-oil exports.

The FCE is not alone in wanting to see greater economic diversification. In January 2012, the IMF’s article IV report on the state of the economy said Algeria “remains very dependent on hydrocarbons wealth”. It suggested improving competitiveness, the business climate and the labour market, as well as instituting more ambitious structural reforms, to increase the role of the financial services sector.

The IMF also highlighted youth and female unemployment as areas of concern, despite total unemployment decreasing over the past 10 years. Unemployment for young graduates was around 21.5% and 19% for women. To combat this issue, the IMF recommends a review and reform of existing labour laws. Greater flexibility and reducing the costs of recruitment are two further measures supported by the report.

Activity on Algeria’s stock exchange is relatively low, and the government is already seeking to address the issue via a reform programme for its capital markets. In May 2011, a $5.1m scheme – with assistance from the UN Development Programme – was introduced to look at how to improve the current regulatory structure and incentivise more firms to list on the Algiers bourse.

It is a programme the IMF supports. The fund points to a lack of depth in financial markets: “The lack of a reliable credit reporting system in Algeria, compared with other Middle East and North Africa countries, is considered to be one of the main factors hindering access to finance,” the report stated.

A more private sector-led economy would not only move the country away from an overreliance on hydrocarbon revenues, but it would also help the state increase its income and balance its budget. IMF data puts the budget deficit at -4% of GDP and projects it to rise to -6% in 2012.

Although the country’s hydrocarbons revenues have benefitted from high oil prices, if expenditure were to remain at its current level, the size of the Oil Stabilisation Fund (Fonds de Regularisation des Recettes, FRR), established in 2000 to insulate the economy from oil and gas price volatility, would begin to shrink.

Civil service pay rises and social service programmes adopted in the 2011-12 budget have also increased total government expenditure. If this level of spending continued until 2016, the FRR would drop to half its 2010 level, according to the IMF.

In both the public and private sectors, greater economic diversification is the goal. One of the ways to achieve this, identified by both Algerian private company directors and the IMF, is to increase the role of the private sector in the economy. Most importantly, an expanded and diversified economy would provide the state with greater financial stability and further reduce its vulnerability to any future oil and gas price shocks.

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